Ritschl, Priscae latinitatis monumenta p
(en latin piatus, hortus) *. On trouve dans l'arbitrage des Minucius, à côté du singulier plusieurs fois répété terminus et du pluriel termina j un nominatif termins^\ il a aussi ses analogues dans les langues italiques, en ombrien Ikuvins, en osque Bantins (latin Iguvinus, Bantinus), Mais cet arbitrage date de Tan de Rome 637, et on peut croire qu'à cette époque des formes comme termins étaient des archaïsmes à peu près oubliés^.
50. Chute de Vo du thème après un \, — Quand la lettre qui précède immédiatement Yo final du thème est un i, la mutilation du thème est fréquente dans le vieux latin ; \o disparaît et Yi reste seul devant la désinence casuelle. Pour Clodios ou Caecilios on dit ClodiSy Caecilis, pour Mercurios on dit Mercufns "*, de même (pour sortir du cercle des langues italiques) qu'on a dit en grec dans une période relativement récente de la langue Ayjixyjtpi; pour Ar^ixtiTptoç et «iHXrjixaTiv pour <^tXt3lJLaTtov ^. A côté du nominatif alius se maintint longtemps un autre nominatif a lis ^. Volgarius prit une seconde forme rolgariSy puis cette seconde forme passa de la déclinaison en o à la déclinaison eni'^.
1. [Valerius Probus 3. Gaius 2, 201. Ulpian. 24, 4. — Peut-être fautil se délier de ce nominatif damnas, car, nous dit M. Neue {Fortnenlehre der latein. Sprache 2 p. 62, « dans la formule juridique, damnas se construit avec esto ou sunto, et le singulier ne se distinguo pas du pluriel. » On pourrait toutefois croire que damnas représente à la fois damnatôs, nominatif singulier, et damnatôs, nominatif pluriel à la manière de Tosque et du sanskrit ; voir § 85. — Le mot osque hûrx est bien identique à horius, mais il signifie « temple » (enclos sacré).— Tr.J.
2. Corpus inscr. Latin. 1 p. 72. Ligne 8 termina^ ligne 15 termins. — Tr.
3. Si toutefois Ton doit chercher ici autre chose que Tomission accidentelle d'une lettre. — Tr.
4. Ephemeris epigraph. { p. 14 n® 21, ciste trouvée à Préneste.
5. [Corpus inscr. Latin. 1 n'> 856 Clodis, n° 842 Caecilis. — Ritschl De declinatione quadam latina reconditiore. — Tr.]
6. Corpus inscr. Latin. 1 n' 003 : alis ne pot esto, 2 n* 2633 (an 27 ap. J. G.): eique omnes alis alium receperunt.
7. Voir Ritschl, Programme de Bonn, mars et octobre 1861. — [M. Corssen dit dans sa critique, Zeitschrift de Kuhn t. 16 p. 293 : « Ritschl a mis en avant cette assertion, que le suffixe adjectif -ari » serait sorti de -ario^ et que ce dernier serait, par suite, la plus an- B cienne des deux formations. J'ai au contraire démontré, en m'appuyant • sur une foule de faits linguistiques, que des les plus anciens temps do » la langue sur lesquels nous ayons des renseignements, on trouve do
Nous voyons alterner les trois nominatifs Verres, Verrié et Verrius (car on dit lex Verria comme lex Iulia) * : quand nous les rapprochons de aidiles aidilis nous pouvons nous demander si beaucoup de mots de ce genre n'ont pas eu aussi une triple forme ; et si la plupart des thèmes nominaux que leurs terminaisons casuelles les plus ordinaires nous ont fait considérer plus haut comme des thèmes en i ne contenaient pas dans le latin anté-historique un suffixe de fon^iaiion plus plein, je veux dire le suflSxe io *. — Quoi qu'il en soit, nous pouvons croire que la transformation de alios ou alius en alis s'explique par un double phénomène. Il est probable que d'abord Yo ou Yu s'est assimilé à Yi qui le précédait immédiatement, et qu'ensuite les deux i consécutif se sont contractés en un seul. C'est ainsi qu'en osque, après un i, la terminaison ûs se transforme régulièrement en is ou is;
