POETES ET PROSATEURS CELEBRES DU XVII. « SIECLE
Xje siècle dont nous allons dérouler le tableau, est regardé, à juste litre , comme l'âge d'or de notre littérature. Sur les fondemens si heureusement posés par Coornbert et Spiegel , vers la fin de la période précédente, Hooft, Vondel, Cats, et d'autres écrivains célèbres, élevèrent, dans la première moitié du dix-septième siècle, le temple majestueux des lettres et des arts. Il serait trop long de développer ici les causes qui répandirent tant d'éclat sur cette époque; nous en avons d'ailleurs suffisamment parlé dans une autre occasion (i).
(i) Voyez la préface que l'auteur a jointe à ses Essais de poésie du dix-septième siècle, p. 23—36.
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Cependant cet éclat ne fut que passager, et déjà vers la fin de ce siècle, nous le voyons s'effacei" peu-à-peu. Il y eut pourtant quelques écrivains, tels que Brandt , VoUenhove et Antonides, qui se montrèrent de digues élèves de cette école fondée par Hooft et par Vondel , et qui maintinrent la poésie et l'éloquence au point d'élévation où ces grands génies les avaient portées. Nous partagerons ce qu'il nous reste à dire touchant cette époque, en deux sections, l'une consacrée aux poètes, l'autre aux prosateurs.
SECTION PREMIÈRE
POÈTES CKLLBRES DU XVH.^ SiÈCLE.
Nous ouvrons cette période en signalant un homme qu'on peut considérer comme le chef de notre littérature, le célèbre poète et historien P. Cz. Hooft. Il naquit à Amsterdam, en i58i, d'une famille distinguée, et eut le bonheur d'avoir pour père le bourgmestre Corn. Pictz. Hooft, que sa sagesse,
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sa probité et sa fermeté, firent appeler le Caton d^ Amsterdam et le miroir de tous les bourgmestres à venir. Grâce à une éducation soignée et toute dirigée vers les lettres, ses heureuses dispositions se développèrent en lui sans obstacle. Après avoir aebevé ses études à l'Université de Leydc , il parcourut l'Allemagne, l'Italie et la France, et revint dans sa patrie, riche des observations auxquelles il s'était livré , et des connaissances qu'il avait acquises. Comme il s'était initié , pendant son voyage, à la littérature italienne, il apprit des poètes de cette nation, objets de son enthousiasme, le secret de l'harmonie, qu'il chercha à naturaliser dans ses vers , et c'est à ce titre qu'on peut le regarder comme le principal réformateur de notre ancien système prosodique. Ses poésies cependant appartiennent pour la plupart à une époque antérieure à cette heureuse innovation. Parvenu a un âge plus mûr, il s'occupa de l'histoire générale et spécialement de l'histoire de sa patrie; après l'avoir long-temps étudiée, il se mit à l'écrire, s'attachant de préférence à reproduire les formes vigoureu -
ses de Tacite. Il se livra à ces travaux au château de Muiden , qu'il habitait depuis 1609, en sa qualité de drossart de cette ville, bailli de Gooiland, et grand-bailli de PVesp &\. Wesper kaispel, et s'en occupa jusqu'à sa mort qui arriva en 1647 > ^^ grand regret de tous les amis des lettres et de tous les appréciateurs du véritable talent , qui l'avaient honoré pendant sa vie de leur haute estime et de leur sincère affection.
Les poésies de Hooft (car nous ne le considérons ici que comme poète), ont été recueillies pour la première fois en un vol. in-4'°? publié en i636 par son confrère J. Van Der Burg; mais la collection la plus complète s'en trouve dans la dernière édit. de ses mélanges in-folio, de 1704, oîi l'on n'a omis que deux tragédies réprouvées par Fauteur lui-même, jtchille et Polyxène ^ et TMsée et Ariane, qu'on a imprimées séparément en 1739. Cette collection se compose d'abord de quelques drames, tels que TVarenar met dépôt, heureuse imitation de VAulidaria de Plaute; une comédie pastorale, intitulée Granida, où il rivalise avec les Italiens , ses modèles, de grâce
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et d'harmonie ; et enfin deux tragédies, imitées du théâtre grec, Gérard Van Velsen et Bato, qui tout en portant l'empreinte du goût peu épuré de l'époque , se recommandent néanmoins par l'élévation des pensées , la force et la vérité des tahleaux, et la noblesse vraiment poétique de l'expression. Viennent ensuite plusieurs pièces fugitives plusoumoins étendues, de difFérens caractères et sur des sujets variés, parmi lesquelles ses poésies erotiques se distinguent par la gaîté, la grâce et l'harmonie. Ce qui caractérise en général la poésie de Hooft, c'est la vigueur, l'énergie et un heureux choix d'images; souvent il arrive que son style s'élevant avec le sujet, frappe l'esprit par sa hardiessej souvent encore il attendrit par la douceur et la mollesse de ses accens; et quelquefois enfin, il réjouit par sa gentillesse et sa piquante originalité. On ne peut nier cependant que sa manière ne soit quelquefois recherchée et trop étudiée, qu'il n'y ait des jeux de mots de mauvais goût, défauts qu'il avait apportés de l'Ecole italienne, trop applaudie de sou temps.
Vondel, quoiqu'il ait été précédé dans la
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carrière par d'autres écrivains, mérite de trouver sa place après Hooft. Cet illustre écrivain , le prince et le père de nos poètes, naquit à Cologne, le 1 7 nov. 1 587 ; peu de temps après sa naissance il arriva à Amsterdam, avec ses parens, que des persécutions religieuses avaient forcés de se réfugier en Hollande. Il y fut élevé et j passa le reste de ses jours. Destiné par son père au commerce de la bonneterie, il ne reçut point une éducation littéraire; il chercha plus tard à remédier, autant que possible, à cet inconvénient, en se familiarisant avec la langue latine , et même un peu avec la langue grecque, dans l'intention d'ennoblir le talent poétique qui s'était révélé en lui de bonne heure de la manière la plus éclatante. La première production, de quelque étendue, où se manifesta Theureuse influence de ces études, fut sa tragédie de Palamède, qui parut en 1625. Nous ne rapporterons pas en détail les tracasseries que lui suscita cette pièce de la part de quelques hommes puissant, qui s'y croyaient grièvement offensés. Il nous sufiSra de savoir qu'elles ne ralentirent en rien ni son zèle pour la liberté civile et
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religieuse, ni son amour pour la poësie. Cette dernière passion s'accrut au contraire avec sa gloire. L'cnumcralion de toutes ses pièccii;, dans l'ordre où elles ont paru, nous mènerait ti-op loin. Nous dirons néanmoins que vers l'an i632,il conçut le plan d^ni poème épique très-clendu, dont le sujet était la Marclu' de Constantin-le- Grand vers Rome (dcn togt van Konstanlijn-den-Grootcn naar Rome), auquel il avait déjà travaillé pendant plusieurs années, lorsque la mort de son épouse, arrivée en 1640, vint l'en détourner. Plus tard il forma, à ce qu'il paraît par la dédicace de sa traduction en vers de Virgile, un nouveau plan de poème épique , en douze livres, sous le titre de Bato, qui resta probablement en projet, puisque Brant n'en fait point mention dans sa Biographie. Le poète n'en continua pas moins à se livrer à ses études chéries, et à s'occuper surtout de la tragédie, jusque dans un âge très-avancé. Tandis qu'à chaque nouvelle publication il voyait croître sa renommée , sa fortune bien loin d'augmenter dans la même proportion , déclinait sensiblement , par le peu de soins qu'il
donnait à sou commerce , et surtout par les prodigalite's d'un fils dénaturé. Celui-ci, entraîne par la licence et l'amour du jeu, se porta à de tels excès, que son respectable père, pour préserver son fils de la plus honteuse flétrissure, fut forcé d'abandonner à ses créanciers la majeure partie de ses biens. Alors l'honnête vieillard, qui était entré dans la soixante-dixième année de son âge , se vit sur le point de tomber dans la plus aâreuse indigence; mais la faveur de quelques grands le sauva de l'abîme en lui procurant un mince emploi au Lombard. On l'avait condamné depuis dix ans à ce travail servile, lorsqu'enfin on songea à donner sa retraite à l'illustre octogénaire , avec une pension égale à son traitement. Après avoir porté encore quelques offrandes sur l'autel des muses , il passa le reste de ses jours dans une paix profonde et mourut, sans agonie, le 5 février 1679, âgé de quatre-vingt-onze ans.
Voilà, en peu de mots, la vie d'un homme qui, quelles que soient les imperfections de la plupart de ses ouvrages, mérite d'être placé à la tête de nos poètes, par roriginalité de
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son géniC; la force de son imagination, la \ivacité du sentiment poétique, constamment unies à un langage noble et majestueux. Il n'y a presque pas de genre de poésie où il ne se soit exercé avec succès. Il avait pour le genre lyrique, un de ceux qui demandent le plus de force et d'élévation, des dispositions particulières comme l'attestent les deux volumes de ses poésies diverses, et les chœurs de ses trage'dies. Son Etrille (Roskam) , prouve son talent pour la satire. Plusieurs morceaux 'd'un style noble et élevé, insérés au premier .volume de ses poésies , et entre autres son poème sur la Prise de Grol, écrit d'une manière large et hardie, font voir avec quelle habileté il embouchait la trompette héroïque.
Mais c'est dans ses tragédies surtout, qui ne sont pas d'ailleurs irréprochables , qu'il déploya toute la sublimité et toute la force de son génie. Son Palamède, Gilbert cV Amstel, Lucifer , Joseph à Dotlian, les frères Bataves, Jephté et plusieurs autres pièces , méritent, malgré les imperfections qui les déparent, d'être comptées parmi les plus heureuses imitations du théâtre grec qui exis-
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tent en notre langue. On peut nicme ajouter^ sans crainte d'titre contredit, que la plupart des tragédies originales de Voudcl , au nombre de 24, réunissent, à un degré émiucnt, les qualités les plus essentielles à la tragédie,. el que les beautés de premier ordre dont elles élinccllent en surpassent de beaucoup les imperfections. Ses autres productions, parmi lesquelles se distinguent ses poèmes didactiques, tels que sëS MMitations surDieu et la religion ^ en six livres j les Mystères de l'autel^ en trois livres, coroposés après sa célèbre conversion au catholicisme; Saint -Jean le précurseur (Joannes de boetgezant) , espèce de poème héroïque ou plutôt historique eii six livres ; toutes ces productions révèlent le génie poétique dont la nature l'avait doué , et sa facilité à orner des couleurs les plus brillantes les sujets même les plus ingrats. Quant à sa traduction en vers de l'Enéide de Virgile, et des MétamorplïDses d'Ovide, tout en reconnaissant ((u' elles ne sont pas absolument indignes du talent de l'auteur, il faut avouer qu'il y est resté en deçà de la perfection dont un pareil travail est susceptible.
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En résumé, si Vondel , conlrarié par l'inllucncc fâcheuse de son époque et par les circonstances difficiles de sa vie privée, ne s'est point élevé à toute la hauteur de l'art , il n'en doit pas moins être placé au rang de ces hommes qui furent poètes par la force de la nature et l'essor instinctif de leur génie. Disons encore à sa louange que ce fut lui surtout qui créa parmi nous le langage poétique, et qui joignit au charme et à la noblesse du style, cette diversité de mesure et de cadence qui fait qu'il est toujours approprié au sujet.
Le troisième rang parmi les grands poètes de ce siècle appartient incontestablement à notre aimable moraliste Cats. 11 naquit à Brouwershaven , en 15^7, d'une famille distinguée. Son intelligence extraordinaire décida ses parcns à lui donner une éducation savante. Après avoir achevé ses études avec un brillant succès , il exerça la profession d'avocat, d'abord dans sa ville natale, ensuite à Middelbourg, et s'y acquit une grande réputation. En 1621 , on lui ofïiit une chaire de droit à l'Université de Ley de, et prcsqu'en même temps la place de pensionnaire de la
Tille de Middelbourg. Il accepta ce dernier emploi et Texerca jusqu'en 1625 , qu'il sa rendit àDordrecht, pour j occuper le même poste. Peu de temps après il fut nommé membre du Collège des curateurs de l'Université' de Leyde. Deux ans s'étaient à peine écoulés qu'il partit, en qualité d'ambassadeur, avec im autre personnage éminent, pour l'Angleterre, oîiil reçut des mains du roi Charles L^"", les insignes d'un ordre de chevalerie. Il fut élevé, en i636, à la dignité de conseiller-pensionnaire de Hollande j après en avoir rempli, TDendant quinze ans , les pénibles fonctions , avec un zèle, un désintéressement et une habileté qui lui concilièrent tous les suffrages, il en fut déchargé en i65i , sur sa demande réitérée. Depuis cette époque, après avoir rempli une seconde fois le poste d'ambassadeur , il vécut dans la retraite à une campagne, appelée zorgvliet (sans souci) qu'il avait fait bâtir dans les dunes près de la Haye.
11 s'y livrait à l'agriculture, à l'étude de la nature, à la philosophie, et au commerce des muses, témoins ses poèmes aussi coulans et aussi agréables qu'ils sont remplis d'ins-
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Iruclion et de morale, /a Vieillesse (de Ouderdom), V Homme des champs (Buyten leven), Pensées de jardin (Hof-gedachten), Saillies (Invallende gedachten) , le Cercueil des vivans (Doodkist Yoor levendigen) , Dialogue entre la mort et un vieillard , t Ame et le corps ; Vie d'un octogénaire et d'un homme de quatievingt-deux ans (tachtigjarig en twce-en-tachtigjarig leven) , et Pensées durant mes insomnies (Gedachten op slapelooze nacbten).
