CHUTE DE M
118. Il est inexact de dire qu'un rti final rend nécessairement longue la syllabe qu'il termine, ou que par une action régressive il allonge la voyelle*. Dans meHdiem, dans rem, Priscien entendait devant le m un e bref ; et il ajoute à son témoignage ce commentaire caractéristique : numquam enim ante m ter^ niinaleni longa invenitur voccUis'^ . Si l'on songe à l'époque où vivait Priscien, on n'attachera guère d'importance à son observation ; mais les anciens auteurs nous ont laissé assez d'exemples décisifs. Nous savons que la voyelle peut rester brève même si on laisse tomber le m, et qu'alors la syllabe compte pour une brève devant un mot commençant par une consonne ; ainsi la chute du m n'est balancée par aucune compensation. 11 est vrai que le contraire peut avoir lieu aussi : dans ce cas la consonne m en disparaissant, comme elle le fait toujours en vers devant un mot commençant par une voyelle, reporte sa durée sur la voyelle précédente, qui au lieu d'être élidée compte pour une longue. En tout cas c'est toujours la quantité longue qu'il faut considérer comme primitive : d'une part on ne peut se rendre compte autrement de la quantité brève qui s*introduisit plus tard, d'autre part dans une inscription osque de Pompei nous trouvons un accusatif [èvûxmnpaam qui serait en latin jMaam*.
1. Certains thèmes subissent en latin des modifications d'un autre genre dont je ne m'occuperai pas davantage. Ainsi, avant l'époque de Cicéron, les anciens Romains disaient Piraeum en trois syllabes; nul ne disait Piraeeum en quatre syllal)es. C'est à tort qu'on introduit cette dernière forme dans les passages de vieux auteurs cités par Cicéron, ad Atticum 7, 4 (3), 10.