EXPÉDITION D*AG£S1LAS EN ASIE
rail succèdent les soins de la guerre et de la politiquCé
Tissapheme, après avoir harcelé les Grecs jus* qu'aux montagnes des Carduques^ abandonne leur poursuite, pour aller, dans TÂsie Mineure, exécuter les ordres d'Artaxerxès, et surtout servir ses intérêts et ses ressentiments. La dépouille du jeune Gyrus lui a été abandonnée : il a donc à joindre à sa satrapie héréditaire de Carie les provinces de Lydie, de Grande-Phrygie, de Cappadoce. Il doit en outre venger Artaxerxès et se venger lui-même des secours fournis à Gyrus par les Lacédémoniens et par les Grecs de l'Asie Mineure.
L'état des Grecs de l'Asie Mineure , à cette époque , est fort mal expliqué dans les histoires modernes. Aux termes du traité conclu, l'an 412, avec Tissapheme, pour obtenir ses secours, les Spartiates avaient abandonné aux Perses les Grecs de l'Asie Mineure, délivrés par Gimon. Ces Grecs obéissaient aux Perses Tan 403, comme le prouve le témoignage formel de Xénophon. Il dit en effet que les villes grecques d'Ionie avaient été livrées à Tissapherne par le roi de Perse; que la plupart de ces villes, préférant la domination du jeune Gyrus , s'étaient soustraites à l'obéissance de Tissapheme; que Milet voulait suivre cet fexemfjle , et que Tissapherne tua Uh \certain nombre d'habitants et en exila d'aiitreS pout* rester
maître de la ville. Xénophon ajoute qu'après la mort du jeune Cyrus, le roi domia à Tissapheme toutes les provinces qui avaient obéi précédemment à son frère , et décida que les villes d'Ionîe obéiraient également à ce satrape. Enfin , on trouve dans l'historien que Tan 399 , les villes d'JEolie appartenaient à Pbarnabaze , et qu'il leur avait donné pour gouverneur particulier^ pour sous-satrape, Zenis le Dardanien (i).
Les villes de l'Ionie et de TiSolie étaient passionnées pour l'indépendance que le traité de Gimon leur avait assurée, pour un état qui les garantissait de la domination oppressive de la Perse. Dans le temps qui nous occupe , elles avaient un motif particulier pour chercher à s'aflfranchir : c'était de se soustraire aux vengeances de Tissapheme, qui leur demandait cx)mpte à la fois, et de la préférence qu'elles avaient donnée sur son autorité à celle de Cyrus, et des secours qu'elles avaient fournis à ce prince contre le roi. Dès qu'elles se virent attaquées par le satrape, elles implorèrent la protection de Lacédémone, qui leur envoya Thimbron avec cinq mille bommes (2).
(1) Xénophon, Anabas., 1. 1; HeUenica, IIl, i, p. 364: eù6b{ il^ixA) xàbi I(ovixdcc icdXeiç àizaaaç éaurtj) Oicr^xoouç élvai ; page 366 : t/j 6è Aio^lç aOTTi ^v jùv 4»apva6dÇdv, èoaTpdiceue Sk aôty triç -/ti}paç, Scoç (Jiièv S^ti, Zt^vu; AapSaveuç.
(1) Xénophon, 1. III» donne des détails différents de ceux de
EXPÉDITION d'agÉSILAS EN ASIE. 69
n. Expédition de Thimbron et de Dercyllidaa dans VA$ie. — Thimbron engage à la solde de sa patrie les Grecs du jeune Cyrus, alors réduits au nombre de six mille : il s^empare de Pergame, de Myrine , de quelques autres places , échoue au siège de Larisse égyptienne, et se prépare à entrer en Carie, lorsqu'il est remplacé par Dercyllidas. Dercyllidas conclut une trêve avecTissapherne, et attaque Pharnabaze, satrape de Phrygie et d'iEoIie. Il prend Larisse, Hamaxite, Colonne, cités maritimes, soumet en quelques jours Cébrène , Scepsis , et les autres villes de l'^olie, aidé dans ses succès par Thorreur qu'inspire le sous-gouverneur Midias, assassin de sa bellemère Mania. Dercyllidas fait supporter dans ces con • trées la domination de Sparte par une modération dont aucun de ses* prédécesseurs n'avait donné rexemple, et protège, par la construction d'une muraille, le riche territoire des Chersonésiens contre les incursions des Thraces, 398. Il accorde à Pharnabaze un armistice , durant lequel il remet le commandement à Agésilas.
lïï. Expédition d' Agésilas dans VAsie Mineure , 397. — Le crédit de Lysandre et le mérite d'Agésilas portent ce prince au trône après la mort de son frère
Diodore, 1. XIV, c. 36 et sqq., sur les expéditions de TtalmbroQ et de Dercyllidas. Je me confonne au récit de Xénophon.