Livré à ces occupations, il s'éteignit enfin le 12 septembre 1660, âgé de 82 ans et environ 10 mois, laissant deux filles, d'un mariage que la mort avait dissous dès l'an 1627. Cats possédait des connaissances très-étendues : jurisprudence, philosophie, histoire, littérature grecque et latine, langues modernes , tout était de son ressort. A ce vaste savoir il joignait une veine poétique des plus fécondes, d'où les vers s'échappaient avec autant de facilité que de celle d'Ovide. En aucun temps de sa vie il ne négligea le culte des neuf sœurs j il s'occupa spécialement de la poésie nationale , et enrichit la langue d'une foule de productions. Outre celles que nous
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avons déjà mciitionnccs, en distingue encore son Anneau nuplial (tiou-iing) , <|ui présente un grand nombre d'aventures an»ouieuses et conjugales, pleines d^intérêt et d'instruction, empruntées à l^histoire sacrée et profane et à la mythologie; le Mariage, ou tableau de l'union conjugale, en six parties, sous le titre de : ViergL', Amante, Fiancée, Epouse, Mère, et Veuve (Maeght, Vrjster, Bruyd , Vrouwe, Moeder en Weduwe) j Le miroir des temps anciens et des temps modernes (Spiegliel van den ouden en nieuwen tyt), ses Emblèmes allégoriques et amoureux (Sinnc- en minne beelden), le Combat intérieur (zelfstryt) et plusieurs autres sur des sujets divers.
Indépendamment de l'instruction que l'auleur y a répandue avec profusion, ses tableaux se distinguent par une touche facile et gracieuse, et par une vivacité et vuie fécondité d'esprit telles qu'on en trouve rarement chez les poètes. Il possède si bien le talent de pré- 'senlcr la même idée sous des images mille fois variées; les objets les plus connnuns vienïient, sous sa plume, animer et embellir si heureusement sa pensée; il est si riche en
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saillies ingcnicuses et eu tours gracieux, iju'on ne cesse de s'étonner de son inépuisable fécondité et de la flexibilité de son génie. Cats n'a point cette hardiesse . cette \igueur et celte élévation qu'on remarque dans les poésies deHooft et de Vondelj mais il remplace ces qualités, dont ses productions n'étaient d'ailleurs point susceptibles, par des beautés d'un autre ordre qui lui appartiennent en propre. Ses défauts mêmes les plus essentiels, tels que son trop d'abondance , l'uniformité de mesure, la diffusion de son style et l'emploi fréquent de chevilles , disparaissent; aux yeux du lecteur impartial, devant le grand nombre de perfections qui s'offrent de toutes parts dans ses œuvres, et qui recommanderont éternellement, à l'amour et à l'estime des hommes, cet heureux peintre du cœur humain, ce moraliste aimable dont les leçons s'adressent à tons les âges et à toutes les conditions. Voici l'inscription <ju'un poète trcs-eslimal)le, M. J. De Rruyû, fit placer sous le por- ' trait de Cals :
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Zie hier , 6 vaderland , den diclifer uwer jeugd , Wiens zoete poezij, gestemd op ziu eu liarten,
Haar lagcliend wijslieid leert , liaar spcleud vormt ter deugd j En in oorsproukelijk scboou zelfs laatre kuust kan tarten.
Hoe ! Tierpt een kiescher eeaw dien schat veraclitelijk neêrll Zoo ging, met d'onde zèen, allengs utr roem verloren.
Koom , hreng liet nienw geslaclit ter scbool dieus zangers weél En eerlang ziet ge uw' roem met dien van Cats herboren.
)> Voici, ô œa patrie, le poète de la jeunesse; ce poète, dont les accens mélodieux, captivant le cœur et l'esprit, la conduisent, en riant, à la sagesse et à la vertu. Son génie original n'a point à redouter la rivalité de ceux qui l'ont suivi dans la carrière. Mais quoi ! un siècle plus raffiné rejetterait-il dédaigneusement ce tre'sor? hélas! c'est ainsi qu'avec tes mœurs antiques péi'it insensiblement ton ancienne gloire! rappelle donc tes enfans à l'école de cet aimable chantre j bientôt tu verras renaître, avec son nom , ta première splendeur. »
Un grand nombre de poètes, contemporains de ces trois grands génies, mériteraient ici une mention spéciale, si l'abondance des matières ne nous forçait pas à nous resserrer. Nous placerons donc sur la même ligne quelques savans
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qui n'ont pas peu contribue à l'éclat de la poésie nationale. Le plus ancien d'entre eux est Pierre Schry ver (Petrus Schriverius) qui naquit à Haarlera, en i5^6, et mourut à Lejde en 1660 j il passa dans cette dernière ville la plus grande partie de sa \ie, occupé de travaux littéraires. Il était très-versé dans les langues anciennes, témoins les commentaires dont il enrichit plusieurs auteurs de l'antiquité, ainsi que dans l'histoire et les antiquités de sa patrie qu'il a éclaircies dans plus d'un écrit. Passionné pour sa langue maternelle, il contribua, par ses poésies et par d'autres productions , à l'épurer et à la perfectionner. On a recueilli, en 1^38, en un vol. in-4.°, ses œuvres poétiques qui sont pour la plupart des pièces de circonstance. Elles se recommandent par la pureté du langage, la facilité de la versification, le tour poétique de l'expression , et placent leur auteur, sinon parmi les premiers poètes, au moins parmi les plus estimables de l'époque. Après lui vient le célèbre Daniel Heinsius, tout à la fois archéologue, philologue et poète. 11 naquit à Gand, le g Juin i58o; mais s'étant rendu dès son bas-âge, avec ses parenS; en Hol-,
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iande, il s'arrêta d'abord à Middelbourg; en suite à Franekerj et enfîti à Leyde, pour s'y vouer aiîx lettres. Il obtint de bonne heure la chaire de litlcraturc grecque et laline à l'université de cette dernière ville j passa ensuite à celle d'histoire et de politique, et fut nomme plus tard conservateur de la bibliothèque publique. Il mourut, plein de jours et de gloire, le 25 févi'ier i655. Il ne nous appartient pas de l'apprécier ici comme philologue et comme poète latin; quanta ses poésies nationales, elles ont été recueillies, en 1616, par son ami Schriverius, en un vol. in-4°- et accompagnées d'une double préface en prose et en vers, à l'exception de son superbe can^/^Mc en l'honneur de J. C. (lofzangh van J. C.) imprimé séparément en 16 18. A l'édition de Schriverius en a succédé une autre, en i65o, petit in-8°. On y reconnait un homme qui joignait à d'heureuses dispositions naturelles une connaissance parfaite des grands modèles, et qui, de même qu'il s'est placé au rang des premiers savans de l'époque, aurait pu le disputer aux plus illustres favoris d'Apollon, s'il eut pu ou voulu se consacrer tout entier à la culture de la poésie nationale.
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A la suite de Heinsiiis nous plaçons son compatriote et son parent J acquesVan Sevecolc,(Jacobus Zevecotius) qui, ne vers l'an iSgô, et mort dans un âge encore tendre, peut être cité avant d'autres poètes qui le devancèrent, il est vrai, mais qui lui survécurent. Après s'être initié aux sciences et aux belles-lettres, d'abord à Gand, sa ville natale, et depuis ;i Louvain, il embrassa l'état ecclésiastique et entra dans l'ordre de S'. Augustin; de retour d'un voyage en Italie, il vint en Hollande, oîi il se fixa, après avoir renoncé au sacerdoce et à la communion romaine. Pendant son séjour à Leyde, il dut à son propre mérite et à la recommandation d'Heinsius, l'estime et l'amitié des plus grands hommes, et obtint par leur influence, en 1626, la chaire d'histoire et d'éloquence à l'université d'Harderwijk, oii il mourut le 17 mars 1642. Comme poète national, tel que nous le considérons ici, il s'est fait connaître principalement par deux ouvrages, dont l'un, imprimé in- 12 à Amsterdam, eu i638, chez J. Jansen , a pour titre : Emblèmes ornés de vers, par J. f^anSeuecote, et autres pièces diverses du même auteur, La seconde
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moitié de ce recueil, sous le titre Ae poésies néerlandaises écrites pour la plupart depuis quelques années , mérite une attention particulière. Elle renferme \ingt-six élégies, et quelques autres petites pièces fugitives , parmi lesquelles le plus grand nombre, et surtout celles du genre erotique, se distinguent par luie douceur et une grâce singulière, et par une heureuse imitation des anciens. L'autre ouvrage est une tragédie, le siège de Leyde; imprimée en cette ville en 1626, qui, quoique d'une composition tout au plus médiocre, considérée sous le rapport de l'art, excite en plusieurs endroits notre admiration par la hardiesse et la nouveauté des images, la vigueur et la Tivacitc des tableaux, et la beauté des chœurs qui s'élèvent à toute la hauteur de la poésie lyrique, ^evecote est encore l'auteur d'une traduction pure et élégante du poème latin de Heinsius de contemptu mortis.
Le quatrième et le plus illustre des quatre savans que nous avons en vue, est l'immortel Hugo de Groot (Grotius), né à Delft, en i583, et décédé à Rostok, une des principales villes commerçantes de la Baltique, en ï645. Nous
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îie parlerons ni de sa vie, qui se trouve consignée dans plusieurs biographies, et entre autres dans celle de Gaspard Brandt et d'Adrien Van Cattenburg; ni de son nicrite supérieur dans les priiicipales branches des connaissances humaines; nous nous bornerons à le considérer ici comme poète. Ses poésies, (jui n'ont rien de hardi ni d'élevé, traitent pour la plupart de matières religieuses et morales. La plus remarquable de ces productions est un savant poème didactique, en six livres, contenant la Preuve de la véritable religion (Bewijs van den waren godsdienst), qu'il composa au château de Loevestein ; poème qui traduit d'abord en prose latine, reçut bientôt les honneurs de la traduction dans presque toutes les langues , et se répandit dans toute l'Europe. La quatrième édition de ce poème et de ses autres poésies religieuses a été publiée à Amsterdam en 1720, augmentée de la vie de l'auteur par Hoogstraten. On trouve encore quelques pièces de vers de Grotius , disséminées dans deux recueils d u dix-septième siècle, connus sous le nom de Comptoir de Clio (Clioos kraam) et de Poésies diverses
(Verscheyde gedichten), parmi lesquelles la Plainte de la dame Van Mechtelen, au sujet du prince Maurice d'Orange, et sa Lettre à son épouse Marie Reygersberg sur sa délivrance, méritent d'être distinguées pour la force et la grâce.
Nous devons encore mentionner le savant Gaspard Van Baerle, plus connu sous le nom latinisé de Barlaeus, né à Anvers, le 12 février i584. Ses parens l'ayant emmené de bonne heure avec eux en Hollande, il suivit les cours de théologie à TUniversité de Leyde, fut nommé, en 161 2, sous-régent du Collège des Etats, en la même ville, et cinq ans après professeur de logique. Son attachement au parti des remontrans l'ayant fait destituer en i6i9,il resta assez long-temps sans emploi, jusqu'à ce qu'il fût appelé à la chaire de philosophie et d'éloquence à l'Athénée illustre d'Amsterdam, en 1 63 1. Il occupa ce poste avec beaucoup de distinction jusqu'au commencement de l'an 1648, qu'il mourut d'une maladie de langueur. La réputation qu'il s'est acquise dans l'éloquence et la poésie latine , il la mérite aussi comme poète national, plu-
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sieurs pièces de vers qui respirent la douceur, la facilité et la grâce , insérées au recueil CUoos hraam, lui assignent un rang distingué parmi les meilleurs poètes de son temps. Après ces savans il nous reste à dire un mot de deux femmes-poètes que leur propre mérite et l'amitié des plus grands génies de l'époque, tels (}ue Cats, liooft, Vondel, Barlœus, Huygens et autres, ont rendues célèbres. Ce sont Anna et Mario TcsselschadeRoemers \isscher, toutes deux 11 Iles de ce Visscher que nous avons appris à connaitre comme un des [)nncipaux restaurateurs de notre poésie, vers la fin du seizième siècle. Elles naquirent toutes deux à Amsterdam, Anna, l'aînée, eu 1084, et Marie Tcsselschade , la cadette, environ dix ans après sa sœur. Elles moururent dans la même ville, la première en i65i, et la seconde en 1649. ^'* Poésie, la musique vocale et instrumentale, et d'autres arts analogues , leur étaient très-familiers, ainsi que le talent d'écrire et de peindre sur verre; elles joignaient à cela une connaissance parfaite du français et de l'italien, et l'une d'elles, Tesselschadc, entreprit même la traduction
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de la Jérusalem délivrée, du Tasse : malheuleusenieut il n'est ricit parvenu jusqu'à nous de cette traduction, dont ses comtempoiains parlent souvent avec les plus grands éloges. Ce qui nous reste de ces deux sœurs se borne à un petit nombre de pièces éparses dans diftérens recueils , tels que les Figures allégoriques de E.oemer Visscher, publiées par Anna \ le Rossignol zélandais, Clioos Icraam, et autres. Les poésies d'Anna, qui vivait dans l'intimité de Cats, respirent davantage l'esprit de ce poète ; celles de Tesselscbade semblent écrites sous l'inspiration de Hooft , qui lui portait une estime et une amitié particulière. M. J. Scheltcma a recueilli avec beaucoup de discernement, d'exactitude et de goût, tout ce qui concerne ces femmes célèbres, dans une dissertation qu'il a publiée en 1808.
