CHAPITRE XLL
Histoire des Juifs , depuis la fin de la captiyité de Babylone jusqu'au règne d*IIérode, 536-40 avant J.-C.
Nous avons raconté ailleurs (2) Thistoire du peuple de Dieu, depuis la création du monde jusqu'à la captivité des Juifs à Babylone. Nous allons reprendre ici les faits au point où nous les avons laissés , et les conduire jusqu'au règne d'Hérode* L'histoire de ce prince est intimement liée avec celle d'Auguste et celle des premiers temps du christianisme, qui auront ailleurs les développements nécessaires. Nous ne nous occuperons, dans ce
(1) Tite-Live , Diodore de Sicile , Plutarque et Appien sont ies principaux auteurs anciens qui nous font connaître Rhodes dans la période que nous venons de parcourir. L'ouvrage de Meursius (Rhodus , sive de illius insulœ atque urhis rébus memoratu dignis. Amst., 1675, in-4) est malheureusement une compilation où Ton désirerait plus d'ordre et de méthode ; Ton regrette que l'auteur ait écrit confusément tout ce qu'il a trouvé de détails dans les écrivains de Fantiquité. Promiscuè , prout quœque se offerent, enarremusy dit-il , 1. II, c. 1,
(2) Dans le I*'", le VI» et le VII* chapitre de cet ouvrage.
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chapitre, que de Thistoire politique du peuple juif pendant une période de cinq siècles.
Les Juifs , constitués en corps de nation par Tédit de Cyrus , restent tributaires des Perses jusqu'à la destruction de leur empire par Alexandre. La construction de leur ville et de leur temple , les progrès de leur prospérité , réveillent autour d'eux d'anciennes rivalités. Le souvenir récent de leur infortune les maintient dans l'obéissance jusqu'au règne d'Ochus, sous lequel le mouvement général des peuples de l'Asie les entraîne dans la révolte et les précipite dans de nouveaux malheurs. Les Juifs doivent nécessairement subir le joug des Macédoniens, vainqueurs de l'Asie. Placés entre l'Egypte et la Syrie , ils sont tour à tour sous la domination des Séleucides et des Lagides ; ils suivent toutes les révolutions de ces puissances rivales, et éprouvent des maux infinis, ou par les hostilités continuelles auxquelles elles se livrent , ou par les affreuses persécutions que leur fait souffrir le fanatisme sanguinaire du successeur de Séleucus. Sous les Machabées , la Judée répare ses malheurs et recouvre son indépendance. Le génie et le patriotisme de ces grands hommes font des Juifs un peuple nouveau. Mais, à leur mort, ils retombent dans leur antique faiblesse, et l'institution de la royauté ne les sauve pas de l'anarchie. La soumission de la Syrie par les Romains place les Juifs sous leur influence toute-puissante. La volonté du sénat ou des généraux de la république dispose du trône de Jérusalem. Ils respectent leur religion, mais ils pillent les ri-
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chesses de leur temple. Hérode , fameux par son génie, ses guerres et sa barbarie, conserve la royauté avec quelque indépendance , et voit se préparer, sans le comprendre, le grand mystère de la régénération du monde par la naissance du Christ , qu'il veut en vain livrer à la mort.
$ I. — ' État des Juifs, depuis la fin delà captivité de Êabylm jusqu'à Ut destruction dé Vempire dés Perses par Àièxonàn le Grandt 636*380.
536. La mort de Cyaxare II (Darius le Mède) laisse Gyrus maître d'un vaste empire, qui s'étend depuis la mer Egée jusqu'à l'Indus. Ge prince^ touché de Tétat des Juifs, rend, dans la première année de son règne, un édit qui leur permet de retourner à Jérusalem, et qui met fin aux soixante-dix ans de leur captivité prédits par Jérémie. Daniel ^ aussi distingué par sa piété que par la sagesse de ses conseils ^ exerce une salutaire influence sur Tesprit des rois de Perse, et obtignt que les débris du peuple de Dieu soient rendus au sol où il avait si longtemps prospéré* Quarantedeux mille trois cent soixante Juifs abandonnent seulement Babylone, et se transportent à Jérusalem, sous la conduite du grand Jésus ou Josué, fiis de Josedec, et de Zorobabel, fils de Salathiel. La seconde année de leur retour dans leur patrie , ils jettent les fondements du temple, dont la construction demeure
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suspendue pendaDt seize aâs, par l'effet de la jalousie et des intrigues des Samaritains. Soutenus par les conseils des prophètes Àggée et Zacharie, ils reprennent leur ouvrage, et Darius, fils d'Hystaspes, les encourage dans leur entreprise , en cassant Tédit du mage Smerdis qui s'y était opposé.
