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gs trouva quil avoit cu raison. Ee gencral romain m’avança pas. Persée, remis de sa frayeur , fit venir des plongeurs pour recouvrer ses trésors, et immc-
diatement après, pour récompenser Ændronic de sa sagesse, Vieias de son obcissance, et les plongeurs de kur peine , il les fit tous tucr.
A côte de ces actes de-cruauté on peut mettre deux insignes -fourberics , auxquelles certains politiques pourront applaudtr. Eumène, voi de Pcrgame, Jouis- "soit d'une grande-considération auprès des Romains, et par à d’un grand crédit dans la Grèce. Persée imaÿina de lui enlever lune et l'autre par une feinte mpgocialion ‘e -neutralité -qui choqueroit la fierté de la république , et la refroidiroit à l'‘gard d'Eumènc. I lui ft donc proposer une somme d’argent considérable , s'il vouloit rester neutre dans la guerre actuelle entre les Romains et les Macédoniens. £umène donna dans le piége ; et quand Persée eut assez de preuves pour compromettre le roi de Pergame, il en donna connoissance aux Romains, lui enleva ainsi leur amitié, et garda.son argent. Il eut recours à la même fourberie à l'égard de Gentius. voi d'Hyric. Celui-ci ctoit neutre, mais il s'agissoit de le faire déclarer contre les Romains pour operer une diversion. Persée met , selon son ordinaire , ses trésors nm avant, bien détermine à ne point les livrer. Il stipule avec Gentius qu'après avoir feçu la somme convenue, il rompra ouvertement avec les Romains, Jui envoie dix talens comme arrhes de la totalite, montre à ses ambassadeurs des caisses scelices à L'a-
romain it venir immcc de sa :curs de
re deux litiques , Jouis- MAINS , Persée e feinte a fierté 1 d'Eul'argent a guerre 15. Euut assez ame , il va ainsi urs à la Hiyric.
le faire e divertrésors rrer. Il somme pmains , otalitc , ks à La-
dresse de Gentius , qu'il dit contenir le reste , et les fait partir avec eux ; mais il donne ordie aux conducteurs d'aller lentement. Gentius , ayant reçu les arrhes, et sachant que le reste approchoñt de ses f:ontières , rompt brusquement avec les Romaïns, et fait arrêter leurs ambassadeurs. Persée , sûr qu'après cette violation du droit des gens, le roi d'Ilyrie est engage sans pouvoir reculer , fait revenir ses caïsses, et se procure ainsi, presque sans qu'il lui en coûte d'argent, une diversion avantageuse.
[2832.— 166. ] On voit que les Romains avoient affaire à un ennemi fccond en ressources, et qu'il meritoit toute leur attention. Aussi envoyèrentls contre lui le plus habile de Icurs généraux , le célèbre Pau! L'mile. Sous ses ordres, une opération bien combi néc décida du sort de Persée et de la Macédoine. Ce prince couvroit son royaume par unc bonne armés retranchce derrière le mont Olympe. Les Romains ne pouvoient l'attaquer qu’en se fortifiant sur cette montagne. On croyoit qu'il étoit impossible d'y subsister faute d'eau. Paul Emile pensa qu'abondante en herbe ct ornée de beaux arbres, elle devoit nécessairement renfermer des sources dans son sein ; il y conduisit son arméc, et fit creuser des puits qui donnérent de l'eau en abondance : il envoya en même temps par un détour un corps de troupes qui surprit les Macédoniens et les contraignit d'abandonner leurs retranchemens. Paul Émile descendit dans la plaine, et disposa tout pour une bataille générale.
L'armée maccdonienne ctonnoit par l'ordre de
sa disposition. Les Thraces, les mercenaires et les “auxiliaires formoient autant de corps de troupes choisies, mais la phalange étoit le corps le plus remarquable. La beauté des hommes dont elle étoit composée , la richesse de leurs habits, qui ctoient tous d'écarlate , et l'éclat brillant de leuÿs armes , offroient un coup-d'æœil imposant, I] ne manquoit à cette armée qu'un bon général. On ne sait qui la commandoit , si Persée resta dans Pydna, d'où l'on pouvoit combattre, ou s'il se trouva à la bataille. L'opinion la plus commune est qu'il avoit été frappé la veille par un cheval ; que, malgre la douleur de sa blessure, il se mit à la tête de scs troupes, qu'il fut même blessé légèrement ; mais on s'accorde généralement à dire qu'il fut le premicr à fuir , qu'il plia son manteau de vaurpre sur l'arcon de sa selle , et qu’il quitta son diadème pour n'être pas reconnu. Il courut jusqu’à Pella, sa capitale, où il entra vers le milieu de la nuit , peu accompagné , parce que la grande partie des seigneurs ‘+ sa cour, sachant qu’il ne se faisoit aucun scrupule de punir les autres des fautes qu'il avoit commises, aimèrent mieux tomber entre les mains des Romains que de le suivre. Ils dûrent se féliciter ‘de leur prudence lorsqu'ils apprirent que , deux serviteurs fidèles ayant voulu lui donner des conseils sur les circonstances, le roi entra contre eux dans une telle fureur , qu'il les tua de sa propre main. Tout le monde alors l’abandonna ; il ne lui resta qu'un corps de Cretois. Ils demeurèrent moins par attachement pour sa personne que dans l’espérance de partager
offroient cette arommanpouvoit
Ja veille blessure, fut même éralement son mand'il quitta urut jusmilicu de ide partie aisoil auqu'il avoit les mains e féliciter 'UX SErVinseils sur dans une . Tout le ‘un corps achement partager
ses trésors, dont ce malheureux se fit suivre, et sur lesquels il avoit sans cesse les yeux attachés. De villes en villes, Persée se retira dans l'île de Samothrace , où il y avoit un teñplé très-respecté , dédic à Castor ct Pollux.
