PYRRHUS
rhus et Lysimaque se partagent la Macédoine , 287. Démétrius se sauve d'abord à Cassandrie, ensuite dans la Grèce centrale, où il rend leur liberté aux Thébains, et enfin dans le Péloponèse, où il se joint à son fils Antigone de Goni. Pyrrhus continue les hostilités contre Démétrius , aide les Athéniens à chasser leur gamîsoti tnacédortienne et à rétablir leur ancienne constitution en nommant des archontes. A la tête de douze mille hommes, Démétriuâ passe en Asie et essaye successivement de s'emparer de la Lydie , de la Carie, de la Cilicie : il est défhit en Syrie par son gendlte Sélebcus , enfermé dans les défilés du mont Amânus, contraint de se rendre, 285, et emprisonné dans Une maison royale , où il meurt trois ans plus tard (4).
Provinceè denieuf'ées aU pouvtnr dfAnti^one de Goni après leg rtters ié son père. — Dès que Pyrrhus a été informé des revers de Démétrius en Asie , il lui a enlevé la Thessâlie. 11 reste à son fils Antigone de Goni une flotte et des trésors ; la possession des lies de la mer Égéfe; celle de Corinthe , de la plupart des villes de FAchale et de quelques autres places dans le Péloponèse ; celle de la Mégaride , de la Locride , de la
(1) Plutim)., in behiigt., dit cyoti bm- Èu&eb., i. iW, dit quatre ans plus tard.
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Phocide, dans la Grèce centrale ; celle de Démétriade, en Thessalie (1).
Lysimaque vaincu et tué par Séleucus. Séleucus assassiné par Ptolémée Céraunus. — Nous avons vu que Lysimaque avait contraint Pyrrhus à partager la Macédoine avec lui. Il dépouilla Pyrrhus, après sept mois de possession , de la partie de la Macédoine qui lui était échue en partage, 287, et réunit pour cinq ans ce royaume à celui de Thrace et d'Asie Mineure, qu'il possédait déjà (voyez page 221).
L'an 282, une rupture, amenée par une ancienne haine et par une querelle de famille, éclate entre Lysimaque et Séleucus Nicanor. Lysimaque est vaincu et tué à Cyropédion , en Phrygie , 282. Séleucus se fait proclamer roi de Macédoine, et porte, pendant sept mois , le titre de roi de ce pays et de la Thrace, tandis que son fils Antiochus , auquel il a cédé Stratonice et la Haute- Asie dès Tan 294, gouverne les peuples situés entre le mont Taurus et l'Indus.
Ptolémée Céraunus assassine Séleucus à Lysimachie , dans la Chersonèse de Thrace, au moment où Séleucus venait de passer en Europe, pour prendre
(1) Plutarc, in Pyrr., c. 13, in Démet., c. 60, 62. Justin, 1. XXIV. Plutarque , en marquant toutes les viUes où Antigone lit décerner les honneurs au corps de son père , indique celles qui lui obéissaient.
ÉPIRE ET macédoine; PYRRHUS. 233
possession de la Thrace et de la Macédoine, 381. Céraunus règne neuf mois dans ces deux pays.
Résultat, Les quatre grands royaumes réduits à (rois. — L'Asie Mineure est détachée du royaume de Thrace^ et obéit désormais aux Séleucides. La Thrace elle-même, envahie, comme nous allons le voir, par les Gaulois , sera arrachée à la Macédoine et à la Grèce, retournera sous la loi de princes indigènes. Ainsi, en dernier résultat, des débris de l'empire d'Alexandre se formèrent trois grands royaumes : i*» celui de Syrie, soumis aux Séleucides, et actuellement composé de huit provinces de l'Asie Mineure et de toute la Haute- Asie ; 2* celui d'Egypte, patrimoine des Lagides , formé de l'Egypte proprement dite, de la Cyrénaïque, de l'Ile de Cypre, de la Célésyrie, de la Phénicie et de la Palestine; 3*» celui de Macédoine, où nous allons voir s'établir la postérité d'Antigone et de Démétrius.
S IL — Histoire de la Macédoine et de la Grèee^ depuis la mort de Séleucus )tuqu*à celle de Pyrrhtu.
