II
243 PRÉCIS Dp l'histoire ancienne.
Admète^ USO-k^^^ ré(;naît sur les Molosses quand Xerxèg envahit la Grèce : il donna asile à Thémistocle, banni et persécuté Ci). Après Admète, vinrent Tharymbas ou Tarrutas , 429-395 ; Alcétas J", 395-361 ; Neoptolème etArymbas ensemble, puis Arymbas seul, 361-342; Alexandre /*' le Molosse, 342-831; ^acide, SBi.-3i2; Alcétas //, 813*8(15; Pyrrhus II Qt Néoptolème , puis Pyrrhui seul, 2Q5*S72$ Alexandre 11^ 272-242; Ptoéémée , Pyrrhus II , haadamie , 242 229.
ÉTENDU^ 'DJ9 l'empire ET RELATIONS il^TÉl^I^IIRi^. «r
Arymbas II ayant donné ^a pièce Oly^ipi^ an mariage à Philippe de M^édp|pe» les i£acide3| llé3 désormais d'intérêt avec les rois de Macédoine e^ secourus par eux , incorporèrent les Thesprotiens et les Orestins aux Molosses , et.formèrex^t pn seul état de$ diverses provinces de rÉpire. Guttâ augmentation de piiîEsance leur permit bientôt de faire sentir leur influence au dehors. Alexandre le Molosse, appelé par lesTarentins pour les secourir contre leurs voisins , conçut le projet de subjuguer l'Italie et tout l'Occident , pendant qu'Alexandre le Grand, son neveu, faisait la conquête de TOrient II porta deux fois la guerre en Italie, vainquit dans plusieurs rencontres les Lucaniens et les Brutiens , délivra les villes grecques, Métaponte, Thurium, Héraclée, Térine, Siponte, tombées en leur pouvoir, et conclut un traité d'amitié et d'alliance avec les Romains. Mais l'intrépidité de ses ennemis borna ses succès , et des
(1) Plutârc, Goraeliu , in Themist.
ÉPiRE ET macédoine; ptrUëus. 243
circonstances malheureuses terminèrent ses vastes projets par une mort prématurée (1).
Tandis que les républiques de la Grèce centrale et méridionale, également épuisées djs grands hommes, de patriotisme et de forces, obéissent aux ordres d'Ochus , les deux monarchies du Nord, unissant Ténergie de peuples encore nouveaux aux ressources de la civilisation, vengent la Grèce ou soutiennent son honneur chez l'étranger.
Sous iEacide et Alcétas It, Càssandrfe prit prétexte des secours que le premier avait fournis à Olympias , pour envahir TÉpire et lui donner Un gouverneur ihacédonîen ; maïs Alcétas affranchit ses compatriotes de la domination étrangère (2).
Quand on considère l'état dans lequel tyrrhus II trouva la Macédoine et la Grèce , les qualités dont il était doué , les ressources qu'il sut créer, on detneure convaincu qu'il ne lui manqua qu'une volonté fixe , de la suite dans sa conduite et ses projets, pour demeurer maître de l'Épire, de la Thessalie, de la Macédoine, pour ajouter à cette domination étehdUe le commandement de la Grèce centrale et du Péloponèse , pour jouer le rôle de Philippe et d'Alexandre le Grand. Mais , emporté par ëotl ittconstatice et sa passion pour les combats dans deâ guerres continuelles contre Démétrius, Ljrst-
(1) tlv., 1. Vltî, c. l7, 24. Jttstlfl . l. Xll , c. 2. Paugan., i. i, c. tt.Stral)on,lib. VI.
(2)DiodoreJ.XV!n,ilX.
344 PRECIS DE l'histoire ANCIENNE.
maque» les Romains, les Carthaginois, Antigone de Goni , les Spartiates , les Argiens , il vécut et mourut en aventurier (1).
Alexandre , son fils , perdit un moment l'Épire , après avoir gagné la Macédoine, recouvra ensuite ses états héréditaires , et s'unit aux ^Etoliens pour partager VA carnanie. Après lui, le trône fut occupé par des enfants et par une femme, puis renversé. L'Épire, érigée en république, fut tour à tour ravagée par les iËtoliens et les Macédoniens , jusqu'à ce que ces derniers y prissent un ascendant marqué. La communauté d'intérêts avec la Macédoine , à laquelle on voit les Épirotes astreints dès le commencement du règne de Philippe III , n'était certainement pas l'efifet de leur volonté , et accuse hautetement leur dépendance (2).
