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les plus devoués aux Romains. La masse de la nation; réellement asservie sous une ombre de liberié, tourmentce par le souvenir de son ancienne grandeur, soupiroit après le moment de se revoir dans l'in- Aépendance , et ikæ’y avoit que le gouvernement monaïrchiqué adminisuré avec sagesse qui pût lui plaire.
Dans ces dispositions , elle-vit-avec plaisir :paroître -sur Ja scène un prétendant: au trône: Il: sé disoit fils de Persée; il publioit que le prince l'avoit eu d'une concubine nemmée Cyrthésa ,'et-J'avoit fait élever en secret, afin qu'il-restât un rejeton de la famille royale ; s'il échouoit.dans la guerre cantré les &omains. Ce prétendu prince portoit le nom d'Æn-+ driscus; et quand il se montra ; il prit le nom de | Philippe. Il est également connu sous l’un et. l'autre de ces noms. Sa première tentative ne fut pas heureuse. Il se retira en Syrie chez Démétrius Soter , qui avoit épousé une sœur de Persée. Vraisemblablement ce prince ne fut pas content des preuves de s4 naissance , puisqu'il le livra aux Romains, pour ne pas s'attirer leur inimitié Ceux-ci., soit. mépris , soit indifférence, le gardèrent négligemment.. .#ndriscus se sauva en Thrace , ramassa quelques troupes, entra en Macédoine, où son armée :se grossit , et conquit le royaume en aussi peu de temps que Paul Émile en avoit mis à le soumettre. Sa-principale qualité étoit la bravoure , vertu qui plaisoit singulièrement aux Macédoniens.. D'ailleurs il avoit tous les vices de Persée: cruauté, avarice, -orgücil dans la prospcrité, bassesse dans l'infortune,
le la nation; erié, tourgrandeur, dans l'in-
lement moé lui plaire.
plaisir:paÿne. Il sé incé l'avoit d'avoit fait n de la fa- cantré les om d'AÆn-+
le nom de
a et.J'autre t pas heu- Soter, qui emblableuves de sà » Pour ne : mépris , ent. di fues troue grossit , cmps que a:princii plaisoit s il avoit , Orgüei
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Comme lui, après avoir obteriu des avantages , il eut l'imprudence d'exposer sa couronne au hasard d’une bataille générale. Il la perdit , fut pris et orna le triomphe -de Cécilius Métellus, son vainqueur. L'opinion la plus probable sur ce faux Philippe; comme l'appeloient les Romains , le range-parmi les imposteurs. L'abandon de Démétrrus Soter., qui auroit été son oncle, le parti qu'il prit de Je livrer aux Romains, paroissent une preuve concluante contre lui. Deux autres prétendans lui succédèrent , furent également vaincus ;, et périrent. Ce royaume fut ré+ duit en province romaine ; et les Macedoniens furent plus heureux dans cet état que lorsqu'ils etoient les allics de cette république. |
Sous les Séleucides, on l’a nommée Syro-Médie,
: Antiochus. Stratonice, Antiochus Soter.' Antiochus Théos: Invasion des Gaulois. Pcrthes. Séleucus Callinicus.;Antiochus Hiérax. Séleur cus Céraunus Antiochus-le- Grand. Alexandre Bala. Démétrius: Nicanor: Antiochus Sidètes.
Zébina. Cléopätre. Antiochus Grypus.. - : ; [2587.41 x] Les Séleucides furent les:rôis succésseurs d'Alexandre dans la Syrie et la Haute-Asie; ils ont été ainsi-appelés de Sé/eucus.;qui fonda.cet en
pire, appelé Syro-Macédonien. Il étoit fils d'A#ntiochus, un des principaux capitaines de Philippe, père d'Alexandre. Il suivit cemonarque dans scsconquêtes d'Asie , et reçut le commandement en chef des élephans , charge considérable dans l'armée macédonienne. Après la mort d'Alexandre, il fut nomme, par les protecteurs , général de la cavalerie, ensuite gouverneur de Babylone. Dans cette place, il conçut le projet de se déclarer souverain , comme les autres capitaines d'Ælexandre. Séleucus y travailloit adroitement, en se menageant entre les rivaux acharnes l'un contre l'autre. Æntigone, comme: on l'a dit, découvrit la ruse de ce rival, et voulut le faire arrêter. Séleucus s sauva en Égypte, d'où il revint avec une petite armée , et rentra dans Babylone. De ce centre il s'étendit dans la Médie ; mais, pendant qu'il s'occupoit de conquêtes , Démétrius , fils d 4ntigone, lui reprit Babylone et la pil'” avec inhumanité. Les excès commis par ce pri . rent regretter aux Babyloniens Séleucus ; qui les avoit toujours traités avec douceur. Ils le rappelèrent. Il en repartit encore pour etendre 8e5 possessions outre la Medie, la Bactriane , l’Hyrcanie et toutes les provihces envahies autrefois par Aleæandre. Ces nombreuses conquétes lui firent donner le surnom de Micanor , c'est-à-dire v@nqueur. I y ajouta le titre de roi de Babylone et de Médie. La journée d'Ipsus , où Æntigone fut tué , consolida pour toujours:son empire. ‘On compteseize grandes villes. bâties par ce prince. ‘Les plus considérables sont Antioche sur l'Oronte,
ls d'AÆntiolippe, père
fut nommé, ie, ensuite e,il conçut > les autres Ioit adroix acharnés on l'a dit, le faire arù il revint bylone. De s, pendant | fils d'Anc ithumat regretter t toujours en repartre la Meprovihces ombreuses Nicanor , de roi de où Æntipire.
