LOIS NATURELLES GRAV. DANS LE COEUR
naturelles, puisque ce n’est qu’en consultant leurs sens moraux que les moralistes ont pu les déduire, car dans ce système les deux sciences se confondent. Cette théorie mène donc au pins dangereux de tous les systèmes imaginés sur le droit naturel, à ce système contre lequel Bentham s’élève avec tant de chaleur, et qu’il trouve tellement pernicieux, qu’il préfère nier l’existence ' des lois naturelles plutôt que d’adopter un système qui peut conduire aux abus les plus monstrueux.
Art. IV. — La 'volonté de Dieu , manifestée par
la révélation , est la base du droit naturel . —
Réfutation.
Ce système a été embrassé par le docteur W arburton, dans sa Divine légation de Moïse , par plusieurs autres jurisconsultes et par M. de Donald. Ils ne voient d’autres fondemens aux lois naturelles que la volonté de l’Ètre suprême, exprimée par la révélation et consignée dans la Genèse et autres livres du culte catholique. Mais cette pensée estelle philosophique? est-elle raisonnable? Les
58 SYSTEMES SUlt JLE DHOIT KATUllEU,
livres sacrés et les vérités qu’ils enseignent doivent rester en dehors des discussions.
Respectons -les, puisqu’ils contiennent les dogmes de notre religion , mais gardonsnous d’en faire découler les sciences profanes; en les touchant, enles examinant dans ce hut, nous pourrions les souiller. D’ailleurs, si nos livres saints étaient les fondemens exclusifs de la morale et des lois naturelles, il en résulterait cette conséquence absurde, que la plus grande partie des liabitans de la terre, c’est-à-dire tous ceux qui professent des cultes dissidens, et l’on en compte plus de soixante-douze , n’auraient ni morale ni bonnes lois; paradoxe qu’on n’a pas craint de soutenir , mais qui est démenti par l’expérience. Les hommes ont trouvé le bonheur et les empirçs sont devenus puissans partout où l’on a respecté les droits , les personnes et les propriétés.
Art.V . — Une croyance religieuse, quelle qu'elle
soit , est la base des lois. — Réfutation.
La proposition que nous avons discutée dans le paragraphe qui précède, nepouvant