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» d'entre eux, ne pleure pas sur moi, je n'ai pas » mérité le supplice qu'on veut me faire subir. Je » suis plus heureux que ceux qui m'ont condamne. » Il reçut la mort avec une fermeté digne du rang qu'il avoit occupé.
Ampharès, un des traîtres qui l’avoient arréte , présidoit à l'exécution. Quand elle fut faite, en sortant du cachot, il rencontre 4rgésistrate , mère d'4gis, qui se jette à ses genoux. Il la relève. « Votre » fils, lui dit-il, n’a à craindre aucun mauvais trai- » tement, vous pouvez le voir. » Elle demande pour Archidamie sa mère la même permission , qui lui est accordce. Elle entre la première dans le cachot ; 4mpharès fait fermer la porte; les ordres ctoient donnés , elle est étranglée. Quandil juge l'exécution faite, le monstre fait entrer sa mère, elle voit Ægis étendu à terre sans vie et sa fille suspendue au plancher. Après le premier instant de la douleur , elle aide ellemême aux exécuteurs à détacher sa fille, l'étend doucement auprès du corps de son fils, la couvre d'un linge , et se jetant ensuite sur le corps de son fils, elle le baisa tendrement, en disant : « O mon fils, » c'est l'excès de ta bonté qui t'a perdu et qui nous » a perdus avec toi! » Æmpharès, qui écoutoit à la porte, entre furieux : « Puisque vous approuvez les
» actions de votre fils, lui dit-il, vous en parta- » gerez la recompense. » Il ordonne qu'on l’étrangle. « Veuillent les dieux, dit-elle, que ceci soit utile à » Sparte ! »Elle présente le cou au bourreau et meurt.»
Léonidas en vouloit encore plus à Cléombrote.,
son gendre , et il auroit eu peine à échapper à sa core, sans Chélonide. On a vu qu’elle avoit courageusement partage la disgrâce.et l'exil de Léonidus. Elle se présente à ce père irrité en habits de deuil et en posture de suppliante, tenant scs deux enfans dans ses bras. Voici son discours, trop beau pour n'être pas conservé. « Ces vêtemens lugubres sont les restes » du deuil qüe j'ai pris quand vous avez quitté Spaite; » maintenant que vous étes rendu à Ja patrie et re- » monté sur le trône, faut-il que je continue à vivre » dans les larmes, ou faut-il que je prenne des robes » magnifiques lorsque je vois le mari que vous m'a- » vez donne près d’être égorsé dans mes bras par vos » propres mains ? Si Cléombrote ne peut vous fléchir » par les larmes de sa femme et celles de ses enfans, » il sera plus puni quil ne mérite lorsqu'il verra mou- » rir avant lui une épouse qui lui fut si chère ? Et » comment pourrois-je me résoudre à vivre et à me “» trouver parmi les autres femmes de Sparte, moi ‘» qui n'aurai pu toucher par mes prières ni mon » mari pour mon père, ni mon père pour mon mari ? .» Malheureuse! je suis née pour souffrir également » comme femme et comme fille de la part de'ceux à ‘» qui je suis unie par les liens les plus forts. Quant » à Cléombrote, j'ai assez bläme sa conduite quand » je l'ai abandonné pour vous suivre ; mais à pre- » sent vous le justifierez vous-mêmes en montrant » à l'univers que le désir de régner autorise le meur- » tre d'un gendre, et rend insensible aux prières et » aux larmes d'une fille. » Elle obtint sa grâce ;
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mais commie elle avoit refusé de partager le trône de son mari pour suivre son père en exil , de même, au lieu de jouir de la fortune de son père, elle s'attacha au malheur de son mari et Le suivit dans son bannissement. Cette tragédie finit par un mariage. 4#rchidamas, frère d'Agis , fut oblige de fuir. IL laissa sa femme qui venoit d’accoucher. C'eétoit comme une riche héritière, Léonidas la force d'epouser Cléomène, son fils. Son Âge et ses charmes lui donnérent
un grand ascendant sur ce jeune époux. Elle lui in-
spira sur le gouvernement ses sentimens , qui etoient bien différens de ceux de Zéontdas , sou père. Quant au perfide Zgésilas, véritable cause de tous ces meurtres, on ne sait ce qu'il devint. Il traïua apparemment une vietrop méprisable pour que l'histoire en fasse mention.
