‹ Précis de la déclinaison latineChapitre 281 sur 289 · DU BRAS · texte numérisé non relu

DU BRAS

Le mot «AcLm (avant-bras, bras) est un mot arabe que la langue persane s'est approprié.

Les opprimés de l'amour appliquent au bras des belles qui les tyrannisent Tépitbète {J^:4^!^ (d'argent, c'est-à-dire dur comme ce métal), ainsi que le dit Sa^di :

Il vaut mieux ne pas se battre contre ce bras d'argent (on ne peut lutter contre la femme); il vaut mieux ne pas jouer avec un homme robuste qui ne cherche que la dispute.

Les poètes qui ont choisi des expréssionB empruntées à la médecine, ont comparé le bras des belles à une plaque d'iToire

Je »j3^ (dont on se sert pour tâter le pouls) ; et l'on a dit, sur la saignée pratiquée au bras de l'amante:

Cette lancette qui a baisé son bras, a fait jaillir de cette plaque d'ivoire une branche de corail (un jet de sang).

Quand on dit qu'à chaque instant le bras verse le sang des amants (c'est-à-dire leur cause une vive peine), on le nomme alors ^j^ teint (de sang), comme l'a dit notre maître Djélâleddîn 'Azhedi:

Continue (si tu le veux) à me frapper d*un glaive, mais laisse-moi, moi qui suis malheureux, contempler ce bras teint (de mon sang).

 cause de bh délicatesse et de sa transparence, on le compare an cristal, comme dans ce vers célèbre :

o^xy^ ^^^ '^^^ aà)jk

Ce bras de cristal et cette coupe de cristal se confondent ; c'est lumière sur lumière^.

Les anciens poètes nommaient le bras aa^mI J^ (ivoire); ^Onçori ^ dit, en décrivant le sommeil de sa bien-aimée appuyée sur sa main:

Q^^ OjU# «Mit J^ \^ ^^^

Lorsqu'elle pose, pour dormir, sa tête sur son bras, elle donne au jasmin (son visage), pour le soutenir, une colonne d'ivoire.

Lorsque le discours simple se prête peu à la description de la beauté des bras, on a le cboix entre six qucUîficatifSy

tels que : c;^:*aam (d'argent), qi!;^ (teint, coloré), ^U^ (de gre-

nade). Je luiP (plaque d'ivoire), jjii ^U^ (cristal coloré en rouge), ^jUMwi ^^^ (un souffle du zépbyr). Par métaphore, on l'appelle J^^U^ (amulette, préservatif), parce qu'il est l'objet des désirs des amants infortunés, et qu'il est censé un amulette imaginaire qui préserve l'âme des influences fâcheuses^. On comprendra mieux par un exemple:

^y^ÊÂ^i ij&JûmO* vAcLm ly*^^ ^» X aj

^^OX:^ J^T^O ^^j^ y^ ^

J'ai dit: je n'ambitionnerai ni son bras ni sa main; mais, puisque cet amulette est sur mon cou, que ferai-je?

^ Expression tirée du Qoran, sour. XXTV, v. 35.

' Voyez sur ce poète une notice que lui a consacrée Qnatremère, Hist. des Mcmgols, p. 64, note 82.

* On appelle le bras amulette parce qu'il entoure quelquefois le cou de l'amant.

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