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CHAPITRE XXm

Histoire de la Grèce pendant la guerre du Péloponèse, depuis la paix de Nicias jusqu'à la fin de Texpédition de Sicile , 421- 418. — Histoire de la Sicile, depuis le règne de Gélon Jusqu'à rexpédition des Athéniens (i).

Les Spartiates n'ont rien gagné pendant les dix pre* mières années de la guerre du Pôloponèse : par le traité,

(1) Tbucyd., 1. V, depuis le ehvp, 20; 1. VI, VIL Diod. Sic,

LA GRJbCB^ APnàS LA PAIX 1)B mCIIAS. il

ils ont laissé aux Athéniens tont ce que ceux* ci possé* daient quand elle commença, les lies de la mer Egée, les côtes de TAsie Mineure et de la Thrace ; cette marine , surtout, qui les rend Tun des deux peuples les plus puissants de la Grèce et les rivaux de Sparte* Les Athéniens, de leur côté, n'ont pu recouvrer le commandement de la portion des alliés dont leur orgueil avait provoqué la défection avant les hostilités*

Mais les vices actuels dô la constitution d^Athënes, le caractère de ses habitants, Tégoisme de quelques particuliers, vont amener les résultats que les efforts de Sparte et des confédérés n'ont pu otrtenir. Avant Périclès, IV ristocratie athénienne, le sénat et TAréopage possédaient assez de prérogatives et d'influence pour s'opposer aux folles résolutions du peuple, soit dans la paix, soit dans la guerre. Périclès, pour dominer Athènes, avait ôté tout pouvoir à ces deux corps, avait rendu maîtresse des délibérations publiques la multitude, dont il était maître lui-même. Parvenu, par un loDg usage des affaires, à la connaissance exacte des ressources de la république, il désapprouvait les expéditions lointaines et périlleuses, les batailles sur terre, genre de combats où Athènes, puissance essentiellement maritime, ne pouvait « malgré la valeur de ses habitants « obtenir des succès durables contre le» troupes aussi aguerries et plus nombreuses des Péloponésiens« Or, Périclès tenant

1. Xll , tS et sqq.; 1. Xlll. Plutarch., In Nie. et in Alcib. Corne- Uos, in AkihiMto. hocnite, de Paee.

12 PRÉCIS DB l'hISTOIRB ANCIENNE.

dans sa dépendance le peuple et les ambitieux subalternes, il en était résulté que ces expéditions et ces batailles n'avaient pas eu lieu. Mais à sa mort, le peuple et les ambitieux devenaient d'abord libres du frein qu'il leur avait donné ; ils ne retrouvaient pas celui du sénat ni de l'Aréopage, déshérités par Périclès de leur ancienne autorité. Dans l'état politique où il avait mis Athènes, c'était une condition nécessaire pour l'existence de cette république qu'il vécût lui-même ; et il était mort à la troisième année de la guerre. Dans les années suivantes, les généraux avaient à Amphipolis, à Délium, livré ces batailles sur terre, si sévèrement défendues par lui. Maintenant le peuple et Alcibiade vont engager la république dans les entreprises d'ambition , dans les expéditions lointaines, qu'il redoutait encore davantage.

I. Intervalle entre la paix de Nicias et V expédition de Sicile , 421-415. — Un an s'est à peine écoulé depuis la conclusion de la trêve entre Sparte et Athènes, et déjà tout se prépare pour une nouvelle rupture. Alcibiade cherche les moyens de s'illustrer, de succéder à la puissance de Périclès, de ruiner le crédit de Nicias. Il espère les trouver dans la guerre, et il veut la rallumer , dussent sa patrie et la Grèce courir la chance d'y périr. D'un autre côté, les Lacédémoniens ont violé diverses clauses du traité. Les Athéniens prétendent tirer vengeance de ces infractions, et se préparent à entrer dans la ligne formée par le

LA ^fàCX, APRÈS LA PAIX PB NICIAS. 13

Argiens , les Éléens , les Mantinéens, et quelques autres peuples de TÂrcadie, pour enlever à Sparte^ épuisée par dix ans de guerre^ sa prépondérance dans le Péloponèse.

420'418. Les Spartiates , eflfrayés, envoyèrent une députation à Athènes pour offrir des satisfactions. Nicias voulait qu'on les acceptât , qu'on évitât une rupture à tout prix. Mais Alcibiade parvint par une ruse à rendre les ambassadeurs suspects, demanda et obtint qu'on les chassât comme des imposteurs^ qu'on envoyât un premier , mais &ible secours , aux peuples confédérés contre Sparte , pour les aider à réduire Épidaure^ Tégée et d'autres villes de TArgolide et de TArcadie y qui tenaient le parti de Sparte. Les Argiens et leurs alliés ne firent aucun progrès en 420. Mais en 419, Alcibiade leur amena un renfort de quinze cents hommes, avec lequel ils s'emparèrent de l'importante ville d'Orchomène , dans T Arcadie , et vinrent mettre le siège devant Tégée : tout leur promettait des succès ultérieurs^ quand ils se virent tout à coup abandonnés par les Éléens. Les Lacédémoniens profitèrent de cette circonstance, et marchèrent en forces contre Mantinée, avec l'intention, ou d'emporter cette ville, ou de forcer les Argiens et leurs alliés à lever le siège de Tégée. Les Argiens en efiet volèrent au secours de Mantinée : une bataille générale se livra sous les murs de cette ville , 418 : les Ar-

14 PRRC1S DB l'histoirr ancibnub.

giens vaincus perdirent once cent» hommes. La vio^ toire que les Spartiates venaient de remporter eut pour effet de raffermir leur autorité dans le Péloponèse. 417-416. Les Athéniens avaient partagé la dé&ite des Argiens. La fidélité de leurs alliés était ébranlée dans toute la Grèce. Pour rétablir leur réputation et la terreur de leur nom^ ils se livrèrent à diverses en** treprises. Leur guerre contre le roi de Macédoine Ar« chélaùs ne produisit aucun résultat nuirqué. Mais ils passèrent au fil de l'épée les habitants de Scione^ ré^ voltés contre eux^ et entreprirent la conquête do Mé« los, Tune des Gyclades* GeUe Hé, originairement peuplée par les Lacédémoniens^ avait suivi leur parti pendant la guerre du Péloponèse. Les Athéniens in« vestirent la capitale par t^re et pai^ mer , avant qu'elle eût reçu aucun secours de Sparte^ la prirent après sept mois de résistance ^ massacrèrent tous les mâles au-dessus de quatorze ans, envoyèrent une colonie dans l'île pour la repeupler et l'ocouper ^ 416. Tandis que les Athéniens épouvantaient la Grèce paroesbarbares exécutions , ils rêvaient la conquête du Pélopo^ nèse^ de la Grèce entière^ de l'Afrique ^ de l'Italie^ de la Sicile. Aleituade les poussait de toutes ses forces dans ces entreprises extérieures et lointaines^ que Péridès leur avait sévèrement interdites. Cédant aux conseils d'Alcibiade, ils prirent la résolution de porter d'abord leurs armes ^o^ Sicile*

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