‹ Précis de l'histoire universelle ou Tableau historique [microforme]Chapitre 34 sur 38 · IL · texte numérisé non relu

IL

293 L'ASIE Aant frappoit une victime et disoit : « Si je viole » l'engagement, que Jupiter me frappe comme je » frappe cette victime. »

Depuis cetemps #ntiochus erra dansson royaume, passa de ville en ville, comme s’il eût craint , en s'arrétant , de fixer quelque part les vestiges de sa honte. On dit que le but de ses courses fut de ramasser la première somme d'argent qu'il devoit aux Romains. On croit qu'il se cacha derrière le mont Taurus, dans des contrées délicieuses qui s'y trouvent, pour s'abandonner plus librement à toutes sortes de débauches : ressource infâme, et trop ordinaire d’une vieillesse malheureuse. Y fut-il tue ou par scs propres officiers , qu'il avoit un jour maltraités après avoir bu avec excès, ou de la main d'un peuple irrité de voir enlever les trésors de ses temples pour payer les Romains ? c'est ce qu’on ignore. Æntiochus le Grand finit comme ces fleuves qui, après un cours majestueux , s'enfouissent ignominieusement dans les sables.

[2812.—186.] Séleucus Philopator , fils et successeur d'Æntiochus , embarrasse de fournir le tribut promis par son père, passa presque tout son rêgne à chercher de l'argent : aussi est-il appelé dans l'Écriture sainte collecteur. Sous lui arriva l'aventure d’Héliodore , trésorier du roi de Syrie. Envoye par Jui pour prendre des sommes considérables qu'on disoit être dans le temple de Jérusalem , il fut repoussé par une puissance céleste, meurtri de coups de verges

uil avoit reçus, il revint sans argent. « Si vous » avez quelque ennemi, dit-il au roi à son retour ,

viole me je

aume, n s'ar- 10nte.

ser la nains.

, dans abanches :

illesse ciers , avec ilever ains ?

pomme ouis-

t sucribut nc à Écrinture é par n di- Dussé erges vous our ,

5 envoyez-le dans ce lieu, vous êtes sûr de ne plus » le revoir; car celui qui habite dans le ciel s'est dé- » claré lui-même défenseur du temple contre tout » homme qui sera assez téméraire pour vouloir le pro- » faner. » Ce même Æeliodore, châtie pour un sacrilége , ne craignit pas de s'exposer de nouveau à la vengeance céleste pour un meurtre, Il empoisonna Séleucus, dans le dessein d'usurper la couronne. Peut-étre auroit-il réussi à la mettre sur sa tête , sans l'arrivée d'Æntiochus , frère du roi défunt.

[2838.— 175. ] Ce princeavuit été donne en otage aux Romains par Æntiochus le Grand, son père. Son frère le redemanda, et renvoya en cchange Démétrius , son fils. Æntiochus apprit en chemin le crime d Héliodore et ses projets. Il fut aussi instruit qu'il auroit un concurrent dans Ptolémée, roi d'Égypte, neveu du feu roi. Heureusement, Ewmène, roi de Pergame, lui fournit une armée , le conduisit luimême en Asie, et le plaça sur le trône, quoique, selon la loi de la succession , il dût être réservé à Demétrius,

Les historiens font de cet Æntiochus un portrait bizarre, Il aimoit , dit-on, à courir les rues d Antioche avec deux ou trois domestiques , passoit des jours entiers dans les boutiques des graveurs et des orfèvres à s'entretenir de leur métier, qu'il prétendoit savoir mieux qu'eux. S'il rencontroit des gens du peuple attroupés , il se’méloit de la conversation, buvoit avec les derniers de ses sujets, se mettoit des parties: de plaisir des jeunes gens, dansuit, chantoit sans au-

cun égard pour sa dignité. Voilà des fautes contre Iz bienseance; voici des ridicules. On le voyoit quelquefois vêtu à la romaine courir de maison en maison, comme il se pratiquoit à Rome aux comices. Il pressoit les citoyens de lui donner leurs suffrages, presentoit Ja main à l’un, embrassoit l'autre ; briguoit tantôt la place d’édile , tantôt celle de tribun. Selon la magistrature qu'il avoit obtenue, il jugeoit des causes minutieuses et peu stantes. Il ainoit le vin et la bonne chère jusqu'à la déhauche, et quand il étoit ivre, il jetoit ou de l'argent à pleines mains , ou des pierres dont il faisoit auparavant provision. C'est ce prince qu'on a nommé £piphane, l’illustre, et qui auroit été micux appelé Æpimane, l'insensé. Cependant , comme tout s'allie dans certaines têtes, on doit avouer qu’ Æntiochus sut mêler quelques grandes qualités à ces petitesses.

