‹ Précis de la déclinaison latineChapitre 261 sur 289 · DES CHEVEUX · texte numérisé non relu

DES CHEVEUX

On considère la chevelure \^^ comme la reine accomplie de la beauté, dans l'empire de la perfection. On comprend aussi sous ce nom la séparation des cheveux. La chevelure se

divise en trois espèces, dont la première est nommée s^ma (frisée), en pehlevi ^^j^ \ les Turcs possèdent ce genre de chevelure qui forme des sortes de nœuds. £n persan son nom est MO , comme on le voit dans ce vers d'Atîr-eddin Aumâni :

^ o^y t^ *^^ ^'^ ^^ Si ma main pouvait atteindre ces cheveux frisés aussi noirs

que Tambre ', mon pied foulerait (litt. s'approcherait de) la voûte

élevée du ciel.

La deuxième espèce est appelée (AJt^ (bouclée); c'est la chevelure des Dilémites; on la nomme eu pehlevi aJ^xi et en persan m^. Le sens de ce dernier mot est en effet „ plein de boucles", comme dans ce vers de Sayyid Zou'l-Fiqâr ^ :

^ Né à Aumân, village du canton d'A'lem ^♦ict (en persan >JÏ) qui dépend de Hamudân. Voy. Hamd-Ullah Mustaufi et Amin Ahmed Râzi, cités par M. Defrémery, Jotim. As. 1847, t. 1, p. 184. Atîr-eddin fut le panégyriste de Soléïman-Châh Abouh, prince du Kurdistan.

* Sur la couleur noire de l'ambre et du musc, prise comme point de comparaison, voyez une savante note de Quatremère, Histoire des Mongols, p. 396, note 189.

^ Surnom d'un poète du Chîrvan nommé Qawâm ed-dîn

Cette idole du Dîlem est une lune aux boucles noires, qui font ressembler son visage à une tulipe rayée de noir'.

La troisième espèce est appelée J^<«JL«w« (crépue, littéralement en forme de chaîne). G^est la chevelure des Ëthiopiens, pareille aux anneaux d^une cotte de mailles, enchevêtrés les ona dans les autres ^. Son nom pehlevi est ôj^j^ et son nom persan

Ji^l^, comme dans ces vers de Rachîd-cddin Watwât ^ :

Hosaïn ben Sadr-eddin 'Ali; il vivait sous le règne du Sultan Mohammed ben Tekech Khârezmchâh.

^ Voici un fragment de Khâqâni où il est question de oe genre de chevelure ; c^est le poète en prison qui parle :

„Tous les membres de mon corps sont contournés (proprement bouclés) comme la chevelure des Dîlémites.^ Ce passage a été cité par M. de Khanikof dans un Mémoire st^r Khâqâni paru dans le Journal Asiatique, Mars-Avril 1865, p. 354. L^expression Mi^^^S^ yXA ne signifie pas en désordre^ comme Ta traduite M. de Khanikof, mais bien contourne comme une boucle de cheveux; ce n'est pas là une simple expression qui serait venue à Tesprit du poète; c'est Toxprcssion technique prescrite par la rhétorique persane ; les Dîlémites ont la chevelure bouclée^ comme les Turcs Tont frisée y et les Ethiopiens crépue.

*^ Cf. ce distique do Sa'di, préface du Gulistân (mètre motaqâreb) -

qJe suis sorti de mon pays, à cause de l'oppression des Turcs, et parce que j'ai vu le monde tombé en désordre comme les cheveux d'un Ethiopien."' (Trad. de M. Defrémery.) On voit que la traduction littérale serait : „ Entortillé comme les cheveux crépus d'un Ethiopien."

^ Né à Balkh; auteur d'un poème nommé Misbâh et d^autres ouvrages.

Rejette de devant ton visage brillant comme le soleil, tes cheveux crépus et noirs comme le musc; ce serait dommage que tes cheveux voilassent ta face ronde comme la lune.

Chacune de ces espèces est la première dans son domaine, et joue un rôle particulier. Bien qu^on applique à la chevelure

entière les différents noms de y^ , j-**^, ^Jo , s-âJj etc. il y a cependant une distinction entre ces divers termes. L^expression wàJ; Kolf désigne les boucles qui encadrent les joues et ressemblent à un serpent enroulé dans un parterre de fleurs; voici comment on a employé ce terme dans la description des belles qui ravissent le cœur :

Les belles, pour nous ravir le cœur, comme des brigands, ramènent leurs boucles et les placent en travers de leurs joues ^.

