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LA SYRIE SOUS LES SÉLEVGIDES

est forcée, peu de temps après, de prendre le poison qu'elle a préparé pour donner la mort à ce prince. Antiochus Grypus, pour faire cesser une guerre qui ensanglante le royaume, partage la couronne avec son frère, Antiochus le Cyzicénien, 112. Plusieurs villçs, profitant des guerres qui divisent les Séleucides, s'affranchissent de leur joug : Tyr, Sidon, Ptolémaïs et Gaza deviennent indépendantes. Antiochus Grypus périt de la main d'Héracléon de Bérée , et son rival se donne la mort après avoir été vaincu par son neveu, Séleucus Nicator, 94. Les guerres qui éclatent par l'ambition et la faiblesse des Séleucides font tomber pour quelque temps la Syrie sous une domination étrangère. Tigrane, roi d'Arménie, reçoit la soumission des Syriens , qui l'appellent de tous leurs vœux pour mettre fin à la guerre civile. Ce prince, pour être rentré dans les projets de Mithridate, est attaqué et vaincu dans son royaume par LucuUus. Après sa défaite et celle du roi de Pont, la Syrie devient une province romaine , 64. G.

378 PRiciR DB l'hISTOIRR ANfîltNNR.

CBAPITiŒXL.

Des divers royaumes de TÂsie formés du démembrement de l'empire des Séleucides. — République de Rhodes.

En retraçant 9 dans le chapitre précédent, les principaux faits de Thistoire des Séleucides, nous avons indiqué Torigine de quelques états secondaires qui se sont successivement formés des débris du royaume de Syrie. L'Asie, depuis la mer Egée jusqu'à l'Indus, fut, pendant un demi-siècle , soumise à la domination de Séleucus Nicator et à celle de son fils Antîochus. Ce vaste royaume était divisé en soixante-douze satrapies. Il suffit de jeter les yeux sur la carte de l'Asie et de considérer le génie et le caractère des Séleucides , pour être convaincu que leurs débiles mains ne pouvaient pas contenir tant de gouvernements séparés » et imprimer la nécessité de l'obéissance à tant de chefs, placés à des distances considérables du centre de l'empire. Plusieurs gouverneurs, témoins de la faiblesse de leurs maîtres , rompirent les liens qui les unissaient au souverain d'Antioche, et, arrivant à l'indépendance politique par la révolte, ils se firent reconnaître pour rois par les princes dont ils avaient rejeté la suprématie. Il est digne de remarque que presque tous les royaumes secondaires de l'Asie sur-

ROTAUMB DCS PARTHE9. 379

vécurent à la ruine de la dynastie des Séleucides. Les Arméniens et les Parthes surtout, peu de temps après s'être soustraits à leur tutelle, furent assez puissants pour se défendre avec avantage contre les forces de Rome. Le royaume de Pont, si faible dès sa naissance, s'éleva à un haut degré de puissance sous le règne de Mithridate Eupator. Ce prince , doué d'un vaste génie et d'une ambition plus grande encore, aurait fait passer et aurait contenu sous son joug la plupart des peuples de l'Asie , s'il n'avait eu les Romains pour adversaires. Il aurait rétabli dans cette partie du monde l'unité de pouvoir qui avait d'abord appartenu aux Assyriens, qui leur fut ensuite disput^'^e par les Lydiens, et qui fut ravie aux uns et aux autres parCyrus, pour passer successivement aux rois de Macédoine et au sénat de Rome

Il nous serait impossible , avec le peu de documents qui nous ont été transmis, d'établir quelques époques dans les deux siècles dont nous allons présenter le ré sumé rapide. Les notions sur ces peuples sont si incomplètes, que nous nous contenterons de marquer avec précision leur origine , les événements importants auxquels ils ont été mêlés, et par quelles révolutions successives ils sont tombés, pour la plupart, sous la domination romaine.

S L — Royaume des Parthes, 255-22 avant J,'C,

n est difficile de déterminer avec précision les limites de l'empire des Parthes. Elles ont suivi les variations très- fréquentes de leur fortune. Ce peuple

^*M) PRRCIS DR l'hISTOIRB ANCIKNHlî.

guerrier cherchait à les étendre tantôt à l'orient, tantôt à Toccident ,• ses succès ou ses revers à la guerre étendaient ou resserraient les contrées qui étaient soumises à sa domination. Né de la révolte contre les Séleucides , il ne légitimait ses conquêtes que par la victoire. On sait cependant que le siège du gouvernement était ou à Ctésiphon sur le Tigre, ou à Ecbatane dans THyrcanie. La Parthie, conquise par Alexandre et échue , dans le partage des provinces^ à Séleucus Nicator, se détacha de Tempire des Séleucides sous le règne d'AntiQchus Théos , 255. Arsace et Tiridate, issus des anciens rois de Perse, ayant mis à mort Agathoclès, gouverneur des provinces orientales pour Antiochus !•', se déclarèrent indépendants, et fondèrent un faible royaume, dont la capitale était Hécatompyle (ou la ville aux cent portes). Arsaoe P% qui paraît avoir eu la principale part dans cette entreprise hardie, soutint la guerre contre les généraux d'Antiochiis , fut blessé dans une action , et mourut après trois ans de règne environ. Tiridate, qui prit le nom d'Arsace II , ne dut la conservation de sa puissance qu'aux querelles intestines de la cour d'Antioche, et qu'à l'ambition imprudente de Séleucus Gallinicus , qui , ne pouvant réduire son frère Hiérax, s'occupait de conquêtes du côté de l'Egypte. Tiridate, d'abord fugitif chez les Scythes , recouvra la Parthîe et y joignit l'Hyrcanie , qu'il enleva au roi de Syrie :

