LE PONT
la Cappadoce et de la Paphlagonie. Miihridate If^ monta fort jeune sur le trône. Les Galates essayèrent de s'emparer d'une partie de ses états; ils renoncèrent à leur entreprise, découragés par les difficultés qu'ils éprouvèrent au siège d'Héraclée. Son successeur, Mithridate V^ fit en vain la guerre contre Sinope , qui fut prise par Pharnaee If y et qui devint la capitale du royaume. Pharnace s^attira , par cette conquête et par une tentative faite sur les états d'Eumène, le ressentiment des Romains; mais il en prévint les effets en respectant le territoire des alliés de la république. Mithridate F! y 157-123, porta, le premier des rois de Pont, le titre d'ami et d'allié de Rome. Il fournît au sénat des secours dans la troisième guerre Punique, et mérita, par ses services, d'être mis en possession de la Grande-Phrygie. Mithridate Fil , surnommé Eupator Dionysius^ né Tan 133 avant Jésus-Christ, succéda à son père Mithridate Évergète, vers l'an 123. Pour se soustraire aux embûches de ses courtisans, il vécut quelque temps dans les forêts et se livra aux exercices qui pouvaient le plus fortifier son tempérament. H acquit ainsi une vigueur extraordinaire. La fermeté de son âme répondait aux forces physiques dont il était doué; mais son ambition insatiable et son caractère jaloux lui firent commettre les plus grands crimes. Sa mère fut sa première victime; dans la suite,
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il se montra toujours prodigue du sang de sa famille : bes femmes, ses sœurs, ses propres enfants furent immolés au moindre soupçon. Sa cruauté se déploya surtout dans les revers. Sa haine contre Rome l'a fait regarder comme un second Annibal, avec lequel on peut le comparer pour l'étendue du génie , la fermeté du caractère et la persévérance invincible avec laquelle il s'attacha à l'exécution de ses vastes entreprises. Ses guerres contre les Mythes, le roi du Bosphore Cimmérien^ la Paphlagonie et la Gappadoce, et contre plusieurs autres nations voisines, suffiraient pour donner une haute idée de son génie, quand même toutes ses entreprises n'auraient pas été le prélude du plan qu'il forma de chasser les Romains de l'Asie, et de se substituer à leur empire. Après avoir vaincu les généraux qui protégeaient les rois alliés de Rome , il ordonna de massacrer tous les Romains qui se trouvaient répandus en Asie. Quatre-vingt mille citoyens (1) périrent ainsi par l'ordre du roi de Pont; la promptitude avec laquelle un ordre aussi barbare fut exécuté prouve combien ce peuple était détesté par les nations soumises à sa protection despotique. Mithridate soutint ensuite quatre guerres contre Rome, 87-65. Sylla, Muréna^ LucuUus et Pompée s'illustrèrent par leurs exploits contre ce grand monarque.
(1) Plutarque, Vie de Sylla,
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Sylla lui enleva la Grèce, qu'il avait soulevée, et rejeta en Asie le théâtre de la guerre , que Mithridate avait cherché à porter en Europe et à rapprocher ainsi de Tltalie. Muréna ne remporta que de faibles succès en Asie , et peut-être seraient-ils entièrement ignorés ou inaperçus sans les éloges de Gicéron (1). De tous les généraux romains , ce fut LucuUus qui fit essuyer les plus grands revers à Mithridate; il le chassa de son royaume , lui prit ses places fortes et ses villes royales , et lé contraignit à se réfugier en Arménie où Tattendaient d'autres infortunes. Pompée ne passa en Asie que pour accabler un ennemi presque abattu y et recueillir ainsi le fruit des travaux pénibles de LucuUus. Mithridate, chassé de ses états, et sans espoir du côté de l'Arménie, sur laquelle il avait déjà attiré les armes des Romains , échappa à leur poursuite en s'enfonçant dans les contrées inaccessibles du Caucase. Il fut trahi par son fils Pharnace, au moment où il méditait l'entreprise la plus hardie, et se donna la mort, à Panticapée , pour ne pas tomber au pouvoir de ses ennemis, après cinquante-sept ans de règne , 65 ans avant Jésus-Christ. Le Pont fut réduit en province romaine. Pharnace, son fils, fut reconnu par le sénat roi du Bosphore Cimmérien.
(1) Cicero , Oratio pro Murenâ»
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$ IV. — La Cappadoce, 324 avant J.-C. — 17 de Fére
chrétienne.
La Cappadocé avait formé un royaume à Pépoque du démembrement du second empire d'Assyrie. Les rois mèdes d'abord et ensuite Cyrus s'en emparèrent, et elle ftit une satrapie de leur empire. Lorsque Alexandre fit la conquête de l'Asie, la Cappadocé reconnut ses lois. Le prince macédonien , satisfkit dé la soumission d'Àriarathe II, qui la gOUvéfiiàlt, lui laissa le titre dé roi dont il était revêtu. A sa mort, Ariarathe , voulant défendre son indépendance . eut à soutenir une guerre contre Perdiccas; il essuya une défaite sanglante et souffrit un supplice cruel, ainsi que les principaux officiers de son armée, 32 L La mort de Perdiccas et celle d'Eurnène favorisèrent l'ambition d'Ariarathe III, qui reconquit la Cappadocé avec les troupes d'Ardoatès , roi d'Arthéniè. Ses descendants occupèrent le trône après lui et le conservèrent pendant un siècle sans aucun événement remarquable. Lorsque leâ Romains, vainqueurs d'Antiochus le Grand, commencèrent à dirîgei les affaires de l'Asie; ils formèrent des traités d'alliance avec les princes et le peuple de Cappadocé. Sous le règne d'Ariarathe Vf , c^tte contrée ftit à la fois envahie par Nicomède, roi de Bithynie, et par Mithridate, roi de Pont , qui semblait vouloir la défendre , mais qui