‹ Précis de la science du droit naturel et du droit des gens, ... précédé d'une introduction historique, et suivi d'une biographie, d'une bibliographie et d'un vocabulaire. Par M. MalepeyreChapitre 26 sur 64 · LE BOKHEUR PAR LA SAGESSE · texte numérisé non relu

LE BOKHEUR PAR LA SAGESSE

SECTIOIf III.

L’homme parvient au bonheur parle chemin de la sagesse.

Le bonheur est cette satisfaction inté-

rieure de l’âme qui naît du sentiment du bien-être et de l’estime de soi-même. Mais comment parvenir au bien-être? comment mériter sa propre estime? en suivant la voie de la sagesse et le chemin de la 'vertu.

En quoi consiste la sagesse? à vivre selon la nature, à suivre les anciens préceptes des sages , qui ordonnent de se conformer au temps, tempori parère ; — d’obéir à la volonté de Dieu, sequi Deum; — - de se connaître soimême, et se noscere ; — enfin d’éviter tout excès, et nihil nimis . — La sagesse est donc la conformité de nos actions aux lois de la nature; elle engendre nécessairement les actions honnêtes, dont l’assemblage forme l’être moral qu’on appelle 'vertu.

La nature de l’homme a été divisée par les anciens philosophes en deux parties, en âme et en corps. Ils ont pensé que l’un et Vautre étaient des biens qui méritaient d’être

conservés; persuadés que la sagesse devait être la sentinelle et la tutrice de l’homme, la compagne et l’aide de la nature, ils ont dit qu’il était du devoir de la sagesse de protéger cet être composé d’àme et de corps.

Remarquant que la connaissance des biens du corps ne présentait aucune difficulté, ils se sont appliqués à rechercher quels étaient les biens de l’âme ; ils y ont trouvé des germes de justice et d’équité qui, cultivés par la réflexion , donnaient naissance à la vertu, et engendraient cette grandeur d’âme qui nous met en état de braver les revers de la fortune.

Les germes que la nature a semés dans l’âme des hommes , ils ont reconnu qu’ils produisaient les fruits précieux de la tempérance, de la modestie, de l’honnêteté et de toute espèce de vertu.

Le bonheur se composant de deux élémens, d’une vie vertueuse, et des choses qui sont selon la nature, le sage ne doit négliger aucune de ces parties. Si la vertu, à cause de sa beauté et de son utilité, mérite la préférence, ce n’est pas un motif pour résister aux sollicitations de la nature, et renoncer à

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