HOYAUMB VBS PARTUKS. 381

il batlît ce prince et le fit prisonnier. Cette victoire eut des résultats si importants pour les Parthes y qu'elle fut regardée par eux comme le véritable commenceuient de leur monarchie (i).

A Tiridate succéda son fils Artabany 217, ou Arsace lU^ dont l'autorité ^ menacée par Antiochus le Grande fut, après une lutte de cinq ans^ reconnue par ce prince. Artaban devint même l'auxiliaire du roi de Syrie dans une guerre que ce dernier entreprit contre le roi de la Bactriane, 197. Phriapatius ou uérsace /^occupa pendant quinze ans le trône sans troubles ; 197-182^ et le transmit à l'aîné de ses fils, Phraate I" ou Arsace Y. Ce prince vainquit les Mardes et désigna pour son successeur son frère Mithridate^ au détriment de ses propres fils, qu'il laissait en bas ge. Le long règne de Mitbridate V% 174-138, fut marqué par des événements heureux pour les Parthes. Il rendit la Médie et la Bactriane tributaires , réprima la révolte des Hyrcaniens, subjugua les Élyméens, poussa ses conquêtes jusqu'au golfe Persique, établit la suprématie des Parthes sur les Syriens , vainquit et fit prisonnier Démétrius Nicator, auquel il s'unit ensuite par une alliance en lui donnant sa fille en mariage. Phraate H, plus ambitieux que son père, 138-128, n'eut pas le même bonheur. 11 voulut pro-

(1) Histoire de Justin» 1. XU , c. 4.

fiter de la captivité de Démétrius pour s'emparer de la Syrie; mais Antiodius Sidétès le vainquit dans plusieurs actions, et le dépouilla de la plus grande partie de ses états. Le roi des Parthes appela à son secours les Scythes, qui le massacrèrent parce qu'il refusa d'exécuter les conditions auxquelles ils lui avaient promis de le défendre. Sa mort ne fut pas vengée par Artaban II , son frère y qui périt aussi de la main des Scythes^ après un règne de quelques années , iâ8iâ4. A partir de la lin du règne de Mithridaie II, surnommé le Grande -124-90, Tempire des Parthes s'affaiblit par la rivalité de leurs princes , et par les guerres malheureuses qu'ils eurent à soutenir contre les peuples nomades de l'Orient^ les Scythes , les Daces et les Tochares. Ils eurent aussi des ennemis redoutables dans les rois d'Arménie^ surtout dans Tigrane I*', qui , après la mort de Mithridate , recouvra une grande étendue de pays qu'il avait cédée à ce prince. Phraatë 111^ le douzième des Arsacides^ pressé d'abord par les armes de Mithridate, roi de Pont, fut, après sa défaite^ à la veille d'avoir à combattre l'armée victorieuse de LucuUus. 11 eut la prudence de conseil ver la neutralité au (nili^u des sanglants débats qui bouleversaient les principaux trônes de TA^e. La mort du roi de Pont , et la destruction de son empire et de celui des Séleucides , firent disparaître les ennemis naturels des Parllies. Mais ce peuple se trouva

ROVAUMS DES PARTUË8. 383

alors rapproché des possessions de Rome. Son caractère belliqueux ne fut pas contenu par le voisinage de cette république, dominatrice du oionde. Les Parthes, menacés par Gabinius, qui s'était porté sur TEuphrate et qui abandonna cette expédition pour aller rétablir Piolémée Aulétès'surle trôned'Ëgypte, furent, quelques années après, 53, attaqués par le triumvir Grasftus; ils ruinèrent ses forces. Le général romain, son fils, et l'élite de son armée périrent dans les plaines de la Mésopotamie. Les vainqueurs, ayant franchi les limites de leur domination, se seraient emparés de la Syrie , sans le courage de Cassius , qui les battit trois fois et les rejeta au delà de TËuphrate. César fut assassiné dans le sénat, au moment où il se disposait à sortir de Rome pour aller venger sur les Parthes la mort et la dé&ite de Crassus. Antoine, qui succéda à ses projets, ne les vainquit que par son lieutenant Yentidius. Réduit à fuir devant la cavalerie des Parthes, il mit le comble à leur gloire par une retraite qui attestait leur supériorité et son impuissance. Lorsque la victoire d'Actium eut rendu Octave seul maître de l'empire , il fit les pr^aratifs d'une expédition contre les Parthes : leur roi , eflfrayé d'avoir à lutter contre la puissance de Rome , prévint la guerre en implorant son alliance, et désarma l'empereur en promettant de lui rendre les aigles romaines enlevées à Crassus et à Antoine , 22.