Il y fut suivi par Évandre ; un de ecux dont Persée s'étoit servi au commencement de son règne pour faire lapider £umène, roi de Pergame, Lui et son maître trembloient que les Romains ne respectassent pas leur asile. Les habitans d'Halicarnasse , se voyant environnés de flottes et d'armécs romaines , n'cto’ent pas moins inquiets sur la conservation de leurs privileges. Pendant qu'ils en conféroïent sur la place , un jeune Romain se glisse dans l'assemblée , et leur demande d'un air ingenu : « Est-il vrai que l'île de Samo- » thrace est une île sacrée? Sans doute, s’écrièrent » tous ensemble les assistans. — Mais, continne le » jeune homme, croyez-vous qu'elle seroit souillee, si » elle servoit d'asile à un infâme assassin ?—-Tous en » conviennent. — Eh bien, ajouta-t-il, dans votre » Lemple se trouve avec Persée Évandre » , dont il raconte l'histoire. On frémit à ce récit , et il est surle-champ décidé qu'£vandre sortira de l'asile, ou viendra se justifier. Persée est fort embarrasse de cette résolution. Permettre à £vandre d'aller sc justifier ? ne le pourra qu'en l’accusant lui-même. Le roi lui conseil le amicalement de se tuer plutôt. Évandre ne goûte pas la proposition ; imais , feignant d'y consentir, il dit qu'il aime mieux prendre du poison que de penir par le fer. Persée se doute qu'il ne choisit le
poison que pour gagner du temps, et peut-être le charger. Il prend le moyen le plus expeditif, il ie fait tuer par ses serviteurs.
Cette atrocite fait fuir tous ceux qui pouvoient lui être utiles. Persée ne se trouve plus entouré que de miscrables, propres seulement à le trahir. A leur instigation, il fait marche avec un Crctois, capitaine de vaisseau , qui se charge de le passer en Crète avec sa famille ct ses trésors. Persée envoie le soir au vaisseau ce qu'il a de plus précieux. Lui-méme se rend sur le bord de la mx, à l'heure convenue, vers le milicu de la nuit; mais le Cretois ctoit parti. Le malheureux monarque se cache dans un petit bois, d'où il envoie dire à Paul Emile qu'il se rend à lui.
