RETRAITE DSS DIX MILLE
ment, de diMolutk>ii. Les satrapes servent mal, souvent même se révoltent » sans rien fonder de durable, pour eux ni pour leur famille; sans créer de force, d'indépendance, de résistance locale, à la place du gouvernement central brisé.
Quant à Faction ilu gouvernement perse sur la civilisation, elle est destructive. Les détails relatifs à Larissa et à Mespîla, que nous avons rappelés plus haut, prouvent que les Perses avaient fait des déserts de villes qui étaient de grands centres de civilisation , sous la loi des Mëdes et des Assyriens. De plus , en explorant à la suite des Dix mille Tétat des Garduques, des peuples de T Arménie, des peuples de la Golchîde, du Pont, de la Paphlagonie, delaPetite-Phrygie, de la Bithynie, Ton voit que depuis la conquête de Cyrus, c'est-à-dire depuis cent cinquante ans, les Perses avaient laissé ces diverses nations dans rétat, soit barbare > soit môme sauvage, où ils les avaient trouvées. Les Taoques et les Ghalybes de r Arménie, qui obéissent à Tiribaze, chantent et dansent à la vue de Tennemi, massacrent impitoyablement leurs prisonniers , et emportent leurs têtes à la manière des sauvages. De même les Mossynœques du Pont , qui sont compris dans le royaume tributaire du prince Achœménîde, parent du grand roi, logent dans des malsons de bois, ne connaissent le blé et le pain que comme un luxe, et les gardent comme des trésors; se nourrissent presque exclusivement de châtaignes; se peignent le corps et y gravent, au moyen du feu , de grossiers dessins ; n'ont aucune idée du mariage et des lois de la pu-
64 PRÉCIS DE l'histoire ancienne.
deur (1). Le peu de civilisation que de loin en loin Ton rencontre sur le rivage entier du Pont-£uxin, a été apporté par les Grecs^ et est concentré exclusivement dans leurs colonies. La civilisation ne prendra un second développement, une plus grande extension, qu'après la conquête d'Alexandre et de ses successeurs , qui , pour r Asie Mineure comme pour TAsie centrale , deviendra une délivrance de la barbarie, une ère nouvelle, une importation, par la guerre, des fécondes idées et des institutions de FOccident. A. P.