… Quatre expéditions qu’il entreprit contre l'Égypte furent préparées avec adresse, conduites avec valeur et habileté. Il envoya des espions , sous le titre d’ambassadeurs , examiner de près les forces du royaume, l'état des troupes, Le caractère des ministres pendant la minoritc d’un très-jeune roi, et de quelle manière ses aflaires étoicnt conduites. Quand il sit qu'il n'y avoit que négligence , indiscipline, moll::5, , des prétextes qui ne manquent jamais, il entra dans le royaume, prit des villes, gagna des batailles. Le ieune roi, éperdu, se jeta entre ses bras. C’étoit son p “che parent. Il se nommoit Ptolémée Philométor.

finueus le reçut bien, mais l’emmena prisonnier.

s contre lz it quel:jucn méison, es. Il presages, vré- :; briguoit un. Selori ugeoit des oit le vin quand il mains , Ou sion. C'est lustre, et ense. Cetêtes, on s grandes

l'Égypte ec valeur ik d'am- )yaume , pendant manière qu'il n'y s des dans le Îles. Le toit son Dmétor.

onnier,

Tout ce qu'il put tirer de ce royaume opulent, or, argent, vases précieux, il l'emporta. Toutes ces richesses lui servirent à payer le tribut dû aux Romains. En leur envoyant ce qu'il devoit, il eut soin d'ajou= ter quelques-unes des raretés de l'Égypte, pour faire goûter au sénat les raisons qu'il avoit eues de l'attajuer. Je sénat reçut ses présens, mais n'ouvrit pas sou sentiment sur son expédition; de sorte qu’4n= twchus s'enhardit à en faire encore une, qui, grâce au pillage des villes maritimes, ne fut-pas moins lucralive.

Cependant les Égyptiens , n'espérant plus voir re- Jâcher les fers de Ptolémée Philométor, mirent sur le trône son frère cadet, nommé Ptolémée Évergète, ou Physcon, c'est-à-dire gros ventre. Æntiochus profita de cette occasion pour rentrer dans ce royaume. Le conseil du nouveau roi imagina de réclamer la protection des Romains pour un mineur infortuné que son parent persécutoit.

Ces républicains , fiers d’une pareille supplique, ambitionnant déjà le titre de tuteurs dés rois, qu'ils

se donnèrent depuis, envoyèrent des ambassadeurs

pour prendre eonnvissance du différend. La cause fut plaidée solennellement dans le camp d'Æntiochus. Ce prince se détermina à un accommodement; mais il dit que pour certains éclaircissemens, ct pour régler les conditions , il lui manquoit deux hommes : deux hommes qu ctoient alors très-éloignés, et qui ne pouvoient arriver de long-temps. Les arbitres lui firent honte de la défaite qu'il employoit ; alors il dit :

Do és

« Laissons les discours : l'Égypte appartient à Pto- » lémée Philométor, l'aîné des deux frères; qu'on » le rappelle, qu'on le remette sur le trône, et la » guerre sera terminée. »