On applique spécialement le mot y *Ma^ aux boucles qui retombent derrière Toreille et s^entortillent autour du cou de la bien-aimée, comme dans ce vers d^Atîr-eddîn Akhsiketi^:

Si ses boucles n^avaient pas le désir formel de tomber sur son cou, en se glissant sous le lobe de Toreille, pourquoi se placeraient-elles' derrière ses oreilles?

Allusion à la corde que les voleurs de grand chemin tendent en travers de la route pour faire tomber les passants.

^ Né à Akhsiket o^a.m«w^I, localité du district de Ferghâna, dans le Ma-véra-annahr, s^établit dans l'Iraq-'Adjémi et T Azerbaïdjan, et fut dans les derniers jours de sa vie attaché à la cour de Tatâbek Ildigiz. (Daulet-Châh, ms. pers. 828 suppl.)

Littér. pourquoi placeraient-elles leur cou.... — Au lieu de [Jmj^ \Sj it dans le premier hémistiche, on pourrait lire lA>^ O^ 3' ' ^® ^^^B serait alors : Si ses boucles ne désiraient

On appelle «^ les cheyeux qui descendent sur les épaules et qu^on attache toujours par derrière à cause de leur longueur. Kamâl-eddîn Khâdjou ^ dit à ce sujet :

Ou bien sermonne tes œillades pour qu'elles cessent d'être si trompeuses, ou donne un lien à ta chevelure pour qu'elle cesse d'exercer le brigandage des cœurs ^.

On nomme (j[^ les cheveux qui descendent jusqu'à la taille de la bien-aimée, et l'enveloppent comme une ceinture, ainsi que l'a dit Nizâï ^^Iji:

Tes cheveux descendent jusqu'à ta taille, qui est moindre qu' un cheveu ; qui a jamais vu une belle ayant comme toi un cheveu pour ceinture parmi les beautés turques?

Quant aux cheveux qui tombent en ondulant jusqu'aux pieds de l'amante, on les nomme encore \ji\ , parceque ce mot est un terme spécial aux belles personnes, tandis que KSy^ ^b^ commun aux deux sexes. Un poète a dit:

^>^ i$j^ ^-- j^ c/ ^j^ *^ j"^ cy^j o^

pas en toute shicérité tomber sur son cou, pourquoi se placeraient-elles sous ses oreilles?

^ Khâdjou de Kermân, auteur d'un livre portant le titre de Humâï et Humâyoun, mort en 742 de l'Hégire (1341). Cf. de Hammer, Gesch. der sch. Redek, Pers, p. 248; fe Béhd' ristan de Djâmi, 7® rauzèh.

^ Le poète joue ici sur les deux mots »jb boucle de cheveux,

et c5;' j^ brigandage, qui sont censés dériver de la même racine, et fait allusion à la comparaison qu'on peut établir entre les cheveux et une corde tendue pour faire tomber 1^ passants. Cf. p. 11, note 1.

mon maître ! Si tu vois ses choTenx bouclés tomber jusqu* à terre, ne descends pas dans le puits ^ avec cette corde, car si elle laisse tomber ses cheveux ainsi, c^est par perfidie^.

On compare les cheveux de la bien-aimée, qui tombent sur son cou, à Tornement en forme de collier nommé lûj ^ AÂ f ^ambcurinè (c^est un bijou rempli d^ambre, d^où son nom), comme Ta fait le cheikh Sa'di^ :

Tes cheveux sont absolument comme un ^awbari/nè pour ton cou; quel besoin d'ornements a Tamante au beau visage^ ?

^ C'est-à-dire : Ne te laisse pas aller à donner un baiser à la fossette de son menton, et en même temps, ne te laisse pas ensorceler. Voy. plus loin le chap. XII.

' Le mot \^ji 9*isi*t a plusieurs sens auxquels le poète fait naturellement allusion : il signifie „ magie noire" et „ noirceur de la chevelure.*' On peut donc encore entendre ainsi les derniers mots du vers: „car elle laisse tomber ses cheveux pour pratiquer un maléfice", ou bien „ uniquement pour faire ostentation de leur belle couleur noire."

