Voir
4. Ed. Mûller, p. 47. Mûller donne comme étant la bonne leçon cMim. — Tr.
5. [Bien que vehemens se contracte en vemens, prehendo en prendo, nihil en nil, on peut s'étonner que dès les premiers temps de la littérature (§§ 291-292) mihi soit devenu ml, et surtout qu'Ennius et Lucilius aient changé ce wi en me. En outre l'orthographe met recommandée par Nigidius semble indiquer qu'il n'avait pas conscience que le mot fût identique à mihi. Ces diverses raisons conduisent à soupçonner que mei mi mi est pour 'moi comme quei que qui pour *quoi (p. 44 n. 4), virei viré viri pour "viroi (p. 61), humei humé humi pour *humoi (p. 186), que par conséquent ce datif latin correspond exactement au datif grec |ioî, au datif indien më (c'est-à-dire "mai). — De là une explication toute simple du ttbi et du sibi monosyllabiques : ce sont des datifs *tei *te *li, "sei "se *si — <to( (indien té) et oî; les copistes les ont fait disparaître des yieux auteur^ comme tant d'autres archaïsmes. Mi, ti existaient primitivement à côté de mihi, tibi, comme nis à côté de nobis ; la chute d'un bh entre voyelles doit être purement et simplement rayée des possibilités phonétiques (cf. Bergaigne, Mém. de la soc. de ling, 2. 215 et 217). ~ La langue classique a gardé mi, éliminé ii et nis. C'est que dans mi et mihi elle voyait deux formes du même mot plutôt que deux motB différents ; elle ne pouvait se laisser aller à confondre de môme
qu*âu troisième ou au quatrième siècle le peuple disait voscum *. — Dans la déclinaison du pronom réfléchi le datif singulier sibi s'emploie aussi au pluriel.
340. Is. — Le thème pronominal i fait au datif-ablatif pluriel ibus depuis Plante jusqu'à Lucrèce ; Yi est long : latrônes tbus dinumerem stipendium^ ; le féminin eabusa. été employé par Caton^ et par Hémina^. — Mais ordinairement ce pronom suit l'analogie des thèmes nominaux en o et en a. On trouve l'épel eieiSj qui marque que la syllabe du thème est longue, encore deux fois dans le sénatusconsulte de Tiburtibus; il est vrai que dans l'un de ces deux exemples Visconti lisait ieis. Cela rend vraisemblable que Plante aussi ait pu écrire quid éis preti detur^y ce qui toutefois n'est guère admissible en dehors des cantica. Cette forme à première syllabe longue donne en s' abrégeant eeis, qui est déjà dans le sénatusconsulte sur les Bacchanales, ou ieiSj qui se rencontre fréquemment jusque dans l'époque d'Auguste ® ; à ces deux épels eeis et ieis se rattache l'iambe écrit eis ou iis dans nos manuscrits en quelques endroits de Plaute. Mais la forme la plus ordinaire est la contraction en eis monosyllabique, qui est régulièrement employée par les poètes scéniques, et constamment par Lucrèce ; soit qu'on l'écrivît eis^ soit qu'on adoptât l'épel is, dont il y a un exemple épigraphique'', et qui est fréquent dans les manuscrits. Sous Auguste seulement nous rencontrons la forme iis, qui provient de ieis, et qui est toujours écrite avec Yi longa^. — Le pronom idern est traité comme is : il fait ordinairement en deux syllabes eisdem ou isdem, rarement eisdem en trois syllabes. Pourtant nous lisons dans Juvénal dat eisdem^, et la lex Iulia municipalis^
ii ou nis avec tihi et nohis, et elle a fini par se décider pour un choix exchisif. — Tr.]
i. Prohi appendix, Grammatici latini de Keil, 4 p. 199 : vobiscum, non voscum,
2. Plaute, Miles gloriosus 74. L'abrègement de Vi que Lachmann veut établir pour Lucrèce repose sur des modifications mauvaises de la leçon des manuscrits, cf. A. Spengel sur le Truculenius de Plaute (i, 2, 14).