- Cependant les Juifs, séparés par leur religion des autres peuples de l'empire des Perses , avaient de puissants ennemis à la cour de Darius. Dieu fait servir les charmes d'Esther au salut de son peuple (1). Cette jeune Juive , nièce de Mardochée , devient réponse de Darius, et obtient de ce prince le châtiment du perfide Aman , qui avait résolu d'exterminer toute sa nation. Les persécuteurs des Juifs subissent dans tout l'empire les supplices qu'ils leur ont préparés, et Mardochée succède à Aman dans les fonctions de premier ministre. Une fête solennelle consacre à jamais le souvenir de leur triomphe. L'an 516 avant J.-C., la construction du temple est achevée, et les prêtres en célèbrent la dédicace par de grandes réjouissances. Pendant les règnes de Darius et de Xerxès, les Juifs jouissent de la même protection; ils ne prennent aucune part aux révoltes des peuples tributaires contre les Perses , et échappent à leurs
(1) Voir le hyre d'Ësther, composé par Mardochée et par Ësther elle-même.
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désastres. Soumis à raulorité d'un gouverneur et à l'influence de leurs grands prêtres, ils réparent leurs pertes, et, à la faveur d'une longy^ paix, ils recouvrent une partie de leur antique prospérité. En 454 , ils reconstniisent les murs de Jérusalem. Néhémie, l'un des ofBciers d'Artaxerxès Longuemaia, dirige cet ouvrage, tandis qu'Esdras remet en ordre les livres sacrés, règle ce qui regarde l'état et la religion, et oblige les prêtres et les lévites de se conformer à la loi ancienne , qui leur défend d'épouser des fenunes étrangères. Mais la vigilance de Néhémie et d'Ësdras est impuissante pour détruire tous les abus. Le peuple est accablé, même sous leur administration, par Tavarice des riches, qui réduisent en esclavage les enfants de ceux dont ils ont dévoré la fortune par l'usure. Les prophéties de Malachie reproduisent avec vérité le tableau de la misère du peuple et la corruption des grands. La sévérité de Néhémie amène, 437, une scission dans le peuple juif. Manassé, chassé de Jérusalem, se retire à Samarie auprès de Sanabastat, gouverneur des Cuthéens. Ce dernier, ennemi implacable des Juifs, fait élever à Garizim un temple en tout semblable à celui de Jérusalem , et ouvre un asile à tous les mécontents. L'établissement de ce temple achève de rendre irréconciliables les deux peuples , qui, dès ce moment, oubliant leur origine conimune, ne sont occupés que des moyens de s'entre-détruire.
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L'an 397, Jonathan et Jésus se disputent la charge de grand prêtre^ la première de l'état depuis Tabolition de la royauté. Jonathan en reste maître par le meurtre de son frère , dont il souille le temple. Le gouverneur de Syrie impose à Jonathan et aux Juifs un tribut auquel ils restent condamnés jusqu'à la fin du règne d'Artaxerxès Mnémon. Ochus punit les Juifs de s'être rendus complices de la révolte de la Phénicie, en ravageant la Judée, en envoyant une portion des habitants combattre les Égyptiens rebelles, et en transportant une partie de la population en Hyrcanie, 351.
