Gellius
contractent en un seul. Bentley, comme on le sait, a le premier constaté le fait, et Lachmann plus tard l'a étudié avec une attention plus minutieuse K Bentley s'occupait surtout de la métrique des comiques et des poètes postérieurs, et voici ce qu'il remarqua : c'est seulement assez tard dans le règne d'Auguste, « sub Augusti senescentis aetate », qu'on voit apparaître pour la première fois des génitifs authentiques en ii ; la plupart des formes semblables que donnent nos manuscrits ont été substituées après coup aux vraies leçons que réclame la mesure des vers : mendaci, convivi, flagiti, benefèci, ingeni, negoti, peculiy preti. Horace, Manilius, Perse, n'ont jamais que des génitifs terminés par un seul ù Dans Properce il y a deux ou trois exemples de formes en ii; Ovide, Sénèque et les poètes postérieurs en offrent davantage, ce qui n'empêche pas ces mêmes auteurs, et comme eux Juvénal, d'opérer souvent la contraction. Quant à Lachmann, il observa que lorsque le nominatif du mot était un tribraque, comme vïtium, les poètes du théâtre étaient déjà embarrassés du génitif en deux syllabes viti, et qu'ils en évitaient l'emploi ; Virgile dit une fois d'une manière tout exceptionnelle fluvii, et Germanicus, Gratius, le poète du Moretum^ disent apii, spatii et Latii-, Le titre Plautifabulae (c'était du moins l'opinion de Varron) avaient fait attribuer à tort au poète plus célèbre de Sarsine des pièces composées en réalité par un certain Plautius^. — Nigidius, ainsi qu'on l'a vu, distinguait par l'accentuation le vocatif Vdleri et le génitif Valéri, et nous ne savons pas que ce génitif ait jamais pris dans la suite une autre accentuation'*. — Certaines locutions toutes faites, comme res mancipi, nec mancipi, et à partir de Plaute cornpendi face, survécurent à la transformation du génitif et ne disparurent jamais.
177. Noms grecs. — Les noms grecs eux-mêmes avaient reçu la terminaison ordinaire des noms latins. Plaute dit Taltkybij Catulle gymnasi, Horace Panaeti ; Ovide lui-même dit Rhegi ^. — Il faut écarter pour diverses raisons certains
1. Bentley, commentaire sur YAndria de Térence, 2, 1, 20, Lachmann, commentaire sur Lucrèce, page 325.
2. Virgile, Aen. 3, 702 : immanisque Gela, fluvii cognomine dicta. — Tr.