IL esperoit que les deux frères ne voudroient pas s’accommoder, qu'ils se brouilleroient , qu'il seroit rappelé par l'un ou par l'autre , et qu'il profteroit de cette nouvelle circonstance pour les perdre tous deux. En effet, la discorde s'éleva entre eux ; mais le germe en fut étouffé par Cléopätre , leur sœur. Elle les fit consentir à tenir ensemble le timon du gouvernement. Cette union causa une grande joic aux Égyptiens, et un vif dépit à Æntiochus. Il se hâta de venir ou la troubler ou la combattre. Mais il trouva encore en son chemin les anciens arbitres. Jamais la majesté romaine ne brilla de plus d’eclat. Trois ambassadeurs arrivent avec un simple cortège, sans flotte, sans armée. Popilius etoit à leur tête. Antiochüs Y'avoit connu dans le temps qu'il étoit en otage à Rome. Il s’avance et lui présente la main : « Je ne me préterai à ce signe d'amitié , lui dit le » Romain , que lorsque vous aurez lu le décret du » sénat. » Ce décret lui défendoit la guerre. Æntiochus le lit sans émotion apparente, et dit qu'il rendra réponse quand il aura consulté son conseil. Popilius tenoit une baguette à la main, il trace autour du roi un cercle sur le sable , et lui dit : « Vous ne » sortirez pas de ce cercle que vous n'ayez déclare » si vous acceptez ou si vous refusez les propositions » contenues dans le décret. J'espère que vous res-

ient à Pto-

éres; qu'on rône , et la

droient pas qu'il seroit | profteroit perdre tous eux ; mais leur sœur.

> timon du erande joie chus. Il se ittre. Mais is arbitres.

us d'éclat.

le cortege, | leur téte.

x'il étoit en la main :

| lui dit le : décret du e. Antioqu il rennseil. Poace autour « Vous ne rez déclare opositions VOUS res=

» pecterez les ordres du sénat et du peuple ro- » main. » |

Ils furent respectés, et même avec des circonstances qui tenoient de la bassesse. {ntiochus envoya à Rome des ambassadeurs chargés de faire à la république un humble hommage de son obéissance.

« L'Égypte , dirent-ils en son nom, étoit prête à me » reconnoître pour son souverain. Vous l'avez de- » fendu ; j'ai obéi à vos ordres, comme à ceux desdieux » immortels. » Popilius et les autres ambassadeurs furent par lui conduits en pompe dans ses états d'Asie. Il leur fit tous les honneurs qu’une basse flatterie peut imaginer. Partout où ils paroissoïent , ils étoient les seuls souverains. Ii leur cédoit ses palais, et ne se permettoit pas d'y loger avee eux.

On se défie ordinairement , et avec raison, des déférences excessives. Les Romains apprirent qu’. {ntiochus faisoit des armemens. Tibérius Gracchus, envoyé par le sénat pour visiter les rois, les républiques, et les villes libres de la Grèce, crut devoir aller à Antioche examiner de près la conduite d’un prince dont la puissance pouvoit devenir redoutable. Le roi de Syrie, de son côté, crut devoir amuser les Romains par des fêtes. C'étoit peu connoître le sévère Gracchus. Antiochus fit venir les plus célèbres acteurs , les meilleurs ouvriers de l'Europe et de l'Asie, invita une foule innombrable , donna des spectacles et des repas ; mais ce qui le déshonora aux yeux des hom-

mes les moins délicats, il prit lui-même un rôle dans un divatissement , flatté de faire rire le peuple par

des bouffonncries et des indécences qui révoltoient la pudeur, L’ambassadeur, dans tous les momens, paroissoit l'objet de son culte et de son adoration. Il ne savoit comment lui prouver son extrême dévouement, Il alla jusqu'à lui offrir son diadème. Gracchus le refusa avec dédain. De retour à Rome, il dit qu'après ce qu'il avoit vu il pouvoit assurer qu'on n'avoit rien à craindre du roi de Syrie.

Les principaux ornemens qui parurent à cette fête, vases d'or et d'argent , tissus précieux, ctoient les dépouilles des Juifs. Æntiochus vendoit au plus offrant la dignité de grand-prêtre, à laquelle la souveraine puissance étoit jointe. L'acquéreur reprenoit sur le peuple l’argent qu'il avoit avancé. Le schisme, cause inévitable de ruines, amena des dissensions , des guerres auxquelles Æntiochus prit part pour soutenir ceux qui achetoient sa protection. Il s'enflamma du zèle des schismatiques, de ce zèle meurtrier et destructeur , qui voit avec plaisir souiller les objets de sa venération , pourvu que ses adversaires en frémissent de dépit. Il prit Jérusalem ; fit passer quarante mille hommes au fil de l'épée, en vendit quarante mille autres comme esclaves. Introduit par le faux grand- prêtre Ménélas , il pénctra dans le sanctuaire, appelé le Saint des Saints , lieu interdit à tous les mortels, fit immoler sur l'autel des holocaustes. une truie , animal en horreur aux Juifs ; de l’eau dans laquelle on l'avoit fait bouillir il fit arroser le temple , afin de le rendre impur , en enleva tont , autel des parfums, table des pains de