ce prince.
l'Oronte,
APRÈS ALEXANDRE. 279 Séleucie , Apamée , Laodicée , ainsi appelées des noms de sa femme et de ses enfans. D'autres villes moins importantes reçurent aussi le nom d'autres personnes qui lui etoient chères, attention qui marque
que ce prince se complaisoit dans sa tendresse et
désiroit en perpétuer le souvenir. Il fixa sa demeure dans Antioche sür l'Oronte. L'exhaussement du lit de l'Euphrate avoit occasionné l'épanchement de ses eaux dans les plaines de Babylone. Elles y formèrent des marais qui rendirent la ville inhabitable : il n'en resta bientôt plus que les murs. Dans le quatrième siècle de notre ère, ils servoient de clôture à un parc où l’on gardoit des bêtes sauvages. Maintenant à peine on peut en distinguer les vestiges. On dispute même sur la place où Babylone a existe.
Séleucus avoit un fils nommé 4ntiochus, qu'il aimoit tendrement. Ce prince fut attaque d'une maladie de langueur dont la cause étoit ignorée. Erasistrate , son médecin, qui s'étoit attaché à connoître les maladies de l'âme, talent plus nécessaire à un medecin qu'on ne pense , découvrit que celle d'Antiochus venoit d’une passion , que eette passion étoit de l'amour, que cet amour regardoit Stratonice, sa belle-mère, la plus belle femme de son temps. Il en tira l'aveu du malade , qui lui dit en méme temps que, tous ses efforts se trouvant inutiles pour 8e gue-
“nr de son amour, il etoit déterminé à mourir. Fort de cetté découverte, É‘rasistrate va trouver le roi, et lui dit que le mal de son fils n’est que de l'amour; mais que cette passion est sans remède , parce. qu’il
280 L'ASTE lui est également impossible de jouir de l'objet aime ‘t de vivre sans lui. « Comment, impossible de -pos- + séder l'objet aimé !-répond le roi : eh ! quel est-il » donc ? — C’est ma femme , répond Érasistrate, + et certes je:ne suis pas disposé à la lui céder. — x Quoi! réplique Séleucus , vous, mon cher Éra- + sistrale, vous verrez périr un ‘fils, mon unique » espérance ; en lui refusant votre femme ? Quel » attachement avez-vous donc pour moi? — Mais, »» répondit le médecin; supposez que le prince aimût » passionnément Stratonice, renonceriez-vous à elle? »-et prendriez-vous pour vous-même le.conseil que » vous me donnez? — 0 dieux! s'écrie le père, que «ÿ ne puis-je acheter la vie de mon fils par le sacri- » fice de Stratonice.! je la céderois aussitôt, et tout » mon empire, pour sauver une vie qui m'est si » chère! » Érasistrate le prend alors par ses paroles. -«' Antiochus , lui dit-il, ne peut avoir d'autre sau- » veur que vous; car c'est Stratonice qu'il aime. » nSéleucus n'hésita pas, il céda sa femme.
[2719:— 279. | Pe trente-six capitaines qui ;avoient:combatiu sous les drapeaux d’Ælexandre., l n’en restoit que deux, Séleucus.et Lysimaque. Les beaux débris. qu'ils possédoient de ce vaste empire ne purent les satisfaire. [ls-cherchèrent à s’en arracher des parties, qu’ils auroient dû.s'abandonner reécipro- -quement pour passer leur vieillesse en.paix. L'arm- -bition les arma jusqu'à la fin l'un contre l'autre. Lysimaque-périt-dans.une bataille. Séleucus lui survç- «cut peu,,.ct fut assassiné par ’lolémée Céraunus.,
quel est-il
Mince aimât ous à elle?
Onseil que e père, que r le sacri- Ôt, et tout 1 m'est si es paroles.