70 PRÉCIS DE l'histoire ANCIENNE,
Agis, et à l'exclusion de son neveu Léotychidès. Il reçoit la conduite de la guerre d'Asie. Son premier soin, en débarquant dans le pays, est de régler le gouvernement des villes grecques, alors plongées dans l'anarchie. Lysandre, qui l'a accompagné, prétend le traiter comme sa créature, exercer seul l'autorité sur les soldats et sur les alliés, rétablir en A^sie son empire détruit précédemment. Disgracié par Agésilas, il va commander la flotte qui mouille dans THellespont, et peu après il retourne à Sparte. Là il projette d'employer l'éloquence d'un rhéteur et l'imposture des oracles pour détruire le droit héréditaire des deux maisons régnantes, enlever la couronne à Agésilas, et la placer sur sa propre tête : la conspiration échoue par la timidité de l'un de ses complices.
Agésilas part d'Éphèse, ravage la Phrygie et la Carie , met les Perses en fuite dans plusieurs rencontres, se porte en Lydie Tannée suivante, 396, et remporte une victoire complète sur les bords du Pactole. Tissapherne, accusé de favoriser les Lacédémoniens, jugé coupable depuis qu'il est malheureux, est assassiné et remplacé par Tithrauste. Le nouveau satrape offre des sommes énormes au roi de Sparte pour évacuer sa province. Agésilas accepte, et, avec l'argent des Perses , va faire la guerre dans une autre partie de leur empire. Il attaque Pharnabaze en Phrygie , le défait , le ptoutsuit , ie fcliââSe successivement
EXPEDITION d'agÉSILAS EK ASIE. 71
de tous les pays de son obéissance ; reçoit la soumission des satrapes subalternes; entretient d^ relations avec TËgyptO; récemment révoltée. A la tête de vingt mille Grecs et d'une foule innombrable de Barbares , il marche vers te centre de Tempire des Perses par la route que les Dix mille ont tracée : il va commencer contre la Haute- Asie une expédition dont il est impossible de ci^uler au juste les résuUatoy puisque Sparte ne l'avait pas projetée (1).
395. Mais les républiques grecques, pasàonnées pour une indépendance absdue^ ennemies de quiconque exerce la suprématie et le cconmandement en Grèce, iadignéçs de Fibssujettifisfimeni des Éléens et du bannissemei^ des Messéniens, craignant un sort pareil pour dles-mémes, maudissant le despotisme des nouveaux dominateurs de la Grèce , sont di^osées à s'armer contre les l^artiates , qu'elles ont pris pour chefs contre les Athéniens, pendant la guerre du Péloponèse. Au milieu de cette fermestation^Tagent de Tithrauste, le Rhodien Timocrate, distribue cinqmtnte talents (275,000 fr.) aux magistrats des prin> cipales villes , achète leurs déclamations vém^ , et
(1 ) Aleiandjre réussit : mais A^silAS aurait-il reçu de la Grèce les continuelles recrues qu'Alexandre en fit venir, et que la puissance de la Macédoine , bien mieux aJBfermie que celle de Sparte, kri permit d'exiger?
l'influence qu'ils peuvent exercer sur leurs concitoyens pour les pousser à la guerre.
IV. Ligue formée m Grèce contre Sparte, rappel d*Agé$ila$. — Une ligue est formée contre Sparte par Thèbes, Ai^os, Corinthe, lesThessaliens, Athènes enfin, qui aspire à se relever de rabaissement où sa rivale Ta réduite. Tandis que les troupes combinées de ces cinq républiques tiendront tête aux Spartiates sur terre , les Perses attaqueront leur puissance navale de nouvelle date avec une flotte de trois cents vaisseaux rassemblés dans les ports de Pbénicie et de Gilicie^ de lUiodes et de Cypre , par les soins de Gonon, Tun des fugitifs d'^Ëgos-Potamos , qui a cherché un asile chez le roi de Salamine , Évagoras. Partout les Grecs combattent les Grecs pour les Perses.