' Ce vers fait partie des Tayyihât; il se trouve à la page 1 1, dans rédition lithographiée des Kulliyât publiée à Bombay en 1267 (1850 — 51). Le premier hémistiche est, dans cette édition, différent du texte donné par Cheref Râmi; mais la leçon qu'elle offre est évidemment meilleure. On lit en effet:

„Te8 cheveux sont un ^ambarinè ; ton cou est entièrement d'aloès." ^ Cette même pensée se retrouve dans un vers de l'ode si

connue de Hâfizh : ^I^a^ ^Ji qI yTt etc.

m; C53; v:i^L5> *=^ Ja3-3 JLc>3 v2^3 V"?

La perfection de notre amie n'a pas besoin de notre amour imparfait; qu'importent à la vraie beauté le fard, l'éphélide, le duvet?

Les poètes arabes emploient sept synonymes répondant aux trois termes persans de vJU^ , y ***^ et ^ ; ce sont : k^^-*^t

IUI3J, «jAto, 9^<A^, «jla, j*A, ^ J. Le mot ^Jf^\ désigne les cheveux noirs.

Une jeune fille aux cheveux abondants, noirs et ondulés est désignée (en persan) par le terme \^j q^^a^i^Vj: (aux boucles en forme de chaîne). En réunissant toutes les qualités des cheveux, au point de vue de la couleur, de la forme, etc., on a obtenu trente- trois épithètes. Dans ce nombre, onze épithètes sont courantes et pour ainsi dire techniques parmi les poètes, comme aIL> (filet), t^^ (filet), JuJ (nuit), .£>JL^ (obscurité).

J^ (ombre), y<!^ (ténèbres), O^cXm S^ (ombre étendue), ^l^ (la lettre 3 wâw), {j^ (la lettre ^ ghaïn\ |»^^ (la lettre ^ 4^), ^^yyU y.^ (une corde solide).

Le lien qui attache les tresses par derrière s^appelle J^U^^

yJ^ySiJtA (Famulette de Pâmante) ou ^^L^ ^.j^ (le talisman des amants), ainsi que Ta dit le roi des poètes Rhftqftni dans un de ses gazels ^ :

Par tes cheveux bouclés, qui sont mon talisman, et qui sont pour moi un souvenir de ta tête aux tresses de muse ....

Onze autres épithètes ne sont pas techniques, mais se rencontrent dans les œuvres de quelques poètes élégants, comme

\X&^ (nœud), sXac^ (boucle), «Ajc^ (bouclé), {Ji"^ (Abyssin), ^ji (voile), v^Uu (voile), uiUb (corde de tente), v|j^ (corbeau), iJUjU» (épi de blé), ^J^ (scorpion), s-^^aLo (croix)'.

Ms. de la Bibliothèque Nationale, suppl. persan n. 620 f. 211 V.

' Ces quatre derniers mots sont aussi des noms de constellations : le Corbeau, TÉpi ou la Vierge, le Scorpion, la Croix (le Cygne).

Mahmoud Monawwar ^yu ^y^ a dit :

Montre ton visage et désormais Tadorateur du vrai Dieu ne dira plus la prière ; dénoue ta chevelure, et le moine chrétien ne dira plus que eS'Saîîb \

n y a encore onze autres épithètes, parmi lesquelles les

auteurs persans ont la liberté de choisir. Ce sont: (j&^^âw# (en

désordre), iyjLA (tordu), ^y^ (enchanté), ^Lc (imposteur),

^\Jo (voleur, trompeur), f^ (la lettre J lûm\ «JuL> (anneau), Jjû (fer à cheval), qW«^ (dragon), qL^O (fumée), - jà (tour). Le roi des poètes Zehîr-eddîn Fâryâbi' a dit:

Ton œil, par sa sorcellerie, remplace le puits de Babylone ' : tes cheveux, par leur infidélité, suppléent à la tour de Rhaïbar ^.

Quelques poètes arabes comparent les tresses pendantes des cheveux à une grappe de raisin v*^; cVst une comparaison rare. Parmi les poètes persans, Emîr Mo'azzi^ en offre un exemple :

^ Mais dans sa bouche, eS'Sàliby au lieu de signifier, la craix^ ne voudra plus dire que la chevelure.

