LA SYRIE SOUS LES SELEUCIDES
Démétrius /•', surnommé Soter, 162-149. — Ce prince^ parvenu au trône par le meurtre de Lysias et d^Antiochus Eupator, ne dément pas dans la suite Topinion qu'il donne de sa cruauté et de son ambition. Enflé du titre de Soter (sauveur), que lui avaient mente quelques succès et le juste châtiment de deux gouverneurs de Babylone qui s'étaient érigés en vrais tyrans, il se plonge dans la débauche et abandonne à d'indignes ministres les soins les plus importants du gouvernement. Des conspirations , favorisées par les rois d'Egypte , de Pergame et de Cappadoce , éclatent dans son royaume. Héraclide , entrant dans les vues de ces princes, fait jouer à un jeune Rhodieu, nommé Bala, le rôle de fils d'Antiochus Épiphane^ le fait reconnaître par le sénat romain en cette qualité, et le proclame roi de Syrie. Bala, soutenu par les forces des rois d^Égypte , de Pergame et de Cappadoce, et guidé par les conseils d'Héraclide, triomphe de Démétrius dans une bataille générale , et lui ravit le trône et la vie, 149.
Alexandre Bala^ 149-146. — Cet imposteur se consolide dans le rang suprême par Talliance du même Ptolémée Philométor qui Ta fait roi. Il épouse Cléopâtre , fille de ce prince, et, par ce mariage, il dérobe à ses sujets le secret de sa naissance et de l'artifice qui lui a donné la couronne ; mais il ne tarde pas à la compromettre par sa nonchalance et ses
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excès. Ammonius , son favori , contribue à rendre son autorité méprisable et odieuse aux Syriens. Barbare persécuteur des Séleucides , Bala fait périr tous ceux qui appartiennent à la famille royale. Démétrius^ fils aîné de Soter, ayant rassemblé un corps de troupes , aborde en Syrie, réclamant le sceptre de ses ancêtres. Le roi d'Egypte oflfrait d'abord ses secours à Alexandre ; mais instruit d'une conspiration formée contre ses jours par Ammonius, il tourne ses forces contre le prince qui protège ce perfide ministre , et reconnaît pour roi Démétrius n. Alexandre^ abandonné par ses sujets, les traite avec tyrannie et va recevoir chez les Arabes le châtiment qu'il a mérité par ses crimes et sa lâcheté , 146.
Déméirius II, surnommé tVitsatoTy règned^abard dixhuit mois y est détrôné par yintiockiis FI , et remonte sur le trône jusqu^en i25. — La destinée de la Syrie fut d'être gouvernée par de mauvais rois , qui eurent des ministres plus méchants encore. Démétrius II, redevable de son trône à Lasthène , fkit massacrer, par ses conseils , la plus grande partie des troupes égyptiennes avec lesquelles il avait triomphé de l'usurpateur Alexandre. Cette ingratitude, aussi cruelle qu'impolitique, le prive de son seul appui , et soulève contre lui un grand nombre de mécontents et les partisans du dernier roi. Diodote, surnommé Tryphon , ancien gouverneur d'Antioche, se met à leur tête, et fait re-
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connaître par le peuple le je»ne fils d'Alexandre Bala, qui était resté chez les Arabes Ce dernier prend le nom d'^nHochuM FI, et est surnommé Thèoi. Cette élévation inespérée devient pour lui la source des plus cruelles infortunes. Tryphon ne s'était servi de son nom que pour arriver plus sûrement au pouvoir suprême; sa perfidie prive le jeune roi, qu'il tient comme en tutelle^ de la protection qu'il aurait pu trouver chez les Juifs ^ et il se défait de ce prince par la plus atroce trahison.
La Syrie se divise ausssitôt en deux partis^ celui de Tryphon et celui de Démétrius II Nicator, Ce dernier, cédant au vœu des colonies grecques établies dans l'Asie Supérieure, sort de son repos léthargique, et reprend les armes pour les défendre contre les entreprises du roi des Parthes. Le succès ne répond pas à son attente; il est battu par Mithridate , et reste dix ans prisonnier chez les Parthes, 130. La reine Ciéopâtre, pendant la captivité de son époux, trouve un appui contre Tryphon en épousant son beau-4rère Antiochtts Sidétès. Tryphon est vaincu et se précipite dans un bûcher pour échapper à sa vengeance. Peu de temps après, le vainqueur trouve une fin non moins déplorable dans une guerre qu'il entreprend contre les Parthes ; il triomphp de Phraate , et périt par la lâcheté des siens , qui l'abandonnent après la victoire. Démétrius, étant parvenu à briser ses fers ,
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ressaisit pour la troisième fois le trône de Syrie. Aussi téméraire^ malgré ses malheurs, il se mêle des afiPaires d'Egypte 9 et est battu par Alexandre Zébina , que Ptolémée Physcon a soulevé contre lui , 125.
a La suite de Thistoire des Séleucides n'ofire plus qu'un enchaînement de guerres civiles , de querelles de &nnlle , de cruautés révoltantes. Le royaume ne s'étendit plus alors que jusqu'à TEuphrate, parce que toute l'Asie Supérieure appartenait aux Parthes; et comme les Juifs finirent aussi par se rendre indépendants , il ne consistait plus que dans la Syrie proprement dite et laPhénicie. Sa décadence était telle^ que les Romains eux-mêmes paraissent s'être peu souciés pendant longtemps de s'en emparer, soit parce qu'il n'y avait plus rien àprendre^ soit parce qu'ils jugèrent plus sûr pour eux de laisser les Séleucides se déchirer les uns les autres jusqu'au moment où^ après la fin de la dernière guerre contre Mithridate le Grand , ils se décidèrent à le réunir aux contrées qu'ils possédaient en Asie. » (Héeren.)
Pendant cette période on voit régner Alexandre Zébina , fils d'un fripier d'Alexandrie , qui usurpa la qualité de fils adoptif d'Alexandre Bala. Le fils aîné de Démétrius Nicator, Séleucus, tombe sous les coups de sa mère, déjà soupçonnée d'être l'auteur du meurtre de son époux. Mais Gléopâtre, qui a appelé au trône son second fils ^ Antiochus Grypus,