‹ Précis de la déclinaison latineChapitre 268 sur 289 · C. L'œil de Tamante enivrée d'amour, de la catégorie appelée · texte numérisé non relu

C. L'œil de Tamante enivrée d'amour, de la catégorie appelée

J^t v!^^ (languissant), se nomme aussi yy^ (ivre), bien que ce ne soit jamais de vin qu'il est ivre ; et c'est un tapageur qui, par esprit de taquinerie ne s'endort jamais. On a dit:

Tes yeux semblent vouloir exciter du tumulte. Et en effet l'homme ivre ne s'endort jamais avant d'avoir commis quelque méfait.

D. L'œil qualifié par le mot ^^^jX^ (couleur de vin) est celui qui, rouge comme cette boisson, excite mille troubles par

un seul de ses regards impudents ; on l'appelle alors q^ séditietiz. Mîr Kermftni^ a dit:

Nul doute, pour les gens intelligents, qu'à la cour de la beauté ton œil provocant et fascinateur ne soit le roi de la maison de l'esprit.

Les gens sagaces ont attribué à l'œil de la maîtresse quarante qualificatifs, parmi lesquels treize sont d'un usage oom-

^ Pour comprendre cela, il faut savoir que le mot ^ un "k&f^ signifie en arabe suffisant^ et qu'il est pris ici dans ces deux sens ; de sorte que la même phrase veut dire encore : „ Un seul regard de ses yeux me suffirait,*^ etc. Voy. ci-dessus, p. 26.

^ Poète contemporain de Khâdjou de Kerman. Voy. p. 12.

mun dans la langue arabe ; ce sont : j^Afi (narcisse), ij^j^ (îd.)i

I»aÎu (fixe), Jy^lft (faible), ^^ (en forme de datte), {Sj*^

(de couleur rouge), jy^ (îvre), ^U» (coupe), j** (cervelle)*,

iùLa9 J^ (qui trouble), ^.jUà (séducteur), ^^:>La^ (de verre), et cj:> (coquillage).

On a comparé la pupille u^aJ^o de Tœil à une fiancée abys* sine endormie au milieu d^une chambre tapissée de P j^ (coquillages) du Yémen, comme Ta dit Khâqâni, le prince des poètes^:

Par tes deux yeux enivrés, dont chacun semble une fiancée abyssine, endormie dans une cellule d« coquilles du Témen....

Trente-trois comparaisons sont usuelles chez les aatenrs persans ; en voici les principales : ^jr^y (narcisse), As^ (amande),

0>^t v!^^ (q^ sommeille), qaAî t^^ (retiré dans la solitnde),

J3 m^jA (qui ofi're Tapparence d^nn homme ^), vLum «jL^ (chambre

noire), Ua:> (de Chine), %^y (du Turkestan), &X^m^ (blessé), ^> (grain d^orgc), v^^ j«^^ (trompant par des moyens magiques), lAj 3^I-> (magique), J^L »L^ (puits de Babylone*), j^ ^ j^ (meurtrier), ^[^q^^ (avide de sang), ;l<Xit |m3^ (qui disperse les hommes), ^^^1 |»Jyo (qui les renverse), ^kXiU^ (archer),

j^iXil j^ (qui lance des traits = les cils), \^j^^ (gazelle), w^^s^t

(qui trompe comme les gazelles), AJ\jPt (semblable à un faon),

* Notre auteur paraît ignorer que ce mot et le précédent sont purement persans.

^ Ms. 621 suppl. pers. Variantes : ms. 622 \::/J5*^^ ; ibid, i^fi>>.

^ Parce que Timage du spectateur se reflète dans la papille. Gomme exemples J'expressions analogues, cf. Thébrea ]V«i;^df et le grec xé(n7.

^ Voyez la note de la page 15.

^SJm jfgm (qui poursuit les lions), ji^jfs^ (qui prend les lions), s:>dMMO ^ (à demi ivre), ^^ ^ si^immo (ivre, mais non de vin*), bj\Jim^ (enivré), s^^ajmwq (ivre), v|;^ (id.)» j^-*^ (malade), ^yi lî (languissant), expression dont le cheikh Fakhr-eddîn 'isâqi^ fournit un exemple dans ce vers:

s^U ^\jj^ t^wy> sS ^y!^^ Ij s;>^ JuLâ ik^ Ton œil a fait tant de ruines au monde qu^on ne saurait les énumérer toutes. Que peut-on dire à un homme ivre ? (On sait bien) qu'il se prive lui-même de ses forces^.

Zehîr-eddîn FÂryàbi a comparé les yeux au soleil, parce qu'ils sont lumineux et brillants. Comme on appelle Tœil ^^yfs^, et que ce même mot signifie aussi source, et essence d'une chose, on a forgé là-dessus des comparaisons, comme dans cet exemple :

Ses yeux provocants, brillants comme le soleil, ses poils follets, bleuâtres comme le firmament, exercent un pouvoir tellement oppresseur et violent, que ce que font le soleil et le ciel paraît à côté être la justice même ^.

^ J'ai adopté, avec une légère correction, la leçon du Ms. B, qui donne ^ ^ s;;a*-m« ; A donne s:;^^*-^* ^^ ^, et C ^ c^^MMwo (sic).

^ Ibrahim ebn-Chahriar, portant le surnom honorifique de Fakhr-eddîn, né à Hamadân ; poète mystique. Cf. Daulet-Châh, ms. 828 suppl. pers.

^ C'est-à-dire que l'œil se rend langoureux et par là justement fait des ravages dans les cœurs.

* C'est-à-dire le sort, la fortune.

^ Littér. l'essence de la jiistice ....

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