‹ Précis de la déclinaison latineChapitre 280 sur 289 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

DE LA POITBINE.

On appelle la poitrine en arabe y>^*o\ on la désigne aussi en persan par le mot aâjum. Sa^d-eddin Asli Amoli dit:

On appelle la poitrine sadr (place d'honneur), parce qu'elle possède le coeur (et par conséquent doit occuper la place d'honneur).

Sadri Balkhi a dit:

Hier soir, elle a passé près de moi, et a pressé sa poitrine contre mon cœur (ou : m'a jeté un fruit ^) ; grâce à Dieu ! j'en ai profité (litt. j'en ai mangé un fruit).

Les changeurs de la monnaie de la beauté comparent la

^ Ce vers roule sur un jeu de mots intraduisible entre jJ (poitrine) et ^ (fruit).

poitrine des belles personnes à l'argent ^t^uM, comme *Izzi Chîrvâni^ dans ce vers:

Z?J^ O^J^ "-^^ ') ^r-***^ y^ ji

Sa poitrine dWgent est blessée par le frottement de sa chemise ; ses lèvres délicates sont froissées par le passage de la respiration. .

Les jardiniers de la pelouse de la subtilité la nomment ^r*^ (rose églantine); c'est ainsi qu'on a dit:

O vent de Test ! porte à Téglantinc cette bonne nouvelle, que de nouveau ma beauté turque à la poitrine de rose va se rendre au jardin.

Les brodeurs du vêtement de Tamour comparent le corps à une étoffe de soie, comme Ta fait Khâqâni dans un de ses Grcusels :

Par la soie de ton corps, et le brocart de tes joues; par les oranges de ta poitrine et ton menton dWgent ! . . . .

Dans ce vers, le poète entend par ^' le corps tout entier ;

le mot ^Ji désigne l'extrémité des seins (qL^ûmo v^).

Les anciens auteurs comparaient le sein à la fleur du grenadier; c'est là une bonne métaphore, car le Darius du monde de la parole, Firdausi, a dit ^ :

^ ^Izz-eddîn de Ghîrvân, contemporain d'AbouKAlâ et de Khâqâni.

^ Dans le portrait de Roûdâbeh, Châh-Nâmeh, épisode de Zâl et de Mihrâb. — Le texte édité par M. Mohl (t. L, p. 244) donne une leçon différente au premier hémistiche:

Ses Jones sont comme la ilenr du grenadier, et ses lèvres comme le sirop de grenades ; de sa poitrine d'argent poussent deux grenades.

Certains auteurs nomment la bien-aimée: cyprès au corps de rose ; c'est ainsi qu'on a dit :

Grâce à cette forme et à ces qualités que tu possèdes, puissent les regards de tout le monde se diriger vers toi, ô cyprès au corps de rose !

On a encore comparé la poitrine, à cause de sa blancheur, au ventre de l'hermine ; et les gens de sens n'ignorent pas qu'on a attribué à la poitrine les différents qualificatifs du corps. Les uns l'appellent ^^^a^aam (d'argent) ; les autres. Je (ivoire), oL^Uam (petit-gris) , jJ/> (soie), jJT (rose) ; d'autres enfin, ^f**^ (églantinc). Mais notre maître Homâm, ayant choisi la comparaison du jasmin, l'emploie ainsi :

sSf^^ ^S^ ^/ u?^ O^^jà^J^ 0>^

Lorsque tu ôtes ta chemise, il t'en faut une de tulipes et de feuilles de jasmin (c'est la peau), car tu es beaucoup plus tendre que la rose.

Le distique est traduit ainsi: „Sa bouche est comme la fleur du grenadier, ses lèvres sont comme des cerises, et do son buste d'argent s'élèvent deux pommes de grenade.^

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