* Un des plus célèbres poètes persans ; né à Fâryâb', dans le Rhorasan, près de Balkh ; vint en Iraq à la cour de Tatabek Qizil-Arslân fils dlldigiz; mourut à Tébrîz en 598= 1201.

Les musulmans prétendent qu'il y a un certain puits, à Babylone, où sont suspendus par les pieds deux anges rebelles, nommés Hârout et Mârout^ qui enseignent à tous ceux qui s'en approchent l'art de la magie.

^ Ehaïbar, forteresse juive du Hedjâz, fut attaquée et prise par Mahomet dans les premières années de sa mission. On sait que le prophète faillit y être empoisonné.

^ Mo'azzi, ancien soldat au service du prince Seldjoukide Melekchâh, était devenu émir, et finalement roi des poètes.

vIâc lJLy« jOûl ^Âc Ik^^^ ^^

Ses cheveux, pris entre mes deux lèvres, et formant de petites boucles, semblent une grappe de raisin au milieu de jujubes (fruit rougeâtre comparé aux lèvres).

Quant aux termes persans qui servent à désigner les cheveux, il y en a soixante à proprement parler; mais comme on peut se servir d^un bien plus grand nombre de termes, par métaphore on appelle les cheveux: qui ont cent qualités, aux cent qualités. Voici des exemples de ces expressions;

Lm q««^ (semblable au jasmin), &dâÂô (violette), J^aJU» (jacinthe), wl3 (musc), q^SjS»j9 (musqué), j^X^^^ (sentant le musc), ^\à yJkSt (semblable à Tambrc), ,^y^ j-*^ (aux boucles d'ambre),

^^AÂe (d*ambre), ^^^-y» j^*^^ (qui répand l'odeur d'ambre),

L»t jAÂc (semblable à l'ambre), jJ ^jJ^ (sentant l'ambre), ^ ^S^ (odoriférant), m ^aâc (tamisant l'ambre), ^h^ 7*^ (ayant Todeor de l'ambre), ^^^j^ ^^ et i^^ ^^ (couleur de civette), ^lâauJl^ (semblable à la civette), jil (nuage), u^^aI^ (couvrant une rose'), o^o***^ (recouvrant le jasmin), ^y^ji (recouvrant la lune), >ol-à (le soir), q'-^/^ y^ (le soir des Occidentaux^), y^^JJtKtJié (la nuit), lu^ (jayet), (2^ \^^ (couleur de la nuit)»

tOJL \.^^ (la nuit de Yeldâ), jy^,^ v^ (nuit obscure, sans lune), jv>3 \,-^ (la nuit de Çarfr*), jï^O^j^c (une longue vie).

^ C'est-à-dire le visage. Cette remarque s'applique également aux deux mots suivants.

^ C'est là une supposition, au lieu de q^Sj^ >«Lm que donnent les trois Mss., mais qui ne me paraît pas offrir de sens satisfaisant (le soir ou le dîner des étrangers?)

^ Nom donné à la plus longue nuit de l'hiver.

^ Nuit où le Qoran fut révélé à Mahomet. Cf. Qoran, ch. XCVII, V. 1. „Nous avons fait descendre le Qoran dana la nuit de Qadr,^

iuLm (ombre), ^^ aul^ (parasol), ié!^Â> »<3^ (priBonnier de guerre), I»a:> (la lettre -. 4;lm), ^^^^c^Uj ^^y»^ (la Chine entière'), qU^i^â^ (l'ffindoustan), qIJuj (les Éthiopiens), • JUP (Hindou), ^^ (précepteur*), ^^H^ (criminel, perfide), Jo ium (au cœur noir), 0;0 J»> (voleur de cœurs), ^.y^"^ (qui suspend les cœurs), cXJu J^ (qui attache les cœurs), y à^ (qui les ravit), ^^^^fn (éperdu , ayant le vertige , c'est-à-dire en désordre), \J*^y^ (rebelle), j^f*» (dont la pointe est tortueuse), «XmXâ^ (dont rextrémité est courbée), sOto oLu y^ (qui livre sa tête an vent), jlwXilyM et «cXJLÛt^ (qui laisse tomber sa tête), j^^\j^ (orgueilleux), ^lo Ud (occupant Tocciput^), qJ»^ (coupeur de routes*),