iuire sauil aime. »
aines qui zxandre., aque. Lies empire ne arracher 1 réCiprox. L’'amtre. Lyui sury<aunus.,
auquel il étoit près de faire un petit etat en Maccdoine. Ce monarque se distingua entre tous les rois de son siècle, nan-seulement par ses vertus guerrières, mais aussi par son amour pour la justice, par sa clcmence et par un.profond respect pour la religion. Il aimoit les belles-lettres, et il encouragea les savans. La superbe bibliothèque que Xerxès avoit enlevée aux Athéniens leur fut renvoyée par Séleucus. 11 disoit : « Si les hommes savoient combien sont peuibles les » devoirs de la royauté , aucun d'eux ne seroit assez » insensé pour accepter une couronne , et ne vou- » droit pas même la ramasser , quand même on la » jetteroit à ses pieds. »
[ 2738. — 260. ] Sous Antiochus Soter, son successeur ; les Gaulois vinrent en Asie, appelés par Nicamède ; roi de Bithynie , et s’y formèrent un ctat qu'on appela Gallo-Grèce ou Galatie. Sept.cents ans après , au rapport d’un auteur contemporain , on parloit encore dans ces contrées la même langue que dans les environs de Trèves. Le roi de Syrie eut des chagrins domestiques ; un de ses fils se révolta et fut puni de:mort. On pense que la cause de sa rébellion fut la prédilection du père pour le fils de Stratonice, qu'il nomma son successeur. En montant sur le trône. celui-ciprit le nom de Théos, Dieu. On l’avoit donne à son père, à son grand-père, à leurs femmes ; mais du moins c'étoit après leur mort. Sous lui vecut Bérose, historien de Babylone, qui lui dédia son ouvrage. L'amour et ses fureurs occasionnèrent la guerre entre Antiochus et Ptolémée Philadelphe, voi d'É-
gypte. Magas, roi de Cyrène et de Libye, avoit promis au fils de l'Égyptien: Bérénice et ses états pour dot. Il mourut. Ænümée , sa veuve, refusa de tenir un engagement fait malgre elle. Elle appela pour sa fille Démétrius, frère d'un roi de Maccdoine. Ce prince, un des plus beaux hommes de son temps , plut à la veuve. Elle resolut d'en faire son époux au préjudice de Bérénice. Sûr du cœur de la mère, il montra peu d'égards pour la fille , encore moins pour les courtisans et les ministres. Tous résolurent de se défaire de lui. Bérénice conduisit clle-même les conjurés à l'appartement de sa mère. Ls tuèrent Démétrius malgré les efforts dé la rèine, qui le couvroit de son corps pour le sauver des coups des assassins. Bérénice alla achever son matiage en Égypte. Le voi s’empara de Cyrène et de Libye, qui avoient été promises en dot à son épouse. Apamée se retira auprès d'Antiochus Théos, qu'elle excita à ne point laisser entre les mains de son gendre le sceptre que sa fille y avoit porté.
[2741.— 257.] De là une guerre furieuse, qui fut suspendue, du éôté d’Æntrochus , par la révolte des Parthes et des Bactriens ; les premiers sous la conduite d’#rsace, jeune seigneur du pays; les seconds sous celle de Théodote, leur gouverneur pour le roi de Syrie. L'embarras que lui donnèrent les rebelles le força à une paix dont le sceau fut un mariage. Les suites lui en furent bien funestes. Il avoit denx enfans de Lavdice , sa femme, qui étoit aussi sa sœur. Néanmoins il se soumit à la répudier pour épouser
ibye, avoit et ses ctats Ë 9 refuéa de Elle appela i de Macé« hommes de t d'en faire ûr du cœur la file , en.
istres, Tous € conduisit > Sa mére, dé ‘la rèine, sauver des er son marène et de on épouse.
os, qu'elle le son gen-
ieuse , qui la révolte ous la cones seconds out le roi rebelles le riage. Les denx en- | sa sœur.
r épouser
une Bérénice, fille du roi d'Égypte, qui lui apporta de très-grandes richesses en mariage. Tant que le père vécut, Æntiochris eut des égards pour sa fille, que Ptolémée aimoit au point de lui envoyer jusqu'à Antioche de l'eau du Nil, qu'on croyoit propre à sa sante. Malheureusement pour Bérénice le père mourut deux ans après le mariage de sa fille. Aussitôt Antiochus la repudia , et reprit Laodice. Elle revint auprès de lui avec ses enfans , Séleucus et Antiochus Hiérax, et aussi avec la ferme résolution de ne plus éprouver l’inconstance de son mari. Elle prit pour cela un moyen bien sûr, ce fut de l'empoisonner.Tout étoit prévu pour rendre son crime utile. Elle fit mettre dans le lit du défunt un homme nommé Ærtémon, qui ressembloit parfaitement au roi, de visage et de la voix. L'imposteur recommandoit Laodice et ses enfans aux seigneurs qui venoient le visiter. Elle fit aussi faire au nom de son mari , que le peuple croyoït encore vivant, une proclamation par laquelle Séleucus, son fils aîné, étoit nommé successeur à la couronne. [2770.— 228.1] Bérénice se sauva, avec un i:
à la mamelle, à Daphné, lieu de délices, situé presque aux portes d'Antioche , où se trouvoit un temple dédié à Apollon, qui étoit régardé comme un asile inviolable. La cruelle Zaodice n’eut pas plus d'égards pour l'innocence de sa rivale qu'elle n’avoit respecté les liens sacres de l'hymen. Elle la fit massacrer avec son enfant. Le roi d'Égypte, accouru à la tête d'une armée , arriva trop tard pour empêcher le meurtre, mais assez tôt pour punir Laodice, qu'il
