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!263 Pi^scis DP l'histoire ^r^ciEUfp.
tombait pièce à pièce sous les coups d'Aptigone el des ^toUens. Dans la Grèce centrale, les ^Etoliens avaient assujetti l'Acarnanie; Antigone, Athènes, Mégare, la Locride, la Pbocide : ils n'avaient laissé de libre que la Béotie. Quant au Péloponèse, ils préludaient à sa CQpquétfi , les iEtoliens par leurs ravages d^ns la Laconie, par leurs rs^ppprts avec J'Ë|ide, par .leurs tentatives contre Sicyone; Antigqne, par l'occupation de Corinthe et d^s places voisines , et par sob étroite intelligence avec les tyrans.
Aratus pariât (}ans p§$ circpastances : par ses 1a^vaux, il soutint^ i) prpp£|gea la liberté hellénique. Il mapquait de$ talepts, ^\ même du courage nécessaires pour vaincre svir ux\ champ de bataille ; mais , dans l^s conspiration^ e^ l^s surprises , il déployait une cpnstance ^t une hardiesse singulières. Ses qualités et ses défauts influèrent puissamment sur les destinées (Ip la Grèce.
^W. — Aratus ranime V indépendance hellénique expirante, détruit la domination macédonienne dans tout le Péloponèse et dans une partie de la Grèce centrale (1).
Aratus délivre Sicyone. — Depuis le temps de Philippe, père d'Alexandre, Sicyone avait des tyrans.
(1) La période qui s'étend de la délivrance de Sicyone à la guerre de Gléomène a été un peu Qiofns mal traitée que les précédentes par les historiens i^^iodernes. Cependant nous y insé-
LA eR86S AVANT LA LIGUE ACHI^NNE. W3
L'a4 ^1 , Aratiis surprend cette ville avec quelques coDJu^j chass^ }e tyran Nicoelès, et rappelle cinq cent quatre-vingts bannis; pour qu'ils ne troublent pas les nouveaux propriétaires dans leur possession, il leur accorde une indemnité de cent cinquante talents (?25,000 fr.) , que lui fournit Ptolémée Philadelpbe, A peine Sipyone est libre, qu'Antigone cherche ^ ^'efi emparer. Puur la protéger contre ses attaques^ Aratu^ Tagrége à la ligue achéenne: il ne rétablit p^s son ancien gouvernement intérieur, tout dorifin^ mc(is il lui donne la démocratie modérée des Achéeas.
// projette d'affranchir le Péloponêse et la Grèce cett(ra/c e^ rf e» former me grande fédération^ 350. — A l'âge de vingt ans, il est élu pour la première fois stratège des Achéens. Il forme dès lors le projet de détrijire, dans le péjoponèse et dans la Grèce centrale, soit la domination macédonienne, soit les ^rîWïûes particiiUères; de rétablir partout la liberté ^'triQdéppndance, d'unir tous les états helléniques à la ligue acb^enne^ d'en fprmer une nouvelle et grande fédér^tiop.
4ratus sfifiouvi le$ Béûtim$ contre le» jEtoHem. — Seuls de tous les» peuple$ de la Grèce centrale , les
roflsdûuïe faita imp,ortiMttts, enttèrement omis jusqu'ici, et dont résultent des conséquences nouvelles.
â6i PRÉCIS DE l'histoire ancienne.
Béotiens s'étaient maintenus libres. LesÀchéens conclurent un traité avec eux et les engagèrent à attaquer lesiËtoliens^ toujours alliés d'Antigone. Aratus conduisit dix mille hommes au secours des Béotiens et ravagea la Locride, sujette des Macédoniens. Mais avant son arrivée les Béotiens furent vaincus à Ghéronée par les ^Etoliens, abandonnèrent les Achéens pour se joindre à Tétat des ^Etoliens , refusèrent de prendre désormais aucune part aux affaires générales, et se livrèrent à des excès dégradants. Le résultat de 8ette bataille fut de ne laisser aucun peuple dans la Grèce centrale qui ne dépendît des^toliens ou d'Antigone (i)^
AraPus délivre et unit à la ligue achéenne Cùrinthcy Mégare, TVézénc, £pirfaur«.—^ Dans les années suivantes , Aratus répara Téchec que venait d'éprouver la cause pour laquelle il combattait^ par d'importants avantages obtenus dans le Péloponèse. Élu stratège pour la seconde fois, en ^3 , il s'introduisit^ avec quatre cents hommes^ dans la ville et le château de Gorinthe, en chassa la garnison macédonienne, mit une garnison d' Achéens dans la citadelle , rendit aux habitants leur liberté et les clefs de leur ville qu'ils n'avaient pas possédées depuis le temps de Phî-
(1) Polybe, 1. Il , 0. 43 , de Vlrt. et Vitii», n» 43, Plntarch. , in Arato.