A la première nouvelle de la levée de boucliers des Thébains , Ly sandre entre en Béotie, enlève Lébadée et Orchomène. Mais avant d'avoir opéré sa jonction avec le roi de Sparte Pausanias^ il est vaincu et tué sous les murs d'Haliarte. Une autre bataille est livrée près de Némée, sur les confins de la Gorinthie; elle est sanglante et indécise. Sparte épouvantée rappelle Agésilas : les dangers dont Artaxerxès était menacé se dissipent; la conquête de la Perse par les Grecs est ajournée indéfiniment Agésilas entre en Grèce par THellespont, la Thrace et la Macédoine, et envahit la Béotie. Tandis que ses troupes et- celles des confé-
UGUB GONTRB SPARTE. RAPPEL d'aGÉSIUlS. 73
dérés sont en présence près de Coronée, 394, il apprend que Conon et Pharnabaze ont vaincu la flotte lacédémonienne à la hauteur de Gnide, qu'ils ont détruit une partie des cent galères dont elle se composait y en ont pris cinquante , ont arraché à sa patrie l'empire de la mer dont elle jouissait depuis dix ans (i), et la domination de la Carie , de Tlonie» de rÈellespont (2). La bataille livrée à Coronée ne répare aucune de ces pertes : les Spartiates restent maîtres du champ de bataille ; mais affaiblis par leur stérile victoire , ils sont contraints de rentrer dans le Péloponèse. Conon conduit sa flotte dans l'Attique , débarque ses équipages , et relève à la hâte les murs du Piréaet d'Athènes ^ des mains de ces mômes Perses qui l'avaient incendiée au temps de Xerxès. L'argent de Pharnabaze fournit en même temps aux Corinthiens les moyens de construire une flotte y et de dominer sur la mer d'Achaïe^ 393.
393, Quand Sparte envoya Agésiias en Asie, elle dominait sur terre et sur mer^ donnait des ordres absolus aux Grecs d'Europe et d'Asie. Maintenant elle a perdu l'empire de lamer^ les côtes asiatiques^ excepté deux villes; et les confédérés de Thessalie, deThèbes,
(1) PÔlybe.
(2) Chio, Mitylène, Éphèse, Erythrée, etc., chassèrent les garnisons lacéd^oniennes; ^ydos et Sestos restèrent seules sous la puissance de Sparte.
74 PRECIS W L'ilISTOlftB AlfCiUHS.
d'Athènes, deCorinthe , d' Argos^ unis aux Pers^^ menacent de lui enlever la domination de la Grèce même. Pour prévenir ce dernier désastre^ pour empocher en particulier Athènes de ressaisir la puissance maritime^ de redevenir sa rivale , elle tante de détacher les Perses de la ligue. Antalcidas vient implorer pour elle la paix auprès de Tiribaze, suoceaseur de Tithrauste ; pour première condition , il offre d'abandonner aux Perses la Qrèee d^Asie.
393. Le succès de sa négociation est facilité par l'audace et par l'ambition des Athéniens. Us ont ou^ bUé leurs revers, ils ne se souviennent plus que de leur ancien empire, et prétendent en recouvrer toutes les parties : ils n'en exceptent pas même celles tom* bées depuis la retraite d'Agésilas au pouvoir des Perses , dont la protection vient de les tirer de leur abaissement. Gonon parcourt les Cyclades, Chio, Lesbos, rionie^ l'^Eolie^ avec une flotte composée presque entièrement de navires persans^ et les somme de reconnaître l'autorité de sa patrie. Dans le moment où cette incroyable entreprise frappe Tiribfu;e d'étonnement et d'indignation > Antalcidas annonce au satrape « que les Spartiates désirent désormais e€in<- » courir à la prospérité future de la domination por- » sane : ils proposent de déclarer toutes les villes , » grandes et petites , entièrement indépendantes les » unes des autres; dès lors il ne se trouvent plus en
LieUE COUTRB SPARTB. 75
ï> Grèea une république assez puisante pour troubler x> la tranquillité des Perses. » Tiribaze appuie ces ouvertures de tout sou crédit auprès d'Artaxerxès : les députés argiens, béotiens, athéniens, en accusent^ en rendent suspecte la sincérité^ et démasquent Tam* bition des Lacédéinoniens ^ cachée sous les dehors d'une hypocrite abnégation d'eux-mêmes, 391. Le roi les trouve assez humiliés, pas assez atfaibUs ; il poursuit le projet de leur rendre des rivaux dans les Athéniens, d'alimenter la guerre civile en Grèce ^ntre eux et les confédérés. Tiribaze, qui venait de mettre à mort Conon , et de livrer des sommes consi dérables aux Spartiates, est disgracié et remplacé par Strutbas ^ celiii-ci se prononce en faveur des Athéuiens,
390. Les Athéniens entrent dans les vues du roi , en continuant les hostilités contre les Spartiates ; ils les déconcertent par leurs conquêtes dans l'Hellespont et dans l'Asie. Thrasybule , successeur de Gouon , prend Byzance, et afferme le dîme de tout ce qui vient du Pont ; range sous les lois d'Athènes Lesbos et Ghio , où il augmente sa flotte y emporte Aspende , ville de Phamphylie , et lève d'énormes contributions jusque dans les domaines du roi. En même temps les Athéniens envoient des secours à Évagoras, roi de Salamine , et soutiennent la révolte de Cypre contre la»P€V»€ftt389.
