ÉTAT DE LA SICILE. HPKDITION DE9 ATHENIENS. IB
IL Histoire d$ la Sieih^ depm$ U régne d$ GêUm jtMqu'à V expédition des Mhénieni dans cette iUy 477-415, — Durant cet espace de soixante-deux ans^ le sort des autres villes grecques est lié intimement à celui d'Âgrigente^ de Gela, et surtout de Syracuse. Ainsi la plupart d'entre elles obéissent à des rois ou tyrans , comme Sysacuse elle-même^ jusqu'à l'an 466^ et elles cessent d'en avoir au moment où cette ville se débarrasse des siens, «^ Les Carthaginois, depuis la défaite qu'ils ont essuyée à Panorme, ou ne conservent plus de possessions en Sicile ^ ou ne retiennent à Foccident qu'un très-petit nombre de villes : ils ne dirigent aucune attaque contre les Siciliens , ne les tourmentent par aucune tentative de nouvel établis^ sèment ou d'agrandissement , n'exercent aucune in« fluence sur leurs destinées. Toute notre attention se portera donc sur Agrigente, sur Gela et sur Syracuse.
jégrigente. -^ Agrigente obtient en Sicile le premier rang après Syracuse dès le règne de Théron. Ce prince, qui participe à la victoire de Gélon sur les Carthaginois, tient Himère sous sa dépendance. Il con« tinue à r^ les Agrigentins jusqu'à sa mort, 472. Son fils Thrasydée lui succède , est vaincu par Hiéron de Syracuse, et détrôné par ses concitoyens, 470. Agr^ente s'allie alors pour longtemps avec Syracuse^ jouit de la liberté, fait un immense commerce de vins et d'huile avec les Carthaginois, et parvient au
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plus haut point de prospérité publique. L'an 446, les Agrigentins rompent avec Syracuse, et sont vaincus. Ils ne prennent aucune part à la guerre entre Syracuse et Athènes : leurs annales ne présentent aucun événement remarquable jusqu'à Fan 405 , époque où les Carthaginois les attaquent
Gela et Syracuse. -— Hippocrate^ tyran de Gela et prédécesseur de Gélon^ après avoir remporté plusieurs victoires sur les habitants de Callipoli^ de Naxos^ de Messine et de Léontium^ avait soumis à sa domination ces diverses cités et une partie des anciens habitants de la Sicile. Gélon succéda à Hippocrate. En abandonnant Gela pour prendre le gouvernement de Syracuse , il transmit à son frère Hiéron le pouvoir qu'il avait antérieurement exercé sur les Géléens et sur les peuples voisins. Par les victoires et les talents administratifs de Gélon, Syracuse acquit une incontestable supériorité sur les autres villes grecques de la Sicile.
A sa mort , arrivœ l'an 477, son frère aîné Hiéron lui succéda, et ajouta encore à la puissance de Syracuse, en formant un seul état de cette ville, de Gela et de quatre cités dépendantes de Gela. Le règne d'Hiéron fut de dix ans , 477-467. Il fit une guerre heureuse à Thrasydée , tyran d'Agrigente , contraignit cette ville, après l'expulsion de Thrasydée, à subir son alliance, et envoya au secours de Gumes une
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flotte qui vainquit les Étrusques. Graod dans la paix comme dans la guerre , il réprima l'avarice et la violence auxquelles il était enclin ; il appela à sa cour Simonide^ Bacchylide, Ëpicharne^ Pindare^ qui chanta ses victoires aux jeux Olympiques.
