‹ Précis de la science du droit naturel et du droit des gens, ... précédé d'une introduction historique, et suivi d'une biographie, d'une bibliographie et d'un vocabulaire. Par M. MalepeyreChapitre 24 sur 64 · DÉSIR DE LA. LIBERTÉ · texte numérisé non relu

DÉSIR DE LA. LIBERTÉ

rir, fussent dans l’esclavage comme leur père. Ces raisons des jurisconsultes ne sont pas sensées : il est faux qu’il soit permis de tuer dans la guerre autrement que dans le cas de nécessité; mais dès qu’un homme en a fait, un autre esclave , on ne peut pas dire qu’il ait été dans la nécessité de le

tuer puisqu’il ne l’a pas fait

» Il n’est pas vrai de dire qu’un homme libre puisse se vendre : la vente suppose un prix ; l’esclave se vendant, tous ses biens entreraient dans la propriété du maître; le maître ne donnerait donc rien

€t l’esclave ne recevrait rien Si la liberté

a un prix pour celui qui l’achète , elle est sans prix pour celui qui la vend.

» Supposons, d’ailleurs, qu’un homme puisse se vendre; il n’en résulterait pas qu un peuple entier pût aliéner sa liberté. Aliéner c’est se donner ou se vendre; or un homme qui se fait esclave d’un autre ne se donne pas , il se vend tout au moins pour sa subsistance. Mais un peuple, pourquoi se vend - 1 - il ? Bien loin qu’un roi fournisse à ses sujets leur subsistance , il ne tire la sienne que d’eux ; et , selon Rabelais , un

lois NATURELLES.

roi ne vit pas de peu. Les sujets donnent donc leur personne à condition qu’on leur prendra leurs Liens ; je ne vois pas ce qui leur reste à conserver.

» Dire qu’un homme se donne gratuitement, c'est dire une chose absurde et inconcevable; un tel acte est illégitime et nul, par cela seul que celui qui le fait n’est pas dans son bon sens : dire la même chose de tout un peuple, c’est supposer un peuple de fous : la folie 11e fait pas le droit.

» Quand chacun pourrait s’aliéner luimême, il ne peut aliéner ses enfans ; ils naissent hommes et libres; leur liberté leuç

appartient; nul n’a le droit d’en disposer

Renoncer à la liberté , c’est renoncer à sa qualité d’homme, aux droits de l’humanité et même à ses devoirs , il n'y a nul dédommagement possible pour quiconque renonce à tout, une telle renonciation est incompatible avec la nature de l’homme ; c’est ôter toute moralité à ses actions, que d’ôter toute liberté à sa volonté. »

Le droit d’esclavage fondé sur la naissance est donc plus illégitime encore que ceux dont on veut tirer l’origine de la

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