V. ArtojuïïtégdkUmutGnaUÈrmUé^jimialei' éoê^ 388. — Jusqa'alorsArtaxcroèsii'afiâtYaqiiede Teffirantaîe ei de la démeooe daDs les piétentioiis des Athéoiens; maintenant elles loi inspirent nn oommencement de crainte. 11 est pressé d'ailleurs de eomprimer les sonlèreaients de Cypre et d'Egypte, de combattre les Cadosiens. flacoepte on dide j^otôt en mahre les articles da traité d'Antakàdas.
« Les villes grecques d'Asie, ainsi que les lies de 9 dazomène et de Cypre , demeoreront sonmises au » roi. Les antres villes grecques seront toutes libres, » à rexcq[>tion des îles dlmbros, de L^nnos, de 9 Scyros , qui continueront d'appartenir aux Atiié- » niens. Le roi se joindra aux peuples qui acceptaroot n ces conditions, pour combattre ceux qui les refun seront » 388. Les diverses républiques de la Grèce repoussent d'abord les danses de cette pacification. Afais Antalddas ayant équipé, avec l'aident d'Artâxerxès , une flotte de quatre-vingts galères^ indépendantes des escadres persanes, ayant rendu à sa patrie une partie de Tempire de la mer qu'elle avait perdu depuis la bataille de Gnide, les confédérés se trouvent dans l'impossibilité de prolonger leur refus ^ et signent enfin leur déshonneur, 387.
Le traité désigné ou flétri du nom d'Antalcidas ne contenait qu'une seule exception , et cette exception était (Ml faveur des Athéniens, qui avaient payé par une noire
TRAiTi d'antalcidas. 77
ingratitude les bienfaits intéressés d'Artaxerxès Le roi , soumettant ses ressentiments à sa politique, suivait et remplissait le plan dès longtemps arrêté de tenir en respect les Spartiates par les Athéniens , en augmentant la puissance des derniers. Ce traita démentait, annulait de tous les points celui de Gimon. Qu'il fût pleinement exécuté , et le roi de Perse devenait non-seulement seigneur et propriétaire des Grecs d'Asie , mais aussi arbitre suprême des destinées des Grecs d'Europe.
La Grèce et les côtes de la Thrace étaient couvertes de vingt-neuf états, dont les uns se composaient d'une seule ville et de son territoire ; les autres, tels que la Laconie, TArcadie, la Béotie, la Ghalcidique, étaient formés d'une ville principale, Lacédémone, Mantinée, Thèbes, Olynthe, et de quelques cités d'un ordre secondaire assujetties à cette ville principale. La Grèce n'avait de force qu'autant que les principaux états ou ligues subsistaient, s'unissaient ensemble, ou laissaient l'un d'eux entraîner les petits états dans ses intérêts et ses projets. C'était ainsi que les Perses avaient été vaincus pendant la guerre Médique , au temps de Gimon, au temps d'Agésilas. Mais, les ligues une fois dissoutes, les capitales et les cités de leur dépendance, ainsi que les petits états, devenaient d'abord la proie de quiconque voulait se donner la peine de les asservir. Le traité d'Antalcidas devait donc mettre tous les Grecs à la fois aux pieds des Perses, en y comprenant les Spartiates, ses auteurs.