[2783.—215.]Après la moït de Zéonidas, Cléomère, son fils, monta sur le trône avec toutes les vertus des anciens Spartiates, et le désir de les faire revivre. Son règne commença par des victoires qui le firent redouter des éphores. Ils appréhendoiïent que l'éclat de ses succès ne lui donnât trop de crédit auprès du peuple. Cléomène pensoit en cfiet qu'une guerre qui nécessiteroit la levée d’une armée étoit le vrai moyen de faire réussir son projet. À force d'argent il engagea les éphores à recommencer la guetre et à lui confier le commandement des troupes. Cratesiclée, sa mère, veuve de Léon'das, bien éloignée des opinions de son mari, appuyoit le partage des terres, Elle se remaria atin de fortifier le-parti de sûn
fils de quelques-uns des principaux de Sparte ; elle % s'engas à de céder ses biens en cas qu'un nouveau partage eût lieu, et fit promettre la même chose à son époux.
Cléomène mena à la guerre ceux qui lui ctoientle # plus suspects, et se signala par des exploits dignes d'un prince laccdémonien. Près de revenir, il fatigua son armée par des marches et des contre-marches, de sorte que plusieurs demandérent à rester dans les lieux conquis par sa valeur. Il ne prit donc avec lui que ceux qui convenoient à ses desseins. Arrive près de Sparte, il se fit précéder par une troupe sûre qui devoit le débarrasser des éphores, dont il avoit déjà éprouve, et dont il craignoit la résistance. De cinq, on en tua quatre, le cinquième se sauva, et on ne s’en embarrassa plus.
Le lendemain Cléomène paroït dans la place publique. Il avoit fait ôter les sièges des éphores, et n’en ‘avoit fait laisser qu'un, qu'il occupa. Après avoir rendu compte au peuple de ses vues et de sa conduite, il “proteste que c'est malgré lui qu'il s’est servi de moyens “violens, et qu’il ne s’en permettra plus qu’un seul qui est l'exil des quatre-vingts citoyens , dont il fait affcher les noms. Il fut ensuite le premier à mettre ses biens en commun. Ses amis et son beau-père l'imitirent. Dans le partage, il assigna une portion à
-chacun de ceux qu’il avoit bannis , et promit de les rappeler lorsque les circonstances le permettroient, Il “nomma son frère Euclidas roi avec lui, ce qui plut beaucoup au peuple, qui craigunoit qu'il ne voulût seul
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eccuper le trône. Les autres lois de ZLycuroue , surtout par rapport à l'éducation des enfans , furent rétablies ; et pour soutenir ces changemens, il leva un corps de troupes considérable qu'il disciplina et qu'il arma d'une manière nouvelle. Il donna aussi , quant au luxe, l'exemple de ce qu’il prescrivoit. On ne trouvoit chez eux ni habits ni ameublemens précieux ; tout y respiroit l’ancienne austérite ; elle ne bannissoit cependant pas la gaîté et l’affabilité qui lui étoient naturelles. On remarque qu'ami de la liberté jusqu’à sa table, il ne vouloit pas que des invitations trop pressantes en génassent les plaisirs.
Malheureusement il s'éleva-une rivalite entre Cléomène et Aratus, chef des Achéens. Malgré les efforts et l’habileté du roi des Lacédémoniens, afloiblis par des guerres antérieures, ceux-ci furent vaincus. Cl40mène , pressé par l'ennemi , eut recours à Ptolémée, roi d'Égypte, qui lui promit du secours, pourvu qu'il Jui envoyât sa mère et ses enfans en otage. Cette demande embarrassa cruellement Cléomène. I lus d'une
fois il fut près d'en parler à sa mère, mais il avoit
peine à s’y résoudre. Quand enfin il lui eut déclare la chose, elle se mit à rire. « Quoi ! dit-elle, c'est donc là
‘» ce que vous n'osez me découvrir! Eh que ne me
» jetez-vous au plus tôt dans quelque vaisseau, pour » m'envoyer partout où vous croirez que mon corps » pourra étre utile à Sparte, avant que la mort
-» vienne le détruire ? » Quand Cratésiclée fut sur le
point de s’embarquer , elle tira son fils à part et le mena seul dans le temple de Neptune, où elle lem-
4o LACÉDÉMONIENS.
brassa , le baigna de ses larmes; mais voyant couler celles de son fils, elle lui dit : « Allons, roi de Lace- » demone, essuyons nos larmes, afin qu’en sortant » de ce temple personne ne nous voie pleurer ni » rien faire qui soit indigne de notre patrie. Nous ne » sommes maîtres que de nos actions; mais les éve- » nemens sont entre les mains des dieux. ». Arrivée en Égypte, elle lui écrivit : « Roi de Sparte, faites » hardiment ce qui vous paroîtra utile ou glorieux
‘» pour la patrie, et qu'une vieille femme et un en-
» fant ne vous fassent pas craindre Ptolémée. » Ce sont là les derniers élans de la magnanimité lacedémonienné. Cléomène , battu par les Maccdoniens à Ja journée de Sélasie , fut obligé d'abandonner Sparte et de se réfugier en Égypte, où il périt misérablement, ainsi que nous l'avons déjà raconte dans l'histoire des
Ptolémée, rois d'Égypte. Ptolémée-Philopator fit
mettre son cadavre en croix aux yeux de sa mère, ‘qu'on massacra avec lé reste de sa famille.
