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PUISSANCE DE THÈBES

Histoire de la Grèce, depuis la bataille de Leuctres jusqu'à la mort d'Épaminondas , 371-363.

Ce chapitre contient le résumé des faits qui se passent en Grèce dans Tintervalle de huit années environ. C'est la période la plus brillante de Thistoire de Thèbes. Pélopldas et surtout Épaminondas , habiles à faire tourner au profit de leur patrie les alarmes et le ressentiment qu'excitent de toutes parts la puissance et le despotisme de Lacédénone, lui portent les plus terribles coups , et sont à la veille de consommer sa ruine. Malgré l'intérêt qui s'est naturellement attaché à des hommes tels que Pélopidas , Épaminondas, et Agésilas , rival des deux héros thébains, cette partie de l'histoire de la Grèce a été généralement mal étudiée par les auteurs modernes. Les intérêts, les passions et les mouvements des cités belligérantes ont été présentés non-seulement avec une grande confu-

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sion, mais encore avec une inexactitude qui détruit le véritable caractère de cette période.

Xénophon ( Histoire grecque , 1, V, VI et VII), Diodore de Sicile (1. XV) , Plutarque (Vies de Pélopidas et d Agésilos) , Gomélius Népos, Pausanias (Géographie de la Grèce , chapitre de TArcadie et de la Béotie) , nous ont transmis les faits dont nous offrons ici la substance. Aucun de ces historiens n'en a tracé un récit complet Les uns se sont principalement attachés à Thistoire de quelques cités de la Grèce, les autres ont négligé les détails pour ne voir que Tensemble ; quelques-uns ont recueilli seulement ce qui pouvait rehausser la gloire de leur héros. On chercherait en vain tous les événements de cette époque dans Tun des historiens que nous venons de nommer. Il en est résulté que les écrivains modernes , qui ne les ont pas tous étudiés , et qui ont suivi le récit de tel . écrivain en particulier^ sans le rapprocher des autres, n*ont pas compris cette époque intéressante, et ont adopté des faits, vrais au fond , mais qui sont devenus des erreurs par la place qu'ils leur ont assignée Rollin , Barthélémy, et les abréviateurs qui les ont copiés, se sont à peine aperçus de la multiplicité des événements qui remplissent Tespace de temps écoulé depuis la bataille de Leuctres Jusqu'à celle de Mantinée. Le premier ne met presque aucun intervalle entre la victoire des Thébains sur Gléombrote et leur invasion dans le Péloponèse. Il omet les faits les plus importants qui ont lieu ensuite , et qui précèdent la mort d'Épaminondas. La politique extérieure , les eQbrts de ce grand homme pour

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rendre Thèbes ptiîssaiice maritiitie , les intérêts et leâ révolutions des divers états de la Grèce, ont été trop négligés par Rollin , qui a fait , en général , pour ses ouvragés historiques^ un usa^ moins lieureux des auteurs grecs que des auteurs latins. Barthélémy, par la lbi*me dramatique dont il a fait choix pour le Voyage du Jeune Amcharsis^ a pu se dispenser de donner renchaîrlement de tous les événements politiques de l'histoire de la Grèce. Aussi nous contenterons-nous de remarquer, sans le reprocher à l'auteur, que la situation de la Grèce est présentée avec peu de vérité dails les chapitres où il peint, du reste avec talent, les deux héros de Thèbest

Gillies est, de tous les écrivains modernes , celui qui a le mieux compris cette période. Si le chapitré où il es a tracé les principales révolutions n'avait pas renfermé , plusieurs erreurs graves , nous nous serions contenté; de l'indiquer comme la source où nous aurions puisé, et nous aurions alors moins développé cette partie de notre précis; mais comme il n'est pas lui-même exempt de fautes, nous avons cru qu'il pouvait être utile de travailler encore après lui. II à placé après la défaite des Arcadiens, près de Midée {bataille sam larmèi)^ la fot}dation de Mégalopolis^ que Pausanias ^ et fnème Xénophon , placent quelques mois après la bataille de Leuctrea En réfléchissant aux circonstances si difiérenteâ où s'est trouvée la cité des Arcadiens après ces deux actions, on voit que Gillies s'est trompé en donnant la préférence à une énonciation de Dlodore sur le récit positif de Pausaniasi ailliea ki'a pas remarqué que Dlodore 6f Plutài^ue

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parlent de trois expéditions de Pélopldas dans la 'fhesh salie ; il n*en mentionne que deux , et commet une erreur en disant que Pélopldas fut fait prisonnier dans la première expédition , tandis que ce ne fut que dans la deuxième que le héros thébain tomba au pouvoir du tyran de Phère. Ces inexactitudes , que nous avons remarquées, et qui ne sont pas les seules que nous pourrions relever, nous ont décidés à chercher la véritable place qu'il convenait d'assigner aux faits , et les causes qui les ont produits. Nous sommes loin de nous flatter d'y avoir réussi ; mais, quel que soit le résultat de nos efforts, nous devons prévenir que Dodvirell {Annales Xenophotitei) nous a été fort utile, et que nous avons profité de ses observations savantes sur les historiens de la Grèce.

§ I. — État du Péloponèse et de la Grèce après la bataille de Leuctres; mort de Jason, 371-370,

Les Spartiates supportent avec une constance héroïque la défaite de Leuctres. La nouvelle de ce désastre n'interrompt pas les jeux publics qu'ils célèbrent, et les parents des guerriers qui ont trouvé la mort en combattant se montrent le lendemain parés et joyeux, tandis que les proches de ceux qui ont survécu sont comme abattus par la honte et par la douleur. Les éphores ordonnent aussitôt des levées qui comprennent tous les citoyens depuis la puberté jusqu'à la vieillesse; Archidamus, fils d'Agésilas, obtient Thonneur de commander les troupes qui doivent venger la

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dé&ite de Qéombrote. Les peuples du Péloponèse restent encore fidèles à la cause de Sparte. Les Tégéates^ les Mantinéens, les Corinthiens , les Achéens et d'autres cités se rangent sous les drapeaux d'Archidamus. Athènes se montre jalouse de Thèbes, et reçoit avec dédain l'envoyé qui lui apporte la nouvelle de la déroute des Lacédémoniens. Les Thébains, dans la prévoyance des combats qu'ils doivent livrer, s'adressent à Jason, leur allié ^ et en obtiennent une flotte et de nombreuses troupes d'infanterie et de cavalerie. Cependant Jason, arrivé en Béotie, arrête l'ardeur des Thébains, prêts à courir à de nouveaux combats, et persuade aux Lacédémoniens de chercher dans la paix les moyens de réparer leurs derniers revers. Après avoir exercé entre ces deux peuples sa médiation , qui cachait des vues ambitieuses; il se rend en Phocide /où il fait des conquêtes^ et rentre dans la Thessalie , où il est reconnu chef de toutes les cités. Il préparait une expédition pour laquelle il avait rassemblé toutes les forces de la Thessalie , lorsqu'il est assassiné par sept jeunes gens, au moment où il venait de passer la revue de son armée. Ceux des meurtriers qui échappent aux coups des gardes de Jason spnt accueillis avec distinction par les villes grecques menacées de tomber sous sa tyrannie, 370.

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