‹ Précis de la gymnastique moderne, et application de cet art aux déviations de la tailleChapitre 8 sur 18 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

Funeste résultat des exigences des études sous Le rapport de la sunté.

Parmi les vices de notre système d'éducation, on peut mettre en première ligne, les exigences des études des enfants qui, assis etimmobiles à une table pendant treize heures de la journée, ne peuvent avoir qu'une existence chétive et souvent abrégée ; voyez, en effet, ce qui se passe dans l’économie, lorsque le cerveau est plongé dans une méditation profonde; les sens externes et les muscles sont dans le repos, la respiration est contenue et reudue tellement imperceptible qu’on la croirait suspendue, les battements du cœur sont à peine sensibles, la cireulation capillaire et la calorification semblent ne plus exister qu’au cerveau; les fonctions des viscères abdominaux sont arrêtées et perveres; c’est un état d’oubli, je dirai presque de mort, pour les fonctions Îles plus utiles de l'animal. Suivez avec quelque con-

tension d’esprit le fil d’une idée, cherchez avec effort à en donner le développement, puis tout à coup étudiez, s’il vous est possible, l’état dans lequel vous a jeté l’activité de celte opération intellectuelle ; comparez ensuite cet état à celui auquel aura donné naissance une série d'actions musculaires exécutées avec vigueur, vous apprécierez alors quelle influence nuisible l’exercice exclusif du cerveau doit avoir sur l’action des mouvements organiques et la parfaite régularité de leurs produits. L'exercice des facultés intellectuelles est-il porté à un certain degré ; tout languit dans l’économie, hors le cerveau et les organes qui s’associent à son action, et si les parties en activité acquièrent un surcroit de développement, les autres éprouvent une diminution manifeste. La nutrition est moins active, moins puissante, la force musculaire, et plus encore celle des organes qui président à toutes les fonctions assimilatrices, se perdent avec une promptitude surprenante : si les muscles avaient été préalablement très développés par l'exercice, ils perdent avec leur volume la fermeté qui les caractérisait, le tissu cellulaire lui-même s’affaisse par la diminution survenue dans la sécrétion de la graisse ; la susceptibilité morale est portée à l'extrême, et l'équilibre entièrement rompu entre l’influence cérébrale et la force matérielle des organes. Cependant, nous ferons observer que nous tenons ici seulement compte des funestes effets qu’entrainent après eux les exercices du cerveau longtemps continués, et que nous passons sous silence les affections encéphaliques et toutes ces maladies qui les compliquent d'ordinaire.

Cette jeunesse de qui on exige de sérieuses études a besoin, plus que d’autres sujets, d’une gymnastique bien raisonnée .et faite pour contre-balancer les fatigues du travail de esprit: or,

faciliter les effets de la croissance, améliorer l’état des jeunesfilles qui passent péniblement de l'enfance à l’âge de la puberté, combattre la marche impérieuse des organes reproducteurs, et détourner les traits empoisonnés de la volupté, voilà ce que nous nous proposons de faire en faveur de cet âge si intéressant!

Enfin, sion veut que les enfants aient une bonne constitution, jouissent d’une santé bien établie, et puissent à âge de la puberté remplir utilement leur vie, il faut que, dès leurs premières années, on les soumette à des exercices assez variés pour - disséminer les forces vitales, et assez soutenus pour les étendre.

Un seul genre d’exercice, la promenade, par exemple, ne suffit pas à l'entretien ou au rétablissement de la santé. En se promenant, on n’exerce que les extrémités inférieures; les bras peuvent malgré cela rester grêles, les reins faibles, la poitrine serrée; les digestions peuvent être lentes; le cœur , le foie peuvent fonctionner mal; le sang peut se diriger d'habitude avec trop d’abondance vers un des organes essentiels à la vie, le surexciter ou l’engorger, et en ralentir l’action. Ainsi se développent, malgré la promenade, des maladies fort graves, qui, nous ne saurions trop le répéter, sont prévenues ou dissipées gar des exercices variés et bien entendus.

— EE RNCS

Page 1