» nombreux adjectifis en -^iri, que la multitude surabondante de ces » derniers ne se présente pas avant l'époque impériale, que dans beau- » coup do cas le suffixe -ario est un élargissement de -art au moyen de io, » que dans d'autres il est sorti de -àsio, que dans d'autres encore c'est un » affaiblissement de -^iro, comme -ait de -alo ; qu'enfm l'a long, dans » ces formes adjectives, provient de ce qu'à l'origine elles étaient dérivées » de verbes de la conjugaison en a (Kritische Beitrage 331-339). Quand > après cette démonstration, B. répète simplement l'assertion de Ritschl, » naturellement elle ne se change pas en vérité parce qu'il l'a énoncée; B elle reste ce qu'elle était, c'estr^-dire une erreur. II en est de môme » de ridée qu'alis et cUid seraient sortis de alius et aliud {Krit. Beiirœge » 298). » — Il serait trop long d'analyser ici la démonstration de M. G.; je citerai seulement une de ses preuves qui, ce semble, est sans réplique, c'est que le sufûxe âlis existe dans un grand nombre de mots tandis qu'il n'y a pas de suffixe âlius, La théorie do M. Ritschl ne serait évidemment admissible que si cet âlius existait. Quant à savoir si àri vient de âro et àli de â/o, c'est une question plus délicate. Il existe certainement un suflixe H indépendant (tà-li-s quâ-li-s a-li-ier), — Tr.].
1. \Verris se trouve dans le Corpus inscr. Latin, i n* 1150. — Le mot en question est d'ailleurs le seul nom latin pour lequel l'alternance des terminaisons es et ius puisse être admise ; et là môme elle est loin d'ôtro assurée. — Tr.j.
2. On fera bien de se reporter au travail de G. Curtius, de adiectivis etc., programme de Leipzig, 1870. Curtius y rend vraisemblable l'hypothèse d'une ancienne forme plus pleine du suffixe de formation, pour les adjectifs qui contiennent un /, comme humilis (grec x^ai^aXoç). — Les noms de fôtes formés du suflixe âli (cf. hacanal dans le fameux sénatusconsulte) sont fléchis au pluriel plus souvent d'après la déclinaison en o que d'après la déclinaison en i : Salurnaliorum est plus fréquent que Satur^ naliuni^
puis la voyelle disparaît et il ne reste que le s. Aux noms latins ViniciitSy Popidius, Stenius correspondent en osque Viinikiis, Pûpidiis, Stenis *. — Il semble que les formes contractées en is pour ios aient été éliminées de la langue latine littéraire vers le temps où vivait Plaute. Plante en efiet compte parfois filins ou gaudium pour deux syllabes au lieu de trois, ce qui est à peu près la même chose que d'écrire ces mots filis et gaudim; mais il ne se permet cette licence que dans des mètres assez libres, ce qui prouve qu'il avait quelque peine à la faire passer. — La liberté de dire à volonté Sulpicius et Sulpicis ne peut être que d'une époque où les lois de l'accentuation n'étaient pas encore définitivement fixées. Et de même la connaissance de ces lois suifit pour faire voir qu'une iorme comme damnas appartient à la période antélittéraire de la langue latine*.
51. Disparition de la terminaison os au nominatif des thèmes en io. — Clodios s'étant contracté en Clodis et Comelios en Cornelis, le suffixe s, signe du nominatif, tomba dans ces formes nouvelles comme dans filio pour filios. Aussi trouve-t-on assez souvent dans les plus vieilles inscriptions des noms comme Clodi, Corneli ; c'est Mommsen qui le premier y a reconnu des nominatifs ^,
52. Disparition de la terminaison o^au nominatif àes thèmes en ro, — Dans Clodi pour Clodios la terminaison
1. M. Merguet, Entwickelung der latein. FormenbUdung, § 29, montre que le procédé n'est pas le môme dans les deux langues. En latin Tintermédiaire entre ios et iis est tus, en osque c'est te*. — Tr.
2. Ceci est vrai en tout cas; seulement il est permis de supposer qu'on prononçait non pas dàmnatos et damnas, mais plutôt damnàtos et damnas. Dans Tosque hiirz Vo du thème tombe immédiatement après une syllabe qui. de toute nécessité, devait recevoir l'accent. — Tr.