Le consul le reçut sous son pavillon ouvert, entouré de licteurs et de tous les attributs de la grandeur romaine. Le prince parut en habit de deuil, comme accablé de son malheur. Après quelques reproches assez modérés sur sa conduite à l'égare de la république, « le peuple romain, lui dit Émile, n'est » pas moins célèbre par sa clémence que par sa va- » leur. Espérez , prince, et soyez assure qu'il ne scra » pas moins généreux envers vous qu'il l'a été envers » plufieurs princes soumis à sa domination. » Ces paroles consolantes, il les dit à Persée en grec; et, se tournant vers les Romains, il leur parla ainsi dans sa langue naturelle : « Jeunes Romains, vous voyez » quelle est l'instabilité des choses humaines; proti- » tez de la leçon que vous donne un exemple si » frappant. Apprenez que la prospérité ne peut ja-
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» mais s'affermir par la fierté ou par la violence , ct
» souvencz-vous que, nolre sort pouvant changer » d'un mome:! à l'autre, on ne doit jamais compter » sur le bonheur présent. Le vrai courage est celui » qui ne s'élève pas dans la fortune ei ne se laisse » pas abattre dans l'adversite. »
La suite ne répondit point aux espérances que le
consul avoit données. Persée sut qu'on le destinoit
à orncr Je triomphe de son vainqueur. Il l'envoya
suppl : de Jui épargner 1a honte d'être donné en
spectacle aux Romains. « La grâce qu'il demande.,
» répondit froidement Paul Émile, est en son pou- » voir, il ne tient qu'à lui de se la procurer. » C està-dire qu'il étoit le Maître de se donner la mort: grande indulgence après la promesse qu'on lui avoit faite d'un bon traitement! ii fut donc tiaîne en
triomphe avec ses deux fils, “Ælexandre et Plhi-
lippe, etsa fille en bas âge , accompagnés des officiers de leurs maisons. Tous avoi.:t les yeux baignés de larmes ; ils saluoient le peuple :1 supplians , ct apprenoient à leurs jeunes princes à lui tendre aussi Jeu:s mains innocentes. Le roi de Macédoine, couvert d'un habit de deuil, marchoit seul après eux, suivi d'un grand nombre de Macédoniens, portant dans leur contenance tous les signes de la douleur.et du désespoir; outre les trésors de Persée et. les riches dépouilles des soldats , on vit celles de tout le monde, puisque les rois d'Asie , ayant souvent pile la Grèce, avoient transporte chez eux les plus beaux ouvrages de l'industrie , et les monumens des arts es
pl: colimés. Ils furent envoyés par Ælexandre en Macédoine, et Paul Émile à son tour enleva de toutes les villes ce qu'elles avoient de plus précieux pour enrichir Rome. La somme d'argent qu'il dépasa dans le trésor de la république étoit si considérable , qu'elle dispensa de la nécessité de mettre aucun impôt sur le peuple romain pendant beaucoup d'années. Après le triomphe, Persée fut jeté dans un cachot infect, avec les plus vils scélérats destinés au supplice. On laissa passer plusieurs jours sans lui donner aucune nourriture, il en demanda par grâce à ses tompagnons de misère, qui voulurent bien partager leur portion avec lui. Ils lui offrirent une corde et une épée ; mais il ne voulut pas s'en servir. Des historiens disent qu'il mourut dans cette prison , d'autres qu'il fut transféré dans une maison commode , qu'il ÿ vécut deux ans; mais que, sa mauvaise humeur le tendant insupportable à ses gardes, ils se relayèrent pour l'empêcher de dormir , et le firent mourir d'insomnie. Ses deux fils et sa fille qui l'accompagnoient au triomphe étoicnt en bas âge. Philippe et la pedite princesse moururent ; Alexandre fut mis en apprentissage chez un charpentier. 11 s’appliqua dans la suite à l'écriture, et fut clerc ou secrétaire du sénat. Dans le même temps, Gentius, roi d'Illyrie, sa femme et ses enfans étoient aussi prisonniers à Rome , mais traités avec moins de dureté. Enfin les villes d'Italie et de Grèce soumises aux Romains virent arriver chez elles les principales familles macédoniennes , qui eurent ordre de quitter leur pays,
précieux il déposa idérable , ucun md'annces.
n cachot ÿ au suplui donrâÂce à ses partager corde et Des his- , d'autres
e, qu'il y iumeur le ‘elayèrent arir d’in-
pagnoient et la peis en apqua dans étaire du d'Illyrie , onniers à Enfin les Romains tlles maur pays,
MACÉDONIENS. 270 sans qu'on sache si les revenus des biens qu'on leur enlevoit leur furent conserves.
Quant à la Macédoine elle-même , Paul Émile la déclara libre. Et voici en quoi consistoit cette liberte. Il divisa le royaume en quatre gouvernemens , défendit sous de rigoureuses | s aux habitans d'un gouvernement d'avoir le mou mmerce avec les habitans d'un autre, leu nouvelles lois , enleva les richesses les plus p s, imposa l'obligation aux grands, aussitôt qu'ils atteindroient l'âge de quinze ans , de quitter leur patrie, et défendit le travail des mines les plus riches. De deux cents talens que les Macédoniens payoient aux rois, le consul romain n'en exigea que cent pour la république; mais les deux cents se consommoient dans le royaume, et par conséquent en vivifoient le commerce; les cent, au contraire, s’exportoient tous les ans en pure perte pour les Macédoniens. Voilà la liberté que le vainqueur leur donna.
Après Paul Émile , le sénat envoya des commissaires chargés de donner une forme à cette république composée de parties incohérentes ; car les villes se gouvernoient sans liaisons entre elles , non plas que les quatre gouvernemens. Les garnisons que les Romains avoient laissées à titre de protection , sans auun droit en apparence sur le gouvernement civil , influoient ou par force ou par persuasion dans l'élection des magistrats ou autres officiers civils. Ce n’etoient pas les plus honnêtes et les plus capables qu'ils faisoient choisir, mais ceux qui se montroient
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