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LA CAPPADOCE

fit assassiner Ariarathe par tin Cappadocien dévoué à ses intérêts. Cqjendant Laodice, veuve du dernier roi , donna sa main à Nicomède pour procurer un protecteur à son fils , qui monta sur le trône sous le nom d'Ariarathe VIII. Mithrldate voulut lui imposer la nécessité de rappeler à la cour Tassassin de son père. Le refus d'Ariarathe fit aussitôt éclater la guerre. Pendant une action sanglante dont il redoutait l'issue y Mithridate demanda une entrevue pour terminer là querelle. Ariarathe eut l'imprudence de Taccepter; il fut poignardé par Mithridate lui-même en présence des deux armées, iOT. Cet attentat inouï frappa de terreur Tarmée de Cappadoce ; elle se dispersa aussitôt, et le roi de Pont acheva sa conquête sans livrer de nouveaux combats. Les Gappadociens brisèrent peu de temps après le joug auquel ils ne s'étaient soumis que par surprise , et Laodice se rendit à Rome pour obtenir du sénat la reconnaissance d'un prétendu fils qu'elle voulait opposer à son perfide ennemi. Les sénateurs , ayant découvert les intrigues des deux partis , déclarèrent les Gappadociens libres et leur permirent de se gouverner d'après leurs propres lois. Ceux-ci députèrent à Rome pour déclarer que la liberté leur était insupportable {{), et, avec l'autorisation du sénat , ils choisirent pour roi

(1) Géôgrapliie de Strabon, 1. Xïl , c. t,f 18.

.*)92 PRÉCIS DE l'histoire ANCIENNE.

Ariobarzane y \^. Miihridate suspendit quelque tsDaps l'exécution de ses projets ambitieux. Il fit attaquer Ariobarzane par le roi d'Arménie y lui enleva son trône et le donna à son fils Ariarathe. Ariobarzane, obligé d'aller à Rome pour obtenir vengeance des fréquentes usurpations dont il était la victime ^ ne fut définitivement remis en possession de son royaume que lorsque Pompée eut rejeté Mithridate dans les contrées scythiques du Caucase et du Bosphore Gimmérien, 67. Ariobarzane II lui succéda et régna pendant dix ans. Forcé de prendre un parti dans les guerres civiles qui désolèrent la république romaine, il s'attacha à la fortune de Gésar^ dont il obtint un agrandissement de territoire. Mais^ après la mortda dictateur, on le punit de sa fidélité , et Brutus et Cassius ordonnèrent sa mort. On trouve encore les noms A^ Ariobarzane III y A^ Ariarathe X et d'Archélaus, sous le règne duquel la Gappadoce fut réduite en province romaine Tan 47 de Fère chrétienne.

S V. — Bactriane, 26S-t41.

La Bactriane était célèbre dans une haute antiquité. Les poètes grecs ont chanté la gloire du dieu Bacchus^ vainqueur des Bactriens. On compte leur soumission au nombre des exploits les plus éclatants de Ninus et de Sémiramis. Lorsque le royaume de Lydie eut été anéanti par les armes de Gyrus, ce

BACTRIANK. IW)

prince, dédaignant une conquête facile, laissa à son lieutenant Harpagus le soin de subjuguer les Ioniens, et se dirigea vers FOrient pour s'emparer de Babylone et de la Bactriane. Les Bactriens défendirent avec courage leur indépendance contre ce conquérant redouté. Une bataille indécise , livrée entre les deux partis , fut suivie cependant de la soumission volontaire de ce peuple ; mais loin de le traiter comme les autres nations tributaires de l'Asie , Cyrus lui donna pour roi Tun de ses fils , Tanaoxare , qui ne reconnaissait pas la sujtériorité de Cambyse. Les Bactriens, dans la suite , payèrent un tribut aux successeurs de Darius Hystaspes. La conquête de leur contrée coûta des travaux infinis à Alexandre. Nulle part il ne trouva une résistance aussi opiniâtre que celle de Spitamène, qui commandait leurs invincibles soldats.

Après la mort d'Alexandre, 323, et le partage des provinces qui la suivit, la Bactriane fut confiée à Stasanor. On ignore les noms des satrapes qui , depuis cette époque jusqu'à la révolte de Théodote, Tadministrèrent pour les Séleucides (1). Théodote fut le

(1) Bayer, dans un ouvrage savant et curieux, où il a réuni tous les détails que peuvent fournir les auteurs grecs et latins sur le royaume de Bactriane , se contente de nommer Stasanor comme le premier gouverneur de cette contrée pour les Séleucides , et passe ensuite à Théodote. Voyez dans l'auteur, p. 32-38, Historia regni GrœcorumBactrianùVeito^oW, 1738, in-4.

