‹ Précis de la déclinaison latineChapitre 102 sur 289 · ACCUSATIF SINGULIER DES PRONOMS PERSONNELS · texte numérisé non relu

ACCUSATIF SINGULIER DES PRONOMS PERSONNELS

123. Les trois pronoms personnels ont pour accusatife niè, té, se, qui, s'ils n'avaient une voyelle longue comme les accu-

1. [Quintilien 9, 4,38 Nam neque Lucilium putat [hiessels.} uH

eadem uUima, cum dicit m Aeserninus fuit n, et h dignus locoque », et Cicero in oratore plures antiquorum tradit sic locutos. Inde « helligerare», « po meridiem », et illa Censori Catonis « diee hanc», aeque m litterain e mollita, Quae inveteribus libins reperta muiare inperiti soient,..

— M. Francis Meunier (Mémoires de la soc. de linguistique de Paris 1 p. 34) repousse l'opinion qui restitue le diee hanc des mss. au lieu de la leçon vulgaire diee hanc; diee est pour dicam. C'est avec raison: nonseulement la comparaison du passage 1, 7, 23, où il est dit que Messala attribue à Gaton le censeur les formes diee ~ dicam et fade = faciam, témoigne d'une manière décisive en faveur de la correction, mais encore la leçon des mss. (9, 4, 38) ne s'explique bien que si l'on admet diee, Quintilien compare la chute d'amollissement) de m après ïe à la chute de s après Vu dans Aeserninus ; in e mollita signifie que le m se fond dans Ve\ et ainsi on peut comprendre le mot aeque, qui autrement est dépourvu de sens. — M. Bûcheler m'écrit au dernier moment qu'il trouve cette démonstration probante. Les mômes idées, ou à peu près, ont été exprimées aussi par MM. Th. Bergk, Beitrœge zur latein, Grammatik p. 153 sq., et Ribbeck, Rheinûches Muséum t. ^B p. 427 sq., sans qu'ils sussent toutefois (jue diee était l'ancienne vulgate. En conséquence M. Bûcheler déclare considérer la forme diee comme écartée.

2, Cicéron, Epist, 9, 22. 2, ad Paetum. [Forcellini donne à landica un i bref sans citer d'autorités, or dicam a ïi long. Ainsi ou bien Forcellini s'est trompé ici, ou il faudrait croire que les Romains ne distinguaient guère lam dicam de lând\cam, M. Bûcheler m'avertit que la quantité landica est démontrée par un vers choliambique des Priapea (78, 5). Elle a été rétablie dans la nouvelle édition de Forcellini. — Tr.]

satifs sanskrits màva et t'oàm, seraient complètement semblables aux accusatif grecs (Aà, xé ou aé, Fé pour aFé.

124. MehBy àpiéYs. — Suivant Quintilien, on trouvait de son temps dans les vieux auteurs, et principalement dans les tragiques, mehe pour me ^ . Quintilien faisait-il une confusion entre me et le datif, qui avait été mihe et probablement aussi, à une époque encore plus reculée, mehe comme en ombrien^? Ou bien la forme m^ke n était-elle autre que la forme ordinaire rtie renforcée par une particule, de même que le grec è(ii|6 et le gothique inik^ et dans cette particule la lettre h provenaitelle d'un gh primitif? Quoi qu'il en soit^ nous ne connaissons plus de l'accusatif mehe un seul exemple : Pacuvius a écrit non pas quidi quod etiam mehe pigét, etc., mais quondam (et mihi!) \ pigét patemum nômen, m^ztemûm pudet \ profdri ^.

125. Med ted sed. — On écrivit aussi les accusatife des pronoms personnels avec un d terminal, et cela jusque vers la fin du sixième siècle de Rome. La cista de Ficoroni porte Novios Planiios med Romai fecid '*. Les anciens grammairiens attestent en termes exprès l'existence des accusatifs en d : Charisius et Diomède mentionnent par exemple celui qui se trouve dans le premier vers du Curculio de Plaute : quo téd hoc noctis dicam proficisci foras ; et souvent nos manuscrits les ont conservés d'accord avec les indications du mètre ^. On pourrait à la rigueur ne tenir compte ni de la locution inter sed y qui est danslesénatus-consultesurles Bacchanales, ni de apud sed, qui se trouve sur la tabula Bantina ® ; car il est possible après tout, bien qu'extrêmement peu vraisemblable, que sed soit dans ces deux

1. In$cr, regni NeapolU, 7084. Corpus inscr. Latin, p. 122 et 125 (Ugne 104).

2. Qaintil. 1 , 5, 21 : « mehe » pro a me » apud anliquos tragoediarum praecipue scriptores in veteribus libris invenimus.

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