Quoique moins connu, Laurent R.éal mérite d'être compté parmi les bons poètes de cette époque. Né à Amsterdam, en i583, il y mourut en 1637. C'était un bomme d'un profond savoir , et doué de puissantes facultés morales, qu'il eut occasion de déployer dans plusieurs missions militaires et politi-
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qucs, dont il s'acquitta avec la plus grande Jisliuclion, tant dans son propre pays t|uc dans les pays étrangers. Protecteur zélé des lettres , il encouragea surtout l'étude de la langue et de la poésie nationale, et ne dédaigna pas de prêter son secours à Vondel , dans la traduction des Troyennes à& Sénèque. 11 cultiva lui-même la poésie avec succès, comme l'attestent le petit nombre d'ouvrages qui nous restent de lui. Indépendamment d'une satire flamande sur la Prédestination , commençant par ces mots : 01 es de mensch elacie^qui se trouve imprimée dans les œuvres de Vondel, et que celui-ci, selon le témoignage de Brandt, attribuait pendant sa vie à Real, on trouve encore de lui trois petites pièces de poésie , d'un style gracieux et élégant , dans le recueil dont nous avons déjà parlé Verscheyde nederduytsclie gedichten ( i ). Il est deux poètes dramatiques de cette épo- <iue beaucoup plus connus ; l'un, Gerbrand Adriaansz. Bredero, naquit à Amsterdam , le i6 mars 1 585, et mourut dans la même ville,
fi) Amsterdam, iSSq, pag. ii, 5G et i58.
à la fleur de l'âge, le 23 août 1618. Excepté sa langue maternelle, il ne possédait aucune autre langue, si ce n'est un peu de français, et n'avait reçu ni instruction ni éducation; niais la nature l'avait gratifié de ses dons , et il réussit surtout dans le genre comique. Ses œuvres remplissent deux vol. in-4.° Le premier contient sous le titre de Grand chansonnier comique et amoureux {]^oç,x\!\^, amoureus en aandachtig groot liedeboeck) , une grande quantité de chansons sur difFérens sujets; le second intitulé : (Euvres com-plàtes de G. A. Bredero (Aile wercken van G. A. Bredero) renferme ses tragédies, ses comédies et ses farces, avec quelques pièces fugitives et des épîtres. Ses prétendues tragédies, assemblage informe de scènes tragiques et comiques, ne sont que des tragi-comédies, sans liaison, sans plan et sans unité. Ses comédiej et ses farces ne sont pas exemptes de trivialité et de mauvais goût; tout ce qu'il a écrit néanmoins porte le cachet d'un véritable talent poétique, et sa versification est presque toujours facile et coulante. Ses comédies abondent en traits plaisans, et offrent une peiu-
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tui-e animée des mœurs des habitans d'Amsterdam, surtout des classes inférieures. On ci le parmi les meilleures /f^roZ/mo ou le Brabançon espagnol (de Spaanche Brabander Jei'olimo), et son petit Maure (Moortje), imitation burlesque de l'Eunuque de Térence. Quant à ses chansons , elles présentent les mêmes beautés et les mêmes défauts.
L'autre, Samuel Coster, médecin d'Amsterdam, se fît remarquer Tcrs le même temps, à la cour de Melpomène et de Thaliej il naquit, selon Paquot, vers l'an i58o ou iSgo, et mourut peu de temps après la première moitié du dix-septième siècle. Il est certain qu'il exerça pendant plus de cinquante ans la médecine à Amsterdam, et qu'il ne décéda que dans un âge très-avancé. La nature lui avait libéralement départi, ainsi qu'à Bredero, l'imagination et le talent des vers; et au jugement de Brandt, il aurait pu le disputer aux plus grands poètes, s'il eut donné plus de soin à ses compositions dramatiques. Sqs principales pièces sont ] phi génie , Isabelle , Ithys, Polyxène et le Richard (de Rycke man), tragédies; Teeuwis le paysan (Tecuw^is de
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boer) et Madame GrevelinclçliuyseJi (Menjufifer Grevelinckhujsen) et Tyske Van der Schilde, eomédies.
A propos de Coster, nous devons ajouter «n mot sur l'origine du théâtre d'Amsterdam , dont il jeta en quelque sorte les fondemens en établissant son académie dramatique. Vers le commencement du dix - septième siècle florissaient à Amsterdam trois Chambres de Rhétorique , l'ancienne sous la devise inLiefde hloeijende (l'Amour la fait fleurir), et deux Chambres brabançonnes , dont la principale était connue sous le nom de la Lavande BlancJie (Witte Lavander), ayant pour devise: Ï-V^t levender Jonst (la Générosité l'anime). Ces deux dernières rivalisaient avec l'ancienne dans la représentation des pièces de Hooft, Vondel, Bredero , Coster, etc., représentations qui furent données d'abord par les membres de la société, ensuite par des acteurs à gages. Le bénéfice résultant des représentations de Tancienne Chambre, ne tarda pas à être dévolu à l'hospice des vieit. lards , qui en supporta dès lors les frais. Coster qui, de concert avec Bredero, avait
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d'abord prête la main aux exercices de l'ancienne Chambre, re'solut bientôt d'en fonder une nouvelle sous le nom à^ Académie. Elle fut érigée, à ses frais, sous les auspices de la régence, et installée en 161 ^^ un certain Suffridius Sextinus composa à cette occasion un prologue intitulé Apollon, lequel fut suivi d'une tragédie sur l'assassinat du prince d'Orange [de moord hegliaan aan Willem, prinse van Oranje") , composée par G. Van Hoogendorp, de Delfl, qui se distingua parmi les Rhétoriciens, vers le commencement du dix-septième siècle. Les administrateurs delà maison des orphelins, voyant les avantages que l'hospice des vieillards retirait des représentations de l'ancienne Chambre, conclurent un traité avec Coster, et se chargèrent, en 1622, de la direction de V Académie et de ses dépendances. Cependant, la disscntion qui i'élait glissée entre les deux sociétés prit un caractère tellement grave , que le magistrat résolut, en i632, de réunir ces deux institutions. A cette occasion , Y Eglantier de l'ancienne Chambre s'enlaça à la Ruche de la nouvelle Académie, cl de leurs devises réu-
nies on forma celle-ci : Door ijuer, ou iji'er in Liefde hloeijende (le zcle nourri par l'affection). Peu de temps après, la salle de l'Acade'mie fut reconstruite sur le même emplacement, et inaugurée en i638, sous le nom de Spectacle, par la représentation du fameux Gilbert d'Amstel, de Vondel. A cet édifice en succéda un nouveau , en 1 664 , lequel subsista , sans changemens notables, jusqu^en 1772, qu'il devint la proie des flammes.
Nous devons citer en passant Théodore Rodenburgh , auteur de plusieurs drames, et d'un ouvrage mêlé de prose et de vers , intitulé : Eglentiers Poëtens Borst-weringh. Neveu, par sa mère, du célèbre H. Laurenz. Spiegel, il jouissait d'une grande considération j chevalier de l'ordre de Bourgogne, il fut en outre revêtu de grandes dignités. L^ouvrage qus nous venons de signaler annonce des connaisances variées j mais l'auteur se distingua moins par ses succès que par son zèle pour la culture de la poésie nationale, dans laquelle il ne s'éleva guère au-dessus de la médiocrité. On ne saurait préciser l'époque de sa naissance et de sa mort 3 néanmoins on
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a des raisons de croire qu'il vint au monde dans la dernière moitié du seizième siècle, et qu'il mourut avant le milieu du dix-septième. Fixons maintenant notre attention sur un poète moraliste très-estimable, Dirk Rafelsz. Cainphuysen, Né en 1 586 , à Gorkum , il fut destiné d'abord à la peinture et ensuite à la prédication. Il se distingua pendant trois ans à Vleuten, comme orateur évangéliquej sectateur d'Arminius, dont il avait puisé les principes à l'Université de Leyde, il fut enveloppé dans la persécution qu'on suscita contre les partisans de ce docteur. Fugitif et errant, sans fortune et sans abri, il trouva enfin, avec beaucoup de peine, un refuge à Dokkum, en Frise. Une mort prématurée l'y enleva le 9 juillet 1626, lorsqu'il avait à peine dépassé l'âge de 4^ ans. Ses œuvres qui, comme toutes ses actions et ses paroles, respirent le plus pur amour de la vertu et de la piété, sont divisées en deux parties, dont la première contient ses poésies originales sur la morale et la religion, et la seconde une paraphrase poétique des cantiques sacrés et des psaumes. Elles révèlent
i'une et l'autre un écrivain original, qui s'exprime avec force et avec énergie, et qui revêt ses idées des images les plus justes et le plus gracieuses. Son style est moins poli et sa ■versification moins harmonieuse que celle des autres auteurs de cette époque; mais il rachète ces défauts, dont on n'a pas à s'étonner, si l'on considère et le temps où il vécut et les circonstances de sa vie, par une diction mâle, nerveuse et pleine de sens.
Les poètes dont nous avons parlé jusqu'à présent étaient tous, à l'exception de Cats, hollandais ou élevés en Hollande; il est vrai que d'autres provinces produisirent vers la même époque des poètes dignes d'être cités; telles que la Zélande, où la gloire de Catsfit naître une noble émulation parmi les nourrissons des muses. Un des plus anciens poètes de cette province est Antonis de Hubert, jurisconsulte, né à Zierikzee, de parens illustres, et revêtu dans sa ville natale des premières dignités. Son zèle pour la culture de la langue et de la poésie nationale, lui concilia l'estime de Hooft, de Vondel et d'autres grands hommes de son temps. Il a publié, en i624;
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une traduction en \ers des psaumes, qui n'est" pas sans rae'rite.
En 1598, la Zélande \it naître un autre poète, également issu d'une noble famille, Adrien HofFer, qui fut homme de lettres , et occupa plusieurs emplois crainens, entre autres celui de receveur-général des domaines «lu comte dans sa province. Il fît imprimer en i635 , sous le titre de : NederduytscJie poëmata, un recueil de ses poésies qui ont trait pour la plupart à des matières religieuses et morales, et qui sont entremêlées de quelques vers latins. Quoique son génie poétique soit sans élan, sa versification ne manque ni d'harmonie ni de grâce. Il mourut le 21 mai 11644.
On doit les mêmes éloges à Johan de Brune, poète qui naquit à Middelbourg, dans la même année iSgS, et qui y mourut en i658, îi fut également homme de lettres et investi de dignités considérables ; il remplit en dernier lieu les fonctions de conseiller-pensionnaire de Zélande. Au milieu de ces graves occupations , il sut dérober quelques instans aux affaires pour les consacrer aux muses
et publia plusieurs poèmes sous le titre de : Berijmde Jceurspreuken van Salomon{Pro\erbes choisis de Salomon, mis en vers), etJEmblemata of Zinne werck (Emblèmes ou AUe'gories), accompagne's de vers et d'explications; enfin une traduction des psaumes en vers blancs. Sa versification est facile et coulante sans manquer de vigueur, surtout dans ses Emblèmes qui se composent de petits poèmes destine's à mettre en lumière quelques vérités utiles figurées allégoriquement, à la suite desquels on trouve des explications plus étendues en prose, écrites d'un style noble et pur et semées de vers, qui sont le plus souvent des traductions de passages choisis dans les meilleurs auteurs anciens et modernes..
Ces deux poètes contribuèrent aussi à la formation d'un recueil de poésies composées pour la plupart par des poètes Zélandais, et. publié, en 1623, sous le titre de Rossignol (Zeeuwsche Nachtegaal). Ce recueil, suivi d'un assez grand nombre de pièces burlesques et comiques d'un peintre de Middelbourg , nommé Adrien Van der Venne , sous le titre général de Tafereel van sinne"
DE l'histoire UTtÉhaIUL. 125
mal ( TabJeau des passions ) , csl parlagc en trois parties intitulées : Minne - clai^t , sede-sangh et Jiemel-sangh (élégies erotiques, chants moraux et chauls célestes) j elles renferment, non-seulement des poésies des deux écrivains que nous venons de citer, du prince des poètes Zélandais, Cats, d'Anna Roemers Visscher , qui voulut s'acquitter ainsi envers les littérateurs de la Zélande^ mais en outre un grand nombre do vers de poètes moins connus. Parmi ces derniers nous nous bornerons à nommer Simon de Beaumonl, pensionnaire de la ville de Middelbourg, les frères Apollonius et Jacques Scottc, dont le premier se fît un grand renom parmi les savans de cette époque ; et la spirituelle Jeanne Coomans, épouse de Jean Van der Meerschen, receveur des Etats de Zélande, que Cats honora de son estime particulière, et à laquelle il se plaît à rendre homn»age dans son poème sur Miymen, lorsqu'il parle des vertus et des quahtés de Vépouse.