LIftUB AGHÉENNE ; ARATUS. 265
lippe, et les incorpora à la ligue achéenne. Peu après, il accrut encore la république des villes de Mégare^ de Trézène, d'Épidaure, après les avoir détachées du parti du roi. H repassa incontinent dans la Grèce centrale , pilla Salamine , renvoya sans rançon les prisonniers des Athéniens, et jeta les premières semences de leur révolte contre Antigone. Cherchant contre ce roi un autre roi pour défenseur de la ligue et de l'indépendance hellénique, il engagea les Achéens à nommer Ptoléraée leur généralissime sur terre et sur mer : l'éloignement de Ptolémée rendait sans inconvénients son intervention et ses secours (1).
Diverses tentatives â^Aratuspour délivrer Argot. — 243. Après s'être assuré ce point d'appui, il poursuit son combat à mort contre la domination macédonienne et les tyrannies particulières. Au milieu des autres cités de TArgolide, redevenues libres , il s'indigne de voir Argos encore dans les fers. Dans l'espace de quelques mois , il trame une conspiration contre les jours d'Aristomaque P'. Il essaye trois fois de surprendre son successeur Aristippe et de lui enlever Argos : il lui livre deux batailles , Tune près de la rivière de Charès, Pautre sous les murs de Cléone , dans laquelle périssent et quinze cents satellites du
(1) Polybe, 1. H, c. 43. Plutarch., in Arato. Pausanias , Oorinth.
9|$6 PRÉCIS DE L'aiSTOlliB AUGIBNNE.
tyran et }e tycan lui-méiDe. Ces eferts multiplia échouent : )^s Macédoniens fouvnisi$eiit à Amtowaque II les troupes nécessaires pour établir son autorité H Argos. Là ne se borq^ pa§ la défense d'Antigone. Il cpmplote avec les despotes argiens de foùm assassiner Aratus : le trouvant gardé pap l'aoïour de ses concitoyens , il résout de les écraser tous ensemble par l'union des forces macédoniennes et «atoliennes. Il renouvelle ^on alliance avec les J£talie»s> et convient ayec eux de ne n^ettre bnslesaivnes que quand ils auront détruit la ligue ^cjiéenne et partagé ses villes ensemble. Les Achéeus IQ^t Plfill^oés pw deux ennemis^ dont un sei)| sutS^ pour eompuomeltre leur existence,
Mégalofolis délivrée y le$ jt!t^iipm^oouTu$eiuuùà la ligue açfkéçr\ne. -rr Mais Autigpne de Goni meurt en 24^ Aratus persuade à {^ysiade^ tyran de Mégalopolis, de déposer la tyrannie, 0 d'unir à la ligue achéenne sa ville^ capitale de l'Arçadie. Silesifltoliens envahissent le Péloponèse et s'emparent de Pallène, ils se laissent surprendre et (passer avee perte par Aratus, 238 (1), Enfin si les diss^sions de Sparte et la mq^ d'Agis privent les Aohéens d'un roi devenu leur utile allié , l'opposition des intérêts , la contrariété
(1) PluUrch. , in Arato. Polybe ,1. II, c. 43 , 45.
UfiUB achbbmnb; aratus. 967
des amt^i^ioQs mgqédoQieBDOS et œtoliâAnes changent subitement tous les rapports^ arment les ennemis de la ligue les uns contre les autres^ et lui offrent des secours inattendus.
