‹ Précis de la science du droit naturel et du droit des gens, ... précédé d'une introduction historique, et suivi d'une biographie, d'une bibliographie et d'un vocabulaire. Par M. MalepeyreChapitre 23 sur 64 · DÉSIR DÉ LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

DÉSIR DÉ LA LIBERTÉ

être gênée que par la violence , et que la force ne fait jamais le droit ; que la liberté est un droit qu’il tient de son Créateur, et qu’il n’y a pas de droit contre le droit.

U sait que les obligations que lui impose la force, il ale droit de s’en affranchir aussitôt qu’il en a le pouvoir ; qu’il est maître de lui- même et de ses actions; qu’il n’est assujéti qu’à l’autorité de la raison , qui est sa règle primitive ; qu’enfin son droit à l’indépendance ne peut être limité que par ses besoins , ses affections et son intérêt individuel.

I. Les autres lois de notre nature posent des limites à ce droit.

Le charme séducteur qui l’entraîne vers l’autre sexe, qui l’attache à sa compagne, la tendresse que la nature lui inspire pour ses enfans, en lui imposant des devoirs, viennent circonscrire son droit absolu à la liberté ; mais le besoin impérieux de vivre en société, la Sociabilité, qui est son véritable état naturel, puisque c’est le seul où il puisse développer les belles facultés qu’il a reçues de la nature , lui prescrit le devoir de sacrifier une partie de ce droit

précieux pour acquérir de nouveaux avantages et l’exercice plus complet de la liberté, et, en se mettant sous l’égide protectrice de l’organisation sociale, assurer la tranquillité de sa personne et de ses propriétés.

II. Erreur des publicistes qui ont voulu légitimer l’esclavage.

Toute la matière de cette section nous l’emprunterons à J. -J. Rousseau et à Montesquieu ; l’erreur que nous signalons est si dangereuse que nous craindrions d’affaiblir les puissans argumens avec lesquels ces deux grands hommes l’ont combattue '

victorieusement.

«On ne croirait jamais que c’eût été la pitié qui eût élabli l’esclavage, et que pour cela elle s’y fût prise de trois manières : Le droit des gens a voulu que les prisonniers fussent esclaves pour qu’on ne les tuât pas ; le droit civil des Romains a permis à des débiteurs , que leurs créanciers pouvaient maltraiter, de se vendre eux - mêmes ; et le droit naturel a voulu que des enfans qu’un père esclave ne pouvait plus nour-

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