‹ Précis de la science du droit naturel et du droit des gens, ... précédé d'une introduction historique, et suivi d'une biographie, d'une bibliographie et d'un vocabulaire. Par M. MalepeyreChapitre 22 sur 64 · DÉSIR DE LA FELICITE · texte numérisé non relu

DÉSIR DE LA FELICITE

en les rappelant sans cesse à son souvenir : que pourrait-on ajouter à un état si fortuné ?

» A l’égard de la vertu, qui est si excellente et si belle, qui pourrait la trouver telle si elle ne produisait la volupté de l’âme?

» Il en est de môme de la sagesse, qui est l’art de vivre; on la dédaignerait si elle n’était bonne à rien; on la désire parce qu’elle procure la volupté. » *

L’on comprend maintenant la volupté dont nous voulons parler. L’ignorance de ce qui est utile ou nuisible étant un des principaux inconvéniens et un des plus grands maux de la vie, parce que l’erreur sur ce qui est dangereux ou convenable prive les hommes des plaisirs les plus doux ou les livre à des peines cruelles, l’ignorance doit donc être évitée et vaincue comme un mal.

La sagesse, au contraire, nous arrachant aux penchans vicieux , aux craintes , aux préjugés , aux fausses terreurs , aux opinions mensongères , doit être recherchée comme un bien.

H n’y a , en effet , que la sagesse qui

puisse nous conduire à une vie paisible , nous préserver de la guerre des passions et nous enseigner les chemins qui conduisent au bonheur. Il faut donc rechercher la sagesse à cause de la volupté qu’elle procure , fuir l’ignorance et la folie à cause des maux qu’elles entraînent après elles.

Pour arriver au souverain bien, suivons donc les lois de la nature , fuyons la douleur et recherchons la volupté, mais en nous souvenant de ces belles paroles d Épicure que rappelle Diogène Laerce : « Il n’est pas de bonheur sans la sagesse, 1 honnêteté et la vertu, ni de sagesse, d’honnêteté et de vertu sans bonheur. »

SECTION II

Le désir de la liberté est une conséquence de V amour de soi.

Le désir du bien-être conduit irrésistiblement l’homme à V amour de V indépendance , parce qu’il sait qu’il n'y a pas de bonheur sans liberté; que hors de l’état social il ne doit compte de ses actions qu’à l’Être suprême et à lui-même; que sa liberté ne peut

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