IIL GoDVERNEMENT. — NOUS avous établi précédemment (3) que dès les temps les plus anciens le gouvernement établi chez les Épirotes était une monarchie tempérée qui laissait aux sujets la liberté civile et leurs privilèges nationaux. Tarrutas , conduit chez les Athéniens dès son enfance, au temps de la guerre du Pélonèse, étudia le gouvernement, la législation , les arts, les sciences de ce peuple célèbre, les rapporta avec lui en Épire, et civilisa ses sujets : il promulgua un code de lois civiles pleines de justice et d'humanité, établit
(t) Plutarc. , in Pyrrho. Justin , 1. XVII , XVIII , XXIII , XXV.
(2) Polyb., 1. II, c. 46, et lib. IV, c. 16. Justin, 1. XXVI et
(3) Voir 1. 1*', chap. XIV, à la fin, pages 438-442,
ÉPIRE ET macédoine; PYRRHUS. 245
un sénat, rendit les magistrats annuels, donna à Tétat une forme républicaine, tout en y maintenant la royauté (1). Arymbas gouverna avec prudence, équité , modération, et mérita que Xénocrate , philosophe de Ghalcédoine, lui dédiât quatre livres quMl composa sur Part de régner : la flatterie elle-même n'ose offrir un semblable présenta un mauvais prince.
Les restrictions apportées dès l'origine à la puissance royale, et accrues encore parla constitution de Tarrutas; les continuelles usurpations des princes de la famille royale les uns sur les autres, nées de l'absence d'une loi qui réglât et fixât la succession au trône ; les dépositions d'Alcétas !•' et d'^Eacide, le supplice d'Alcétas II , chassés ou mis à mort pour leur incapacité et leurs cruautés; enfin, la fatigue et le mécontentement dans lesquels les expéditions d'Alexandre le Molosse , de Pyrrhus et d'Alexandre II avaient jeté l'Épire, toutes ces causes réunies avaient dès longtemps préparé la destruction de la royauté. Après la mort de Pyrrhus III, dernier rejeton mâle des .asacides, le sceptre étant tombé entre les mains de sa sœur Laodamie , la multitude se disposa â le lui arracher, et se révolta : un vil assassin la poursuivit et la tua au pied des autels où elle s'était réfugiée. Ce meurtre se rapporte à l'an 232, époque où mourut le roi de Macédoine Démétrius (2).
(1) Plutarc. , in Pyrrho , attribue ces changements à Tarrutas. Justin, 1. XVI , c. 3 , les donne à Arymbas.
(2) Justin, 1. XXVIII, c. 3. Pausanias dit que les Épirotes
246 PiiÉcts tm L'tttifëîMil AircifMiK.
Les Épirotes retuplacèretit \(^ mn par des mé^^tràfs qu'ils ChOlèirant SiûûueWmeni dftiis l'ààSëmbléë géiièraie de là iiàtloti réûtiie à P&$$ftN). LetiH lois , t>^t-etfe fort ftdgeii dAbs ce qui concerné radministhktioil inté- Heure ^ réglaient d*attë nianièl^ Ticieuse et Ihstiffiâaiite retbploi dc^ foi'ces publiques^ En effet, hiàtgré le nombre de ses solxafltë-dii tlUës , ttialgfé TâbotidâHCe de sa population, l'Épire résiâta tdujdiii^ fll&l aut attaqué» des lUyfiens et des Macédoniens, é% tOffitm, GOmtne nous Pavons remarqué , dans Tentlèi^ dépéodanoe dés derniers. Hi P.
CflÂPlTRË XXXtL
tlsit)t>ort8 de là Macédoine et de la Cfèce, depuis la mort d'Aletflndre juli^u'A la renaiftdândé dé la liberté m Gtèëè, de m à 2874 — Histoire de )a Maeédolne et de la Grèce, depuis la
' renaissance de la liberté jusqu'à rintervention continue de la politique romaine dans les affaires de la Grèce, de 287 à 214.