voltoient la omens, paration. Il ne évouement,

racchus le dit qu'après n avoit rien

nt à cette X, Ctoient oit au plus

Île la sour reprenoit e schisme, ssensions , Part pour . Il s’enèle meur- Ouiller les dversaires fit passer en vendit Introduit pénétra nts , lieu ir l'autel reur aux : bouillir pur, en pains de

proposition, chandelier à sept branches, et pour comble de maux , le vainqueur établit gouverneur un phryzien nommé Philippe, tyran persécuteur et féroce. | Les violences exercées contre les Juifs les forcèrent

à prendre les armes. Les Machabées se mirent à leur têle et remportèrent de grands avantages sur Lysras, bon general, qui jouissoit de la confiance d'Æntiochus. Ce prince l'avoit envoyé en Judée avec une armée qu'il croyoit suffisante pour soumettre les révoltés ; mais il fut vaincu. À cette nouvelle, Æntiochus entre dans une colère furieuse, jure d’exterminer jusqu’au dernier homme de cette nat‘on rebelle et opiniâtre, et d'ancantir le culte du dieu qu’elle adore. 11 marchoit avec précipitation , ou plutôt il couroit pour exécuter son dessein , lorsqu'il se sent frappé d'une vive douleur dans les entrailles. La violence des tourmens ne ralentit pas son ardeur. Il fait hâter ses chevaux. La rapidité du mouvement le précipite de son char. Ses chairs meurtries par la chute tombent en lambeaux. Il en sort des vers et une Odeur infecte qui le rend insupportable à luimême, En proie aux douleurs les plus cuisantes , il reconnoît le doigt de Dieu, promet , si la sante lui est rendue , de réparer les désastres qu’il a causés aux Juifs, de faire reporter les vases sacrés dans le temple, d'embrasser même la loi des circoncis. Repentie inutile ! le scélérat , comme l'appelle l'Écriture , le scclérat meurt, modèle d'impiété audacieuse et de repentir tardif.

[ 2836. — 162. ] Antiochus laissa un fils cn bas âge, nomme Antiochus Eupator. Mais il avoit aussi un neveu, nommé Démétrius, qui ctoiten otage à Rome. Ce jeune prince, apprenant la mort de son oncle, demanda la permission d'aller recueillir la succession de son père Séleucus , dont Antiochus s'étoit emparé, lorsque le neveu fut échangé contre l'oncle. Il proposoit que son cousin Æupator vint

prendre sa place d’otage pendant qu'il iroit occuper le trône, qu’AÆntiochus laissoit vacant par sa mort, La demande du jeune prince étoit juste : il l'exposa en plein sénat; mais les pères conscrits considerèrent qu'il étoit plus avantageux à la république de maintenir l'Asie sous la puissance d'un mineur que de la mettre sous la main d'un jeune prince , vif, ardent, qui connoitroit ses forces, et pourroit étre tenté de les employer, Is refusèrent Démétrius , déclarèrent qu'ils prenoient £upator sous leur protection , et qu'ils seroient ses tuteurs. [ls nommèrent trois hommes de grande expérience pour remplir cet emploi. Le sénat ne borna pas sa politique à maintenir sur le trône un enfant ; on recommanda aux tuteurs de gouverner le royaume de la manière la plus propre à l’affoiblir , de brûler tous les vaisseaux , et de faire couper les jarrets aux eléphans. Octavius , le premicr des trois tuteurs , partit sur-le-champ , et prit

son chemin par la Cappadoce.