fit mourir. Séleucus et Antiochus, dignes fils de cette mégère, passèrent leur vie à se disputer le trône , où ils montèrent alternativement. Par. une singularité remarquable ; tous les deux moururent dans les fers; Æntiochus en Égypte, presque sur le seuil de sa prison , d’où il s’échappoit; Séleucus captif d'érsace, roi des Parthes. Il fut surnommé , par ironie, Callinicus, astucieux , parce que rien ne lui réussissoit. Æntiochus fut surnommé Hiérax, épervier , parce que toute espèce de proie lui convenoit; Séleucus , fils de Cullinicus, qui lui succéda, Céraunus, le foudre , ainsi nommé par antiphrase, parce qu'il n'étoit pas moins foible d'esprit que dcbile de corps. Il ne régna que trois années ; encore pendant ce court espace se trouva-t-il expose aux cflorts perfides des conjurés, qui pensèrent le renverser du trône. Il s’y maintint par les conseils d'4chéus, son cousin , fils d'Andromaaue , fière de sa mère. Mais ce fidèle parent ne put le garantir du poison. Æchéus punit les coupables, La couronne lui fut offerte au préjudice du frère du feu roi; mais il la refusa , et s'occupa avec succès du soin de l'assurer à Antiochus, Agé de quatorze ans, qu'il prit sous sa tutelle. | [2775.—223.1 Ce prince a reçu dans l'histoire le surnom de Grand, ct il peut le mériter également par ses belles actions ct par ses fautes, par ses prospérités et.par ses malheurs. On peut compter entre ces deruiers la confiance aveugle qu'il eut longtemps dans ÆHermias, qui avoit été ministre de son
mes fils de disputer le t. Par. une MOururent sque sur le leucus capommé , par que rien ne é Hiérax, e Jui conveui succéda , antiphrase, rit que dccs ; encore exposé aux tle renverseils.d'{frère de sa arantir du uronne Jui Dj, mais il de l'assu-
quil prit
l'histoire
père Céraunus, et qu'il prit pour le sien. ÆZermias étoit obstine, jaloux d'une faveur exclusive, impérieux, cruel, ennemi de tous les talens qui pouvoient éffusquer le sien, ne souffrant ni la contradiction ni la remontrance, mais habile au souverain degré dans l’art de captiver l'esprit de son maitre. ‘Dans les arrangemens pris au commencement du règne, Æchéus se chargea des provinces de l'Asie mineure, Molon fut envoyé comme gouverneur en Médie, Alexandre en Perse; ils étoient frères; et tous deux généraux habiles. Épigène, aussi expérimenté qu'eux, homme d'ailleurs d'un sens profond et d'une probité intacte, resta auprès du jeune movarqué pour commander l’armée attachée à sa personne. Sés belles qualités lui attirèrent la haine et la jalousie d'Æermias. On croit aussi que ce fut la hauteur et les vexations du ministre qui provoquèrent la révolte de Molon et d'Alexandre. Elle cclata au moment où Æ#nthiochus entroit en guerre contre Ptolémée Philopator , roi d'Égypte. Il paroissoit prudetit dé soumettre les rebelles et de pacifier son royaume avant d'en attäquer un autre. C'etoit le sentiment d'Épigène, et parcé que’ c'étoit son opinion, ce ne fat pas celle d'Hermias. Ce äernier prétendit qu’il n'étoit pas de la dignité d'Antiochus de se mesurer avec des révoltés; que cette tâche ne convenoït qu'à son lieutenant ; que roi, il ne devoit combattre que contre des rois. Cette forfanterie l'emporta sur lés bonnes raisons d'£ pigène. Le ministre eut même l'adresse de donner à la persévérance d'Épigène dans
son avis une apparence de collusion avec les coupables. Æntiochus, laissant son licutenant s'exercer contre les rebelles, alla lui-méme attaquer le roi d'Égypte; mais celui-ci ne daigna lui opposer que ses lieutenans. Ils ne le laissèrent pas approcher des fion tières.
Pendant cette honteuse expédition, les rebelles se fortifièrent et gagnèrent une bataille. On agita encore dans le conseil si le roi se porteroit contre eux en personne, ou s'il continueroit à tourmenter l'Égypte. Hermias et Épigène avancèrent de nouveau, dans cette discussion, des avis contraires. Celui d'Épigène prévalut; mais Hermias ne tarda pas à se venger de la préférence. L'expédition inutile contre l'Égypte avoit épuisé le trésor. Quand il fallut marcher, l'argent manqua. Les troupes murmurèrent; le roi se trouvoit fort embarrassé. Alors Hermias lui offrit de payer l’armée de ses propres deniers, s’il vouloit.renvoyer Epigène. Il colora cette insolente proposition du prétexte qu'après la dissension qui avoit éclate entre eux, ils ne pourroient jamais étre d'accord, ct que les affaires en souffriroient. Æntiochus, quoiqu'à regret, se rendit au vœu du perfide ministre , et laissa Épigène dans Æpamée, avec défense d'en sortir. Æermias ne se contenta pas de simplesarréts; après le départ du roi, il fit conduire ÆÉpigène à la citadelle, dont le gouverneur étoit.à sa dévotion. Il le chargea de trouver quelques crimes à son prisonnier. Lui supposer des lettres d'intelligence avec les rebelles, l'accuser à son seul tribunal, le condamner,
°c les coupaint s'exercer iquer le roi poser que ses her des fions
s rebelles se agita encore e eux En perer l'Égypte.