;jî>i PRÉCIS DR l'histoire ANCIP.NNF.

premier qui porta le titre de roi de la Bactriane et' qui fonda cet empire vers ran%255 avant J.-G. II eut des guerres à soutenir contre Arsace , qui , dans le même temps y venait de donner naissance an royaume des Partbes. Son fils Thëodote II , 243, s'empressa de conclure un traité d'alliance avec Arsace. n fut taé, après vingt-trois ans de règne, par Euthydême le Magnésien , qui usurpa son trône , 2â0. Antiochus le Grand, encouragé par le succès qu'il venait d'obtenir sur les Parthes, attaquaEothydème et remporta sur lui une victoire sanglante , mais stérile. Effrayé des dangers sans nombre auxquels il serait exposé en continuant les hostilités, il accorda la paix à Euthydême et le reconnut pour roi de la Bactriane. Ce dernier, débarrassé de ce redoutable adversaire . tourna ses armes contre les tribus nomades voisines de ses états , et poussa ses conquêtes jusque dans PInde. Cette expédition eut un résultat asse« fdneste. Son fils Démétrius supporta la peine des revers de son père ; le trône lui fut ravi par Ménandre, un des rois de l'Inde (i), 196. Le successeur de Ménandre fut Eucratide, dont il est impossible de faire connaître

(I) De Guignes a commis nne erreur en disant que Ménandre, quatrième roi de la Bactriane, était fils d'Enthydème. (Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres , t. XXV.) Bayer nous a semblé prouver que le flls d'Euthydème , nommé Demi^trius , n'a jamais régné sur les Bactriens.

PSAGAME. 395

l'odgiue, 181. On sait qu'il fit la guerre avec succès, qu'il baUit Démétrius, fils d'Ëuthydème, qui essaya de reconquérir le ii^ône de son père. Mais lorsqu'il rentrait dans la Bactriane pour jouir du repos et de la gloifia de son triomphe 9 il périt de la main de son fils , qu'il avait associé à la royauté , et qui , fier de ce parricide^ foi^la aux pieds des chevaux le corps ensanglanté de son père et défendit qu'on lui rendit les honneurs funèbres (1). Ëucratide II, iA6y fut le dernier roi des Bactriens. Allié de Démétrius il dans la guerre contre les Parthes, il fut entraîné dans la ruine de ce prince. La Bactriane fut conquise et réunie à Tempira des Arsaddes^ 141.

§ VI. - Royaume de Fergame, 283-129.

La ville de Pergame , une des plus considérables de l'Asie Mineure par le nombre de ses habitants et par la magniiicence des ouvrages publics qui la décoraient, fut en partie redevable de sa grandeur à Lysimaque , qui s'en rendit maître après la bataille dlpsus. Il en confia le gouvernement à Philélère , qui , quoique d'une obscure naissance , occupait un rang distingué à la cour. Deveuu suspect à Lysimaque, pour avoir déploré la mort d'Agathocles , fils de ce prince , Philétère se révolta. Il fut aidé par Séleucus 9

(1) Juâtîn, 1. XXI, c. 6.

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alorâ ennemi de Lysimaque, et detneura maître de Pergame, des pays environnants et des richesses du roi de Thrace , qui s'élevaient , dit-on y à 90,000 talents. 11 s'attira la bienveillance d'Antiochus Soter en lui envoyant les cendres de son père^ se fortifia en même temps de TalUance des princes voisins, et, à l'aide de ses trésors, il se maintint pendant vingt ans dans la possession de Pergame et de son territoire.

D eut pour successeur Eumène /•% son neveu, 263. Le roi de Syrie , alarmé des progrès de cette domination naissante , qui menaçait de lui enlever toutes les provinces situées en deçà du mont Taurus, voulut la détruire par la guerre, et s'avança jusqu'à Sardes avec une armée. Eumène triompha de ses efforts, et, par ce succès , il consolida et agrandit la puissance qu'il tenait de Philétère. A Eumène succéda, 241, son cousin Mtale /", qui, après une grande victoire remportée sur les Galates, prit le premier le titre de roi (i). Il fut l'allié des Romains et les aida dans la guerre contre Philippe en combattant avec les Rhodiens. Attale a mérité les éloges des historiens les plus graves de l'antiquité par l'usage noble et généreux qu'il fit de ses richesses, par la dignité de toute sa vie et par l'éclat de ses exploits, guerriers. Il mou-

(1) Polybe , 1. XVni , c. 24. Tite-Live , 1. XXXIII , c. 21.

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