Arrivé dans ce pays, Æriarathe , qui y régnoit, fut très-étonn“ de voir le Romain sans troupes, sans gardes, sans précaution, prêt à s’enfoncer dans l'Asie

un fils en ais il avoit

A ntiochus ngé contre pator vint Dit occuper Tr Sa mort, ‘exposa en sidérèrent de mainque de la » ardent, e tente de éclarèrent Cction , et ‘ois hom- L emploi, tenir sur dteurs de Propre à de faire le pre- » €t prit

LE

regnoit, es, sans is l'Asie

pour aller prendre le gouvernement d’un peuple qui

ne l'avoit pas appelé, surtout sachant que le jeune

monarque ayoit déjà un tuteurnommé Lysias, homme

habile, rusé, peu scrupuleux, et qu'on ne trouve-

roit certainement pas dispose à se laisser enlever son

emploi. 4riarathe offroit à Octavius de l'accompagner à la tête d’une armee, de lui en laisser à lui-

même le commandement ; il le pressa d'accepter du moins une escorte. Mais quelle escorte, au jugement du fier républicain, valoit le nom de Rome ? Il refuse et il entre dans la Syrie, sans autre suite que telle qui l'avait accompagne dans l'Italie. Sans daigner sculement faire avertir le régent de son arrivée, il va droit à Laodicée , fait brûler les vaisseaux en sa présence , et mettre les éléphans hors d'état de servir. Un procédé si impérieux indigne le peuple ; un assassin envoyé par Lysias profite de l'occasion, et tue Octavius. Sa conduite étoit imprudente, mais on a besoin d’enthousiastes dans les republiques. Sa mémoire fut honorée dans Rome, et l'on plaça sa slatue parmi celles des grands hommes qui avoient versé leur sang pour la patrie.

Démétrius crut que ce meurtre irriteroit le sénat, et qu'il en obtiendroit facilement la permission d'aller detrôner le pupille de Lysias, qu'on savoit être l'auteur de l'assassinat. Il la demanda une seconde fois, contre le sentiment de Polybe l'historien, un des plus grands politiques de son temps. Il disoit au prince : « Croyez-moi, rompez vos fers, et vous se- » rez roi. » Polybe l'avoit prévu, Démétréus fut re-

fusé. Il prit alors des mesures pour s'échapper. La veille de son départ, il donna un grand festin à des jeunes gens, sa compagnie ordinaire : c’etoit une espèce d'adieu qu’il vouloit leur faire sans leur dire son secret. Polybe, craignant que le jeune prince ne se laissât entraîner au plaisir, pour lequel il avoit un penchant très-vif, el ne perdit l’occasion d'exécuter son dessein, lui envoiè une lettre; quand elle seroit tombée en main ennemie, elle ne pouvoit compromettre son auteur. Démétrius en saisit le sens, feint d'être malade, quitte le repas et part. Arrivé en lieu de sûreté, il écrit au scnat des excuses, des remercimens et des promesses. Le sénat joue l'indifférence, et laisse les rivaux se débattre. Le combat ne fut pas long. A l’aide du bruit que Démétrius fit répandre, qu'il venoit envoyé par les Romains, le peuple se tourna de son côté, et se délit de Lysias, ainsi que de son jeune pupille. Le sénat les laissa massacrer, et Démétrius monté sur le trône, les Romains le reconnurent pour roi.

On remarque dans la vie de Démétrius Soter qu'il favorisa une imposture, et qu'il fut victime d’une imposture. #riarathe, roi de Cappadoce, avoit épousé Antiochis , fille d Antiochus le Grand. Cette princesse, à peine sortie de l'enfance quand elle se maria, passa plusieurs années sans avoir d'enfant. Elle se crut stérile. Craignant que ce défaut ne lui fît perdre l'amour de son mari et de ses sujets , elle fcignit deux fois d'être enceinte, et eut l’adresse de donner au roi deux fils supposés; mais elle devint