Les Spartiates prétendirent en faire le premier instrument d'une nouvelle domination pour eux en Grèce, et
78 TRÉCIS DE L'HtSTOIliB AKGI1ENNE.
employer plus tard cette domination à la ruine des Perses Dans leurs idées , il s'agissait seuletnent de ne pas observer eux-mêmes le traité, et de contraindre les Grecs à l'exécuter. Ils retinrent soigttetisement dans lear obéissance les villes de' la Laconie et de la Messénie. Dans l'espace de six ans, au contraire, ils renversèrent Mantinée, prirent Olynthe , s'établirent à Thèbes, anéantirent les /t^Mejarcadienne, chalcidique, béotienne, et dans chaque pays substituèrent leur empire à celui des capitales humiliées, captives ou détruites. Quant aux républiques composées d'une seule Ville, ils intervinrent dans leurs dissensions intestines : ils Assurèreilt partout le triomphe des partisans de l'aristocratie, qui, ne se soutenant que par eux , mirent leurs villes sous le joug lacédémonien (1).
Ils rétablirent, par ôes hiesures, leur domination dans toute la Grèce, depuis la Thrace Jusqu'à la pointe méridionale du Péloponèse. Ils eurent même le temps de donner à leur commandement et à l'obéissance des états
(1) Xénophon^ Helléniques « 1. Y. Diodore de Sicile : t Cepen- » dant les Spartiates n'avaient pas perdu de vue leur ancienne B domination; ils excitaient des séditions dans les villes pour » les assujettir. » Et ailleurs : a Les Spartiates, songeant à re- »» oeuvrer leur ancienne autorité sur la Grèce, gagnèrent quel- » ques-unes de ces villes par des insinuations flatteuses. Dans » quelques autres , ils s'aidèrent de la vengeance et des armes » des bannis pour y rentrer de force avec eux. Ainsi, ils re- » prirent sur le plus grand nombre d'entre elles cet empire au- » quel ils avaient renoncé par le traité d'Ântalcidas, conclu de » l'aveu et sous l'autorité du roi de Perse. «
SUITES DU TAAlté D^ANTALCIDAS. 71)
h«}l]éiiiqiies une régularité qui semblait eu garantir la consistaal;e et la âurée«
Ou peut en Juger par les détails suivants que Diodore nous fournit sur Tétat de la Grèce « au temps de la tentative de Sphodrias contre le Pirée, c'est-à-dire après qu'Athènes est parvenue à détacher soixaute-dfx villes grecques du parti de Lacédéhione, et « peut déjà la com- » battre à forces égales. » Si Sparte conservait encore , après cette grande défection , une si redoutable puissance , qu'on Juge de sa situation quelque temps auparavant « Les Spartiates, voyant que la guerre s'allumait » de toutes parts , et qu'ils ne pouvaient apporter trop » d'attention à leur défense, pensèrent très-sérieuse- » ment au choix de leurs soldats, à la distribution de » leurs troupes et à tout ce qui concernait la sûreté de » leur république. C'est dans cette vue qu'ils partagèrent » toutes leurs forces militaires en dix corps : le premier » n'était composé que de Lacédémoniens mêmes ; les Ar- » cadiens seuls remplissaient le second et le troisième ; » les Éléens formaient lé qUatiièmet les Achéens, le cin* » quième ; les Corinthiens et les Mégariens composaient » le sixième; ceux de Sicyone, de Phlius et d'Acte fai- » saient ensemble le septième i les Acarnaniens, le hui- » tième ; les habitants de la LoCMde et de la Phocide , le » neuvième; eniîn les Olynthiens et tous les alliés de la » Thrace étaient placés dans le dixième. Le roi Agésilas » commandait eeui toute cette arniée {i)» » ■ -• • • • • '- • ■ • ' '• •■- ' ■ - ..~. .^.. . -
(i) diodore de Sicile, 1. XV, c. âl.
8i) PRÉCIS DE L^HISTOIRE ANCIENNE.
Nous venons de remarquer que ces forces ne composaient déjà plus que la moitié de celles dont Sparte disposait après la conquête d'Olynthe. Épaminondas et Pélopidas la dépouillèrent de ce reste imposant de puis« sance, et renversèrent de coups irrésistibles Tédifice frauduleusement relevé de sa domination.
Mais ni Thèbes, après la mort d'Épaminondas, ni Athènes , ne parvinrent à se saisir de Tempire arraché à leur rivale. Dans la nouvelle guerre civile appelée guerre Thébaîne, les Grecs se déchirèrent, s'affaiblirent, se livrèrent eux-mêmes à la discrétion de Tétranger. Le traité d'Antaicidas reçut son exécution dans ce qu'il avait d'avantageux pour la Perse, d'humiliant pour la Grèce. Iphicrate et Phocion devinrent les lieutenants du grand roi, et la Grèce l'une de ses satrapies pour quelques années. A. P.