Thrasibule , frère d'Hiéron et de Gélon ,. n'abusa qu'un an de l'autorité souveraine, 467. Les Syracusains le chassèrent en 466 , rétablirent le gouvernement républicain , et lui cherchèrent des appuis contre l'ambition des principaux citoyens , dans l'établissement du pétalisme, 454. En 466, les Syracusains étaient si puissants^ qu'ils détruisirent la tyrannie dans toutes les^ villes grecques de la Sicile, en même temps que chez eux. Les troubles dont Syracuse fut agitée , après l'expulsion des rois , donnèrent à penser qu'elle avait perdu tout pouvoir d'influer désormais sur les affaires de l'île. Les anciens habitants y les Sicules, placés au centre de la Sicile, résolurent de relever leur domination et de chasser les Grecs de l'île, 451. Mais Deucétius, leur chef, fut plusieurs fois vaincu par les Syracusains, et réduit à leur abandonner ses états. Ces succès reculèrent les bornes de la puissance de Syracuse , et lui inspirèrent l'idée de reprendre ses projets de domination sur les cités grecques qui ne lui obéissaient pas encore. Elle sou* mit Agrigente, 446, et attaquâtes Léontins récemipent révoltée contre son autorité, 4^7. }^s Léontins
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implorèrent le secours d'Athènes peu après la mort de Périclès. Les Athéniens saisirent avidement cette occasion de s'immiscer dans les affaires de la Sicile , dont ils méditaient la conquête. Maïs ce premier essai n'eut aucun succès : les Syracusains restèrent maîtres du territoire de Léontîum , transportèrent les habitants à Syracuse, et soutinrent Sélimonte contre Égeste, pour les accabler ensuite toutes deux. Les Égestins se tournèrent vers les Athéniens, 419, comme lesLéontins l'avaient fait précédemment. Déjà portés à cette entreprise par leur ambition , les Athéniens furent entraînés par les séductions d'Alcibiade, par les fallacieuses promesses des Égestins, et résolurent la guerre contre Syracuse, malgré la résistance de Nicias, 4.16.
liï. Expédition de$ Athéniens en Sicile y 415. — Alcibiade, Nicias, Lamachus, partagent le commandement. Ils partent avec une flotte de trois cents voiles, chargée de sept mille hommes d'élite. Alcibiade s'embarque sous le poids d'une accusation de sacrilège. Syracuse ne soupçonne même pas qu'on puisse l'attaquer : Lamachus propose de l'emporter avant qu'elle ait commencé ses préparatifs de défense; cet avis est rejeté. Alcibiade s'empare de Calane et de Naxos ; ses intrigues vont lui livrer Messine. Il prétend accabler ensuite Syracuse avec les forces réunies de la Sicile , quand il est rappelé à Athènes par l'accusation inten-
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tée contre lui. H se réfugie chez les Spartiates^ qui y par ses conseils , fortifient Décélie dans TAttique. En Sicile , toute Fautorité demeure entre les mains de Nicias. Après avoir perdu un temps précieux à Naxos, il met enfin le siège devant Syracuse. 11 remplit ses ports des galères athéniennes : du côté de la terre, il l'entoure d'un double mur de circonvallation et de contrevallation , qu'il achève presque entièrement. Syracuse , sur le point d'être privée de toute communication , demande à capituler; quelques jours de vigilance la livreront à Nicias. Mais il laisse le Spartiate Gylippe entrer dans ses ports avec une poignée de Péloponésiens et vingt galères corinthiennes, auxquelles les assiégés joignent bientôt une flotte qu'ils construisent. Gylippe rétablit ainsi par mer les communications des Syracusains avec le Péloponèse, qui leur envoie incessamment des renforts. Du côté de la terre, les ouvrages d'opposition de Gylippe empêchent les Athéniens d'achever leur circonvallation : il communique avec les villes siciliennes, et en obtient de nombreux secours , 414. D'assiégeant devenu assiégé, Nicias instruit les Athéniens de sa situation : ils lui envoient Démosthènes avec une nouvelle flotte. Les deux généraux, après avoir essuyé une défaite près des retranchements, prennent la résolution der lever le siège de Syracuse. Leurs craintes superstitieuses , l'ignorance où ils sont des causes d'une éclipse , les
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retiennent pendant vinglnsept joufs : ils perdent dans rintervaile deux batailles navales et le pouvoir de se sauver par mer. Après de nouvelles lenteurs , ils tentent d'opérer leur retraite par terre. Ils sont poursuivis par Tennemi, atteints, Démosthènes dans un défilé, Nicias sur les bords du fleuve Asinarus, réduits à capituler et mis à mort : presque tous leurs soldats périssent dans les travaux des carrières auxquels on les condamne, 413.
Depuis la paix de Nicias jusqu'à sa mort , comme dans les dix premières années de la guerre du Péloponèse, les peuples grecs, en conformité avec leur affreux droit des gens, violent toutes les lois de l'humanité et de la civilisation. Parmi ces horreurs, le génie conserve ses droits imprescriptibles : les seuls captifs athéniens échappés à la mort et à Fesclavage, sont ceux qui peuvent réciter à leurs maîtres les plus beaux passages d'Euripide. A. P.