La province d'Overyssel eut aussi ses poètes dans la première moitié du dix- septième siècle; parmi eux, Jacob Revius figure au
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premier lang. Né à Devenler, en i586, il fut destiné à la prédication, et remplit ce ministère avec distinction pendant plusieurs années dans sa ville natale. Appelé ensuite à la direction du Collège des Etats à Leyde, il y mourut en i658. C'était un homme d'un grand savoir, comme l'attestent de nombreux ouvrages dont l'appréciation n'appartient point à notre sujet. Il se fit connaître au parnasse par la publication d'un recueil de poésies morales et religieuses qui parut , en i63o , sous le titre de : OçerijsselscJie sanspn en dicJiten Jacohi Revii. Il ne s'élève pas très-haut, mais il ne manque ni de facilité, ni d'élégance, ni de coloris poétique. Nous lui devons aussi une édition corrigée des psaumes de Dalhenus, publiée en 1640. Peu de temps après Revins, Deventer vit naître un autre poète, nommé Jean Van der Veen, qui mourut dans sa ville natale en i65g. Nous avons de lui im recueil considérable de vers sur des sujets allégoriques, sous le titre de Zinnebeelden of Adams appel, que l'on fait suivre ordinairement d'un grand nombre de poésies badines et burlesques ,
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telles que OverzeescJie hndloftszangeîi, zegezangen, raadselen, etc. (Epithalames, chanls de triomphes, énigmes). Quoiqu'il manque assez souvent de pureté, de goût, et de vigueur, il n'en mérite pas moins d'être classé parmi les poètes spirituels, faciles et gracieux. A la suite de Van der Veen , nous placerons un poète Frison nommé Jean Starter, qui naquit en i5g4, et mourut probablement \ers le milieu du dix-septième siècle. 11 se rendit célèbre par sou Jardin de plaisancu (Frieschen lusthof), qui se compose en grande partie de poésies erotiques. Nous passerons sous silence ses autres productions, en nous rappelant toutefois qu'il fit les deux derniers actes de YAngenietje de Bredero , comédie en vers que l'auteur avait laissée incomplète. Il a de la grâce et de la facilité , mais sou style n'est pas très-pur.
L'amour de la poésie n'était pas tout- à-fait éteint en Flandre et dans le Brabant aux premiers jours du dix-septième siècle. On vit au contraire, dans ces deux provinces, s'élever des poètes qui occupent un rang trèsdistingué sur notre pâmasse. Justus Har-
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duyn ; ou Harduinus naquit ?i Gand , en \5S2, et mourut en i63o. Il reçut une éducation littéraire et se destina à l'état ecclésiastique. Les nombreuses poésies qu'il nous a laissées se distinguent toutes par l'harmonie du style, la pureté et la force du langage et la couleur poétique des expressions ; telles sont Weerlyclce liefde tôt Rosejnond ; Verzuchtin^en der bruyd tôt haren goddelychen hruydegom, imitation du cantique des cantitjuesj Goddelicke lofzangen tôt vermaekinige van aile geestighe liefliehhers; la chute et le repentir du roi David; une paraphrase du psaume quatre-vingl-huilièmc; et une imitation libre du poème latin de HermanHugo (i). Un autre Flamand nommé Guillaume Van der Elst, curé de Bouchante et Waterdyck, mérite ici une mention honorable. Il est l'auteur d'un recueil de poésies morales (geestelycke gedichten) qui parut à Anvers, en 1624. Il nous apprend lui-même qu'il se proposa pour modèles Heinsius et Cats, et surtout ce
(i) Voyez Verhandcling van J. F.Willems^ 2 part, pag. 09 — 45.
dernier qui eut toujours de nombreux admirateurs en Flandre et dans le Brabant. Ses imitations, à en juger par les échantillons que nous en a donnés le savant M. Willems, sont heureuses, et décèlent un poète-moraliste facile et poli.
La ville d'Anvers vit naître, en i584, un poète nommé GuillaumeVan den Nieuwlandt, qui mourut en i635, après s'être distingué dans la carrière. Il cultiva aussi la peinture avec succès. Les tragédies qu'il nous a laissées sont au nombre de six : Saûl,Claudius Domi" tilts Néron, Livie, Cléopâtre, Sophonisbe et Salomon; elles ont toutes, au jugement du savant que nous venons de citer, beaucoup de mérite, eu égard au temps où elles furent composées. Il est de plus auteur d'un Essai sur l'homme (Poëma van den mensch) , in-4.'* dont les extraits pubhés par M. Willems, donnent une si haute idée, que, si l'ensemble répond à ces fragmens, il lui assure à jamais un rang distingué sur notre Parnasse. Olivier DeVree ouVredius, savant Brugcois né d'une famille distinguée en iSgy, et mort en 16.52, se fit également connaître par son
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talent poétique. Il parut de lui à Gand^.en 1624, en pelit format, un poème sur l'origine et les progrès des Carmélites, ainsi que d'autres pièces intitulées : p^ermaerde oorlogstuchen van de grave van Bucquoy, Jllengeldichten, Fygliesnoeper , Hacclius-lcronyck en ^yenus-han, imprimées in-8.°, à Bruges, en
Nous devons aussi dire un mot d'un poème de P. Gheschier, curé du Béguinage, à Bruges, intitulé la Pieire de touche du monde (des Werelds proefsteen), imité librement du latin d'Antonius a Burgunda, lequel parut in-4.", à Anvers, en i643. Il se recommande par une versification coulante, et une diction pure et correctej c'est à ce titre que Huydecoper le cite fréquemment dans son essai sur la langue et la poésie (Proeve van taal- en dichtlunde) (i).
En reportant nos regards sur la Hollande, nous ne saurions passer sous silence Samiiel Ampzing, ministre de l'évangile et poète, qui s'offre d'abord à notre attention. Né à Haar-
(i) Voir aussi Willems , 11.^ D, bl. 89 — 90.
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\em, en i594i il J mourut, à ce que nous croyons, vers le milieu du dix-septième siècle. Parmi les nombreux écrits qui attestent son savoir, son zèle et sa piété, il y en a quelques-uns qui se rapportent à la langue, à la poésie et à l'archéologie nationale, qu'il cultiva avec amour; on distingue entre autre une ode sur la prise de Bois-le-Duc, par le prince d'Orange {^Nassauwsche lauwerkrans op de verovering van s' HertogeuboscJî) , son Catéchisme poétique (Rym catechismus), et surtout la description et l'éloge de la ville de Haarlem, en vers, accompagnés d'une foule de notes historiques et archéologiques , et suivis de la traduction d'un poème de Scriverius en l'honneur de Laurent Coster {laurecrans voor Laurens Coster). Nous parlerons plus tard de la préface philologique (Nederlandsch taelbericht) placée en tête de l'ouvrage. Dans toutes ses poésies l'auteur ne s'élève guère , et il ne peut être compté tout au plus que parmi les versificateurs qui ne sont pas dépourvus de facilité.
Nous profiterons de l'occasion pour dire un mot d'Elias Berckmans, poète conlenipo-
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rain, qui occupa un poste important dans la marine, et mourut dans l'intervalle de 1640 à i65o. Il nous a laissé un poème e'tendu et en partie historique sur la marine {der zeevaert lof) en six livres, dont les cinq premiers sont écrits d'un stjie noble, en vers alexandrins. Le sixième écrit d'un ton plus familier, en petits vers, contient une peinture originale de la vie des marins de nos jours, avec le récit d'un voyage sur mer et d'un retour dans la patrie. L'auteur toutefois y fait preuve de plus de connaissance et de lecture que de talent poétique, et laisse entrevoir de nombreuses traces de mauvais goût. On rencontre néanmoins quelques passages écrits d'inspiration , qui prouvent que Berckmans réussit surtout dans le genre léger et badin.
L'ordre des temps nous amène un poète qui mérite, à Juste titre, d'être placé parmi les premiers génies de ce siècle, le célèbre Constantin Huygens, l'ami et le contemporain de Hooft. Né à La Haye, en lôgG, de parens distingués, il profita des avantages d'une bonne éducation que sa naissance le mit à même de recevoir. Arrivé à l'âge mûr,
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ses connaissances et ses talens lui donnèrent plus d'illustration que les titres d'honneur dont il était revêtu en qualité de chevalier, seigneur de Zuylichem , de premier conseiller et maître des comptes du prince d'Orange. La poésie eut pour lui un charme particulier; aussi la culliva-t-il avec succès dans presque toutes les langues, en latin, en français, en italien, mais surtout dans sa langue maternelle. La première collection de ses oeuvres parut à Amsterdam, sous le litre de Loisirs (Lcdige uren); elle comprend, outre ses poésies nationales, quelques essais dans diflérentcs langues étrangères. Environ trente ans plus tard , son fils Chrétien Hujgens , qui s'immortalisa dans les sciences, publia une édition complète des œuvres de son père, en vingt-sept livres, sous le titre de Bluets (Koren bloemen). L'édition entière comprend ^ingt-sept livres j elle est partagée en deux parties : la première contient onze livres, qui renferment des poèmes plus ou moins étendus sur des sujets tantôt nobles et sérieux, tantôt légers et badins, dont rénumération et l'appréciation nous mèneraient
trop loin. Qu'il suffise de dire, en général, que ces poèmes, élincelans de verve et de poésie, décèlent les connaissances les plus précieuses ; on y remarque une diction forte, pleine de profondeur et d'une élégance exquise. Le poète dédaignant les expressions familières et triviales , donne à ses pensées un tour original, et crée, au besoin, des termes nouveaux, ou donne aux termes anciens une acception nouvelle. Son style en contracte parfois un peu de rudesse, de contrainte et d'obscurité; ses idées et sa diction sans être toujours exemptes de recherche et d'affectation, sont le plus souvent spirituelles, expressives et vigoureuses, et ses écrits sont une véritable source où l'on peut puiser des locutions nouvelles pleines de sens et de charmes. La seconde partie, si on en excepte le livre vingt-sept, qui renferme une traduction, se compose presque en entier de petits impromptus dans le style de Martial. Les saillies et les tournures originales y abondent; quoique certaines pièces puissent être taxées de fadeur. Iluygens mourut en 1687, âgé de plus de quatre-vingt-dix ans, après avoir suc-
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cessivement rempli les fonctions de secrétaire auprès de trois princes de la maison de Nassau. Ses talens et ses vertus avaient inspiré la plus haute estime à ses contemporains les plus illustres; témoins le panégyrique en vers placé en tête de la dernière édition de ses œuvres , les lettres que lui adressa Hooft , et l'éloge qu'en fait Brandt dans sa biographie de Vondel.
Le premier qui se présente après Huygens, est le célèbre auteur de l'Arcadie Batave (Bataafsche Arcadia ) , ouvrage en prose aussi agréable qu'instructif, dont nous parlerons par la suite. Jean Heemskerk, né en iSgy, d'une illustre famille, après avoir étudié les sciences exactes et la jurisprudence, à l'Université de Leyde, soutint l'éclat de son nom par une vie laborieuse et consacrée au bien public; il occupa en dernier lieu le poste de conseiller à la haute cour , et décéda revêtu de cette dignité, en i656. Comme poète il n'est bien connu que depuis peu d'années j et cependant il mérite , à ce titre , une distinction particulière. Déjà les morceaux de poésie insérés dans son Ârcadie avaient rc-
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•vêlé une touche spirituelle et gracieuse; une élégie composée sous le nom d'une dame Joachlrni, sur la mort de son époux, le seigneur Van Kctel, et insérée dans le Recueil de poésies diverses (i), vint ajouter un nouveau fleuron à sa couronne; cette pièce respire une douceur et une mollesse de tons singulière, jointe à un style facile et élégant. Mais l'ouvrage oîi son talent poétique brille de tout son éclat , c'est le recueil rare et trop peu connu des poésies de sa jeunesse, publié pour la première fois en 1622, et ensuite en 1626 , sous le titre de l'Art d'aimer, etc. (Minne-kunst, Minne-baat, Minncdicbten en Mengel-dichten). Ce recueil, qui a paru sans nom d'auteur, a d'abord été attribué, avec fondement , à Heeraskerk, par le savant archéologue J. Scheltema, dans sa dissertation sur le mérite de ce poète (2). Les
(i) Pag. 42 de l'édition de i65i , et pag. Sa de celle de 1659.
(■2) Geschied- eu letterkundig mengelwerk, !.*■ D. III.'^ st. bl. 49, enz.
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|jieanèies pièces qu'on trouve dans ce i ecueil sont des imitations libres et heureuses de l'Ai t d'iùmer d'Ovide, cl de son liemède contre l'amour j viennent ensuite une foule de pièces erotiques originales, et enfin des pièces diver ses parmi lesquelles quelques odes traduites d'Horace; toutes découlent d'une veine riche et abondante; la plupart sont relevées par des beautés naturelles, et par une diction pleine d'esprit, de grâce et d'harmonie. Hecmskerk publia, en 1641 > une traduction du Cid de Corneille, remarquable par la beauté et l'énergie des vers; il avait déjà fait paraître, six ans auparavant, un poème original sous le titre de Discours héroïque de l'amiral Van Heemskerk (clés admiraals Kan Heemsherk lielden- sprake) .
Nous devons dire à cette occasion un mot de Jacques Van dcr Burg, l'ami particulier de Heemskerk, et de quelques autres personnages célèbres de l'époque. C'était un homme d'un talent distingué qui occupa dans l'état des em plois considérables, comme on peut le voii dans la notice sur sa vie insérée dans le 2"= vol.
