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contre lui le peuple d'Aletandfie^ le chassa de l'Figypte et le sépara de sa femme Sélène et des deux fils qu'elle lui avait données^ 107»
AUxandrt /« et Cléopâtrey i07-88. — Cléopâtre, implacable dans sa haine , poursuit Ptolémée Soter en Ghjpre et en Syrie , où il s'était rendu pour secourir Antiochus Cyricenus. Ce prince dépouillé , qui se trouve encore à la tête d'une armée de trente mille hommes, prend une faible part à la guerre civile qui désole la Syrie ^ combat pour son propre compte^ fait des conquêtes en Judée et en Phénieie, et rentre en Chypre, après avoir en vain menadé T Egypte. Cléopàtre et Alexandre, délivrés de la guerre étraDgèl*e, furent aussitôt divisés par Tambition. Le prince prévint sa mère dans l'exécution du projet qu'elle formait de lui donner la mort. Ce pairicide, suivi de la vîolatation du tombeau d'Alexandre le Grande excita contre lui une indignation générale. Contraint de fuir pour échapper à la fureur populaire^ il céda le trAne à Ptolémée Soter 11^ qui le ressaisit dix-huit ans et demi après l'avoir perdu , 88*
Ptolémée Soter II, pour la deuxième fois, 88-81. •^ Alexandre , dans la prévoyance de sa catastrophe, avait envoyé d'avance dans l'île de Cos sa fanallle et ses trésors. Il fit une tentative sur l'Egypte , et fut repoussé sur terre et sur mer. Il trouva même la mort dans un d€s*nier combat ) sa famille eut le même sort;
L EGYPTE SQUS LES LAGIBEB. 3&\
à l'exception d'un fils qu'il avait laissé à Cos. Tbèbes, ayant refusé de reconnaître Tautorité de Sotar^ est attaquée par ses armes et sul^uguée^ 86. Ce prince reçoit à sa cour Lucullus, chargé par Sylla de soumettre Cyrène révoltée, dont les Romains étaient en possession depuis l'an 93 avant J.-C., en vertu du testamept d'Appion, fils naturel d'Évergète !!• Soter {I, surnommé J^athyrus, meurt, ne laissant qu'une fille pour héritière de son trône , Si.
Bérénice f Mexandre II, ^i, — Plusieurs médailles, conservées jusqu'à nos jours, font (Bonuftitre le règne de Bérénice, qui gouverna sevile pendant six mois. Un fils d'Alexandre, d'abord prisonnier de Mitbridate dans l'île de Cos, protégé ensuite par Sylla dans les mains duquel la guerre le fit tomber, éleva des prétentions au trône d'Egypte, lorsqu'il eut apprjs }^ iflort de Spter IL Pour prévenir les embarras et les dangers d'une guerre civile , un mariage con* fondit les droits de ce prince, nommé Alexandre, et de Bérénice. Mais Alexandre, impatient de régner seul, égorgea Bérénice dix-neuf jours après une union qui n'avait été pour lui que le chemin du trône, 80. Il espérait que l'alliance de Rome et le crédit de Sylla le maintiendraient daps le pouvoir qu'il avait usurpé. Cependant, du vivant même du dictateur, les habitants d'Alexandrie, c^ue la terreur de son npni ftvait préparés ^ l'obéissance, «e craignirent p»8
352 PRECIS DE l'hISTÛIRE ANCIEN!>iE.
de se soustraire au joug d'un prince détesté. Le soin qu'il mît à célébrer, avec une pompe solennelle , les cérémonies du culte égyptien^ ne put ni affaiblir l'indignation de ses sujets , ni le sauver de leurs fureurs. L'armée révoltée le massacra dans le gymnase, après un règne de quelques jours. Le peuple romain, ou plutôt les ambitieux qui le dirigeaient^ se portèrent pour héritiers de la fortune et des états d'un prince auquel le sénat avait donné le titre d'ami et d'allié. On lit valoir un prétendu testament qu'Alexandre aurait fait en faveur de Rome , par haine de ses sujets. Mais l'existence de ce testament, souvent mentionnée dans les discussions du sénat et du Forum, est restée un fait problématique dans Thistoire. L'Egypte, comme tous les autres royaumes d'Alexandre, devait se perdre dans la domination romaine, et les Romains, pour Tasservir, n'avaient pas besoin d'un titre contesté pour en entreprendre la conquête (1).
(1) L'historien des Lagides, M. GhampoUion-Figeac, donne huit ans de règne à Alexandre, qu'il fait mourir à Tyr, après avoir été chassé de son royaume par les soldats. Les autorités dont il appuie son opinion , quoique discutées avec beaucoup de sagacité, ne nous ont pas semblé détruire le témoignage positif de Porphyre et d'Appien. Nous avons mieux aimé suivre leur chronologie, qui a été adoptée par M. Saint-Martin à l'article PtQlémée.dms la Biographie universelle. Les deux princes,
l'égtptb sous les lagides. 353
Ptolémée XI Auléièi, 80-52. — La famille légitime des Lagides en Egypte étant éteinte à la mort d'Alexandre II, les Égyptiens mirent sur le trône un fils naturel de Ptolémée Soter II , Ptolémée, qui, de tous ses surnoms^ a conservé plus généralement celui d'Aulétès, joueur de flûte. Son frère , plus jeune que lui , reçut en même temps Pîle de Chypre , qui était comme Tapanage des frères ou des tils du roi d'Egypte. Aulétès , pendant tout son règne , eut à lutter contre la haine de ses sujets , aux yeux desquels il se rendit méprisable par ses vices et sa passion désordonnée pour la flûte, contre la défaveur constante dont il fut l'objet à Rome , et contre les prétentions des Lagides de Syrie qui réclamaient une couronne de leur famille. En 74-, les deux fils de Sélène, Antiochus et Séleucus , firent cependant auprès du sénat des réclamations que l'or d 'Aulétès et les embarras de la république empêchèrent d'accueillir favorablement. Ce prince , qui n'était pas reconnu roi par le peuple romain^ fut menacé, l'an 65, de voir Crassus, alors censeur avec Catulus , obtenir du sénat la commission de rendre l'Egypte tributaire. L'année suivante, Rullus, en proposant la loi agraire, comprenait ce royaume dans le nombre de ceux qui devaient être
appelés ici Alexandre , portent aussi le nom de Ptolémée IX et de Ptolémée X,