Les iStoIiens veulent enlever au jeune roi d'Ëpire, Pyrrhus , la moitié de F Acarnanie , la joindre à celle qu'ils possèdent déjà , et à la Béotie^ qu'ils ont contrainte naguèce d'entrer dans leur république. Olympias , mère du jeune Pyrrhus y implore l'assistance de Démétrius , fils et successeur d-Antigone^ et lui offre en mariage sa fille Pbtia (i)« Démétrius saisit cette occasion de renouer les relations intimes établies entre la Macédoine et l'Épire au temps de Philippe , père d'Ale^^andre^ et de dépopiller les j^toliens , qui lui inspirent des craintes et le gênent En effets en envahissant la Béotie , ils ont élevé une barrière inçonmiode. entre deux pays de son obédience, TAttique et la Phocide. Il les attaque^ et leur enlève la Béotie , qui se livre à lui sans résistance; il étend alors ses lois du cap Sunium aux Thermopyles, 237. Il menace ensuite les iEtolien^ jusqu'en i£tolie. Depuis
(1) Les Acamanieais , soumis à TÉpire, ne trouvant pas une défense sufiisante dans les Épirotes, s'adressèrent aux Romains, pendant qu'Olympias s'adressait à Démétrius. Les Romains ordonnèrent aux iËtoliens de respecter rAcarnanie ; les iËto^liens méprisèrent les injonctions de Rome et ravagèrent rAcarnanie et l'Ëpire. (Justin, 1. XXVIU, c. i , ?.)
368 PRÉCIS DK l'histoire angirnnc.
qu'ils sont aux prises avec lui , ils ont cessé d'être redoutables à la ligue achéenne et peuvent lui devenir utiles. Aratus soumet ses justes ressentiments à la politique , conclut avec eux une ligue offensive et défensive , et les défend contre Démétrius : dès lors les anciennes animosités des deux nations se dissipent et font place à l'amitié et à l'alliance. Assuré de ce côté , Aratus se prépare aussitôt à battre de nouveaux coups la puissance macédonienne. Il dirige une seconde attaque contre Athènes : cette entreprise lui réussit mal ; il est vaincu par Bithis , lieutenant du roi; et pendant le reste du règne de Démétrius , il ne fait aucun progrès (i).
jéntigone Doson s^ affermit m Macédoine et établit fortement la domination macédonienne en ThessaliCy Béotie, Phùdde. — Mais la mort de ce prince, 233, devient le signal de la délivrance de F Attique , de la
(t) Polyb. , 1. II , c. 44. De Virt. et Vitiis, n» 43 ; Plutarch. , in Arato. Justin, 1. XXYIII, c. 1, 2. Plutarque place trop tard la mort d'Antigone de Goni après la démission volontaire de Lysiade. Cette démission eut lieu sous le règne de Démétrius et non pas d'Antigone , comme le prouve le passage de Polybe , 1. II, c. 44 : « Lysiade de Mégalopolis s'était dépouillé de bon B gré de la puissance royale , du vivant de Démétrius , et était B entré dans le gouvernement des Acbéens. » Nous n'ajoutons pas ici une prétendue expédition de Démétrius dans la Gyrénaîque et la Libye. Cette conquête n'est fondée que sur la confusion du nom de ce prince avec celui de son oncle Démétrius , que Plutarque appelle roi de Cyrène.
LIGUE achbennb; aratus. 260
chute de toutes les tyrannies dans le Péloponèse, d'acquisitions de la plus haute importance pour la ligue achéenne. Antigone Doson , déclaré roi pendant la tutelle de son neveu Philippe , eut à combattre les alliés qui s'étaient détachés de la Macédoine; les Thessaliens , qui affectaient Tindépendance ; les Dardaniens^ qui se préparaient à ravager le royaume; les Macédoniens eux-mêmes, qui se révoltaient et refusaient de reconnaître son autorité. Il réprima les Dardaniens et punit les alliés; tout en maintenant aux Thessaliens leurs lois intérieures , il ne leur permit plus de rien faire sans les ordres des officiers royaux ; il maintint sa suprématie sur la Phocide et la Béotie ; il soutint et releva la gloire de la Macédoine ; il ramena enfin les Macédoniens à Tobéissance par le souvenir des services qu'il avait rendus au pays (i).
Pendant ce temps, Aràtus unit à la ligue achéenne Athènes et toutes les villes de VArgolide , de VArcadie, de la Messénie, encore asservies aux Macédoniens ou à des tyrans. — Mais tandis qu'il était retenu par ces soins nombreux, d'un côté^ les Athéniens appelèrent Aratus à leur aide , et le Sicyonieu contraignit les troupes macédoniennes à évacuer Athènes, Sunium, Salamine. D'un autre côté, les despotes du Péloponèse, privés, par la mort de Démétrius, de
(1) Justin , XXVIÏl , 3. Polybe , ÏV, 66.
