‹ Précis de la science du droit naturel et du droit des gens, ... précédé d'une introduction historique, et suivi d'une biographie, d'une bibliographie et d'un vocabulaire. Par M. MalepeyreChapitre 39 sur 64 · RÉFUTATION DE J.-J. ROUSSEAU. I · texte numérisé non relu

RÉFUTATION DE J.-J. ROUSSEAU. I

posé à l’institution des Sourds-et-Muets , »

vient confirmer ces observations; il est, disent MM. Gall et Spurzheim, imbécile à un haut degré, son front est très -peu élargi parles côtés et très-déprimé par le haut , ses yeux sont petits et très-enfoncés , son cervelet est peu développé. ® Nous n’avons pu , ajoutent ces physiologistes, nous convaincre qu’il eût le sens de l’ouïe, car on n’a pu devant nous le rendre attentif , ni en l’appe- 1 lant, ni en faisant sonner un verre derrière

ses oreilles »

Les hommes , dans tous les temps , dans tous les pays, se sont réunis en société; il faut en conclure qu’ils ont été appelés par le Créateur à vivre dans l’état social. Toutes les fois qu’un effet est constant il faut nécessairement supposer une cause puissante et constante qui le détermine. Si les hommes n’avaient pas été appelés à vivre en société par la volonté de l’Ètre suprême, pense-t-on que le raisonnement seul aurait pu les conduire à se rassembler, tous sans exception, en société? Ce n’est pas par des motifs raisonnés que les corneilles , les oies , les abeilles , les fourmis , les chamois , etc., se rassem-

blent en troupe , ils obéissent à la nature qui

leur a donné cet instinct particulier

La Sociabilité est donc une loi impérieuse de notre nature. Isolé, l’homme est faible et timide ; réuni à ses semblables, ses facultés se développent , il s’empare de la nature, la plie à ses besoins, la façonne à ses jouissances. La société 11’est pas pour lui un simple penchant, l’ordre de la nature n’est pas promulgué d’une manière équivoque; c’est une nécessité à laquelle il ne peut pas se soustraire sans devenir le plus misérable des êtres.

Cette loi de la nature est féconde en résultats importans; c’est de cette source que découlent presque toutes les institutions sociales.

SECTION PREMIÈRE

La nature a établi entre les hommes des liens par leurs besoins mutuels.

Les Stoïciens pensaient que tout ce que la nature produit a été créé pour l’usage des hommes; que les hommes eux-mêmes sont nés pour leurs semblables et doivent s’aider les uns les autres. Platon a écrit ces belles

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