Charisius p
d'accord avec la théorie de Varron. Suivant Varron en eflfet Taccusatif pluriel pouvait se terminer en eis quand le génitif pluriel avait devant la désinence um un i, c'est-à-dire dans notre langage quand le thème se terminait en i; il faisait exception seulement pour les dix accusatifs pluriels falces merces ares luntres ventres stirpes urbes corbes vectes neptes^. Cette doctrine si conforme à ce que nous apprennent les monuments mêmes de l'antiquité fait paraître encore plus étranges les idées de Stilon, qui autorisait des comparatifs en eis, comme fercH cioreis, et les trouvailles de Pline, qui non-seulement avait rencontré dans son Cécilius facilioreis et sanctioreis, mais qui encore avait découvert jusque dans Cicéron un mot maioreis *. Ces formes sont des anomalies , bien plus encore que le p/eoris du chant des Arvales et le plureis des manuscrits de Plante, car nous trouvons hien pluHa par exemple, mnis jamais maiorna.
138. Accusatif en \s, — Les inscriptions de la République ne nous donnent pas en tout trente exemples d'accusatifs pluriels en is; ceux qui s'y trouvent se répartissent entre une quinzaine de mots distincts seulement ^. La pierre milhaire de Popillius, à côté de la forme omneis citée tout à l'heure, nous donne aedis. D'autres monuments du septième siècle de Rome portent omniSy litis, finiSj Octobris, Seœtilis, turms. L'inscription de Pouzzoles relative à la construction d'un mur, et datée de l'an de Rome 649, ne connaît que la terminaison es : omnes, fores^. Tous ces accusatifs en is proviennent de thèmes en i : la seule exception se trouve dans l'inscription tumulaire d'un affranchi, au temps de César : hominis boni, mise ricor dis, amantis paupe^ ris^. Si la lex Iulia municipal is porte une fois municipis et une fois aussi municipieis, forme mixte qui renferme les deux terminaisons is et eiSy il ne faut pas oublier qu'elle nous présente également un génitif municipiwn, comme si le thème du mot était municipi et non municip ^. Nous voyons sur le bronze de Malaga non-seulement le génitif pluriel municipium, mais encore le nominatif singulier municipes, à côté des formes régulières municipum et municeps'^. — Dans le testament