Corpus inscr. Lat, 1 n
penser que la chute du d anal se manifesta d'abord à Fablatif des thèmes terminés par nrne consonne, et dans des combinaisons analogues de plusieurs ablatifs à la fois. — Dans les documents dn septième siècle de Rome led s. disparu, excepté dans un petit nombre d*ablati& pétrifiés. Après l'an 769 on trouye dans les Fastes d'Amitemum eod die à côté de eo die, mais il faut entendre eodfem) die *. La forme prode, qui n'est pas rare dans le latin de la Yulgate, dans des composés comme prode est foxxrprodest et prode facere foxxrproficere^^ n'est sans doute pas sortie directement de l'ancien ablatif. C'est plutôt un néologisme extrait de la locution prodest^ et dont la création fut fisiYorisée par l'épel dest^ ordinaire pour deest. — La dédicace de Fulvius Nobihor, en l'an de Rome 565, porte Aetolia cepit, et la dédicace tout à faXi analogue de Claudius Marcellus, en Tan 543, porte encore Hinnad cepit ; la disparition du d dans la langue de la noblesse romaine doit donc être rapportée à la période intermédiaire entre 543 et 565^.
2S9. Contradictions de la langue. — Nos divers documents nous permutent de croire que la langue du sixième siècle de Rome était beaucoup moins conséquente avec elle-même qu'on ne se l'imagine ; et qu'elle employait concurremment des formes anciannes et des formes nouvelles. Sans doute on pourra toujours prétendre qu'ordinairement le style officiel suit plus longtemps que la langue réelle les vieilles ornières, et qu'au contraire (dans le détail) les poètes et en général les écrivains sont en avance sur le parler de leur temps ; mais en définitive il faudra reconnaître qu*au sixième siècle de Rome la forme d'ablatif en d et la forme pins récente sans d étaient employées à la fois à côté l'une de Tautre. Du reste, à moins que Névius, Plante et Ennius n'aient poursuivi des fantaisies toutes particulières, Us ont dû comme les autres se servir des formes vieillissantes qui étaient encore en usage chez leurs contemporains, et cela d'autant plus que la lib^é de choisir entre plusieurs terminaisons leur permettait d'arriver par des efiorts moins violents à remplir le moule du rhythme, et que les poètes tout au moins cherchent toigours à relever tel ou tel passage par un coloris d'archaïsme.
i. Corpus inscr. Latin. 1 p. 324 (au 2 août). Dans Boissieu, Inscr. de Lyon p. 477, il faut lire non pas prod Ulius pour j>ro Ulius, mais ProdîUwSf nom propre.