veau, dans i d'Épigène se venger de re l'Égypte rcher, l'art; le roi se lui offrit de youloitrenproposition avoit éclaté accord , ct s, quoiqu'à
inistre , et
fense d'en
plesarréts;
gène à la
évotion. Il
on prison-
l'exécuter, furent pour le gouverneur l'affaire d'un
jour, et pour Aermias, obteuir l'approbation du roi,
l'affaire d'un moment.
Antiochus baltit les rebelles. Molon se tua àprès
une bataille malheureuse, Ua de ses frères, nommé
Molus, s'échappa et alla porter à son autre frère
Alexandre la nouvelle de cette défaite. Se trouvant
sans ressources, ils tuèrent d'abord leur mère, ensuite leurs femmes et leurs enfans, et enfin ils se tuèrent cux-mêmes. Ces cruelles tragédies ont été ordinaires
en Asie, où le vainqueur a coutume de n'cpargncæ personne de la famille des vaincus, de peur qu'il ne reste des vengeurs ; et dans la crainte que cette destruction ne soit accompagnée de tourmens, les malheureux aiment mieux s'exterminer tous eux-mêmes. Aux provinces qu'il venoit,de reconquérir Æntiochus conçut le dessein d'ajguter un royaume limitrophe, la Médie, habitce par des peuples belliqueux, Hermias s'opposa d'abord à cette expédition, dans laquelle.pouvoit périr le roi, dont il tenoit toute son autorité; mais ayant appris que la reinc venoit d'accoucher d'un fils, il pressa vivement le roi d'entre prendre.la guerxe, dans.la pensée qu'il y périrait, et qu'alors lui-même seroit nommé tuteur du jeune prince, Il fut trompé dans son attente. Les prétentions abitieuses d'Autiochus se borunèrent à. un traité de paix, dont le roi atiaque, affoibli par l'âge, préfera le désavantage.au danger dos combats.
Hermias régnoit toujours avec un despotisme in-
solent, qu'il étendoit jusque sur son maître. IL lui
arriva quelquefois de parler à Æntiochus d'un ton fort éloigné du respect. Ces manières avoient fait naître dans l'esprit du roi des soupçons contre son
ministre, mais il n'osoit s'en ouvrir à personne, Ce fat un soulagement pour Æntiochus lorsque Æpollophane, son médecin, le mit, par quelques avances, dans le cas de s'expliquer. Il reconnut avec lui l'or- devi gucil, l'obstination, la cruauté d'Hermias; mais le Ptol médecin fit de plus sentir au roi qu'abandonner tant par d'autorité à un pareil ministre, c'étoit s’exposer lui- fut | même; il n’en fallut pas davantage, la perte d'Æer- intri mias fut resolue. Æntiochus l'attira dans un endroit gouv écarté, et le fit tuer par ses gardes. Toute la Syrie Ptol ressentit une joie extrême de cette mort. Quand la C'eta nouvelle arriva à Æpamée, les habitans accoururent ,seil, furieux dans la maison où logeoit sa femme, et la trait lapidèrent avec tous ses enfans. des n Un des grands crimes d'Hermias, c'est d'avoir ger si rendu Æchéus coupable, et AÆntiochus cruel. Fidèle de la à son pupille, auquel il avoit procuré l'empire, le ca: Achéus s'étoit appliqué à faire fleurir son gouverne. | penèt ment de l'Asie mineure. Il entreprit contre des voi- lémée sins usurpateurs des expéditions qui furent heureuses. veut | Ses succès excitérent la jalousie d'AHermias. Il réso- M tue le lut de perdre Æchéus dans l'esprit d'Antiochus, lui | autre: préta des vues ambitieuses, et lui supposa des liai- D larme sons avec Ptolémée; crime irrémissible auprès du } troub roi de Syrie, qui conservoit toujours un profond res- 5 La
sentiment contre l'Égypte. Achéus sut que la ca- Ë cprou lomnie s’accreditoit. Les complots formés parle mi- de Ja
d'un ton nistre lui parurent de nature à exiger les plus granoient fait des précautions pour la sûreté de sa vie; il n'en ontre son trouva pas de Meilleure que de s'emparer de la cousonne, Ce ronne qu’il avoit refusée auparavant, et il se fit proe Apollo- clamer rei.