échapper. La

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recllement enceinte, et mit au monde successivement

deux fil'es et un fils. Elle déclara alors et pe : son époux la supposition des deux autres. Le roi | ns fit conduire hors de son royaume avec uné pe suffisante. L'aîne, nomme 4riarathe, alla à . Sans taleus et sans courage, il s embarrassa peu | ; son infortune; le second, nommé pee bé ac :

et entreprenant, y fut plus sensible. On ss Jonie, avec défense de mettre le pied en Capp à : À la mort d'A#riarathe, Le vrai fils, nommé . Ariarathe ; succéda sans difficulté à son que) métrius lui offrit Laodice sa sœur en mariage. | e etoit veuve de Persée, ce roi ere \uwilie par les Romains. Cette alliance æ Sn roi de Cappadoce. Il s'en defendit : son re u fr qua le roi de Syrie. Il écouta les Due q : ; moit Aolopherne , les encouragea et le plaça 2. trône de Cappadoce. Ariarathe rs ee ronnc. Æolopherne trouva un asile à la cou bienfaiteur. Démeétrius, degage de tout soin, me + dans des réduits obscurs une vie dissolue, que : attiroit le mépris de son peuple. nas a | quant ces dispositions, conçut le dessein de ne sur le trône de Syrie, déshonore par un Au avili. Il forma une conjuration, qu’4 ltale , oi de ER et Ptolémée, voi d'Égypte, devoient seconder. a fut découverte, et Démétrius échappa pe ce :

fois au danger. où l'avoit jetc sa declaration = ie | d'un imposteur Mais il se préparoit un autr Ps qu'il n'évita pas,

Les deux rois de Pergame et d'Égypte restèrent ses ennemis. À eux se joignoit naturellement celui de Cappadoce. Pendant qu'ils cherchoient ardemment les moyens de lui susciter des embarras, un homme se présente qui avoit à venger la mort d'un frère et son propre exil. Il se nommoit Héraclide. Timareque, son frère, étoit gouverneur de BabyJone quand Démétrius monta sur le trône, et lui trésorier de la province; tous deux fort considérés d’Æntiochus Ê piphane, et par conséquent attachés à Æupator, son jeuñe fils. Que ce fût par acharnement ou par malversation reprochée par le peuple, Démétrius fit trancher la tête au gouverneur, et bannit le tresorier. Celui-ci se retira à Rhodes. Comme il avoit su les secrets de la cour de Syrie, qu’il en connoissoit les manières et les usages, il cherche un jeune homme propre par l'esprit et la figure ‘au rôle qu'il vouloit lui faire jouer, le trouve dans un nommé Bala, le forme, l'instruit, et lui fait prendre le nom d'Alexandre. On gagne Laodice, fille véritable d'Epiphane : elle le reconnoît pour son frère. Sûr ‘de l'appui des trois rois confidens et instigateurs du projot, Héraclide mène son disciple à Rome et le présente au sénat.

Quelles comédies jouent souvent les hommes les plus graves! Comme ils se plaisent à s'en laisser imposer! Héraclide rappelle aux pères conscrits leur alliance avec Æntiochus, leurs soupçons contre Demétrius, leur répugnance à lui ouvrir le chemin du trône, « Vous ignoriez cependant qu'Æntiochus Epi-

rent ses celui de emment homme frère et Timare e quand er de la biochus upator, ou par trius fit e treso- AvOIt su noissoit

éritable re. Sûr

» phane eût laissé d'autre enfant qu'Eupator, qui a » cté cruellement assassiné, et que cet enfant vécût » encore. » Puis se tournant vers Ba/a : « Ne crai- » gnez donc point de paroître, dit-il, illustre des- » cendant d'un des premiers rois de Syrie. Je vous ai » tiré de la misère où vous étiez ensevcli pour vous » conduire au pied du plus puissant et du plus équi- » table des tribunaux. Parlez vous-même, soyez per- » suadé qu’une cause aussi juste que la vôtre ne peut » qu'être approuvée et soutenue par l'auguste assem- » blée qui nous écoute. » La harangue de Bala roula en peu de mots sur l’ancien attachement du père, la reconnoissance future du fils, et l'union imaltérable qui s’établiroit entre Rome et la Syrie. Quoique le sénat eût jouc l'indifférence sur l'invasion de Démétrius , il en avoit conservé un dépit sccret ; il éloit d'ailleurs intéressant pour la république que les pays éloigrés eussent toujours quelque germe de discorde qui fît réclamer son secours. Ainsi , au grand étonnement de toute la ville, convaincue de limposture de Bala , le sénat donna un décret en ces termes : « Le sénat et le peuple, romain ayant oui la » la demande d'Ælexandre et de Laodice, enfans » d'Antiochus p'phane, roi de Syrie, l'ami et l'al- » lié de la république, permettent au fils de faire » valoir les droits que lui donne sa naissance , ct » nous recommandons à nos alliés de l'aider dans » cette entreprise. » Cette dernière clause autorisa Bala à rassembler des troupes, et suscita tout d’un coup à Démétrius une multitude d'ennemis, entre