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derEuterpe(i). On y lit une indication de ses compositions poétiques, disséminées, au nombre de dix-huit, dans plusieurs recueils. La plus remarquable de ces pièces a été placée, comme un essai, à la suite des poésies erotiques de Westerbaen, essai. qui nous le fait connaître comme un poète à qui la nature n'avait refusé ni les qualités de l'esprit ni le don de l'harmonie j on ignore l'époque précise de sa naissance. Il mourut à Amsterdam, vers l'an 1660.
Nous devons à l'auteur de la notice sur Van der Burg des détails non moins curieux touchant un poète contemporain, tout aussi peu connu, Samuel Ingen. Celui-ci publia, en i658, une traduction en vers de la Bergère fidèle, pastorale italienne de Contarini, suivie de quelques pièces originales , au nombre de cent. Les fragmens qu'on en a publiés assurent à Tauteur un rang parmi les poètes spirituels et aimables (2).
Un poète plus connu, Jacques Van Wester-
(,) Pag. 65.
(2) Euterpe, I.>: st, bl. m — laS,
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haen, se rapproche beaucoup du talent et de la manière de Van der Burg. 11 naquit en 1599, étudia d'abord la théologie et ensuite la rae'decine. Plus tard, élevé par son mariage au rang de chevalier et seigneur de Brandwyk, il passa la plus grande partie de sa vie dans un loisir littéraire, à une campagne près de La Haye, où il mourut âgé déplus de soixantedix ans. Le nombre de ses poésies est considérable; sans avoir toutes la même valeur, elles ont en général du mérite. C'est moins l'élévation et la force, que la facilité et la douceur de l'harmonie qui les caractérisent. Parmi ses productions les plus estimées et les plus étendues, on doit classer la description de sa retraite, appelée Ockenburg , et son poème en réponse aux Mystères de l' Autel deVondel, le plus original de ses écrits, au jugement de Brandi. Il a pour titre : Kracht des geloofs vaii den VQortrefjfelijhen en vermaardenpoëet Joost Van den Fondel , te Speiiren in zijne altaav ^eheimenissen. Ses œuvres, imprimées d'abord séparément, ont été recueillies en 1672, eu 3 volumes, à l'exception du poème dont nous venons de parler, lequel se trouve dans le re-
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cueil de poésies diverses (verscheyde gedrcli-: ten) j Westerbaen a publié en outre une traduction en vers des psaumes.
Disons aussi un mot de deux ministres protéstans, qui fleurirent vers la même époque, et que leur talent poétique et d'autres qualités avaient placés très-haut dans l'estime de Hooft et d'autres contemporains illustres. L'un nommé Franciscus Martinius, ministre à Epe sur la Veluive , se rendit célèbre par ses poésies sur lapassioii, la mort et la résurrection de J. C. et par d'autres pièces répandues dans plusieurs recueils. L'autre nommé Conrad us Goddaeus, mmistre à Vaa^sen, sur la Veluwe, mérite d'être cité pour son recueil de Poésies nouvelles (nieuwe Gedichten), oîi il employa le premier, quoique sans succès, des vers blancs écrits dans le mètre des Grecs et des Romains.
Vers ce même tems, la Frise vit naître un poète dont les productions , écrites dans l'ancien dialecte du pays, ne sont pas aussi connues à présent, qu'elles mériteraient de l'être, au jugement unanime du petit nombre de connaisseursj ces productions sont d'autant
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plus remarquables qu'il est rare de les voir oclore dans le rang oîi vécut l'auteur. Gijsbert Jaco!)», tel est son nom, naquit en i6o3 ù Bolsward, ou dans les enviions, et y exerça les fonctions d'instituteur et de chantre. Son talent poétique, et sa connaissance approfondie de l'ancienne langue frisonne, qui s'était déjà conside'rablement altëre'e , lui valurent l'amitié de plusieurs hommes de lettres, el décidèrent même le célèbre Franciscus Junius à venir d Angleterre pour se faire instruire par lui dans la langue frisonne. Il paraît avoir connu la langue française, et plusieurs indices annoncent qu'il n'était pas resté étranger à l'étude du latin. Ses poésies attestent aussi qu'il avait perfectionné sou talent par la lecture de Hooft, Vondel, Hujgens et d'autres contemporains célèbres. Il existe trois éditions de ses œuvres sous le titre de Friesche rijmlerij : la première a paru à Bolsvvard, eu 1668, deux ans après le décès de l'auteur j la seconde à Leeuwardcn, eu 1G81 , augmentée de quelques lettres frisonnes et d'autres pièces en prose, mais moins exacte que la première pour l'orthographe j la troisième édition a clé
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publiée, il y a peu d'anne'es , par les soins d'un savant instituteur de INIiddelbourg, M. Epkema, en 2 vol. in-4°. Le premier contient une copie fidèle du texte original; le second un dictionnaire aussi propre à faciliter l'intelligence de l'auteur, qu'utile à la connaissance de la langue en général. Ses oeuvres se composent de poésies erotiques, de dialogues, de mélanges et de cinquante-deux psaumes. On j voit briller tour à tour, selon que le sujet l'exige, une grâce légère et une gaîté franche et naturelle, une dignité noble et une élévation pleine de hardiesse. Nous avons sur ce poète deux notices auxquelles nous renvoyons le lecteur l'une écrite parle célèbre professeur Wassenberg a pour titre : Spécimen philologiœ patriœ academicum, quo narratio exhihetur de vitaj morihus et carminihus clarissimi poëfœ frisii, Gisherti Jacobi F. , et ejusdem Carmina cwn po'étis antiquis Grœcis et Romanis j quos imitaiido expressif, conferuntur. On en trouve la substance, avec quelques additions, dans le Mémoire sur le dialecte frison , publié en langue nationale par le même auteur. La deuxième partie de ce mémoire offre un essai très-
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heureux d'une nouvelle édition des poe'sies de Gijshcrl Jacobs. L'autre notice est une dissertation, (redevoering over Gijsbert Jacobs, friesch dichter) , du professeur Koopnians, insérée au Magasin des sciences et des lettres (Magazijn van \vetenschap, kunst en smaak) et réimprimée dans le second volume de ses Discours et dissertations. Le mérite poétique de Tauteur y est apprécié d'une manière judicieuse et d'autant plus agréal)lc que les divers jugemcns sont appuyés de citations très-concluantes.
Jérémie de Decker, écrivain aussi distingué par son caractère que par ses talens poétiques , ïiaquit à Dordrecht en 1609 ou en 1610, de parens honnêtes, mais peu fortunés. 11 partit avec eux pour Amsterdam, où son père homme de piobité et de mérite, après avoir fait sans succès le commerce, éleva sa nomhreuse famille en exerçant la profession de courtier. Son fîls le seconda avec beaucoup de zèle et d'activité dans ses opérations, et à sa mort, il devint le soutien de sa mère et de sa famille. Au milieu d'une vie si laborieuse, et sans autre instruction que celle qu'il avait
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reçue de son père, il sut trouver le temps d'étudier à fond, outre sa langue maternelle, le latin, le français, l'italien et l'anglais, qui furent pour lui une source de connaissances, et d'cnricliir, des productions de son génie, la littérature nationale, pour laquelle il montra toujours la plus tendre affection. L'édition la plus complète de ses œuvres a été publiée par Brouerius Van Nidcck, en deux vol. in- 4". Parmi les pièces les plus remarquables du premier volume on distingue une heureuse imitation du S.^- Jean-Baptiste, tragédie latine de Buchanan; une satire étendue, instructive et très-plaisante intitulée VÉIoge de l'Avarice (Lof der Geldzucht), l'une de ses dei'nières productions, publiée après sa mort, en i656j et enfin un recueil de poésies, presque toujours élégantes, pathétiques et sublimes, sur la passion de Notre Seigneur, sous le titre de Vendredi- Saint {GioeAen-Nùiàa^. Dans le deuxième volume on trouve , outre un grand nombre de pièces très-estimables, dont les sujets sont yariés et que nous passons sous silence, des élégies sur la mort de son père, qui respirent la mélancoHe la plus tendre. En
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général, il mérite d'être placé à côté deVondel, parmi les poètes dont le style se recommande le plus par sa pureté; et il ne le cède en rieii aux plus beaux génies de son siècle.
Au nom de Decker se lie convenablement celui d'un autre poète de Dordrecht, nommé Daniel Jonktys. Né en 1600, il exerça pendant quelque temps la médecine , dans sa ville natale , et se retira ensuite à Rotterdam , oliil fut nommé échevin ; il y mourut en i654« Il nous reste de lui deux productions qui nous le font connaître comme un homme d'un grand savoir, et comme un poète plein de grâce, de naturel et de gaîté. La première imprimée en 1640, in-4.°j a pour titre : Hedendaegse Venus en Minerva^ of twistgesprek tussclien die zelfde ; c'est une espèce de plaidoyer instructif et amusant dans lequel deux déesses ( Vénus et Minerve ) se disputant la prééminence devant le conseil des dieux, tracent un tableau où se peignent avec malice les travers de la société. La seconde dont il a paru une fort bonne édition en 1660, se compose de poésies erotiques, pleines de charmes et d'élégance; on y re-
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marque plusieius imitations d'auteurs latins, surtout de Lernutius, sous le litre de : D. Jonktys Minnedichten , etc. Poésies amoureuses de D. Jonktys, appliquées aux grâces séduisantes de la belle Rosine , avec une indication des moyens qui font naître l'amour. Cette indication est un long prologue en prose tendant à prouver que les yeux sont le principal agent du commerce amoureux.
Nous devons enfin dire un mot d''un autre poète, également peu connu, JeanHermansz. Krul, dont les pastorales et les poésies erotiques ne sont pas cependant tout-à-fait à dédaigner. Né à Amsterdam, en 1602, il fat destiné au métier de maréchal-ferrant, et ne reçut aucune éducation littéraire; mais la nature qui l'avait formé poète, lui fît sentir sa secrète influence et le porta vers l'étude de la poésie, où il reproduisit avec assez de bonheur le génie et la manière de Cats. U ne lui a manqué qu'un peu plus de culture pour se placer à côté de nos meilleurs écrivains j et même aujourd'hui, l'éloge qu'en a fait Wellekens, dans sa dissertation sur la poésie pastorale , en l'appelant poète aimable et
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■coulant, pourrait ne pas paraître exagéré. Ses œuvres parurent en 1664, en un volume in-f.", sous le titre de Pamplere TVereld (Monde de papier). Cette collection, divisée en quatre parties, comprend un nombre de pièces plus ou moins longues, sur des sujets divers, entre autres des comédies pastorales, des allégories et des chants amoureux.
Parmi les bons poètes de cette époque , on doit compter aussi Six Van Chandelier, né à Amsterdam, en 1610. Comme ses poésies nous l'attestent, il voyagea plusieurs années; mais il passa la plus grande partie de sa "vie dans sa ville natale, où il fit le commerce des drogues. On ignore l'époque pi'écise de sa mort. Il publia, en lôSy, un recueil de poésies , en six livres , consistant , pour la plupart, en pièces de vers de peu d'étendue, sur difFérens sujets j il parut encore de lui, en 1674? une nouvelle traduction en vers des psaumes. Ses productions portent l'empreinte du talent 5 son style toujours correct et nombreux, tantôt noble et élevé, tantôt léger et Camilier, annoticc toutefois un homme qui, malgré quelques succès dans un genre oppo-
se, cultiva plus heureusement la poésie légère. Les hommes les plus éclairés l'ont honoré de leur estime, témoin l'éloge qu'en ont fait Vollenhove et Huydecoper.
Il ne faut pas confondre avec ce Six Van Chandelier, un poète contemporain appelé Jean Six. Celui-ci, né à Amsterdam, en 1610, de parens illustres, occupa, dans sa ville natale, plusieurs charges importantes, et fut revêtu, en dernier lieu, à l'âge d'environ yS ans, de la dignité de bourgmestre, qu'il conserva jusqu'à sa mort, arrivée en 1700. C'était un amateur intelligent et un zélé protecteur de la poésie, qu'il cultiva avec succès, tant en latin que dans la langue nationale. La plus célèbre de ses pièces écrites en hollandais, est une tragédie intitulée Médée. A la suite de cette pièce se trouve une ode pleine de verve et d'harmonie adressée à Henri Hooft. Le même auteur nous a laissé aussi une comédie intitulée V Innocence (Onschuld), dont le style n'est pas vulgaire. Quelques pièces fugitives de sa composition , ont été insérées dans les recueils Clioos Kraam et Verscheyde Gedichten.
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Après lui vient un autre poète, distingué d'ailleurs par sa naissance et les dignités dont il fut revêtu, Pierre de Groot, fils de l'iinmortel Hugo de Groot. Né à Amsterdam , en i6i5, il se Toua aux sciences, et marcha sur les traces de son illustre père. Digne élève de cet homme -vénérable, qui avait dirigé ses premiers pas, comme lui, il servit avec zèle la patrie, qui le rendit dépositaire de ses plus chers intérêts, et comme lui, il fut payé d'ingratitude, et se retira, vers la fin de sa vie, dans une ferme près de Haarlem, oîi il mourut en 1678. Si nous considérons en lui le mérite poétique, l'énergie et l'éclat de son stjle le rendent digne d'éloge, à tous égards. Ses poésies fugitives sont disséminées pour la plupart dans dififérens recueils, tels que la lyre à^Apollon, poésies diverses, etc. On trouve aussi de lui dans les remarques de P. Vlaming sur le Miroir du cœur, de Spiegel (i), un petit poème moral, d'une grande vigueur, intitulé V Homme heureux ( gelukkig Mensch ). Il a composé à l'occasion du poème de Wester-
(1) Pag. 35.
