‹ Précis de la gymnastique moderne, et application de cet art aux déviations de la tailleChapitre 5 sur 18 · CHAPITRE DEUXIÈME. Applications · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME. Applications

I. Coxsrrruriox. Si assemblage des parties principales qui composent l’individu est tel, qu'aucune d’entre elles n'ait sur les autres de prédominance native ou acquise, l’exercice sera dirigé de manière à entretenir cette régularité; mais s’il en est autrement, ce sera alors les parties les moins développées dont il faudra solliciter l’action. Ce procédé effacera l’irrégularité des formes, et leur rendra cette harmonie qui constitue le beau. |

IE. Force.—Les exercices actifs doivent être proportionnés à la force de l'individu. Je ne veux pas dire à la force de la fibre musculaire (car cette proposition conduirait à faire prendre le plus d’exercice à celui quien a le moins besoin), mais à la force générale de tous les organes, aux dépenses qu'ils peuvent faire en faveur des actions musculaires, sans que ce diverticulum des forces vitales puisse épuiser la source de ce qui est nécessaire à l'intégrité des fonctions. Ainsi, les constitutions, les tempéraments, les âges et les sexes, chez lesquels les forces locomotrices seront très inférieures aux forces assimilatrices, auront moins à redouter l’épuisement des matériaux que celles-ci leur apprêétent, et pourront prendre plus d’exercice que les individus qui, à raison des conditions opposées, jouissent d’une organisation assimilatrice très faible, mais chez lesquels la puissance musculaire est portée à un haut degré, et susceptible de grands efforts.

L'exercice passif, dont l’effet est de maintenir les forces loco-

motrices dans des mesures inférieures aux forces nutritives, étant soumis à des conditions inverses, offrira donc à ces derniers sujets les avantages contraires. Tandis que les exercices mixtes, qui ne réclament qu’une quantité médiocre de la force destinée aux actions musculaires, et dont l'influence se porte dans une égale proportion sur les organes des deux vies, seront mis en usage dans le cas où les organes de nutrition et de relation étant doués d’un développement égal, il ne s’agit plus que de maintenir dans cette juste mesure l’accroissement de la force totale de économie.

IT. Hagrrune.—L’habitude doit apporter certaines modifications dans l’emploi des exercices. Elle a, en effet, pour premier résultat de rendre ceux-ci plus faciles, et pour second résultat de les rendre plus nécessaires. Est-ce par une sorte de développement exclusif des parties qui servent aux mêmes actes que l'habitude les rend plus faciles? Je le pense, et ne jepourrais guère expliquer autrement cet effet. Cependant, tel élève du gymnase jouit d’une force totale moins considérable que tel autre; la force partielle de ses bras est également moindre, et cependant il répète, en se jouant, pendant des heures entiéres, tous les exercices du portique, dont son camarade, plus fort que Jui, ne peut, à cause du défaut d'habitude, pratiquer les deux ou trois premiers sans être hors d’état de continuer. Voici, je pense, ce qui se passe dans ce cas : tel mouvement nécessite dans les muscles qui en sont les agents, un changement quelconque de rapport : or ce changement (abstraction faite de la somme des forces acquises par les muscles) devient d'autant plus facile que les causes qui établissaient entre les muscles le rapport pri-

milif, finissent par être effacces après un certain nombre de répétitions du même mouvement.

L’habitude rend, nous avonsdit, les exercices plus nécessaires. Ce fait est incontestable. Un homme passe une grande partie de sa vie dans les travaux corporels les plus pénibles; te fortune moins contraire le met à même de quitter tout à coup son genre de vie, bientôt il est accablé d’une foule d’infirmités, et il ne parvient à s’en délivrer qu’en recourant à ses premières habitudes. Qu’arrive-t-il dans ce cas? C’est que les facultés vitales longtemps distribuées aux muscles ou dissipées par l’effet des répétitions du mouvement, viennent tout à coup, par leur présence insolite, entraver les fonctions des organes peu habitués à cette superfluité. Il est donc de la plus haute importance de tenir comple de l'influence qu’exerce l'habitude sur la plupart de nos fonctions, dans l’application des exercices physiques au développement, au perfectionnement du corps.

IV. TEMPÉRAMENT BiLIEUx.—Le bilieux, caractérisé par la sécheresse et extrême rigidité de la fibre, par Pénergie et la vivacité des fonctions digestives, circulatoires, respiratoires, sécrétoires, etc., doit faire usage d’un exercice très modéré et soutenu, plutôt propre à régler qu’à accélérer la marche déjà très rapide des fonctions.

V. TEMPÉRAMENT LYMPHATIQUE.—Cetempérament, caractérisé par la pléthore des absorbants, par la laxité des solides, par une lenteur absolue des fonctions vitales, et cependant par une grande énergie et une grande irritabilité du système lymphatique, réclame impérieusement les exercices actifs prati-

GYMNASTIQUE MODERNE. 11 qués en été, sur des lieux élevés dans un air sec, sous un ciel brülant.

VI. TEMPÉRAMENT saNGUIN.—Le sanguin, que caractérise un teint coloré, des muscles fermes, sans être ni secs ni durs, des fonctions exécutées avec facilité, etc., doitfaire un usage constant des exercices actifs dans toutes les saisons, dans tous les climats.

VIT. Le tempérament nerveux, caractérisé par une exaltation extrême de la sensibilité, par un tact exquis, par une habitude grêle, par une exaspération excessive, un épanouissement de sentiment et une facilité de perception portés au suprême degré,

réclame les exercices les plus soutenus.

VIIT. Le (empérament nervosobilieux, avec une exaltation des qualités affectives (mélancolique), produite par une disposition particulière de l’ancéphale, ordinairement primitive, souvent développée par des affections morales tristes, quelquefois entretenue par une extrême susceptibilité des viscères abdominaux, suscepüibilité qui n’est que Peffet et non la cause de la disposition cérébrale, dans certain cas au moins, caractérisé pour l’ordinaire comme le précédent, par une habitude grêle et par tous les signes du tempérament bilieux, etc., doit faire usage des exercices très modérés, les varier et les rendre agréables.

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