31a L'ASIE

autres Jonathas , chefs des Juifs, alliés des Romains, dont la prudence et la valeur furent d'un très-grand poids dans la balance des forces. Dérmétrius , trop convaincu de la supcrivrité de son rival , envoie ses deux fils, Démétrius et Antiochus , en sûreté chez un ami, habitant de Gnide, ville de Carie, et se

détermine à livrer une bataille décisive. Son aile gauche enfonce les troupes opposées ct s'abandonne malheureusement à la poursuite. Le prince soutient long-temps le choc du centre et de l'autre aile de l'ennemi , espérant voir revenir la sienne. A la fin il commande la retraite, et reste des derniers à la couvrir. Son cheval tombe dans une fondrière ; ses soldats l'abandonnent au moment que les ennemis l’entouroient ; il combat seul-à pied contre la foule qui l'environne , et tombe percé de flèches sur un monceau de cadavres.

[2845.— 153.] Le roi d'Égypte ne pouvoit ignorer l'imposture de Bala; cependant il lui donne Cléopätre, sa fille, en mariage. Un sceptre à mettre dans sa famille est bon, quelle que soit la main qui le porte. La prospérité développa le caractère vicieux du nouveau roi. Il se plongea dans la débauche , et laissa les rênes du gouvernement entre les mains d’un favori nommé Æmmonius , homme féroce et ombrageux.

Les principales victimes du monarque et du ministre furent Laodice, sœur de Démétrius, et Antigone, un des fils de ce prince, qui éloit resté en Syrie dans le temps que lés deux autres furent conduits à Gnidle. D'autres violences exercées sur toules sortes de per-

sonnes trius ; retrait bôte, entra & la pro de la :

parti.

tenant secours Ce cours sous se phète a la mer lui ret echang ton di cté la très-fu hardis trouvè n'éprot bataill ler. Le d'un À il fut t Les difficul venoit

mains, grand s trop Die ses é chez

et se n aile donne utient ile de fin il À COUs soll’enle qui mon

pet-

sonnes, rendirent le gouvernement odieux. Démétrius , Vaîné des enfans fugitifs, apprend dans sa retraite le mécontentement du peuple. Lasthène , son hôte, lui procure quelques compagnies de Cretois ; il entra avec ceux dans la Cilicie. Sa troupe se grossit ; la province se rend à lui. Æpollonius , gouverneur de la Phénicie et de la Célesyrie, embrasse son parti. Cet homme lui rendit un grand service en contenant Jonathas, chef des Juifs, qui accouroit an secours d'{lexandre Bala.

Ce prince , se trouvant pressé, appela à son secours Ptolémée , son beau-père , qui arrive traînant sous ses drapeaux une foule innombrable que le prophète compare à la multitude des grains de sable de la mer. On cioïrvoit qu'il va protéger Bala ; mais il lui retira sa fille, et la donne à Démétrius. Cct échange fut, dit-on, le châtiment d'une conspiration du gendre contre son beau-père. Quelle qu'ait cté la cause de cet événement, les suites en furent très-funestes à Bula. Les habitans d’Antioche, enhardis , déchirèrent Âmmonius , son ministre , qu'ils trouvèrent caché sous un habit de femme. Le roi néprouva pas un sort plus heureux. Il perdit une bataille décisive , et s'enfuit aussi loin qu'il put aller. Le malheureux crut trouver un asile sous la tente d'un Arabe, nation ordinairement hospitalière ; mais il fut tué.

Les habitans d'Antioche ne reconnurent point sans difficulté Démétrius Nicanor, que le roi d'Égypte venoit de placer sur le trône. [ls craignoient de trou-

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