C'est pendant la grande sacrifîcature de Jaddus , successeur de Jonathan, qu'Alexandre, maître des côtes maritimes de Tempire des Perses et de la Phénicie 9 pénètre dans Jérusalem. Josèphe est le seul historien qui raconte le voyage d'Alexandre dans la Judée, et ses entretiens miraculeux avec Jaddus (1). Le conquérant , après avoir parcouru les prophéties qui annoncent ses victoires et la fin de l'empire des Perses , aurait fait des sacrifices au vrai Dieu, et accordé aux Juifs l'exemption de tout impôt pendant l'année sabbatique. Les Samaritains , mécontents de ne pas avou» obtenu la même faveur, massacrent, dans son palais, leur gouverneur Andromaque.
(1) Histoire des Jaifs, par Josèphe» t. II , c. 8.
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Alexandre, à son retour d'Egypte, tire une vengeance éclatante du meurtre d'Andromaque , chasse de Samarie tous les habitants , et les remplace par une colonie de Macédoniens. Sichem , située sur le mont Garizim, reçoit les Samaritains fugitifs, et devient la métropole de leur secte , 332. La Judée partage le sort des provinces du royaume de Perse conquises par Alexandre; devenue tributaire des Macédoniens, elle est administrée par le gouverneur de l'Egypte et de la Phénicie, 330.
§ II. — État des Juifs, depuis la destruction de Vempire des Perses par Alexandre , jusqu*au moment où la Judée reeowre son indépendance sous les Machabées, 330-167.
La Judée, tributaire des Macédoniens, tombe en partage, après la mort d'Alexandre, à Labmédon, un de ses lieutenants. Ce dernier n'en conserve le gouvernement que quelques années. Il est battu par Ptolémée Soter, qui réunit la Judée à FÉgypte, 320. Jérusalem se défend longtemps contre les efforts de Ptolémée , qui en triomphe en ordonnant l'assaut le jour du sabbat, où la religion enchaîne les bras des habitants. D'abord il se montre sévère envers les Juifs , et en emmène plus de cent mille captifs en Egypte; mais bientôt il les traite avec la même douceur que le reste de ses sujets. Cette générosité tourne à son profit et détermine on grand nombre de Juift à
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se retirer dans son royaume, lorsque leur pays passe ^ par la conquête, sous la puissance d'Antigone. Pendant ces révolutions , Pétat est administré par le grand prêtre Simon, 292-284-, qui embellit Jérusalem de monuments admirables, l'entoure de hautes murailles , et insère dans le canon des livres sacrés ceux d'Esdras , de Néhémie et des Chroniques ou Paralipomènes. Depuis la bataille d^Ipsus , presque tous les états qui avaient appartenu à Antigone restent soumis à Séleucus Nicator. La Judée suit leur destinée; mais , à la mort de ce prince , elle est de nouveau ressaisie par les Lagides, sous la domination desquels elle reste jusqu'au règne d'Antiochus le Grand , 203. Un de ces princes, Ptolémée Philadelphe, jaloux d'acqnérir et de répandre la connaissance des livres de Moïse, fait venir* en Egypte soixante-douze Juifs, pour les traduire dans la langue grecque. C'est la version des Septante, qui a été déclarée canonique par rÉglise. Malachie, mort vers le milieu du v® siècle, avait été le dernier prophète. Les Juifs , privés de ces hommes auxquels la sainteté de leur vie et leurs inspirations divines donnaient une grande autorité sur toute la nation, se séparent en diiférentes sectes, 219. On voit paraître les Pharisiens^ les Sadducéens, les Esséens ou Esséniens , qui , s'éloignant de la pureté du dogme, adoptent quelques opinions erronées des philosophes de l'antiquité , et offirent aux justes le
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même paradis que Mahomet promit, huit siècles après , à ses fougueux disciples.
Antiochus le Grand , voulant rendre tout son éclat à la couronne des Séleucides, tenta la conquête de b Palestine, de la Célésyrie et de la Galilée. Mais, ayant été vaincu à Raphia au moment où il portait ses vues sur TÉgypte, il abandonne à Ptolémée Philopator toutes ces contrées. Le vainqueur se rend à Jérusalem, et s'attire les imprécations des habitants et des prêtres en pénétrant dans le sanctuaire, qui n'était ouvert qu'une fois l'année au grand pontife. Philopator, indigné de la résistance religieuse qu'il a soulevée^ exhale sa fureur par les plus horribles persécutions contre les Juifs. Il prive ceux qui habitent Alexandrie des privilèges dont ils étaient en jouissance depuis Alexandre, les marque du sceau de la servitude , et fait périr dans d'affreux tourments ceux que leur religion empêche de sacrifier à l'idolâtrie. Les Juifs , après la mort de ce prince, changent de domination , et sont subjugués dans deux campagnes par Antiochus le Grand , 203.