avances, [ 27982.— 216. ] Ainsi ce qui avoit été supposé c lui l'or- devint une réalité. Æchéus prit des engagemens avec s; mais le Ptolémée, qui pouvoit le soutenir. Æntiochus se vit onner tant par là embarrassé dans une guerre très-sérieuse. Il y poser lui- fut puissamment. aidé par Théodote, Étolien. Les rte d Her- intrigues de cour avoient force celui-ci de quitter le unendroit BR gouvernement de la Cclésÿ:is, qu'il tenoit pour te la Syrie Ptolémée, et de se jeter dans l'armée d'Æntiochus. Quand la C'étoit un homme non-seulement propre pour le conccoururent ,seil, mais pour l'exécution, comme il! paroît par le me, et la trait suivant. L'habitude qu’il avoit de la langue et des manières égyptiennes lui inspira l'idce de se venst d'avoir ger sur le roi d'Égypte même des injustices éprouvées el. Fidèle M de la part de son ministre. Il se glisse un soir dans l'empire, le camp, accompagné seulement de deux soldats, ct gouverne- N pénètre jusqu à la tente du roi. Heureusement Ptoe des voi= ( lémée en étoit sorti. Théodote, ne le trouvant pas, ieureuses. veut du moins laisser des traces de sa hardicsse : il Il réso- M tue le médecin du roi, et blesse dangereusement deux Dchus, lui autres personnes. Cette action intrépide jette l’ades liai- larme ct l'épouvante dans l’armée. A la faveur du auprès du D trouble, Théodote se retire sain et sauf. fond res- M La bataille de Raphia , dans laquelle Æntiochus ue:la ea Ë cprouva une très-grande perte, devoit entraîner ceile arlemi- D de la Syrie entière, s’il avoit eu aflaire à un prince À IL, 13
moins indolent, moins amis de ses plaisirs que le monarque égyptien. Il semble que ce prince ne vou- Jût de la victoire que le triomphe. Après avoir montré ses lauriers dans plusieurs provinces qui se soumirent, entre autres en Palestine, jusqu’à Jérusalem, dont il visita le temple, pressé de jouir dans la mollesse de ses palais, il accorda une paix avantageuse à Antiochus. Cette paix fut un coup mortel pour le malheureux Æchéus. Son ancien pupille eut tout le temps et tous les moyens de le poursuivre, et l'obligea de se renfermer dans la citadelle de Sardes. Une trahison habilement ourdie par trois Crétois le tira de cet asile. Ils le livrèrent pour une somme promise, ntiochus le vit, laissa couler des larmes , et lui fit trancher la tête. Il travailla ensuite à rétablir l'empire syrien dans son ancienne splendeur, chassa les Parthes de la Médie, les poursuivit dans leur pays, forca leur roi 4rsace de fuir jusqu'en Hyrcanie, dont il prit la ville capitale, et lui donna la paix. De là il se transporta dans la Bactriane, qu'il auroit réunie à son empire, s’il n'avoit mieux aimé la Jaisser sous la domination d’un roi pour servir de barrière contre les irruptions des Scythes. Dans ces guerres qui durèrent sept ans, Æntiochus fit paroître autant d'intelligence que de valeur. Il y fut blesse, fit des marches pénibles à la tête de son armée, souffrit comme ses soldats la faim, la soif, les froids cuisans des montagnes d'Arménie, et la chaleur étouffante des déserts. Par cette expédition, qui doit le mettre au nombre des guerriers célèbres, il acquit le
rs que le e né vouvoir monai se souérusalem, s la molanlageuse el pour le ut tout le , et l'obliirdes. Une ois le tira e promise.
, et lui fit ablir l'emchassa les leur pays, Hyrcanie, a la paix.
RÈS ALEXANDRE. a9t
surnom de Grand, qu'il auroit porté avec gloire jusqu’à la fin de sa vie, s'il n'eûl pas entrepris une guerre contre les Romains. ù
[2797.— 201.] Il paroît, chose remarquable, que cétte guerre fut juste de la part de la republique. Les Romains, dans le principe , agirent d'abord en qualité de protecteurs du fils de Ptolémée Philopator, enfant en bas Âge, dont Æntiochus, allié pour cette injustice avec Philippe, roi de Macédoine , voüloit envahir les états ; ensuite en qualite de protecteurs des villes libres de l'Asie mineure, surtout du royaume de Pergame , qui tentoient la cupidité du roi de Syrie. La première conquête qu'il sc proposa pour parvenir aux autres fut celle de la Thrace. Les Romains prétendoient que ce pays leur appartenoit comme dépendant de la Macedoine , et comme dédommagement de la guerre qu’ils avoient soutenue contre Philippe. Antiochus faisoit remonter son droit à la conquéte de cette province par Séleucus , son arrière-grand-père, sur Lysimaque , un des successeurs d'Alexandre.
La guerre d'Égypte fut suspendue ou terminée par une promesse de mariage entre deux enfans de quatre ou cinq ans : le jeune Ptolémée et une fille d'Antiochus. La minorité du jeune prince fut troublée par la révolte de Scopas, Étolien. Simple chef des troupes auxiliaires , il aspira au trône ; mais il fut prévenu et puni. Dicéarque, un de ses principaux complices , ctoit sans foi, sans pudeur , et s'en faisoit gloire. Ayant été mis par Pilrppe, à Ja tête
d'une expédition contraire. à un traité solennel , il fit clever deux autels à l'injustice et à l'impieté, et offrit des sacrifices à l’une et à l’autre, A la difference des scélérats et des hypocrites ordinaires, du moins il adoroit publiquement les déesses qu'il portoit dans son cœur.
