Corpus inscr. Latin, 1 n
siècles de Rome le son du s était encore si faible dans filins^ qu'on avait le droit de supprimer cette lettre, et d'écrire filiu^ comme auparavant filio. Les poètes scéniques disent nullus pour nullus es; Térence, au dernier pied du vers, met nullu sum, iussu sum, auctu sit ; Varron écrit à la fin d'un hexamètre cedit citu célsu tolutim * ; et nous trouvons des exemples analogues dans tous les poètes de l'ancienne école. Dans l'inscription tumulaire de Protogène, heicei sitûst mimus, la seconde syllabe de situst est comptée comme brève malgré tant de consonnes accumulées dans l'écriture *. Toutefois une pareille licence n'était plus admise en littérature, et Plante en avait usé le dernier ; au temps de Lucilius on se permettait seulement d'écrire hic situs Metrophanes ^. — Pendant longtemps on négligea le s dans la prononciation, mais dans l'écriture il fut bientôt rétabli ; cette réaction se montre dès le sixième siècle de Rome. Au septième on ne trouve plus guère qu'un mot isolé où le s soit négligé : c'est vocitatust pour vocitatus est, dans la table de Gênes qui contient l'arbitrage des Minucius *. On écrivait par exemple Mummius, Lucius, mais devant une consonne on comptait ces mots comme des dactyles, selon l'ancien usage ^. Dans une inscription du tombeau des Scipions nous lisons is hic situs quei nunquam victus est virtutei : l'auteur, n'osant pas faire brève la finale de situst pour situs est, avait préféré supprimer le verbe est ®. Les plébéiens, les gens des petites villes, qui, encore après Gcéron, écrivent parfois lectu pour lectus, et ainsi de suite, décèlent par cela même leur rusticité ^.
48. Chute du m du neutre. — Le m final du nominatif neutre tombe comme le s du nominatif masculin. On écrit
i . Nonius p. 4 M (Quicherat) : Celsu. — Tr.