270 PKÉlJS WE L^glSTOIRR ANQWÏNE.
leur chef ei de leur $u{^ort^ pressés par les oienAces et les promesses d'Aratus, déposerai leur illégale autorité : Aristo^iaque II à Argo$^ Xénoo à HermioDe, Cléonyrae à Phlius ^ entrèrent avec leurs villes dans la ligue achéenne. L'île d'Égine, les priaeipales villes de TArcadie^ après Mégalopolis ^ telles que Mantinée, Tégée, Orchoptiène, non- seulement s'unirent d'intérêts avec les Achéens ^ mais prirent même leurs lois. Enfin les iËtoliens^ 2^, resserrèrent Talliance qu'ils avaient précédemment contractée avec eux, soit qu'ils ne portassent pas encore envie à leur fortune, soit que la pudeup li^ur commandât cette démarche envers un peuple qui les avait secourus si récemment dans l^ur lutte cpnM^e Dé|»étrius (1).
Étendue de la ligue achéenne, tan 229. — Ainsi. Tan 229^ la ^gqe a^héenpe embrasse dans la Grèce centrale l'iEtolie^ TAttique, Mégare^ Salamine, dans le Péloppnèse, 1^ Corinthie,la Syciouie, PAchaîe; l'4rgplide , la plus grande partie de l'Arcadie. Sparte et la L^conie restaient seules à gagner pour unir tout le Péloponèse dans une gr^q|d^ nonfédération , car rËlide jetait si fj^ible , qu'elle ^ût été naturellement entraînée par le pouvement général , et les eiforts cQmbip^s des Péloppnési^p^ amenaient invincible-
(1) Polybc, II, 44, 46. pi^tarcb., i» Arato, ç. n^^, ià. Beiske.
ment à leur tour la déUvrance de la Béatie et de la Locride , lejir accession à la ligue.
Constitution des ^chéens, — La constiiutiou des Âchéens était démocratique à l'égard de chacune des villes en particulier, fédérative à Tégard des villes en général.
Chaque ville achéenne était régie par la démoca- Lie : tous les habitants , peu nombreux , étaient appelés à décider par leurs suffrages des affaires qui intéressaient spédalement et exclusivement la communauté dont ils étaient membres, à dioi3^ir leurs magistrats, à njommer des députés à l'assemblée générale.
Les dix villes acbae^nias, restant de douze, et •subsistant au jl^n^ps pii nous somXQBS parvenus , formaient entre elles une ligue. Dès quMl s'agissait d*a(îtes qui intéressaient le 3ort de toutes les villes de la ligue, de toute la nation achéenne, ce n'était plus le peuple de chaque ville qui connaissait el décidait, c'étaient les députés qu'il nommait, réunis en assemblée générale. Les députés, comptables de leurs décisions à leifrs mandataires , prononçaient sur la paix, la guerre , les alliances ; recevaient les ambassadeurs étrangers ; faisaient les règlements réclamés par les circonstances ; nommaient les magistrats suprêmes de la ligue , le stratège , les dix demiourgoi , le grammateu9 pu ^eprétaire. Les villes achéennes ob^ssaient
27â PRÉCIS DE l'histoire ancienne.
toutes indistinctement aux décisions prises par leurs réprésentants et aux magistrats suprêmes de la ligue^ choisis eux-mêmes indistinctement dans toutes les villes de la confédération.
Aratus, à mesure qu'il délivra une ville de ses tyrans ou de la domination macédonienne , Tagrégea à la ligue achéenne , lui donna pour gouvernement intérieur la démocratie des Achéens, la fit entrer dans l'union sur le pied d'une parfaite égalité avec les Achéens^ lui imposa les mêmes obligations, en même temps qu'il lui communiqua les mêmes droits qu'aux Achéens. Ceux qui après lui dirigèrent les affaires, Philopœmen et Lycortas, se conduisirent par les mêmes principes. D'où il résulta que TAchaïe jouit du gouvernement fédératif le plus parfait qui ait été établi chez les anciens.
Nécessité de s'unir imposée aux Grecs et aux Macédoniens. — En présence des Romains, dont les accroissements continuels, et notamment la guerre commencée en Illyrie cette année même, 229, menaçaient l'indépendance de la Grèce conrune de la Macédoine .. il fallait songer autant aux moyens de défense contre l'étranger qu'à une bonne organisation intérieure. Il fallait denc que les nations agrégées à la ligue achéenne n'élevassent aucune prétention sur la Thessalie et l'Épire, et les abandonnassent à la Macédoine, pour éviter toute discussion, toute guerre