‹ Précis de la déclinaison latineChapitre 2 sur 289 · Frugi est plutôt un datif, v. § 277. L. H · texte numérisé non relu

Frugi est plutôt un datif, v. § 277. L. H

et autres semblables, ont quelquefois le génitif en ûs de même que frûctûSj et pourtant ils ne sont pas de la quatrième; et ainsi du reste.

» Le génitif se forme du nominatif, et souvent croît en nombre de syllabes, et tous les autres cas dépendent en cela du génitif. »

Sur le même sujet voici ce que dit, en invoquant l'idée toute moderne de thème, M. Bûcheler *:

« Pour décliner ses noms et pronoms, la langue latine ajoute divers suffixes, diverses désinences casuelles, à une forme fondamentale invariable qu'on nomme le thème : le thème et les suffixes se soudent en un seul mot. Le suffixe de chaque cas est le même quelle que soit la forme du thème; mais il y a des thèmes de différente sorte, et c'est de là que nait la multiplicité des déclinaisons. »

Si Ton compare ces deux passages et si Ton songe que la Méthode écrite par Lancelot pour les écoles de Port-Royal est l'œuvre d'un excellent esprit, pleine à chaque page de vues neuves et hardies, on sentira combien depuis deux cents ans les doctrines grammaticales ont gagné en précision et en clarté.

Lancelot, dans le passage que j'ai cité, est à la fois novateur et un peu routinier. Il réagit avec toute raison contre la règle grossière qui fonde le classement des déclinaisons sur le seul génitif, et en même temps il se laisse aller à faire dépendre du génitif les autres cas obliques. Il pose en principe, avec un bon sens parfait, que la distinction des déclinaisons doit être prise de tous les cas, et néanmoins il semble aboutir (tout comme Priscien ) à choisir parmi les cas divers un cas-type dont les autres découlent. Les cas obliques viennent du génitif, le génitif vient du nominatif, et par conséquent tout vient en définitive du nominatif.

Ce manque de décision dans la théorie des déclinaisons est aisé à comprendre. Pour voir que le génitif n'a rien qui le mette à part des autres cas obliques il suffisait à Lancelot de réfléchir. Pour qu'on pût concevoir nettement en Europe que, par sa struc^ ture, le nominatif ne diffère en rien du datif ou du génitif, et que tout comme eux il procède du thème, il a fallu que nos savants apprissent la langue de l'Inde antique et fissent connaissance avec les grammairiens qui l'ont analysée.

Ce sont les Hindous qui ont les premiers introduit dans l'étude des mots déclinables la notion du thème, invoquée par M. Biîche-

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