Ce prince , pour s'assurer cette nouvelle conquête^ s'applique à faire aimer son administration ; il récompense le zèle des habitants qui l'ont aidé à chasser de la citadelle de Jérusalem Scopas, général de Ptolémée Épiphane ; il accorde à tout le peuple la permission de vivre selon ses lois et sa religion, répare les derniers
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désastres dont il a été victime, et exempte de tout tribut^ pendant trois ans^ tous ceux qui s'établissent à Jérusalem , dépeuplée par la guerre et Tintolérance de Ptolémée Philipator. L'ambition d'un Juif, nommé Simon, trouble le calme et le bonheur dont jouit la ville sainte. Jaloux de l'ascendant qu'avait obtenu le grand prêtre Onias par sa piété et par sa fermeté^ il excite l'avarice du roi de Syrie, et lui apprend que le sanctuaire renferme des trésors considérables , inutiles aux Juifs eux-mêmes. Séleucus Philopator, 175, charmé d'avoir une occasion aussi favorable d'accroître ses richesses, charge son premier ministre Héliodore de ravir le riche dépôt consacré aux veuves et aux orphelins, et au service du temple. Les remontrances du grand prêtre, les pleurs des habitants , ne peuvent arrêter l'avide ministre. Il se précipite dans le temple j lorsqu'il va porter la main sur le trésor sacré, une apparition miraculeuse Tétonne; il tombe, frappé par une main divine , et retourne en Egypte proclamer la puissance du Dieu des Juifs. Les intrigues de Simon ne sont pas ralenties par cette protection éclatante que le Seigneur accorde aux vertus et au patriotisme d'Onias 5 mais elles ne sont plus écoutées par Séleucus, qui envoie le traître en exil (1). Antiochus Épiphane est le dernier Séleucide qui
(1) Liv. 11 des Machahées , c. 3.
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règne sur la Judée. Sous sou empire 5 la grande sacrificature devient vénale, et les Juifs se corrompent par leur commerce avec les Grecs. Joshua ou Jésus prend le nom de Jason pour plaire aux Grecs, calomnie son frère Onias auprès d' Antiochus , et offre à ce dernier quatre cent quarante talents pour obtenir l'emploi de grand prêtre. Jason, ayant ainsi succédé à son frère en achetant le suffrage du roi de Syrie, introduit les mœurs grecques dans la Judée , et encourage par son exemple la plus criminelle dépravation. Mais bientôt un rival s'élève parmi ses propres ministres. Itfénélaûs , envoyé à Antiodie pour acquitter le tribut annuel auquel la Judée était condamnée, profite de son séjour h la cour pour gagner les bonnes grâces du roi , et il obtient la grande sacrificatufe. Jérusalem se partage entre les deux concurrents; après une lutte de peu de durée . Jason fuit chez les Ammonites, et laisse Ménélaûs jouir d'une victoire achetée par le plus lâche des sacrifices. Il ne se maintient qu'en promettant de renoncer à la foi de Moïse, et il fait mettre à mort, par le ministère d'Andronic, le vertueux Onias, qui lui reproche son indigne conduite. Ce dernier crime révolte les Grecs et Antiochus lui-même. Il le fait expier à Andronic, en ordonnant que son supplice ait lieu dans le lieu même où le grand prêtre a été sacrifié. Quant à Ménélaûs, il obtient sa grâce en prodiguant au roi ses
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trésors. Les habitants de Jérusalem , contre lesquels il prétend exercer de cruelles exactions, repoussent sa tyrannie , et font tomber sous leurs coups trois mille de jsies satellites etLysimaque, son propre frère.
