CHAPITRE IXXSÇ
Histoire des successeuiis d'Alexandre, depuis la mort d'Alexandre Jusqu'à la bataillé d'Ipsus, 32»-361.
S I. -—État de V empire, de V armée, de la famille ^ des capitaines d'Alexandre, au moment où il mourut.
État de COrient. — En mourant , Alexandre laissait les peuples nombreux des provinces persanes sujets de la Macédoine et de la Grèce. Le grand ouvrage de leur régénération , de Timportation de la civilisation grecque dans rorient , commencé par lui ^ restait & achever.
État de la Grèce. — Il laissait les peuples grecs en possession de leurs gouvernements , de leurs lois , de leurs coutumes, de leurs magistrats, de leur liberté pleine et entière, toutes choses que les Athéniens et les
(1) Dlodore, 1. XVm, c. 4.
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Siiartiales leur avalent ôttes^ quand ils ayaleût obtenu le commandemeûti De leur liberté politique , il ne leur avait enlevé que le droit de guerre privée , qui, après avoir couvert la Grèce de dang^ Tavait assouvie aux Perses, il n'avait attribué à la Macédoine que la suprématie i le commandement, dont les Spartiates^ les Athéniens* les Tbébains, avaient été investis tour & tour. Il avait remplacé les guerres civiles perpétuelles , les despotismes successifs 4 pal* Tordre 9 la paix 1 la force suffisante pour résister à toutes les attaques de Tétranger, qnel qu'il fût, résultant de la constitution fédérative qu'il avait donnée & la Grèce (1). Il avait laissé Antipater en Macédoine avec 90^000 hommes pour maintenir ce nouvel état de choses. Les Spartiates et les Athéniens , déchus d'une puissance dont ils avaient si cruellement abusé « avaient tenté deux fois de la recouvrer en boulerersant la Grèce. Mais les Spartiates et leur roi Agië avaient été vaincus; mais les Athéniens s'étaient vus contraints de chasser Harpalus; mais Alexandre avait donné vingt mille partisans, vingt mille soutiens à Fon système, en forçant les diverses cités de la Grèce ft rappeler ceux de leurs bannis qui avaient été chassés sans jugement et par les cabales des chefs des diverses répu^ bliques. Qe grand acte de justice paternelle avait excité lo mécontentement de tous ceux qui avaient à se reprocher quelque iniquité , et en particulier celui des Mto^ liens et des Athéniens. Les premiers , ayant injustement
(1) Foyejxsi-deasus, pages 3dO-36S.
chassé rancienne et puissante famille des ^Eniades , s*attendaient à être punis incessamment de cette violence ; les seconds avaient plus injustement encore partagé entre eux le territoire desSamiens, qu'ils étaient peu disposés à rendre. A la première nouvelle de la mon d'Alexandre , les Athéniens, qui avaient des ressources dans les trésors que leur avait laissés Uarpalus, envoyèrent Léosthènes se mettre à la tête deT huit mille soldats , vétérans des guerres d'Asie , congédiés par les gouverneurs de Perse, et stationnés alors aux environs du Taenare de Laconie. Ils équipèrent une flotte de deux cent quarante galères. Ils envoyèrent des orateurs dans les villes grecques , pour les appeler à la liberté , et en obtinrent divers contingents de troupes qui portèrent Tarmée confédérée à trente mille hommes. Les plus riches des Athéniens , les plus sages de chaque république , Phocion à leur tête , désapprouvèrent l'entreprise ; mais leur voix fut étouffée partout par les ambitieux, « dont le métier était d'émouvoir le peuple, qui » ne pouvaient vivre aux dépens du public que par la » guerre ; genre d'hommes dont Philippe disait autrefois » que la guerre était pour eux un temps de paix, et que » la paix leur faisait la guerre (1). »
Tel était l'état de la Grèce à la mort d'Alexandre. Il reste à examiner celui de son armée, de sa famille, de ses généraux.
État de l'armée. — Alexandre avait eu plusieurs fois
(1) Diod., I. XVIII, c. S-iO, Justin, 1. XIÏI, c. 5.
QUERELLES DES SUCCESSEURS d' ALEXANDRE. 193
à comprimer dans ses soldats Pesprit d'indépendance, d'opposition à ses vues , de révolte môme ; mais Tamour pour sa personne, Tenthousiasme pour ses exploits, qu'ils avaient partagés, étaient vifs et profonds. Quand il mourut, ces sentiments dont il avait été Tobjet se changèrent en affection pour sa famille, en désir manifesté, à plusieurs reprises, de la placer sur son trône (!)• État de la famille. - La famille d'Alexandre se composait de huit personnes :