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baensursa maison de campagne, Ockenburg, Mlle pièce de vers des plus remarquables qu'on trouve placée en tête du poème. Sa belle paraphrase des psaumes, publiée en 1724, par K. van Arkel, est suivie de quelques-unes de ses poésies fugitives. Enfin , il existe encore un recueil de vers composés par Jean, Hugo, Guillaume et Pierre De Groot: mais les négligences y sont si nombreuses, qu'on se refuse à croire à leur authenticité.
Il nous faut de nouveau faire une excursion dans les provinces méridionales du royaume , pour signaler les poètes les plus célèbres qui y fleurirent vers cette époque. Le plus ancien d'entre eux, Adrien Poiriers, naquit à Oosterwyk, près d'Hérentals, en 1606, entra chez les jésuites, et mourut à Malines en 1675. Il est auteur d'un grand nombre de poésies morales et religieuses qui eurent un grand succès en Brabant, et y trouvèrent de nombreux lecteurs. La plus remarquable de ses productions est le Masque du monde (het Masker van de wereldt), publié d'abord à Anvers, en 1646, et réimprimé plus de vingtcinq fois. Viennent ensuite le très-saint nom
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t'fe Jésus j pour é tiennes ; la sainte cour de l'empereur Tliéodose ; lavanilè du monde, la colombe dans la radie ; la l'ie de S.'" ïiosalie et le sacré cœur. Tous ces pocrncs sont écrits avec une facilité, une giàcc et un aliandou qui rappellent la manière tic Cals, celui do tous les poètes des provinces septentrionales <jui eut le plus de lecteurs et d'"in»itateurs en Flandre et dans le Brabant.
Nous ne passerons pas sous silence un poète contemporain , nommé Gérard van Wolschaten, et prévôt de la monnaie royale dans le duché de Brabant, comme il en prend luimême le titre dans l'opuscule : Ve dood vermaskert m,et des werelts ydellieyt, verciert met de constifflie beelden van den vermaerden schil-
der Hans Holsheen, publié en i654, i Anvers, oïl Tauteur paraît avoir été imprimeur et doj^en de la Chambre le Violier, dès l'an 1624. Outre cet opuscule, qui est une imitation de la Danse des morts, partie en prose, partie on vers , nous avons encore de lui une autre œuvre poétique, sous le litre de Jardin de plaisance d'yinvers (het Antvverps Lusthoiken). 11 était aussi du nombre des heureux imita-
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teurs de Cats, comme l'attestent les fiagmens publie's par le savant Willeras, dans sa dissertation sur la langue et la littérature nationale (i).
Parmi les poètes méridionaux de cette époque, Guillaume Van der Borcht ou a Castro, occupe un rang distingué. Né à Bruxelles, en 1612, il y publia le Jardin d'amour de Bruxelles (deu Brusselschen Bloemhof "van Cupido), imprimé en 1641 , in-12, et la Connaissance de soi - même ( Spieghel der eygben kennisse, etc., Brussel ï643, in-4.°). Ce dernier ouvrage renferme un trésor de maximes morales et d'images poétiques, présentées sous la forme de récits, d'élégies et de satires, mêlés de prose et de vers; les extraits que nous en a fait connaître M. Willems, prouvent que l'auteur ne manque ni de gaîté, ni de grâce, ni d'harmonie.
Un Anversois, nommé Guillaume Ogier, né vers l'an 1625, mérite également d'être cité. Il était président (factor) de la cham-
(i) Verhandeling van "Willems , 11.^ deel, bJ. 107 — log.
DE l'hISTOIIIE LITTERAIRE. I 53
bre le Violier, sous la devise : Liefde doet sorgen (l'Amour donne du zèle), s'appliqua spécialement à la comédie et publia les sept péchés capitaux (de seven hooftsonden , speelsgewys verraakelyck eude leersaem voorgestelt) ; le Mal-entendu comique (Belachelyk misverstand ofte Boere-geck) , et Don Ferdinand ou l' Astrologue espagnol. Dans ces comédips , ou plutôt dans ces farces , on rencontre assez souvent de l'originalité el de la verve, parmi beaucoup de platitudes et d'obscénités.
Nous devons aussi citer avec éloge un avocat de Bruges, Lambert de Vos ou Vossius, qui dut son éducation littéraire à la libéralité et aux soins d'Olivier de Wree, dont nous avons parlé plus haut. Ses œuvres , où se fait remarquer un style mâle et nerveux, ont été publiées en 1679, sous le titre de : Aile de wercken van Lambert Vossius, bestaende in zeer aerdige eiide curieuse dichten, te iveten : aile de vermaerde oorloghstucken ende daeden van dsn graei>e van Buquoy, fyglie-snoeper , Bacchus-cort-rych Venus-ban, Bacchus beeldt, Zoylus~winkel, etc.
Un poète erotique, originaire du pays de
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Waes, nommé Albert Ignace D'hanins> se fit, au dix-septième siècle, une réputation justement méritée. Il écrivit aussi avec succès dans la langue de Virgile et d'Horace. Il publia, en i653, à Bruxelles , un ouvrage intitulé : le Commandement de Cupidon , composé de trois parties : chansons amoureuses, pastorales et divertissements (het Bevel ■van Cupido, beslaende in dry deelen : minne- Jietjens, herders-gedichten en kluchten).
Enfin , parmi les heureux imitateurs de Cats, on doit classer le père Petrus Croon, chanoine régulier et religieux de S.*-Martin , à Louvain ; Peeter Mallants , chartreux du couvent de Lier , et le père Oliverius à S.*- Anastasio, ou De Crock, carmélite d'Ypres, décédé à Bruxelles , en i6'j4« Le premier a publié le Cocus bonus, ou Allégories et explications pieuses de tous les ustensiles de cuisine, Bruges , 1 663 \ «— Almanach pour aujourd'hui et demain, Anvers, 16655 — \e Factotum (Moj al), ou Description amusante des diffé- ?e«s meVÏCT's^ Malines , 1666, et Anvers, 1766; " — V Histoire de Notre Dame de Hanswych, Malines, 1670. Le second doit sa xéputation
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aax deux poèmes suivans : La vie, les ver tus et les miracles de SJ-Bruno, Anvers , 1 6^3, et la Bannière de la Croix , ibid. , 1693. Le troisième, enfin, a publié , outre quelques pièces latines, le Jardin de plaisance spirituel des Carmélites ji volumes. Anvers, 1659-1661J Dialogues instructifs des animaux , traduits du grec de S^-Cyrille, accompagnés de vers et d'épilogues, Anvers, 16663 et /e Triomphe de S.^^-Marie Madelaine dePazzi, Bruges , 1 66g. Vers le même temps , un homme dont aucune instruction n'avait secondé les dispositions littéraires , Jean Vos , fleurit à Amsterdam , où il était né suivant toute apparence vers 1620; il y exerça la profession de vitrier et cultiva en même temps la poésie, pour laquelle la nature l'avait formé en le dotant d'une génie fécond et d'une imagination vive. Il ne tarda guère à être apprécié par les connaisseurs, qui reçurent avec transport une tragédie 'v[i\S.\.\j\éQAran et Titus, prémices de son talent poétique. Cette pièce était un véritable phénomène littéraire 3 la facilité et la noblesse de la versification la rendaient digne en outre de l'enthousiasme qu'elle ex '
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cita. L'élévation et la force des pensées couvraient en quelque sorte tout ce qu'elle offre d'irrégulier et de monstrueux sous le rapport du plan et de la conduite , et tout ce qu'on y remarque de sauvage et de désordonné. Enorgueilli de ces éloges, il dédaigna de cultiver et de perfectionner son talent, et se mit à écrire une autre tragédie , encore plus informe que la première, qu'il intitula Médée, Outre ces deux tragédies, et une comédie burlesque, où la platitude le dispute souvent à l'obscénité, il composa encore un grand nombre de vers, sous le titre de poésies héroïques, épigi'ammes , épithalames , élégies , etc., qui furent recueillis avec ses pièces de tbéâtre en deux volumes in-4.°, publiés en 1662 et 167 1. Partout se révèlent le génie et l'imagination de l'auteur, joints à une versification facile et ferme, mais obscurcis par l'enflure, l'exagération et le mauvais goût. Il mourut au commencement de juillet de l'an 1667.
Nous ferons aussi mention d'un poète agréable, nommé Jean De Brune, le jeune, petit-fils du célèbre F. Junius, l'un des premiers professeurs de l'université de Leyde, et neveu du
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savant G.J.Vossius, mort en 1649. On trouve dans son ouvrage en prose, intitulé Pierre à aiguiser l'esprit (Wetsteen der vernuften), dont nous parlerons par la suite, plusieurs pièces très-gracieuses j elles sont suivies d'un recueil de poésies erotiques fort jolies, sous le titre d'abeille (Honingbij).
Un autre poète a peu près contemporain , Henri Bruno , co-recteur des écoles latines à Hoorn, publia, en 1666, un très-bon recueil poétique sous le titre de Mélanges (Mengelraoes van verscheide gedichten). Il s'occupa aussi à corriger la traduction des psaumes de Dathenus.
Parmi les nombreux poètes de celte époque, dont le mérite n'est pas assez connu, on doit compter le baron Jean de Pafienrode, seigneur de Ghussigny, commandant de la garnison de Gorincbem , lieutenant-colonel d'un régiment et capitaine d'une compagnie d'infanterie , titres que l'on lit à la tête de son ouvrage sur la tactiquedes Grecs ei des Romains (der Grieken en Romeijnen Krijgshandel), publié après sa mort , par son fils Jacques Van
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Pa£fenrode. Il en résulte qu'il e'tait d'une haute extraction et qu'il servit sa patrie dans la carrière des armes, oli il resta plus de trente-sept ans, comme il le dit lui-même dans la préface de son livre , écrite peu de temps avant son décès. Il périt glorieusement les armes à la main, en défendant la ville de Maestricht, le 24 j'-"'^ 1673. C'était un officier d'un grand savoir, profondément versé dans la langue des Grecs et des Romains, et très-familiarisé avec les meilleurs poètes de ces deux nations. Il en a donné des preuves évidentes dans ses poésies^ qui déjà, en i6'^6, étaient à leur septième édition, et qui méritent d'être anachées à l'oubli où elles sont tombées , malgré le fréquent usage qu'en a fait Hujdecoper dans ses essais philologiques et poétiques (Proeve van taal- en dichtkunde). L'auteur en effet n'est pas un poète vulgaire, et il convient de le placer bien au-dessus d'un Focquenbroch, d'un Overbeke, et d'autres contemporains, qu'un juge, d'ailleurs très-compétent, a voulu élever à son niveau (i). On découvre partout dans ses poé-,
(i) P. G. Witsen Geysbeek, Dictionnaire biogra* phique, etc., tom. V, pag. 49.
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sîesles inspirations du génie, un goûtpur,une gaîté franche, et d'heureuses imitations des plus illustres poètes de l'antiquité. Sa tragédie intitulée la Chute de Guillaume d'Arkel (den Ondergang van Willem van Arkel) occupe un rang distingué parmi nos anciennes tragédies, et renferme un grand nombre de beautés poétiques. Ses deux comédies burlesques, Hopman '' Ulrich ou l'Avare trompé, et Philibert ou Folie et Fieillesse (van S."" Filibert, of Oud-mal), quoique écrites avec moins de pureté, et parfois ordurières, défaut commun à toutes les comédies de cette époque, portent le cachet d'un véritable talent comique , et soutiendraient, sous quelques rapports, le parallèle avec celles de Plaute et deTérence. Il y a aussi beaucoup de bien à dire de ses poésies fugitives , et surtout de ses épigrammes , oîi il règne un excellent ton de plaisanterie.
Ce que nous disions au commencement de cet article de van Pafienrode s'applique également à Jean van Someren, poète deDorth, distingué aussi par sa naissance et sa profonde connaissance des langues anciennes et d'autres branches d'instruction. Il naquit à Dorth ,
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en 1622, et y mourut après avoir rempli plusieurs charges, et, entre autres, celle de conseiller pensionnaire de la ville de Nymègue, à laquelle il fut appelé en 167^. Il nous a laissé un recueil de poésies nationales et de quelques poésies latines , sous le titre de Délassement de V Esprit, composé de poésies sacrées et profanes, publié en 1666. Ce recueil se divise en trois parties j la première contient des poésies bibliques et religieuses ; la seconde des élégies et poésies diverses j la troisième des poésies erotiques et morales, suivies de pièces familières (vriendenrijm) et de quelques vers de son épouse. On y rencontre tour à tour des morceaux pleins de force , de grâce et de gaîté, où le style énergique de Huygens s'allie heureusement à l'abondance et à l'harmonie de Cats.