»^j (mailles), vXJUT (lacet), ^^t &2F (qui lance un crochet, un harpon), jtcXit «XUi' (qui lance le lacet), ^a^^tj^ ^^ (infidèle), siya^jj J^^y> (adorateur du soleil*^), /\i (infidèle), Ji^J^

(id.), M\ (ceinture, cordelière), LJL ^ (croix ^, ^^j^ (bâton recourbé qui sert de raquette au mail), JUj (lien), jA^^j (chaîne), 9^yjjSé (en désordre), ^(o^km (mélancolie, bile noire), |»IO (piège), cl^ (corneille), ^j^ jJ (plein de frisures), ^i^ jiAil ^ (courbes enchevêtrées), Ua^ «>Ij (mesurant, parcourant Tair), ^tj i^ (qui

^ Proprement la Chine et la grande Chine (pour ^^â^^) ; ces deux expressions sont généralement réunies pour désigner toute la Chine. Cf. le Dict. de Vullers. celui de Richardson ne donne, sous le mot ^^^ai^U, que: „the Emperor of china. ^

* Voy. plus loin, Ch. III, p. 27, un vers qui explique cette comparaison.

^ Ou pesant sur la nuque. Allusion aux péchés que chaque homme portera sur le cou au jour du jugement dernier, ainsi qu'à la noirceur de ces péchés comparée à celle des cheveux.

* Voyez p. 11, note 1.

^ Le soleil désigne ici le visage.

* Ce mot et celui qui le précède, désignant des objets particuliers aux chrétiens, font allusion à l'infidélité (la noirceur) des cheveux. De plus, le mot L^J k? - a encore le sens dfi n ligne courbe. "

Hiiart, Antf 6l-*OohohAq. 2

retient Pair), qIAî^^ (en désordre), »XàJS^ Ji (affaire embrouillée),

j^Jj^j *JCâA! (époqae troublée, c'est-à-dire mauvaise fortune),

^LXjlj(contourné),^U^Ij (en désordre), ^Uuj (instable), » JÙTy ^ (entremêlé).

L^énumération complète de ces comparaisons serait trop longue, car ce sont des composés à Tinfini ^.

Zehîr-eddîn Fâryâbi a fait une innovation en comparant les cheveux à une incantation ^^^ ; voici ses vers :

J^O ^l^^li ^j^J^ ^-à^ *^«^ Partout où il y a un cœur, tes cheveux le raviront par leur sorcellerie, et puis le livreront à tes yeux et à tes sourcils inhospitaliers.

Mais cette dernière comparaison ne fait pas partie des cent noms des cheveux énumérés ci-dessus, parce que tous les poètes ne sont pas d'accord sur son emploi. Maintenant, si Ton suppose que l'amante rase sa tête, ce qu'on exprime en in comparant à la fnain blanche de Moïse (Iiasm <Xi^), on dira qu'elle fait disparaître les cent qualités des cheveux qui forment le premier des dix-neuf chapitres de la beauté, et que par conséquent elle renonce à s'en parer. Si l'on ne savait cela, il serait impossible de comprendre l'énigme suivante (déjà citée dans la préface) :

^ Parmi ces diverses comparaisons, quelques-unes ont besoin d'éclaircissements. Quand on compare les cheveux à des peuplades méridionales, à des malfaiteurs, ou aux infidèles, c'est une allusion à leur noirceur, ce mot étant pris tantôt au propre et tantôt au figuré. L'allusion à un ravisseur décèle leur pouvoir magique; etc.

^ Selon les légendes des Musulmans, Moïse, parmi les moyens qu'il employa pour convaincre Pharaon de sa mission, retira de dessous son manteau sa main droite, qui parut toute blanche, comme si elle était atteinte de quelque maladie (de la lèpre, Exod. IV, 6). Cf. ^or.jch. XXVU. v. 12 et XXVIII, v. 32.

Ta as beau redresser le cyprès de ta taille, ta as beaa mettre en œuvre tous les expédients de la beauté, Sur la raie de tes cheveux Moïse a montré sa main blanche, de sorte que tu as retranché le nombre cent du nombre dix-neuf.

Ainsi le nombre cent désigne les cheveux, et dix-neuf est le nombre des chapitres qui traitent des différents attributs de la beauté.

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