[2804.— 194. ] Comme il avoit suspendu la guerre d'Égypte, Antiochus auroit peut-être différé celle qu'il méditoit contre les Romains , si son incertitude n’avoit Cté fixée par Ænnibal. Ce grand général , chassé , par la haine de Rome , de Carthage , où sa puissance faisoit encore trembler la rivale de sa patrie, se réfugia dans la cour de Syrie. Il fit connoître à Antiochus les ruses du sénat , lui remontra que les Romains ne cherchoient qu'à l'amuser par des ambassades ; que toutes leurs propositions étoient captieuses ; que jamais ils ne reviendroient du parti une fois pris de s'opposer à ses armes et de lui imposer leurs lois. Æntiochus n'en étoit que trop persuadé ;'il faisoit de grands préparatifs, et n’hésitoit que sur la manière et le temps de les employer.
Mais cet Ænnibal si penétrant , si instruit de la perfide politique des Romains, se laissa jouer par leurs ambassadeurs. Ils allèrent le trouver à Ephèse, où il attendoit le roi pour décider de la guerre. Ils affectèrent de le combler de politesses et de marques de déférence , lui reprochèrent amicalement la haine euracinée qu'il conservoit contre la république ; lui
dirent que les sentimens des Romaïhs étoient bien différens, qu'on ne prononçoit jamais son nom à
nel , il fit piété , et | la diffeaires, du qu'il por-
ù la guerre Méré celle ncertitude | général, ge , Où sa de sa pa- Il fit con- remontra muser par ns étoient
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Rome qu'avec respect et des transports d'admiration, et que leur plus vif désir seroit de trouver l'occasion d'obliger un si grand homme. Ces flatteries eurent leur effet. Ænnibal, buvant à long traits le poison de la louange , rechercha avec empressement ceux qui le versoient. Il tira gloire de leur assiduité auprès de lui, et, pour ne pas perdre un instant de ces entretiens si doux , il leur donna un appartement dans sa maison. Il en arriva ce que les perfides vouloient et avoient prévu : Antrochus prit de l'ombrage de cette conduite. Il crut les Carthaginois réconciliés avec les Romains, et retira sa confiance au vainqueur de Cannes.
Annibal sentit sa faute; il s'ouvrit avec peine auprès du roi un passage que les intrigues des ambassadeurs et la jalousie lui fermoient. « Prince, lui » dit-il , dès l’âge de neuf ans j'ai jure sur les autels, » entre les mains de mon: père Amilcar, de n’en- » trer jamais en alliance avec les Romains et de » porter ma haine contre cux jusqu’au tombeau, » C'est le désir de remplir des engagemens si solen+ » nels, et de causer leur ruine, qui m'a engagé à » quitter Carthage et à venir.en Syrie. Si vous dé- » daïgnez l’ofrede mon bras, j'irai dans tous les lieux » où on trouve des soldats et des armes , et je susci- » terai des ennemis aux Romains. Je les hais autant » qu'ils me haïssent. Si vous persistez à leur décla- » rer la guerre, vous n'avez pas de plus grand ami » qu'Ænnibal; mais si vous penchez pour la paix, » n'attendez rien de moi, Je ne respire que la guerre;
294 L'ASIE » ct si je ne puis la fomenter ici, j'irai partout où » je pourrai en allumer les feux. » Il entra ensuite en explication sur la manière de la faire. « Ce n’est » pas dans la Grèce, mais en Italie que vous les » combattrez avec succès. Là, vous trouverez des » nations entières impatientes de leur joug, qui ali- » menteront vos armées. Vous vous flattez qu'il leur » sera difficile de transporter leurs légions en Orient; » mais ils savent surmonter les obstacles. Dans peu » de temps vous les verrez inonder votre royaume » comme un torrent qui a rompu ses digues. Ce que » je vous dis ici en parlicuher , je le soutiendrai , » s'il est nécessaire, en présence de toute votre cour. » Ne m’appartient-il pas de montrer à vos généraux » comment ils doivent faire la guerre aux Romains ? » Ces fiers républicains m'ont toujours trouvé in- » vincible tant que je les ai combattus en Italie ; » mais Carthage eut l'imprudence de me rappeler en » Afrique , et je fus forcé de plier sous un vainqueur » qui n'avoit pu me faire face en Italie. Suivez mes » conseils, menez vos troupes dans le pays même » des Romains , et arrêtez ainsi dans sa source l'i- » nondation dont vous êtes menacé. » Aanibal traça ensuite un plan d'attaque combine avec les Gaulois, les Carthaginois, leurs alliés d'Afrique et les villes grecques mécontentes , que l'ennemi des Romains proposoit de mettre en mouvement. Il plaça les armées et les flottes , fixa les points d’appui , et développa le plan d'une invasion générale qui auroit fort «mbarrassé les Romains , si ce plan avoit été adopte
partout où a ensuite « Ce n’est e vous les iverez des F, qui aliqu'il leur n Orient; Dans peu
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tout entier , et si les opérations avoient cté commencées avec célérité,
[2808. — 190.] Mais Antiochus se laissa prcvenir. À l’âge de cinquante ans il devint amoureux d'une belle Chalcidienne, et s'amusa à célébrer des noces. Pendant qu'il s'oublioit dans les plaisirs, le consul Æcilius força le passage des Thcrmopyles , gagna contre lui une bataille ct l'obligea de retourner en Asie. Peu de temps après, sa flotte fut défaite ; la terre ct la mer ouvrirent également un chemin libre aux Romains. Le roi de Syric crut les retarder par des excursions chez leurs allics , entre autres le roi de Pergame , dont il pilla le royaume ; mais ils ne prirent pas le change, et continuèrent toujours leur route droit à lui. H s'agita pour leur susciter des ennemis.