3. Mommsen, Roemisches Mûnzwesen p. 471. [Corpxts inscr. Latin. 1 n' 1478 : keisce magistratis coira{r)un{i) : C. Poplici C.f., L. Ccrvi L. f.y M. Caeici etc. — Reste à savoir si l'on ne doit pas reconnaître dans des formes de ce genre de simples abréviations. C'est l'avis de M. Neue, Formenlehre der latein, Sprache^ 1 jj 24 ; il en rapproche les abréviations évidentes Var, Aimil, Aemi, Afran^ Alb, Lucre, Cantin, Cor, Corne, Comel, Caes, Graeci, Pisid, Popil, Public, Rose, Voler, etc. Le sénatus-consulte des Bacchanales porte [Q.] Marcius L. f. S(p.) Postumius L. f. cas. senatum consoluerunt n[onis) octob. apud aedem Duelonai. sc{ribendo) arf(uerunt) M. Claudi M. f, L. Valeri P. /. Q. Minuci C. f. Ainsi les noms des greffiers sont abrégés sans cérémonie ; mais les noms des deux consuls soflt écrits tout au loue:. — Tr.l.
— ÂO —
os a disparu tout entière. Ou la supprimait aussi, et cela même dans la langue écrite, quand elle était précédée de la liquide r. Ainsi l'ancien socetVÂS, identique au grec ïr^^à^^ devint socer dans l'usage classique *. On disait originairement Euandrus, Aleœandrus^ comme en grec Euavops^, 'AXéçavBpoç; et les imitateurs des Grecs conservèrent ces vieilles formes ; Euandrus se trouve dans des inscriptions et dans Virgile *. Mais les formes ordinairement employées pour alléger la prononciation sont Eua7ider, Alexander; un e auxiliaire y est inséré comme dans Caseiiter(a) pour Casanb^a ^. Et ce qui prouve bien que cet e est une simple voyelle auxiliaire, c'est qu'on ne le retrouve plus dans la déclinaison, où il serait superflu ; ainsi ager, caper, ruber, formes latines historiquement identiques aux formes grecques à^pàq^ xa-pi;, èpuOpéç, font au génitif agtn, capri, 7^b7'i. Au contraire, un e qui fait réellement partie du thème subsiste en général k tous les cas; prosper îaiii prosperi et corniger fait cornigeri. — Il y a toutefois des exceptions k cette règle. Ainsi le suffixe comparatif te?^ perd assez fréquemment sa voyelle, escamotée dans la rapidité de la prononciation. On trouve dans les inscriptions, comme nominatif pluriel de magister, une vieille forme magiste7'es ; mais la forme ordinaire est magistri sans e *. Inversement les anciens poètes emploient un disyllabe altrwn correspondant aux formes de l'osque, tandis que la forme ordinaire est le trisyllabe altenmi. Les Latins écrivaient tantôt dejctram et tantôt deœteram. Nous avons dans les Fastes un exemple isolé de itrmn pour iterum^. utriimesi constamment en usage : uterum ne peut être reconstitué qu'k l'aide de quelques vers d'ailleurs incomplets. Ainsi Naevius, v. 53 Ribbeck : ùlermn est melius virginemjie an viduam uxoreni ducere? et aussi vers 115. — La chute de la terminaison os est de règle au nominatif des thèmes en erd; seuls, les trois mots nwm«t^.
1. Los doux formes so trouvent dans les Menaechmi do Plauto : [057 àhiit socerus, nbiil medicus : sôlus sum; 1046 s^tcer et médiats me insanire aiéhant. — Tr.].
2. \Aen. 8, 100 185 545 548. Marini, Gli alli e monumenti de fralelli Arvali, p. 451. — Tr.].
3. Corpus inscr. Latin, 1 n» 1501 (ciste trouvée à Préncste)é — Sur (Jasantra voir Quintilien 1, 4, Ifi.
4. Sur magistere{s) voir Coiyus inscr, Ijatin, 1 n* 73, j^. 28 ; [voir aussi aux addenda p. 554. — Tr.].