Le pénible travail auquel la mort d'Alexandre a soumis la moitié du monde des anciens est fini pour l'Asie et l'Afi'ique, en ce qui concerne les familles auxquelles ces pays doivent obéir, et les limites que doivent avoir les royaumes de Syrie et d'Egypte : les révolutions et les démembrements auxquels ils seront
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désormais exposés tiendront à d'autres causes. Mais les questions préalables de dynasties et de frontières ne sont pas encore décidées pour la Macédoine et pour la Grèce, et elles vont s'agiter au milieu des faits divers qui composent la fin de ce chapitre.
Ptolémée Céraunus^ en concurrence avec divers princes pour le trône de Macédoine, en reste maître jusqu'à Vinvasion des Gaulois , 28i . — Après la moi*t de Séleucus, son assassin, Ptolémée Céraunus , gagne ses troupes en leur distribuant de l'argent , et se porte pour son héritier en Thrace et en Macédoine, concurremment avec Antiochus , fils de Séleucus , Pyrrhus, et Antigone de Goni , fils de Démétrius. Céraunus garantit Tabandon de l'Asie Mineure à Antiochus, fournit des troupes à Pyrrhus pour son expédition d'Italie, et obtient la renonciation de ces deux princes aux droits qu'ils pouvaient avoir. Antigone de Goni combat Céraunus; mais il est vaincu dans une bataille navale, et se sauve en Béotie. Céraunus se rend en Macédoine, obtient la main de sa sœur Arsinoé, veuve de Lysimaque, égorge les deux fils qu'elle avait eus de ce roi , la force d'aller chercher un asile dans l'île de Sartiothrace , puis en Egypte, et reste sans compétiteiir maître de la Macédoine (1).
Tandis qu'Aiitigone de Goni et Ptolémée Céraunus
(1) Justin, 1. XXIV, c. 2 , et l. XVII, c. 2, 3. Plutarc, in Pyrrho.
ÉPtftfi Et MACEDOINE ^ PTRRtitâ. 235
se disputent la Macédoine, d'un (*.6té, thèbes et Athènes profitent de Toccasion favorable pour affermir leur liberté, qu'elles ont recouvrée pendant les querelles de Pyrrhus et de Démélrius; Mégare, la Phocide, la Locride, pour la reconquérir. D'un autre côté, les Gaulois se préparent à envahir la Macédoine et la Grèce. Nous n'insisterons pas ici sur les détails relatifs à la renaissance de la liberté en Grèce, lesquels trouveront leur place ailleurs, et nous présenterons ceux qui concernent l'invasion des Gaulois.
Invasion des Gaulois en Macédoine tî en Grèce, Rapide succession de trois princes en Macédoine. — Les Gaulois dirigent contre la Thrace , la Macédoine et la Grèce deux expéditions , avec le projet de dévaster entièrement ces pays , et ensuite de s'y établir. La première , commandée par Cambaules , vers 281 , ne s'avance que jusqu'à la Thrace , et se borne pour ainsi dire à reconnaître ce pays, parce qu'elle ne se trotive pas assez forte. La seconde se partage en trois corps : le premier, sous la conduite de Cérétrius, marche contre la Thrace; le second, commandé par Brennus et Achicorius, contre la Paeonie; le troisième, sous les ordres de Belgius, contre ITllyrie et la Macédoine (i).
(1) Pausanias, 1. X, c. 19 et sqq. Diodor. Sicul. reliq., 1. XXII, no» 3 , 4.
Ptolémée Céraunus est attaqué^ vaincu et tué par Belgius, 280. Dans leur consternation , les Macédoniens prennent tour à tour pour roi Méiéagre, frère de Céraunus ; puis Antipater, fils de Cassandre. L'incapacité de ces rois ne leur permet de conserver l'autorité, le premier que pendant deux mois, le second que pendant quarante-cinq jours.
Sosthènes , Tun des principaux Macédoniens , prend le commandement, bat les Gaulois de Belgius et les contraint d'évacuer la Macédoine. Belgius est remplacé par Brennus et par Achicorius , dont les guerriers s'élèvent à cent cinquante mille Les barbares écrasent Sosthènes et son armée, 278, dévastent la Thessalie et arrivent aux Thermopyles.
