‹ Précis de la déclinaison latineChapitre 282 sur 289 · DES DOIGTS · texte numérisé non relu

DES DOIGTS

Les Arabes appellent le doigt Ç^^ au pluriel ^\-*o\. Ils en nomment la dernière phalange jJLiit et ^^^^

Chacun des doigts a un nom particulier ^ Les auteurs arabes éloquents les comparent à un faisceau, parce quHls sont nœud sur nœud. Les poètes persans qui oiit parlé des doigts les ont comparés à la queue de Thermine ^S |m3, à cause de leur blancheur et de leur douceur au toucher ; ainsi Onçori a dit :

Ces doigts, dignes d^une belle personne, sont aussi doux que la queue de Thermine.

Comme ils versent le sang des amants (par les souffrances qu'ils leur causent) , on les nomme ^^l^ (colorés, teints) ; Âqâï Tebrîzî a dit.

Ma belle a coloré ses doigts du sang de mon cœur, et par

chagrin j'ai effacé l'image (j'ai arraché son amour de mon cœur).

On a comparé les cinq doigts colorés artificiellement (par

fi le henné) à une main de corail Q^y* ^^-^^ (qui sert à gratter

le dos ^), comme dans ce vers de Rokn-Hyâhi :

^ Voici les noms des doigts : j »aÀ s > auriculaire, yoLi annulaire, ^Ji^^j médius, «^L^m index, ^l{i\ pouce. Ces noms sont extraits du FarhanÇ'i Ujéhûngiri. Cf. le chapitre de ce dictionnaire publ. par M. Ouyard, Jaum, Asiat. 1871, pages 5 et 6 du tirage à part.

'^ Cf. Johnson, Fers, and Aràb, Jhct, v° *^?^-

^^^lAô \iiAj^ .9 jt <JU U> (^^ slio

On croirait qu^en guise de liennè^ les doigts de chacaoe de tes mains, qui étaient de cristal, ont enlevé leur couleur à des mains de corail.

Pour réprouver la coloration artificielle de doigts déjà colorés naturellement, Mahmoud Hiçâri a dit :

Pourquoi faut-il que tu te souilles les doigts d'une couleur sombre? Car on ne peut plus distinguer aucun de tes doigts d'un morceau de charbon.

Les poètes du Khorâsan comparent les doigts à des noisettes UxX», comme le dit un auteur:

Un jour, je lui demandai avec colère un baiser (litt. un morceau de sucre) de sa bouche (litt. de sa pistache); mais elle posa son doigt, pareil à une noisette, sur ses yeux inhospitaliers ^.

Si l'on relève les différentes métaphores dont se sont servis les poètes pour désigner les doigts, on en trouve cinq, qui sont: ^j^'MyJ (AJu (nœuds de la canne à sucre), ^^ j»^ (queue

d'hermine), -.ie xjd (saucisse d'ivoire), ^•)^/« *^?^ (main de

corail), et |»^mm n^yJ^ (peigne d'argent), expression qu'on a employée dans les vers suivants, où l'on dépeint un archer turc qui relève ses manches pour bander son arc :

Voyez, sur les différentes comparaisons qui se trouvent dans ce vers, les chap. IX, XI et IV.

Hnart, Anti el-*Oehohaq. 6

Il releva le brocart de Chioe sur son bras d^ivoire; il mit à son doigt, qui ressemblait à on peigne d^argent, la bagne qne portent les archers.

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