Les ylngt-huit états dont se oompûssdt le Qbtps hellénique ayaiént besoiti de 8*entendre ^ de prendre dcB résolutions en commun pour résister aux attaques de Tétranger et garantir leur indépendance. Le manque d'ac-
attendirent la mort naturelle de Làddanlie pôuf établir le fé^ibe tépttblicam, niais que fioh Higne fiit éoutt.
LA GftlCfe AVaMT U UfeUK ACH^ENNC. 247
éoM ftVUil produit l^éé»efirl8Bèltld&t iflonie&lft&é à la Perse , \ùrs du trtitâ â'A&talcidaâi « et là M>tt]iiii8ioti à la Ma«;édoliie quand ou regardait encore ce paya cotome étranger à la ûrfece. Les Spartiates et les Athéniens avaient tenu les orecs unis et forts au temps de Patisalilas^ de Gitnon et d'Agésilas ; mais ils les avaient prités de toute liberté politique et même civile. Philippe et Alexandre avaiedt ôohciilé le respect pour ces deujt libertêii avec ruuiôh des pedplets helléniques, et ad lieu de dominer la Grèce avec le secours de ta Macédoine, Us at&iëut fait ebtrer la Macédoine dans le corps de la Grèdè (!}. Tel est notre point de départ.
S I. — Rapports (3) de la Macédoine et de la Grèce depuis la mort d'Alexandre jusqu* au désastre de Démétrius et à la renaissance de la lilferté en Grèce, ^23-287.
Kntraiûés d'un côté par les factieux, d'un autre par les .fitoliens et les Athéniens, qui cherchaient dans les troables Timpunité de deux grandes injustices (3), leJB Grecs se Soulevèrent à la mort d'Alexandre. Ils ruinèrent
(i) Voyei ci-dessus , ch. XXXII , p. liS et «niv.
(2) L'existence de la Ottce, sS» ibtététs, se« besoins, set passions , pendant soixante-treiae ans » depuis la mort d'Alexandre jusqu'à la délivrance de Sicyone par Aratus (323-251), sont ou oniis où perdus au milieu de détails étrangers dans les historiens modernes. Nous allons essayer de combler cette lacune, Tune des plus grandes de rhlstôifè ancienne, par des reebefcheë qui nous sont propres et qui fbrment le complément de celles que nous avons consignées uabs notre ttistoire romaine, éh.XIl, $4.
(3) Diodore, 1. XYUI. FofSjl OMSssdB, p* 191.
248 PRECIS DE l'histoire ancienne.
la fédération précédemment établie, avant de savoir si les successeurs du conquérant respecteraient comme lui la liberté de la Grèce, en maintenant le commandement de la Macédoine; ou s'ils convertiraient cette suprématie en une souveraineté despotique pareille à celle qu'avaient exercée précédemment Athènes et Sparte. Les Grecs furent vaincus dans la guerre Lamîaque : tous , excepté les iBtoliens et les Spartiates , tombèrent à la merci des divers successeurs d'Alexandre» qui, tour à tour, s'emparèrent de la Macédoine.
Ces princes exercèrent sur les états helléniques une autorité que nous essayerons de caractériser en l'appelant domination 9 et qui était à peu près également éloignée du commandement généreux de Philippe et d'Alexandre , et de la souveraineté despotique d'Athènes et de Sparte. Ils mirent des garnisons dans les villes. Ils changèrent les gouvernements, tantôt substituant à la démocratie l'aristocratie, plus favorable à leurs projets; tantôt établissant des administrateurs et des gouverneurs (i), ou bien soutenant des tyrans qui leur abandonnaient sur leurs compatriotes la moitié de l'autorité qu'ils avaient usurpée, et qu'ils conservaient avec leur assistance (2). Us usèrent de l'ascendant qu'ils obtinrent dans les villes par ces divers moyens , pour exiger d'elles des levées d'hommes et des subsides, employés non pas
(1) Voye» le chap. XXXIV, p. 300, 226 et la note.
(2) Polybe , l. Il , c. 41 : •< Démétrius et Cassandre mirent » garnison dans quelques villes grecques et suscitèrent ou sou- » tinrent des tyrans dans les autres. »
LA GRÈCE AVANT LA LIGUK ACJIÉENNK. 21-1)
à les défendre , mais à servir des projets ambitieux ou à satisfaire des fantaisies honteuses. Démétrius tira des Athéniens une somme de plus de deux cent cinquante talents (1,375,000 francs) pour la distribuer à des courtisanes : nous Pavons vu frapper les Béotiens de nouvelles contributions , construire cinq cents galères dans les chantiers de Chalcis et de Corinthe, rassembler en Grèce une partie des cent dix mille hommes destinés à dépouiller Séleucus et Ptolémée , et à lui rendre à luimême la domination de l'Asie Mineure (1).