La, ils sont repoussés avec une perte considérable par Tarmée de six peuples de la Grèce centrale , les iEtoliens, les Locriens, les Phocidiens, les Béotiens^ les Athéniens, les Mégariens, réunis dans une confédération libre (I). Mais les Gaulois mettent en fuite
(1) Pausanias, Phocide, c. 20, nous a conservé non-seulement le nom de ces peuples , mais même le conUngent fourni par chacun d'eux contre les Gaulois : Béotiens, dix mille cinq cents; Phocidiens, trois mille cinq cents; Locriens, sept cents; Athéniens , mille cinq cents et une flotte ; Mégariens , quatre cents; iÇltoliens , sept mille fantassins et une cavalerie, qui s'élevait au moins à quatre mille hommes , puisque Pausanias fait observer que leur contingent fut le plus considérable de tous, et que celui des BéoUens s'élevait à dix mille cinq cents.
ÉPiRE ET macédoine; pïrruus. 437
les Phocidiens sur le mont CEta, pénètrent en Phocide par le sentier de Trachis, que Xerxès avait suivi autrefois, et arrivent aux environs de Delphes, dont les richesses les attirent. Un tremblement de terre et un ouragan portent le désordre et la consternation dans leurs rangs : les Grecs profitent de cette circonstance et de la supériorité des armes pour en détruire une partie ; le reste périt dans sa fuite par le froid et la famine.
Le troisième corps, commandé par Gérétrius, s'empare de la Thrace et la détache pour toujours de la Grèce, 278. Parmi les Gaulois de cette division, les uns demeurent en Thrace , les autres passent dans TAsie Mineure, s'engageant au service du roi de Bithynie, Nicomède, et sont introduits par lui dans la Phrygie. Ils s'emparent d'une partie de cette province , et lui donnent le nom de Galatie ou Gallo- Grèce.
Antigone de Goni rentre en possession de la Macédoine. Guerre contre les Gaulois. — Après la mort de Sosthènes, et une anarchie de près de deux ans , Antigone recouvra le royaume de Macédoine , Tan 276, en vertu d'un traité conclu avec son compétiteur Antiochus !•', Soter, dont il épousa la fille Phila.
Les peuples de la Grèce centrale achevaient alors, comme nous le montrerons bientôt, de secouer la domination d'Antigone, Toutefois l'intérêt de ce prince
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était^ avant tout, de détruire les Gaulois, les ennemis communs, sauf à combattre les Grecs plus tard. Aussi euvoya-t-il un renfort 4e cinq cents Macédoniens, seul détachement dont répui9ement de la Macédoine lui permit de disposer (i), $e joindre 9x1% confédérés d^ns la Phocide.
Les Gaulois laissés par Br^nnus à la garde des pays septentrionaux dont il ét^it parti, attaquent la Macédoine pendant que lui-même pénètre en Grèce. Antigone les défait, en sorte que les deux arniées barbares sont détruites dans la Macédoine et aux environs de Delphes, à peu près en même temps (^). Antigone commençait à peine k se consolider, quand il fut attaqué par Pyrrhus.
Guerre d' Antigone contre Pyrrkm, Expédition de Pyrrhus dans le Péloponèse, Sa mort. — Pyrrhus , après avoir consumée six années dans diverses guerres en Italie et en Sicile , 280-274 , retourne en Ëpire , passe dans la Macédoine, défait les Gaulois qu'Anti-
(1) Pi|u«anUi4, PhopidiQ, c. 20. Cet envoi 4e (dnq cenU Macédoniens ; rappelé par Pausanias , prouve incontestablement qu'Antigone dès lors était en Macédoine.
(2) Justin, 1. XXV, c. 1. Il dit que les Gaulois qui attaquaiâit la Macédoine étaient encouragés p^r l'exemple récent de Belgius. Si Brennus avait été détruit, ce revers aurait plus que compensé le succès de Belgius : V encouragement dont parie Justin aurait nécessairement fait place au déeowfogement : les deux eipé4iU(ins eurent donc li^u ep n^n^e temps.