La fuite de Cléomène avoit livre Sparte et la La-
‘conie au pouvoir des Macédoniens. Ils se contenitèrent
de les tenir dans une espèce de sujetion; mais: ils leur laisstrent élire des rois, qui furent Ægés'pulis, fils de Cléombrote, et Lycurgue, qui n'étoit pas de la famille royale, et qu’une somme donnée à chaque éphore fit reconnoître. Il chassa Ægésrpolis , et luimême, menacé par d’autres éphores, fut contraint de fuir. 11 laissa le trône à Machanidas, qui ancantu la puisance des ephores ; et fut tué en : combattant contre les Achéeus.
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[4803.— 195.] Après sa mort, Sparte gémit sous la puissance de Nabis , qu'on regarde comme le plus odieux des tyrans. On ignore comment il parvint au trône; mais on sait que, parvenu à la puissance suprême, il se montra ennemi de tous ceux qui se distin= guoient par leur naissance , leur mérite ou leur courage, massacrant les uns, bannissant les autres pour les faire ensuite plus aisément assassiner. Ilinventa une machine qui représenteit une femme vêtue d'habits magnifiques, Chaque fois qu'il vouloit extorquer de l'argent et qu'on refusoit de lui en donner, il faisoit avancer la machine, qui, toute garnie de pointes de fer, emb:assoit le malheureux et le forçoit d'accorder au tyran ce qu'il exigeoit. Sous son gouvernenicnt, tout cruel qu'il étoit, Sparte reprit quelque splendeur ; ses succès forcèrent les Achcens à appeler les Romains à leur secours. 7. Quintius vint comme arbitre. Son arrivée en Grèce, sa marche contre Lacédémone inquietèrent Vabis. Il craignoit les ennemis qu'il avoit dans Sparte. Pour prévenir leur soulèvement à l'approche du général romain , il assemble les citoyens hors de la ville, les fait environner par des troupes , et dans un discours étudie il leur rappelle K. peines qu'il a déjà prises en plusieurs occasions pour sauver Sparte; qu’il est toujours dans la même disposition de s'exposer pour eux à tous les périls : « mais je me » vois force , ajoute-t-il , d'exiger une chose aussi né- » cessaire à votre sûretc qu'à la mienne, Il y en a » parmi vous dont la conduite m'est suspecte : j'ai » dessein de les faire mettre en prison jusqu’à ceque, le
-» danger étant passé, j'aie le plaisir de leur rendre [a » liberté. » La multitude étonnée reste immobile, Ses satellites saisirent quatre-vingts citoyens distingués -par leur réputation de gens d’honneur , et la nuit suivante le monstre les fit égorger dans la prison. Il fit -aussi fouetter jusqu'au sang et mettre à mort beaucoup d :lotes dont il se défioit.
Le général romain , selon la politique de sa nation, obtint contre le tyran assez de succès pour l'humilier ; mais il ne voulut pas le détruire, de peur que les autres parties de la Grèce, débarrassées de Vabis, ne devinssent plus difficiles à subjuguer. IL se forma contre le tyran de Lacédémone une grande ligue, dont les Étoliens étoient les chefs. Malgré tant de forces réunies, on ne vint cependant à bout de Vabis que par une surprise. Après sa mort, les Spartiates en+
couragés par Philopémen, général des Étoliens , … reprirent leur liberté et se joignirent à la ligue à de achéenne. L P' On attribue l'esclavage des Lacédémoniens sous | ci des derniers tyrans à trois causes : 1°. la corruption G des mœurs, qui est toujours le premier pas verslaser- ‘à fi . vitude; 2°. la prescription des gens les plus-distingus ë ÿ par leurs richesses, leur mérite et leur autorité, for- 4 cés d'abandonner leur patrie ; 3°. la patience des gens 4 4 d'un caractère bon et doux, qui dans le malheur se L ” -nourrissoient d'espérance et se croyoient libres tant , d que la république , asservie par ses énfans, ne plioit 4 pas sous un joug étranger. Ainsi disparut d'entre les #4 © puissances celle de Lacédémone , qui avoit tenu ur à k
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r rendre [a nobile. Ses distingués a nuit suiison., Il fit nort beau-
sa nation, l'humilier ; ur que les Nabis, ne |se forma
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niens sous corruption vers la sers-distingucs orité, force des gens malheur se libres tant , he plioit d'entre les t tenu un
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rang si distingué. Elle n'eut même pas l'honneur de figurer avec les républiques ‘recques que la ligue achéenne soutint quelque temps contre les Romains, et il ne reste plus de Sparte que le nom. On nomme
a nouvelle ville qui remplace l'ancienne Misithra.