‹ Précis de lh́istoire ancienneChapitre 36 sur 76 · ÉPIRE ET MACÉDOINE^ PYRRHUS · texte numérisé non relu

ÉPIRE ET MACÉDOINE^ PYRRHUS

gone avait pris à sa solde, lui débauche la phalange, et le chasse entièrement du royaume (1). Les Gaulois, qu'il engage à son tour sous ses drapeaux , pillent la ville d'Édesse et violent le tombeau des rois : en laissant ce crime impuni, il se décrie dans l'esprit des Macédoniens.

Avant d'avoir pris le temps de détruire ces impressions et de s'affermir dans sa conquête de la Macédoine, il court tenter celle du Péloponèse. Déjà appelé par les Athéniens, les Achéens, les Messéniens, il cherche à se faire d'autres partisans en proclamant qu'il vient délivrer les villes du Péloponèse encore occupées par Antigone. Mais il dément bientôt luimême ses promesses mensongères par le siège de Sparte, qui n'a jamais obéi, et par celui d'Argos, qui n'obéit plus aux Macédoniens , 273.

Les Spartiates, secondés par la résolution et les eflforts héroïques de leurs femmes, repoussent ses premières attaques. Bientôt secourus par leur roi Aréus, revenu de Crète, et par les troupes d' Antigone, ils le contraignent à lever le siège de leur ville avec perte, 272. 11 s'en éloigne pour attaquer Argos , déchiré par deux factions , dont Tune lui ouvre les portes. Les

(1) Plutarc, in Pyrrh. Justin, 1. XXV, c. 3, — Pausanias, Attic, c. 13, dit qu' Antigone conserva lei villes marltiioes : deux témoignages sont opposés au si^.

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Spartiates, les Cretois, les troupes d'Antigone, l'ont suivi et le chassent d'Argos : dans le désordre de la retraite , il est tué de la main d'une vieille femme (1).

Immédiatement après le départ de Pyrrhus pour le Péloponèse, Antigone de Goni avait profité de son absence pour reprendre une partie de la Macédoine (2) ; à la mort de son rival, il recouvra le reste du royaume. Une nouvelle horde de Gaulois, mêlés d'aventuriers grecs, Vattaqua en 269 , mais il la tailla en pièces. Deux ans plus tard, 267, Alexandre, fils de Pyrrhus, gagna l'armée macédonienne et monta un moment sur le trône ; mais il en fut renversé aussi promptement qu'il y était monté par Démétrius , fils d' Antigone (3).

Ces deux invasions ne changèrent donc rien à l'état de la Macédoine et delà Grèce. La mort de Brennus a décidé que la Grèce ne serait pas envahie et occupée à main armée par les barbares du Nord : la mort de Pyrrhus fixe la couronne de Macédoine sur la tête des princes issus de Démétrius Poliorcètes. Ces deux grands intérêts, qui nous ont occupés dans tout le cours du présent paragraphe, sont terminés : ces

(1) Plutarc, In Pyrrh. Justin, 1. XXV, c. 4, 6. Pausanias, 1. III,c. 6, 1, 13.

(2) Pausanias, Attic, c. 13.

• (3) Justin, l.XXVl,c. 2.

ÉPI RE ET MACÉDOiMEj PYRRHUS. ^41

deux événements forment une période et en ouvrent une autre ^ toute remplie des rapports de la Macédoine avec la Grèce.

Avant d'entrer dans les détails relatifs à ce dernier sujet, nous profiterons du repos que Ton peut établir à la défaite de Brennus et à la mort de Pyrrhus, pour présenter le résumé de Thistoire d'Épire. Reprenant cette histoire aux temps héroïques , nous la conduirons jusqu'à la destruction de la royauté en 232, temps voisin de celui où PÉpire, sans être incorporée à la monarchie macédonienne, tomba sous sa dépendance.

S III. — Résumé de Vhistoire d'Épire depuis les temps héroïques jusqu'à V abolition de la royauté, en 232.

1. Suite des rois. — Phyrrus /•% fils d'Achille, avait envahi l'Épire avec les Myrmidons , et avait fondé le second royaume des Molosses. Ses descendants, appelés Pyrrhydes ou iEacides , lui succédèrent au nombre de treize jusqu'à Admète. On ignore leurs noms, si ce n'est celui de deux : tout ce qu'on sait de leurs règnes , c'est qu'ils ne commandaient qu'aux Molosses et aux Atintanîens. Les autres peuples de l'Épire , tels que les Thesprotiens, les Athémanes, les Orestins , etc., avaient leurs rois particuliers ou vivaient dans l'indépendance (!)•

(1) Plutarc, in Pyrrh. Justin, 1. XVII, c. 3. Strabpn, 1. VII, p. 322 , 326.

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