384 PRECIS DE l'histoirb ancienne.

s II. — Arménie , 328-20 avant J.^C.

A toutes les époques , les Arméniens n'ont joué qu'un rôle secondaire dans les affaires de l'Asie, et ont suivi les révolutions des puissants empires qui se se sont succédé dans cette partie du monde. Dès les temps les plus reculés ^ ils furent tributaires des Assyriens. Conquis par les Mèdes , ils passèrent ensuite sous la domination de Gyrus, aux victoires duquel ils contribuèrent par leur secours. Sous le règne de f^ahé, le dernier prince de la dynastie des Haïganiens , l'Arménie fut soumise par Alexandre ou ses généraux ^ 328. Le Perse Mithrinès , qui avait livré au monarque macédonien la citadelle de Sardes , obtint^ en récompense de sa trahison ^ le gouvernement de l'Arménie. Son successeur fut Néoptolème , qui périt en combattant contre Ëumène^ maître de la Gappadoce. Les guerres sanglantes des généraux d'Alexandre laissèrent respirer l'Arménie, qui fut pendant quelque temps gouvernée par Ardoatès , prince du pays : après sa mort, 284. Séleucus I*' imposa un satrape aux Arméniens^ qui restèrent soumis aux Syriens jusqu'au règne d'Antiochus le Grand. Artaxias profita de la défaite de ce prince par les Romains^ 189, pour se rendre indépendant. Il donna même asile à Annibai , dont les conseils le déterminèrent à fonder la ville d'Artaxate. Dans le même temps, Zadriadès,

l'arménie. 385

imitant l'exemple d'Artaxias, affranchit la Petite- Arménie du joug des Séleucides, qui essayèrent en vain de rétablir leur autorité sur ces deux provinces. Artaxias conserva le trône jusqu'à sa mort , et le transmit à ses descendants. Mais , dans le même siècle , son royaume fut conquis par un prince arsacide^ Fc^ larsace, roi des Parthes. Les héritiers du conquérant régnèrent après lui : l'un d'eux, Tigrane^ fier de quelques conquêtes faciles , et enrichi des dépouilles des Séleucides , entra comme auxiliaire dans les guerres que le roi de Pont suscita en Asie. Lucullus alla chercher Mithridate jusque dans TArménie, battit Tigrane et reçut dans son camp le roi des rois comme suppliant. Le fils de Tigrane, Jrtavasde, éprouva un sort encore plus cruel : forcé de prendre les armes contre les Arsacides de Parthie, il fut chargé de chaînes par Antoine et conduit à Alexandrie, où Cléopâtre le fit mettre à mort pour placer son propre Us sur le trône, 34. Depuis cette époque , l'Arménie cessa d'être une nation indépendante : exposée tour à tour aux ravages des Romains et des Parthes , elle lie put se soustraire à leur influence. Les querelles intestines ajoutèrent encore à son impuissance , et ses princes, divisés par l'ambition, consentirent à devoir leur couronne au jugement d'Auguste (i).

X, Les faits conservés sur rArméuie par les historiens de 11. 22

380 PRÉCIS DE l'uUITOIRE ANCIENIS'E.

S III. ~ Royaume de Pont, 521-65 amnt /.-C.

Onze rois , si Ton suit la liste donnée par Vaillant (1)^ régnèrent dans le royaume de Pont, depuis son origine jusqu'à sa conquête par les Honiains. Le premier, jértabazey de la race des Àdiœménides. était fils de Darius Hystaspes. U céda le trône de Perse à son frère Xerxès, né depuis que la couronne de Perse était échue à sa famille, ^ il obtint^ en récompense de sa générosité, le titre de roi de Pont. Il seconda l'expédition de Xerxès en Grèce ^ et trouva, selon Hérodote, la mort à la journée de Salamîne, 480. Rhodob€Ufê, MUkridate I"^ , ArUAarzane {%t\ Mitkridate If y régnèrent depuis cette époque jusqu'à Tan 302 avant Jésus-Christ^ un an avant la batailio d'Ipsus , qui décida du partage de l'empire d'Alexandre. Le dernier de ces princes embrassa le parti d'Antigone, qui le fit assassiner^ soupçonnant sa fidélité. Mitkridate ///agrandit son royaume d'une partie de

l'autiquité ont été très-bien rassemblés dans un savant ouvra;:tde M. Saint-Martin [Mémoires sur V Arménie , 2 vol. in-8, 18(8 . qui nous a servi de guide pour une partie de ce chapitre.

(1) Àchœm^nidjafum Imperium, sive regum Ponti, Bosplwri et Bithyniœ Historia, ad fidem numismatum a^xommodata. Parisiis, 1725; in-4.

(3) Hérodote, 1. VllI. €et historien lui donne le nom à*ÀrtûhaMue.

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