Quelque arbitraires que fussent les exigences de Démétrius, de Cassandre, d'Antipater, et les mesures adoptées par eux pour établir leur domination sur les républiques grecques , elles étaient mille fois moins odieuses que celles déployées autrefois par Athènes et par Lacédémone. L'aristocratie d'Antipater et de Cassandre, la meilleure et la plus juste qu'on eût encore formée (2), était sans doute plus tolérable que l'oligarchie de trente tyrans établie par les Lacédémoniens à Athènes. Les gouverneurs Phocion et Démétrius de Phalère étaient moins acerbes que le gouverneur Lysandre , massacrant parmi les Grecs asiatiques tous ceux qu'il soupçonnait de pouvoir gêner la puissance de sa patrie et de contrarier son propre despotisme (3). Les contributions passagères
(1) Voyea Plutarc, in Demetr., et le chapitre XXXV, ci-dessus, p. 230.
(2) Voyez ci-dessus la citation de Montesquieu , p. 226.
(3) Plutarc. , in Lysan4,
:îî)0 PRECIS DE t'hlSTOlKÉ ANClEMfe.
exigées par Démétrius, d'Athènes et de Thèbes seulement, étalant moins pesantes que les impôts réguliers levés pat* Périclès sur tous les états de la Grèce, et dont lé produit, dans rëspadfe de dix ans, s'était élevé â plus de (fiuaràrite-six millions (1). LMndiilgence de bémétlius, f estitùaht & toutes les républiques leurs gouvernements respectlfls, pardonnant deux fois atli Athéniens révoltés contre lui, les délivrant dtl tyran Léocharès , leur rendant les magistrats qui leur plaisaient davantage , valait un peu mieux que la confiscation de leur territoire, le supplice de leurs principâtlx cîtoyetîs , par lesquels la cruauté d'Athènes avait puni, chet les habitants de TÈubée, de Satnos, de Lesbos, de Mélos, de Sctonê, Tîmpàrdotihabië crime d'avoir voulu conserver ou recotivrer leur indépendance.
Mais si le Joug des successeurs d'Alexandre était moins peSàrit que Celui des aticiens dolhiriâteurs , ce fa'eii était t)as moins un joug \ les Grecs saisirent la première bbcâsioh de le briser, et cette fois leur entreprise était avouée par la justice, la raison et la saine politique.
S II. -«^ Let JSioliens et les Spartiates n*ont jamais cesse â^étn libres. Les Théhains , les Athéniens , les Mégariens , Ut Phocidiens t les Achéens^ les Argiens, le redeviennent.
Les Spartiates et les JEtoliens demeurés seuls libres parmi les Grecs. — Après avoir échappé à F ascendant de Philippe et d'Alexandre, les Spartiates 5 tantôt ' .^-. .^.- ■ -^ . — . . ^ —
(1) Thucyd. Diod. Sic. Plutarc. Isocir.
LA GRÈCE i^YANT LA IflQVB ACHÉENME. 351
favorisés par les circonstances , tantôt secondes par leur courage et par celui de leurs femiries , ay^iept bravé les attaques de Démétrius Ppliprpèt^s ^t de Pyrrhus (1) et maintenu leur antiqije ipdépppdanpe : ils la possédaient Tan 287, époque de j'dffr^pcbissement d'une partie de la Grèce.
Les iEtoliens avaient pareillemeat refusé d'entrer dans la confédération formée par Philippe et par Alexandre (2). Ils ayaient contracté d'utile^ et honorablçs alliances avec Polysperchpn , Antigopp et Pyrrhus. Après avoir bravé en deux circqnstances touteji les forces de Cassandre et de Démétrius Poljorcètes, ils avaiept abandonné leurs villes ^t leur territoire h ce§ rois plutôt que de se soqipettre, s'étaient retirés dans les retraites inaccessibles de leurs montagnes, et en avaient bientôt rapporté la liberté , qu'ils avaiient sauvée ayec leurs familles (3^.