Antiochus , désespéré de ses défaites , qui se multiplioient , ne savoit plus quel parti prendre. « Je ne » sais, disoit-il dans sa douleur , quel dieu a jeté » un voile sur mes yeux ; tous mes desseins ont un » funeste succès. Le ciel s’obstine à me persécu- » ter, et tout me présage une ruine prochaine. » H avoit alors contre lui les deux Scipions. L’Africain s'étoit volonticrs engage, sous son frère cadet, dans une guerre où il devoit avoir pour adversaire Annibal , qui jouissoit seulement d'une demi-confiance auprès d'Æntiochus. Il ne fut pas donné à cet habile général carthaginois de se mesurer à armes égales contre son ancien rival. Toutes les prédictions d'Annibal s'accomplissoient. Les Romains, qu'il au-
roit fallu contenir chez eux, passèrent l'Hellespont , et se trouvèrent en Asie, Æntiochus en pâlit d'eflroi. Il se vit près d'étre attaqué au centre de ses états, et exposé à en hasarder le sort dans une bataille. [2809.— 189.] Soit politique, soit bonté qui lui
ctoit assez naturelle, il avoit traité avec beaucoup d'égards le fils de Scipion l'aîné , encore adolescent, que son père s’étoit trouvé forcé de laisser malade dans une ville qui tomba entre les mains d'4ntiochus. Sachant que le père étoit retenu au lit par une indisposition , il lui renvoya son jeune prisonnier. La présence de cet enfant chéri rendit la santé à l’Africain. Le roi avoit fait accompagner son présent de propositions de paix. Scipion ne les trouva pas acceptables ; mais il lui fit dire que tout ce qu'il pouvoit lui consciller dans le moment, c'étoit de ne point songer à livrer bataille que lui-même ne fût arrivé au camp. Sans doute il se sentoit quelque compassion pour ce prince , et il se flattoit de pouvoir, sans nuire aux intérêts des Roïffains , ménager au roi un accommodement. Mais l’autre Scipion, craignant que , s'il attendoit son frère , toute la gloire de la conquête de l’Asie ne revint encore à l’Africain , présenta la bataille dans la plaine de Magnésie. 4ntiochus l'accepta. L'armée de ce roi , quoique infiniment plus nombreuse , fut entièrement défaite. Scrpion le jeune dut moins sa victoire à son habilete et à ses efforts qu'à ceux d'Eumène, roi de Pergane , dont Antiochus avoit ravagé le royaume. Il combattit en ennemi qui se venge, et les Romains
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combattirent en vainqueurs fiers de leurs anciens succès. Ils trouvèrent parmi les Asiatiques des soldats dignes de leur étre opposés ; mais l'habitude de l'exacte discipline l'emporta. Le pillage du camp peut-être le plus somptueux qui ait jamais existé enrichit l'armée victorieuse. Le butin fait dans les villes qui se rendoient à l'envi forma une masse de trésors dont Rome même se trouva ‘surchargce. « Le » luxe, dit un de ses poëtes , paré des dépouilles de » l'Asie, entra dans Rome eu triomphe, traînant » tous les vices à sa suite. Il fit plus de mal aux Ro- » mains que la guerre la plus meurtrière , et vengea » seul l'univers conquis. »
Le malheureux Antiochus fut oblige de souscrire un traité peut-être le plus humiliant qui ait jamais été dicté à une grande puissance. On exigea en outre de lui des renonciations à ses droits : il fut stipulé qu'il livreroit ses éléphans , ses galères, vaisseaux et chiourmes , dix proscrits , entre lesquels devoit être Annibal, vingt otages de dix-huit à quarante-cinq ans au choix des Romains, et dans ce nombre son propre fils; cinq cent quarante mille boisseaux de froment , quinze mille talens, répartis en douze ans, comme un tribut , mais deux mille cinq cents comptant pour les frais de la guerre. On borna aussi sa navigation , le nombre de ses troupes, ses relations avec ses voisins, et ses alliances. Antiochus se soumit à tout, et laissa brûler ses vaisseaux ; il assista au sacrifice qui devoit mettre le sceau au traité. Tel étoit Le rit de cette cérémonie : chaque contras-