Piaule, Truculentus prologue
LE D FINAL DE l'ABLATIF.
226. — La désinence caractéristique de Tablatif était un t» de même que celle du génitif était un ^ ; dans la langue italique le son t s'affaiblit en d^. On eut donc en osque des «HAtife singuliers comme egtnad, sakaraMûd, slaagid, en latin des formes comme praidad, pucnandod, covenHontd ^. Ce d subsiste dans tous les ablati& singuliers osques; mais dans l'ombrien tel que nous le connaissons il a déjà complètement disparu : exemples ttUa = osque toutad, puplu = latin poplod, kvesture.
227. — En latin le son du d final était faible, et nous le voyons se perdre dès le sixième siècle de Rome, c^est-àrdire dés les commencements de la littérature.
228. Le d dans les premières inscriptions. — Dans Tinscription de la colonne de Duellius, de Tan de Rome 494, telle que Quintilien la voyait sur le forum, et dans le fragment qui nous en est parvenu, il n'y a aucun ablatif écrit sans le d final; le e2 se trouve aussi constanmient dans le décret relatif aux Bacchanales, qui est de Tan de Rome 568, excepté dans les trois mots ajoutés à la fin en caractères différents, et qui sont une indication de lieu : in agro Teurano ^. Au contraire le décret d'Âemilius Paulus, en Tan 565 de Rome, donne sans d in turri Lascutana et ea tempestate*. Une des inscriptions du tombeau des Scipions, composée au commencement du sixième siècle, présente les mots Gnaivod pâtre prognatus ^ ; et une autre inscription à peu près contemporaine porte quaistores aire moltaticod dederont ^ ; ces deux exemples donneraient à
1. II est impossible dans Tétat actuel de la science de savoir avec certitude si le d n'est pas primitif. Le sanskrit et le zend, les seules langues avec les dialectes italiques qui aient conservé l'ablatif, ne distinguent pas le d final du f . — Tr. •
2. Corjpus vMcr. Lai, 1 n*» 63 et 64, 195 (p. 38, colonne rostrale), 196 i. 23 (p. 43. sénatusconsulte des Bacchanales). — Tr.
3. Corpus ffucr. Latin. 1 n» 195 p. 38 — 1 n* 196 p. 43. On serait volontiers tenté de construire ici in avec l'accusatif: in agro{m) Tcicitino{m) serait en quelque sorte l'adresse à laquelle devait ôtre envoyé l'exemplaire du décret que nous possédons, in agro Teurano à l'ablatif ne se comprend guère, puisque le décret a été rédigé à Rome. — Tr.