Constitution des jEtolien9. — Leur constitution offrait la fidèle représentation de celle des Achéeni^ et avait été , selon toute apparence , empruntée ^ ce peuple. Leurs diverses peuplades et villes étaient confédérées et formaient une ligue aetolienne. tes
(1) Voyea çL-dessus, p. 2:^8, 239, et Plutarc, ia Dpvf^ir. et Pyrrho.
(2) Ju8tin,l.XXVIIl,ch. 2.
(3) Dlodo^e, l. XJ$, c. 66, 68, 74 Plufaïp., in fiejp^tr. et Pyrrho.
!25!2 PRÉCIS UE l'histoire ancienne/
députés des villes s'assemblaient chaque année à Thermus et y élisaient un stratège, ou général; des magistrats nommés apocleti^ des éphores, on inspecteurs ; et un grammateus , ou secrétaire. La puissance executive et administrative était confiée à ces magistrats (1). Le peuple n'influait directement ni sur le choix des chefs de la ligue ^ ni sur les résolutions importantes et les grands intérêts de Tétai Cette disposition prévenait les dissensions et les révolutions intestines au sein de l'iEtolie. Aussi la première mention que fassent les historiens de factions parmi les iEtoliens date d'une époque où déjà ils étaient asservis aux Romains , et où la politique du sénat romain fomentait les troubles , pour tenir VMtolie faible et esclave.
Renaissance de la liberté dans les autres états de la Grèce, — L'an 288, Démétrius Poliorcètes comnaandait à tous les Grecs, autres que les Spartiates et les iËtoliens. Mais en 287 il fut dépouillé de la Macédoine par Pyrrhus et Lysimaque , et ses revers devinrent le signal de la renaissance de la liberté, dans la Grèce centrale.
En Béotie et à Athènes, — Contraint de fiiir de la Macédome dans le Péloponèse , il rendit lui-môme
(1) Polybe, 1. IV, c. 3, 5, 15, 16. Tite-Live, 1. XXVI, c. 24, et LXI,c. 25, 27.
Lk GRÈCE AVANT LA LIGUE ACHEBNNK. 253
leur ancien gouvernement et leurs privilèges aux Béotiens 9 pour gagner leur afTection. En même temps les Athéniens quittèrent son partie chassèrent la garnison macédonienne avec l'aide de Pyrrhus ^ et rétablirent leur ancienne constitution en nommant des archontes (1). Ainsi, dès cette année 287, la domination macédonienne n'ayant jamais été'étjiblie en \ Acamanie et en -^tolie, et se trouvant détruite en Béotie et en Attique , ne subsista plus^ dans la Grèce centrale , qu'en Phocide et en Locride.
En Thessalie. — L'an 286 , après le passage de Déniétrius en Asie Mineure, elle fut détruite par Pyrrhus dans toute la Thessalie, excepté à Démétriade. Lors de la mort de Démétrius, en 283 ou 281, elle ne s'étendait donc plus que sur Démétriade , la Locride, la Phocide, Gorinthe, TAchaïe, quelques autres pays du Péloponèse , et les îles de la mer Egée (2).
(1) Plutarch., in Pyrrho etDemetr. : « Démétrius rendit aux » Thébains leur ancien gouvernement et tous leur» privilèges. » En même temps les Athéniens abandonnèrent son parti. . Ils » appelèrent Pyrrhus de la Macédoine et ordonnèrent que Télec- » tion des archontes se ferait selon Tancien usage. »
(2) C'est le résultat qu'on obtient en comparant les récits de Polybe et de Justin avec ceux de Plutarque. Plutarch., in Pyrrho, c. 13, dit que Pyrrhus débaucha la Thessalie à Démétrius pendant que ce prince était passé en Asie. Justin , 1. XXIV, c. 1 , dit, en parlant de cette époque , sans rien préciser : « Les villes » grecques étaient sous la domination d' Antigène. » Polybe ,
^è FRBCIS BE L'AlSTUtue ANGlJSNlfB.