Nous ajoutons à ces poètes im auteur plus connu, Régnier Anslo, d'Amsterdam, né en 1626, d'une famille distinguée. D partit en 1649 pour l'Italie, et mourut à Perugia, ancienne ville sur les bords du Tibre, le 10 mai 1669. Ses œuvres furent publiées pour la première fois en 1 7 1 3 , eni volume in-8.°, par Jean De Haas. On y distingue son Martyre de
DE l'histoire littéraire. i6i
S J -Etienne, son poème sur \di Peste deNaplea, et sa tragédie intitulée la Noce Parisienne (de Parijsche Bruiloft). La pureté, l'élégance et la noblesse sont les caractères dominans de ses écrits, et tout y justifie les éloges que lui prodiguèrent Vondel , Vollenhove, Brandt et autres écrivains célèbres. On lui reprocbe cependant avec raison trop de recherche dans l'expression et dans les idées.
Nous réunirons en un seul article, à cause de la conformité de leurs talens et de l'amitié qui les lia pendant leur vie, deux poètes et prosateurs célèbres de cette époque, qui brillèrent , chacun dans sa communion , parmi les ministres de l'évangile. Le plus ancien , Gérard Brandt, né à Amsterdam en 1626, ne commença à s'appliquer à l'étude des lettres et de la théologie qu'à l'âge de ving-trois ans, lorsque déjà il s'était fait connaître comme poète. Il y fit des progrès si étonnans qu'en »652, c'est-à-dire après quatre ans seulement d'exercice, il fut promu au ministère sacré, qu'il remplit chez les reniontrans, d'abord à Nieuwkoop , ensuite à Hoorn , et enfin à Amsterdam, aux applaudissemens de son au-
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ditoire. Il mourut dans cette dernière ville, en i685. Ce n'est point ici le lieu de l'apprécier comme prosateur, et nous n'examinerons pour le moment que son talent poe'tique. Quoi» qu'il ne fît point de la poésie l'objet d'une étude spéciale, et qu'il ne s'en occupât que pour charmer ses loisirs, il n'en a pas moms laissé plusieurs productions qui nous le font connaître comme un poète spirituel, poli et élégant. Elles ont été recueillies, en 1688, par ses dignes fils Gaspard et Jean Brandt, et réimprimées, en 1-^25, en trois volumes in-4.° Parmi ses poésies , on dislingue surtout les inscriptions et les épitaphcs qu'il composa pour être placées sous les portraits et sur les tombeaux d'hommes célèbres j elles sont remarquables par la concision et la force de la pensée, et elles lui valurent le nom ({^excellent épigratnmatiste , dont le gratifia Vondel luimême.
L'autre est Jean Vollenhoven, né en i63i, dans la ville de ce nom , dans la province d'Over-Yssel. Après avoir achevé, avec éclat, ses études théologiques, il fut appelé, en i653, au ministère de la parole sacrée, qu'il exerça
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pendant cinquante et un ans , d'abord à Vledder, village du comté de Dienthe, ensuite à Zwol,et enfin; depuis i665 jusqu'au commencement de l'joS , qu'il obtint sa retraite, à La Haye. Ses étonnans succès le firent regarder comme un des plus éloquens orateurs de son siècle. Il mourut dans cette dernière ville, le i4 mars 1708. Le Parnasse le \it à son tour déployer des talens éminens , et il mérite l'honneur que lui fit Vondel de l'adopter pour son héritier avec Antonides. Ses œuvres complètes parurent, en 1686, sous le titre de y. Vollenhoves Poëzij. Elles comprennent, en premier lieu, son Triomphe de la Croix et ses Cantiques, c'est-à-dire ses poésies sur le même sujet, ou sur des sujets semblables, qui furent aussi publiées séparément en 1740; de plus un grand nombre de poésies , parmi lesquelles il s'en trouve de fort jolies , sur des sujets divers. Toutes ces pièces et quelques autres disséminées dans différens recueils, quoique, sous le rapport de la force, de la hardiesse et de la poésie du style, elles ne placent point l'auteur sur la même ligne que les écrivains qui illustrèrent le commence-
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ment de ce siècle , ce qui est encore vrai de Brandtct de la plupart des poètes postérieurs, lui assignent ne'anmoins un rang à côté de ces brillans génies. Le plus grand reproche qu'on puisse lui faire, c'est d'avoir mis quelquefois un peu de recherche et d'affectation dans ses expressions.
Nous allons successivement faire passer sous lès yeux du lecteur , trois poètes nés à Rotterdam , ou qui y fixèrent leur domicile, dont deux surtout ont soutenu la gloire poétique de ce siècle qui penchait vers son déclin. Le premier, Joachira Oudaen, naquit en i628,àRynsberg,deparensohscurs, mais honnêtes, qui nebornèi'ent pas son éducation aux principes de la vertu et de la morale, mais qui le firent initier à la littérature. Cependant, quelque versé qu'il fut dans les langues grecque et latine, il ne fut point destiné à la carrière littéraire, et force lui fut de se mettre à la tête d'une briqueterie, au moyen de laquelle il assura son existence et celle de sa famille, à Rotterdam, oîi il passa la plus grande partie de sa vicj il mourut en 1692. La première preuve de son talent précoce fut
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une tragédie intitulée Jeanne Grey, qu'il publia à l'âge de vingt ans, et qu'il fit suivre l'année d'après par une autre tragédie le roi Coradin etle ducFrédérlc. Ces deuxpièces , malgré leurs imperfections, révèlent un talent poétique du premier ordre. Plus tard il composa encore deux tragédies, plus parfaites que les précédentes, la proscription de la maison d'Eli, et la mort des frères De FVitt (de Haagsche Broedermoord). Cette dernière ne parut que quelques années après sa mort. Outre ces tragédies , l'auteur nous a laissé un grand nombre de poésies, plus ou moins étendues, sur divers sujets, dont les unes ont été insérées au recueil de ses œuvres en trois volumes , les autres imprimées séparément. De ces trois volumes de ses œuvres, le premier conXicnt: Exercices religieux et moraux; Événemens politiques et Épigraphes; le deuxième , V Éloge des Hures, Mélanges, Généthliaques et Epithalames, anniversaires de mariages et de décès , et enfîn la Biographie de l'auteur par D. Van Hoogstraten. Parmi les pièces imprimées séparé-" ment, se trouvent plusieurs sujets bibliques, tels que la Paraphrase du livre de Job, en
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diffërens mètres ; V Adumbration du règne triomphant de J.-C; Conthat dans le désert contre la tentation; Doideur pensive ^ et une Paraphrase poétique des P saumes. ^n£ixx , le célèbre poêle Pool a publié, en outre,un recueil de poésies de l'auteur, sur des sujets divers. 11 règne, en général, dans ses vers une grande force d'imagination , de l'originalité , de la hardiesse et un^tyle riche de poésie. Ce n'est pas qu'on n'y rencontre parfois quelque peu de rudesse et d'âpreté, dans l'emploi des termes simples et de leurs composés; qu'on n'y désirât plus de naturel et d'harmonie; mais ces défauts sont rachetés le plus souvent par des beautés d'un autre ordre.
La manière et le style d'Oudaen se rapprochent beaucoup de ceux de son ami particulier Heiman Dullaert, né en i636, à Rotterdam, où il mourut en 1684, après avoir mené une vie assez malheureuse. Une santé débile l'empêchait de se livrer avec assiduité aux travaux littéraires, et il se partageait entre la poésie et la peinture, deux arts fju'il cultiva avec im brillant succès. Il nous 9. laissé des preuves de son talent poétique
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dans un recueil de poésies sacre'es et profanes, publié , en 1 7 1 9 , par David Van Hoogstraten , qui l'a enrichi d'une notice biographique trèsintéressante. La plupart des pièces qui composent ce recueil, et celles surtout qui traitent de matières religieuses, se distinguent autant par la force, la pureté et l'élégance de l'expression, que par la profondeur et l'élévation des idées. C'est à ce titre que des juges compétens le placent parmi nos meilleurs poètes, nonobstant la recherche et le faux bel esprit qui déparent parfois ses ouvrages.
Un autre poète de Rotterdam, Joost Van Geel, mérite aussi d'avoir part à nos éloges. Né en i63i, il mourut le 3i décembre i68q. Ses poésies, parmi lesquelles il y en a de morales et d'autres de différens caractères, telles que des élégies, des généthliaques, etc., ont été recueillies en 1724, par R. van Arkel, en un volume in-4.°
A l'extrémité de ce siècle , nous rencontrons une foule de poètes, qui, avec plus ou moins de mérite , ne s'élevèrent guère au-dessus de la médiocrité , et qu'il suffira de nommer en passant. De ce nombre est un libraire d'Amster-
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dam, Jérôme Sweers, né en 1627 et mort en 1696, dont les poésies diverses furent publiées un an après son décès par son fils Corneille Sweers. Un peu au-dessus de lui s'élève un peintre-poète de Dorth, Samuel Van Hoogstraten, qui naquit eui62^,etraourut eni6^8. Il composa deux drames sous le titre à^ Didier et DorotMe ou la Délivrance de Dorthj et la Pauline Romaine (Roomsche Paulina).
Pierre Verhoek, qui cultiva également la poésie et la peinture, montra plus de talent. Né à Bodegrave, en i633, il mourut à Amsterdam, en ino2. Sa tragédie àtCharles-le-Téméraire, la plus remarquable de ses productions, offre des tableaux tracés avec art et des comparaisons très-poétiques ; on y reconnaît la tendance de l'auteur vers le style énergique et pittoresque de Hooft et de Vondel. Cette pièce fut publiée avec les mélanges de l'auteur, en 1726, in-4.°
Vers la même époque fleurit le fameux poète comique W. Van Focquenbroch , qui exerça pendant quelque temps la médecine à Amsterdam, et partit, en 1666, pour la Guinée, où il mourut après un séjour de quelques
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années. Son Combat des Géants et V Amour au Lazaret, sont, avec sa parodie de Virgile, les productions qui lui ont fait le plus de réputation. Elles ne sont pas dépourvues de gaîtc ni de verve comique; mais ces qualités sont ternies par le mauvais goût et l'incorrection. Ses œuvres ont eu plusieurs éditions. La dernière a été publiée, en 1723, en deux volumes, par les soins de A. Bogaert.
Nous ajouterons à cette liste un poète d'Amsterdam, André Pels, jurisconsulte, et l'un des membres les plus distingués de la société Nil volentibus arduum est. Cette société enrichit le théâtre d'un grand nombre de tragédies et de comédies, imitées le plus souventdufrançaisjmais, sous d'autres rapports, elle ne rendit que des services peu importans à la poésie. Pels lui-même, poète médiocre, n'ayant que des notions très-incomplètes de son art , n'était guère propre à devenir le législateur du Parnasse , honneur auquel réleva la faveur de ses confrères. Ses ouvrages les plus connus, pour ne point parler ici de deux de ses drames, sont sa traduction de l'Art poétique d'Horace , appliquée à nos
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mœurs, et son Traité du bon et du mauvais usage du théâtre (Gebruik en raisbruik des Toneels), c'crits tous deux d'une manière Tulgaire.
Enfin , Arnold Van Overbeke, né en 1682, à Amsterdam, où il mourut en 16^4 j ^t Jean Zoet, de'cédé à Amsterdam la même année que Van Overbeke, se sont fait quelque réputation en publiant des poésies diverses, dont le seul mérite est de ne pas être entièrement dépourvues de gaîté. Le premier de ces deux poètes a aussi publié une traduction en vers des psaumes, dont parle Andriessens dans ses remarques sur la traduction de Dathenus (i).
Un talent plus distingué est celui d'Arnold Monen, qui ne se rendit pas moins célèbre comme prédicateur que comme philologue.
Né à Zwol, en i644j il mourut à Deventer vers la fin de l'j 1 1. Ses idées manquent d'originalité et de hardiesse ; mais sa diction est pure, harmonieuse et ccdorée. Nous avons de lui deux recueils de poésie. Le premier, et le
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plus considérable , a par u en 1 7 oo ; il renferme des poésies sur divers sujets et des églogues j l'autre recueil, moins volumineux et destiné à faire suite au premier, a été publié en 1720^ sous les yeux d Hubert Coornz. Poot.
Vers le même temps, Guillaume Sluiter, ministre de l'évangile à Eibergen, se fit connaître avantageusement par des poésies morales et religieuses , qui le placent parmi les poètes populaires dont les productions ne manquent ni de grâce ni d'harmonie.
A Monen et à Sluiter nous réunissons deux savans célèbres, qui ont bien mérité de la littérature nationale. L'un, Petrus Francius, fut professeur d'histoire , d'éloquence et de littérature grecque à Amsterdam, où il avait vu le jour en i6^5 , et où il mourut en 1704. Quoiqu''il s'exerçât avec prédilection dans la poésie latine, qui lui valut d'éclatans succès, il ne cessait point de propager et d'encourager l'étude de la langue maternelle , dans laquelle il écrivit lui-même quelques ouvrages, riches de poésie, d'élégance et d'harmonie. Nous ne citerons que son éloge d'Anto nides, placé entête des œuvres de ce poète^
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L'autre savant dont nous entendons parler ici, est Jean van Broekhuizen, que ses poésies latines ont fait surnommer \e PropercehoUandais, et qui se rendit célèbre par ses commentaires sur plusieurs auteurs de l'ancienne Rome. Il naquit à Amsterdam, en 1649. ^^~ goûté de l'état de pharmacien , pour lequel on l'avait élevé, il entra dans la carrière militaire , oîi il passa la plus grande partie de sa vie. Il se retira, vers la fin de ses jours, à une campagne dans les environs d'Am^tefdam, pour s'y vouer tout entier au culte des neuf sœurs, et mourut le 1 5 décembre 1707. Dans ses poésies nationales, il adopta la manière de Hooft, dont il estimait beaucoup les productions. On peut s'en convaincre à la lecture du recueil de ses œuvres , composé d'un choix exquis de poésies , «ù la vigueur s'unit à l'élégance, et publié, en 1 7 1 2, par son ami D. Van Hoogstraten, qui y a joint une notice biographique très-intéressante et quelques élégies. On en a donné, il y a quelques années, une édition nouvelle.
