‹ Précis de la science du droit naturel et du droit des gens, ... précédé d'une introduction historique, et suivi d'une biographie, d'une bibliographie et d'un vocabulaire. Par M. MalepeyreChapitre 48 sur 64 · E L.V GUERRE · texte numérisé non relu

E L.V GUERRE

Art. III. — De la guerre.

La vie des états doit être respectée comme celle des hommes. Toute nation attaquée a le droit de faire la guerre pour sa propre conservation , comme tout individu a le droit de repousser l’agression par la force.

La guerre est défensive , ojfensive ou civile.

La guerre défensive , c’est-à-dire celle où l’on résiste à celui par lequel on est attaqué, est juste, lorsque la guerre offensive qu’elle repousse est injuste.

La guerre ojfensive , celle où l’on attaque un peuple qui n’avait pas dessein d’attaquer, est licite, lorsque le peuple agresseur a un droit certain , et que la nation attaquée refuse opiniâtrément d’y accéder, ou de réparer quelque injure manifeste.

La guerre est civile lorsque les citoyens d’une même nation s’arment les uns contre les autres. Les guerres civiles sont toujours les plus cruelles et les plus passionnées : des frères ne se haïssent pas à demi. En affaiblissant la patrie, elles entraînent son asservissement.

Le besoin de la conservation et de l’indé-

pendance nationale nécessite dans les états une force militaire permanente, qui, par le maniement journalier des armes , soit capable de résister aux attaques que d'ambitieux voisins pourraient diriger contre la nation.

Mais la liberté des citoyens peut être compromise par l’établissement de ces grands corps armés : dès que les légions romaines furent stables et permanentes, qu’elles ne furent plus composées de citoyens, la liberté fut anéantie à Rome.

La crainte légitimée par l’expérience que ces soldats armés ne choisissent pour leur souverain le premier chef heureux qui les aura conduits à la victoire, ou qui, par ses largesses , aura mérité leur amour, et que le prince lui-même ne s’en serve pour enchaîner la liberté nationale; le désir de concilier l’indépendance des nations, appuyée sur la force, avec la liberté des citoyens qu’elle menace, occupent depuis long-temps les publicistes les plus distingués. Il est facile de proposer des hypothèses sur ce sujet, mais elles sont d’une exécution difficile dans l’état de civilisation où sont aujourd’hui parvenus les peuples de l’Europe. Peut-être en

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