En Loeriée,' Pkeeidey Mégaride, — E>aiis les années 384 et 3B0, tandis qo'Antigone di^otài« la Macédoine à PtoKmée Géraunus^ à AnIkiiiKhus et aux Gaulois, les viHcs et tes provinces gfefeq«es derneirfées sons sa dépendance profitèrent de Foceupation que ses armes avaient en Macédoine pour s^aflfiranchi^. En ^i , elles firent entre elles un traité d'alliance ^ formèrent une K^fae, et se coristituèrfint en états libres. Dans cette entreprise elles s'aidèrent des Spartiates , et déférèrent le conraiandemfenl ati roi de Lacédémone Aréus (i). L'année suivante, 380, dans la guerre contre tes Gaulois, les Phocidiens, les Loicfîens, les Mégartens, sont signalés par Pacrsanras et par Justin comme étant en pleine possession de l'indépendance qu'ils viennent de recouvrer. AAtigone n'iïitervient en aucune manière «comme souvermn dans leurs délibérations et leurs démarches : il se montre seulement leur allié contre l'ennemi commun , et en cette qualité il envoie à leur armée le plus faible con-
1. II, c. 41, nouB apprend que les Villes d*Acha!e restèrent snjettes d'Antigone jusque vers le temps oà Pyrrhus passa erf Italie, c'est-à-dire vers 280 ; et Plutarch., in Demetr., etf rappelant le nom des iies et des villes où Antigène fit rendre les honneurs funèbres au corps de son père, marque indirectement celles qui lui obéissaient dans ce temps, c'estrà-dire en 292 ou 281.
(1) JUsUn,!. XXIV, c. 1.
LA GRtos AVANT LA LIGUI ACHl^EnNE. 255
tingent de tous (1). Il Mt donc les joindre aux petrples déjà affranchis précédemment.
Ainsi , Tan 280, la liberté était déjà rendue à la Thessalîe et à TAcarnanie , l'iEtolie, la Phocide , la Locride, la Béotie, TAttique, la Mégaride, c'est-à-dire à toute la Grèce centrale. U reste à voir quds progrès elle avait faits dans le Péloponèse.
En Achaïe. — La suprématie macédonienne périt en même temps en Achaïe. Les cités achéennes étaient dominées par les garnisons d'Antigone ou par des tyrans qui part|igeaient l'autorité avec lui. Mais vers le temps où Pyrrhus passa en Italie, 280, comme le témoigne Polybe (2) , Dyme , Patr8e,Trittaea, Pharse, puis iEgium , puis Boura et Caerinium , chassèrent, les unes leurs garnisons macédoniennes , les autres leurs tyrans , rétablirent leur antique gouvernement fédératif. Elles choisirent d'abord chaque année un secrétaire et deux stratèges ; ensuite elles ne créèrent plus qu'un seul stratège, et lui confièrent la souveraine autorité.
Jl Argos. — Argos se délivra de la domination macédonienne à la même époque , selon toute apparence, que les premières villes achéennes. Elle traite
(1) Pausan., Phocid., c. 20. JusUn, 1. XXIV, c. 7, et 1. XXV, c. 1, 2.
C2) Polybe, 11,41-43.
256 PRÉCIS DE l'histoire ancienne.
du moins avec les Macédoniens sur le pied d'égalité durant l'expédition de Pyrrhus dans le Péloponèse, Fan 272 (1).
En joignant les détails qu'on vient de lire à un passage de Plutarque^ on voit que Tan 272 Ântigone ne retenait plus dans toute la Grèce centrale et le Péloponèse que File d'Ëubée , Gorinthe et quelques autres villes du Péloponèse (2).
S m. — Histoire de la Macédoine et delà Grèce (3) , depuis la mort de Pyrrhus jusqu'à la délivrance de Sicyone par Aratus 272-251.
Antigone de Goni convoite avec passion , avec fiireur, la domination delà Grèce, et n'y tient pas moins qu'à la possession de la Macédoine elle-même : force des armes , ruses , crimes même , il est disposé à tout employer pour la recouvrer. Ce n'est pas le comman-
(1) Plutarch.,in Pyrrho.
(2) Plutarch. , In Pyrrho. Foyejs les preuves et les citations à Tappui de cet exposé , pages 44-47 de la seconde partie du Précis de l'histoire ancienne , 2" édition.