Vers le même temps, notre Parnasse s'ensrichit des productions de plusieurs dames,
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dont le nom doit passer à la postérité. Cutheiinc Lescaille , la plus célèbre d'en Ire elles, était la fille puînée de l'impriniein- Jucoh Lescaille, qui nous a laissé lui-même quelques poésies estimables, et qui mourut en 1677. Sa fille Catherine, née en 1649, ^ Amsterdam, ou elle mourut en 171 1, s'acquit un grand renom par ses talens poétiques. Ses œuvres ont été publiées en trois volumes iu-4.'' en. 1728. Les deux premiers ne contiennent que des poésies fugitives sur divers sujets; le troisième se compose de sept tragédies, toutes imitées du français. On est généralement d'accord sur la pureté et la facilité de son style; mais elle manque de feu et d'enthousiasme; elle n'a point dans ses écrits cette richesse d'images et cette élévation de pensées qui sont l'amc de la poésie.
Parmi les contemporaines et les amies de cette femme célèbre , se distinguent Alida Bruno ; SibiUe van Griethuizen , qui a fourni quelques morceaux au recueil Clioos Kraam; Catherine Questiers, Cornélie Van der Veer, Gesina De Brit et A. Moriaens. L'une d'elles, CatheriDc Questiers, née à Amsterdam, en
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1637, et décédée en la même \ille en 1669;^ se rendit aussi célèbre par ses succès dans les arts du dessin et la sculpture, que par son talent poétique. Vondel lui-même se plut à lui rendre hommage dans un poème qu'il composa en son honneur. Les autres ont publié des poésies fugitives répandues dans diâérens recueils, deux drames, V Amant secret, et Casimir ou l'Orgueil humilié, et un petit poème sous le titre de Combat poétique (Lau- •werstriid)e«^/'e Catîierine Questiers et Cornélie Van der Veer, Quant à cette dernière, on peut juger de son talent par les vers qu'elle adressa à son amie Catherine Lescaille, et que celle-ci inséra , avec ses réponses , dans le premier volume de ses œuvres (i). Elle paraît avoir demeuré dans la ville de Brielle , et s'être occupée spécialement de poésies morales.
Gesina de Brit, autre amie de Catherine Lescaille, née à Blokzijl, dans rOverijssel, a composé des inscriptions destinées à être placées sous les emblèmes de Van Houbraken,
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et quelques pièces fugitives e'parses dans diffiérens recueils, qui attestent son me'rite. Enfin A. Morians, qui naquit, vers l'an 1647, ^ Zwol , où elle passa une grande partie de sa vie, fut initie'e au culte des muses par A. Monen. Ses œuvres furent publiées à Amsterdam en 1669, deux ans après son décès; elles se composent, pour la plupart, de poésies morales, qui ont de la grâce et de l'harmonie, mais peu d'élévation.
Nous arrivons maintenant à un poète, célèbre à juste titre parmi les écrivains du dixseptième siècle, pour avoir maintenu la poésie, vers la fin de ce siècle, à la hauteur où elle avait e'té portée au commencement de cette période. Le lecteur a déjà reconnu Jean Antonides vander Goes, ainsi appelé du nom de la ville de Goes, en Zclande, où il vil le jour, en i64". Il reçut cependant son éducation à Amsterdam, où ses pareiis étaient allés s'établir peu de tems après sa naissance, et il y étudia la langue latine dans laquelle il écrivit ses premiers vers. Bientôt la brillante réputation de Hooft et de Vondel enflamma le cœur du jeune poète de la plus noble émulation , et il
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renonça au pâmasse latin pour se consacrer tout entier à la poésie nationale. Le premier fruit de ces nouvelles études fut une tragédie intitulée Trazil ou la conquête de la Chine (Trazil of overrompeld Sina), à laquelle Vondel trouvait tant de charmes, qu'il en emprunta quelques vers pour les insérer dans son Zunchin, autre sujet chinois, et encourager par son suffrage les efforts du jeune auteur. Ce fut le principe de cette amitié franche et cordiale, qui unit ces deux écrivains jusqu'à la mort de Vondel- ce dernier avait pour Antonides toute la tendresse d'un pcre; Antoïiides, de son côté, éprouvait pour l'illustre vieillard tous les sentimens d'un fils respectueux. Cette liaison et la publication de quelques écrits, parmi lesquels on distingue son poème sur la paix de l'Angleterre et de la Hollande, sous le titre de Bellone encJiaînée (Bellone aan bant) commencèrent la réputation d'Antonides, à laquelle il mit le sceau en publiant, à l'âge de vingt-quatre ans, (167 1) son Yatroom, poème en quatre chants, qui fut reçu avec une faveur et un enthousiasme dont il est peu d'exemples. Ce brillant
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succès exerça sur la destinée de Tauteur la plus heureuse influence : un digne protecteur des lettres, Didier Buisero, lui tendit une main secourable et l^arracha à la pharmacie pour renvoyer à l'université d'Utrecht, où il fut reçu docteur en médecine. Peu de tems après, cet homme généreux lui procura un poste important au secrétariat de l'amirauté à Rotterdam, au sein de laquelle il prit séance. En 1678, il s'engagea dans les liens du mariage, mais il n'en savoura pas long-tems les douceurs ; la mort étant venue mettre un terme à sa carrière, en 1684, lorsqu'il avait à peine trente-sept ans. Outre les productions que mous venons de signaler, il composa un grand nombre de poésies, sur des sujets divers, qui ont été imprimées souvent, avec ses autres œuvres, €t en dernier lieu, en 1748, en un volume in- 4°. Cette édition est enrichie d'une notice biographique sortie de la plume de D. Van Hoogstraten. Les poésies d'Antonides, et surtout son chef-d'œuvre, l' Ystroom, décèlent un génie élevé et original, en même tems qu'elles charment par la beauté des images, et la vivacité des tableaux; sa versification est tout à
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la fois coulante, harmonieuse et ferme j partout on reconnaît l'élève et l'e'mule de Vondel ; mais son stjle est par fois guindé j le naturel y est souvent sacrifié à l'esprit, et il y règne une trop grande profusion d'ornemens mythologiques. Malgré ces taches qui déparent ses œuvres, Antonides n'est pas moins un des plus beaux génies dont notre patrie puisse s^enorgueillir.
A l'occasion d' Antonides, disons un mot de deux de ses amis: Didier Buisero, que nous avons déjà fait connaître, naquit à Flessingue, en i644j de parens nobles, exerça d'abord la charge de conseiller et de secrétaire dans sa ville natale, et devint ensuite membre de l'amirauté sur la Meuse. Il mourut en ï'jo'j. Son amour pour les lettres lui inspira le plus tendre intérêt pour Antonides, qu'il combla des bienfaits les plus signalés. Vondel participa aussi à ses faveurs j le poète lui ayant dédié sa traduction des métamorphoses d'Ovide, en reçut un vase en vermeil d'un, grand prix. Le généreux Buisero se fit aussi quelque réputation au parnasse par ses taîens poétiques j il publia, outre plusieurs piè'
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ces de poe'sies répandues dans diffe'rens recueils, des tragédies et des comédies, les unes imitées, les autres traduites, dont l'indication se trouve dans la Zélande lettrée de La Rue (i). Quant a VAstrate , roi de Tyr , qui se trouve compris parmi ces pièces, on ignore s'il en est réellement l'auteur.
L'autre ami d'Antonides, Jean Pluimer, fut appelé, en 1681, à la direction du théâtre national, et mourut en 1720. Sans être initié à la littérature ancienne, il composa un grand nombre de poésies qui ont été recueillies en deux volumes. Francius et Broekhuizen lui ont prodigué des éloges qu'il ne semble pas justifier à nos yeux : car il manque, en général, d'originalité et d'inspiration. J'en excepte ses poésies erotiques et fugitives, où il règne une grande mollesse de ton et une harmonie gracieuse.
Il parutjdansladernière moitié de ce siècle, une foule de poètes, qui ne s'élevèrent guère au-dessus de la médiocrité, et que nous nous bornerons à indiquer. Herman Angelkot,
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l'hôte et l'ami du célèbre Broekhuizen, exerçait l'état do pharmacien à Amsterdam^ oîi il mourut en iyi3. Il y e'tait né en 1648. - Outre des poésies fugitives, il nous a laissé quelques drames, tels que le Misanthrope, le Berger extravagant, Soliman et \eFerrailleur.
Les frères Lambert et Govert Bidloo se firent aussi quelque réputation comme poètes. Le cadet surtout écrivit un grand nombre de vers. Né à Amsterdam, en 1 649, il fut d'abord professeur d'analomie à la Haye, et ensuite à Leyde, où il mourut en 171 3. Il a publié : Lettres des apôtres martyrisés , un recueil de Tragédies j, lUi autre de Pièces allégoriques et comiques, et de prologues (Zinne- blij- en Yoorspelen); et enfin des pièces diverses; le tout format in-4°.
Nous trouvons un poète d'un mérite égal dans Ludolf Smids , qui naquit à Groningue , en 1649, et mourut à Amsterdam, en 1720. C'était un homme lettré qui exerça la médecine dans ces deux villes. II est auteur de trois drames et d'un recueil peu volumineux de poésies diverses. Il se distingua aussi par se&
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connaissances archéologiques, et publia plusieurs écrits sur ces matières.
Il nous reste à parler de Thomas Arents et de Jean de Regt. Le premier, né en i652 à Amsterdam, où il exerça l'état de courtier, était membre de la société Nil voleiitibus arduum, pour laquelle il traduisit du français quelques tragédies et une comédie , dans un style conforme au goût du siècle. Un recueil de mélanges poétiques, pubHé long-tems après sa mort par Van Nideck, atteste qu'il n^était pas sans quelques dispositions pour la poésie. De Regt, né aussi à Amsterdam, oîi il mourut en 1715, nous a laissé un petit recueil de vers, qui le placent parmi les écrivains du second ordre.
Le célèbre graveur Jean Luiken, né en i649; ^ Amsterdam, où il mourut en 17 12, brilla au parnasse d'un plus vif éclat. Il donna d'abord au public, comme prémices de son talent, un recueil des poésies de sa jeunesse, ious le titre de Lyre allemande (Duitsche lier)j ce recueil est composé, en grande partie, de poésies erotiques, dans la manière de Hooft, qui se distinguent par un style plein de natu-
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roi, une facilité gracieuse, et des tableairs remarquables parla vivacité' du coloris. L'auteur, revenu plus tard à des principes plus austères, condamna lui-même son ouvrage, et cherclia, mais inutilement, à le soustraire aux regards du public. Les poe'sies qu'il publia par la suite , toutes consacrées à la morale et à la religion, sont de beaucoup inférieures à ses premières productions. Ce n'est pas qu'elles soient dépourvues de mérite j car on y trouve de rbarmonie, une simplicité pleine de charmes, et de l'originalité dans les idées. Quelquefois même il prend l'essor, et, dans son vol majestueux , déroule à nos yeux des tableaux, où la force s'unit u la magnificence» Nous associons à Luiken un autre poète contemporain, qui dut aussi la plus grande partie de sa célébrité à des poésies morales ; Laurent Bake, seigneur à.Q TP^ulverhorst, qui naquit a Amsterdam, vers le milieu du dixseptième siècle, et mourut au commencement de la période suivante. C'était un homme lettré et qui jouit parmi ses contemporains d'une grande considération. Nous avons de lui des poésies bibliques ; c'est-à-dire des
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imitations et des paraphrases de plusieurs passages de l'ancien testament, auxquelles on a joint en ^'^^'J (plusieurs années après sa luort) un petit recueil de mélanges. Ni les unes, ni les autres n'élèvent l'auleur au rang des génies supérieurs et sublimes; mais elles suffisent pour le placer au rang des poètes dont le principal mérite consiste dans l'élégance et la noblesse du stjle.
Terminons l'aperçu des poètes de cette période, par une courte notice sur Gaspard et Jean Brandt, les dignes fils du célèbre poète et liistorienGérardBrandt. L'un naquit à Nieuwkoop, en i653, et mourut en 1696, à Amsterdam , où il exerça avec succès le ministère de la parole sacrée, fonction qu'il avait déjà remplie ailleurs. L'autre (Jean Brandt), qui vit aussi le jour à Nieuvvkoop, en 1660, et mourut à Amsterdam, en 1708,86 distingua également dans la chaire évangélique. Les deux frères se firent une brillante réputation par leurs poésies,qui ont étépubliées en 1 724, en un volume in-4." Ce sont des pièces fugitives de genres différens, parmi lesquelles se trouvent aussi queli;iucs morceaux en latin, toutes marquées au
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coin du bon goût, et écrites d'un style noble et riche de poésie. Les productions de Gaspard cependant paraissent supérieures à celles de son frère.
SECTION DEUXIÈME