CHAPITRE IH
Attrait des sexes V un vers Vautre.
L’instinct de la conservation, éclairé par la sagacité comparative , aurait suffi pour préserver les êtres créés de la destruction immédiate; mais une autre loi était indispensable à la propagation des espèces , qui sans elle eussent disparu de la surface de la terre. La nature, toujours bienfaisante, a pourvu avec prudence à la conservation des genres, par un nouvel instinct qu’on peut appeler sentiment de la propagation.
Cet instinct, dégagé de ce qu’il a de trop matériel chez les animaux, et combiné avec les autres principes de la nature humaine, produit ce sentiment vif et délicieux qui nous attire vers l’autre sexe, qui nous attache à un individu de ce sexe, nous rend heureux de son seul bonheur, et identifie notre existence avec celle de l’étre que nous aimons.
§ I er . — Situation hypothétique du premier couple humain.
Figurons-nous par la pensée la situation