(3) Tous les historiens anciens qui avaient présenté le récit circonstancié et suivi des événements arrivés pendant cette période ont péri par l'injure du temps ; mais on trouve des indications partielles assez nombreuses dans Polybe, Pausanias et Justin. De ces indications y les historiens modernes n'ont recueilli que la prise d'Athènes. J'essaye ici de rassembler et de classer les documents existants , et de combler une lacune de vingt et un ans.
LA GRÈCE AYAirr LA LIGUE ACHifiNNE. 257
dément de Philippe et d'Alexandre qui peut le satisfaire, il lui faut la domination de Cassandre et de Démétrius.
Les Spartiates, même au milieu de leurs plus profondes humiliations, même après les grandes défaites dont Antipater , et plus récemment Démétrius , les ont accablés, n'ont Jamais renoncé à cette domination despotique de la Grèce qu'Épaminondas leur a enlevée.
Les ^toliens, de leur côté, témoins de raffaiblissement progressif des Spartiates et des Macédoniens, jugent qne la domination de la Grèce est vacante, songent à s'en emparer, et à priver les Grecs de cette indépendance qu'ils ont constamment défendue euxmêmes avec une si juste opiniâtreté.
Progrès d'Antigone, — 272. Antigone de Goni , demeuré maître de la Macédoine et de la Thessalie par la mort de Pyrrhus, travaille aussitôt à recouvrer la domination de la Grèce. Une partie des cités du Péloponèse lui est livrée par trahison ^ d'autres, qui avaient imploré son secours contre Pirrhus, se donnent à lui (1). n les ajoute à la ville et au territoire de Corinthe , qu'il n'a jamais cessé de posséder; resserre son al-
(1) Voyex Justin, 1. XXVI, c. 1. Plutarch., in Arato, et Polybe , 1. II, c. 43, comparés et commentés, p. 49, note 1 du Pré< cls, 2», partie, ^ édition.
2lî8 F^iÇIS hSL l'histoire AlfGIBHW.
liance avec l^s iEtoUen^ettos dû^ers tyrans ; menacela ligue acbéenne renaissante et le reste du Péloponèse. Les Spartiates^ qui prétendent à l'empire de la péninsule ^ npisisent leurs efforts à ceux du roi d'Egypte, Ptolénaée PJiiJadelplie, conire Antigonej et, pour Farracber du PélQp.onèse, vont, sous la conduite de leur roj Aréi^s, l'^ttaquep en Macédoine.
269. A ces deux ennemis se joint une nouvelle armée de Gaulois et d'aventuriers grecs. Pressé de tou^ côtés , Antigpne £aijt face pa^etout. Il attaque d'abord les Gaulois , e^erminç )es uns et chasse les autres. Il marche ensuite coptre Arjéi;^ et Ptolémée; ceux-ci ne jugent pas prudent de se mesurer Qonire ses troupes victorieuses, et évacijijçpt la Macédoine. Reprenant alors ses projets interrpaipii^ contre la Grèce^ il court attaquer Athènes. Aréus et Ptol/émée le suivent devant cette place : il 1^ prend sous le^rs yeux, malgré la résistance des hal^jtfHilLp, et n^et une garnison dans le Musée, 9i68.
Pendant qu'il ^'occupe de ce3 soins, Alexandre, fils de Pyrrhus, envahit la I^pédoine, gagne la phalange, et den)e^r^ ui) i^ç^nt maître du royaume ^ 2Ç7; mais il en est bientôt chassé par Démétrius ^ fils d'Antigone, et dépQu|l}e piême de TÉpire, qu'il recouvre plus tard, avec l'assistance des Acarnaniens (1).
(1) Justm, 1. XXYI, c. 2, a. Paii^^i^., AUic, c. l, 8, 91; Lacon. , c. 6.
LA GRiCE AVANT LA LIGUE ACHKBNNE. 259
SoD eotceprise coqtre la Macédoiae , demairée sans résultat y laisse à Antigoae la plénitude de ses ressources^ (et la liberté de poursuivre ses plans de domination sur la Grèce centrale et le Péloponèse.
Ce prince , déjà maître d'Athènes et de l'Attique , contraint encore Mégare , la Phocide et la Locride ^ à reconnaître ses lois (1). La moitié de la Grèce centrale lui obéit alors.