Mais Jérusalem allait subir des épreuves plus terribles encore. Le bruit de la mort d'Antiocbus , 170 , occupé d'une expédition contre TÉgypte s'étant répandu, Jason abandonne le pays des Ammonites , et rentre dans Jérusalem, dont les portes lui sont ouvertes par les nombreux ennemis du roi de Syrie et de Ménélaûs. Antiochus, informé de la joie qu'avait occasionnée la fausse nouvelle de sa mort , marche en furieux sur Jérusalem , en chasse Jason qui termine à Lacédémone une vie remplie de crimes et d'infortunes ; égorge quarante mille Juifs, en réduit un pareil nombre en esclavage , profane le sanctuaire , et enlève du temple tous les objets consacrés au culte du Seigneur. Deux ans après, 168 , contraint de renoncer à la conquête de l'Egypte par un mot de Popilius Lœnas, ambassadeur de Rome, il se venge de cet af&ont sur la Judée , dont il semble vouloir consommer la ruine. Son lieutenant Apollonius la livre aux plus affreux ravages. Plusieurs quartiers de la capitale sont la proie des flammes. Cent mille JuiÉs sont emmenés en captivité. Des ruines de la ville , Apollonius fait construire une citadelle, qui sert à la fois à contenir la nation dans Tesclavage ^ et à lui interdire
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l'entrée du temple. Le culte de Tidolâtrie est en même temps prescrit dans toute la Judée , et les supplices les plus craels sont réservés aux habitants qui ont le courage d'observer la loi de Moïse. Antiochus se rend lui-même en Judée ^ afin de consonmier la ruine d'un peuple que tant de malheurs ne peuvent mettre à l'abri de nouvelles persécutions, n ordonne le meurtre du pieux Éléazar, et celui de sept firères et de leur mère, qui bravent sa cruauté plutôt que de se montrer infidèles à leur rdigion. La tyrannie sanguinaire d' Antiochus allume dans quelques âmes magnanimes et guerrières le désir de la vengeance. Mathatias^ prêtre de la famille de Joarib, abandonne Jérusalem ^ pour n'être pas témoin des scènes horribles auxquelles donnent lieu et la barbarie des Syriens y et l'apostasie d'un grand nombre de Juifs, n se retire à Modin^ où . loin d'obéir aux ordres du lieutenant d' Antiochus , il donne le signal de la guerre. Ses cinq fils, tous animés du même courage, parcourent les montagnes et les déserts, rallient leurs compatriotes fugitifs, et parviennent à composer une petite armée , avec laquelle Mathatias commence à délivrer sa patrie du double despotisme qui Taccable. Les Assidéens , qui forment la secte la plus rigide des Juifs , le secondent de leur zèle. 11 fait approuver par les prêtres la résolution de combattre le jour du sabbat, et, par cette inticaciion à la loi de Moïse , commandée par la né-
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cessité de la défense, il trompe la cruauté de ses ennemis , qui, jusqu'ici , ont choisi pour leurs exécutions le jour consacré au repos par la religion. Mathatias , qui a la gloire d'avoir entrepris la délivrance de la Judée, meurt sans avoir le bonheur de la terminer ; il laisse ce soin difficile à ses fils, dignes héritiers de ses vertus et de son patriotisme, 166.
$ 111. — HùUnfe des Juifs, depuis le moment où ils sont affranchis du joug des Syriens par Judas Machabée , jusqu'au règne d'Hérode, 166-40.
Judas , surnommé Machabée y troisième fils de Mathatias, succède à toute Tautorité de son père, 166. Il forme une petite armée des Juifs qui brûlent do combattre sous ses ordres. Il parcourt la Judée, répare les villes, élève des fortifications , bat successivement , dans une première campagne , Apollonius et Seron, lieutenants d'Antiochus Épiphane, et dissipe les troupes plus considérables commandées par Nicanor et Gorgias. L'année suivante, 165, d'autres succès signalent ses armes; Timothée et Bacchide sont défaits et perdent vingt mille hommes dans une seule action. Une victoire plus importante^ obtenue sur Lysias , rend les Machabées maîtres de la montagne de Sion. Ils font une dédicace solennelle du temple, le purifient des souillures de Tidolâtrie et rétablissent le culte du Seigneur. Quelques nations voisines, ja-