ProjetSy défaite^ affaiblissement de$ LaeédémarUem. — Uan 281 , les Spartiates s'étaient faits chefs de la ligue formée contre Antigone. « Mais plusieurs villes, p dit Justin , refusèrent de se joindre à eux, persua- D d.ées qu'ils cherchaient à se rendre les maîtres de » la Grèce, et non à lui faire recouvrer son indépen- » dance (2). d Au temps qui nous occupe, les mêmes idées les préoccupaient : leur ambition, rivale de celle d' Antigone, s'ppposait à ses progrès dans le Péloppnèsa Mais leur roi Ai'éus est tué dans une bataille livrée près de Corin^he, 266 ; jsop fils et son successeur Acrotatus est égaleipeQt vaincu et tué, 265 , par le tyran Aristomèd^i dans un aiitre combat engagé sous les murs de JVfégfilopoli§ (3). tes L^cédémoniens se voient contraints alors de suspendre leurs projets
(1) Plutarch.| in Argtp. Polypa, h llj c. 43, cité» et eonunentés, p. ^, note i du Précis, 2' partie, 24 «ditipa. (2)J[»sW»,l,XXIV.c. 1.
C3) Plutarch. , in Agide.
:2G0 PRECIS DE l'histoire ancienne.
ambitieux et de laisser un libre cours à ceux d'Antigone et des ^toliens. L'emploi fort extraordinaire qu'ils font du peu de forces qui leur restent, l'envoi de Xantippe et d'un certain nombre de leui-s guerriers au secours de Carthage contre les Romains, 256, favorisent encore les progrès de leurs adversaii'es. Antigone, pour se concilier l'esprit des Athéniens, leur rend leur gouvernement, mais en maintenant une garnison dans leurs murs , 256. L'an 251, après avoir fait empoisonner Alexandre, qui tenait la forteresse de Corinthe, il s'empara de cette citadelle, qu'on nommait avec raison l'une des entraves de la Grèce : il la joint à la ville de Corinthe, qu'il possédait déjà (i).
Rapports des jEtoUens avec ArUigone^ leurs des^seins ^ leurs progrès. — Les iEtoliens , qui , plus tard , au temps des guerres des Romains, prétendirent à la domination de la Grèce entière, songeaient seulement alors à partager avec les Macédoniens. Ils voulaient se former une principauté des provinces de la Grèce orientale, Messénie, Élide, Achaïe, iËtolie, Acarnanie. Antigone entretenait avec eux une alliance
(1) Polyb. , 1. 1 , c. 31. Âppian. Punie.', 6. Plutarch., in Arato. Antigone , I*an 251 , prit la citadelle et non la yiUe de Corinthe, comme on Ta dit par erreur : cette ville , comme le témoigne Plutarque , n'avait pas cessé d'appartenir aux princes macédoniens depuis Philippe , père d'Alexandre.
LA GRàCB AVANT LA LIGUE ACH^CNNE. 361
depuis Tan 280 (i). En dernier résultat il devait rompre avec eux et les combattre ; car la moitié de la Grèce ne pouvait le satisfaire. Mais il était au-dessus de ses forces, d'un côté, de se consolider en Macédoine ; d'un autre , de se mesurer à la fois contre les Spartiates, les ^Etoliens et le reste des Grecs. Commandé par les circonstances , il soufirait les accroissements des iEtoliens à Toccident de la Grèce, pour obtenir qu'ils ne le troublassent pas pendant qu'il s'affermissait à l'orient.
Dès l'année S70, les ^toliens s'étaient immiscés dans les affaires du Péloponèse et dans les troubles de TÉlide (2). Vers l'an 265, ils conclurent avec Alexandre d'Épire un traité aux termes duquel ils devaient envahir l'Acamanie ; l'accord reçut son exécution , et ils s'approprièrent la moitié des villes de cette province (3). Plus tard ils se jetèrent sur la Laconie et emmenèrent en une seule fois cinquante mille esclaves. Enfin ils dressèrent des embûches à Nicoclès pour faire passer Sicyone de son joug sous le leur, 251 (A).
L'indépendance hellénique, rétablie depuis 287,
(1) Justin, XXIV, 1.
(2) Ils avaient intercédé pour les Éléens auprès de leur tyran Aristotime. (Justin, XXVI , c. 1.)
(3] Polybe, 1. II, c. 45. Justin, 1. XXVIU , c. 1. (4) Plutarch. , in Oleom. et Arato.