‹ Préćis de litterature françaiseChapitre 10 sur 28 · PIERRE CORNEILLE · texte numérisé non relu

PIERRE CORNEILLE

Le premier drame vraiment supérieur fut le Ciu, qui parut en 1636. La pièce eut un énorme succès et Richelieu, qui avait l’ambition de passer lui-même pour un auteur dramatique , en fut jaloux. L’Académie Française, qu’il venait de fonder, reçut de son protecteur l’ordre de se prononcer sur le Cid. Après avoir hésité longtemps, «lie publia son jugement sous le titre de ,, Sentiments de l’Académie sur le Cid.” Cette critique condamne le sujet comme immoral et les sentiments de Chimène x) comme dénaturés. Mais, comme le dit Boileau :

En vain contre le Cid un ministre se ligue,

Tout Paris pour Chimène a les yeux de Rodrigue * 2). L’Académie en corps a beau le censurer,

Le public révolté s’obstine à l’admirer.

*) L’héroïne de la pièce.

2) Le héros de la pièce.

Après le Cid, Corneille donna trois autres chefs-d’œuvre: Horace y ClNNA et PoLYEUCTE.

On fait encore honneur à Corneille de la création de la comédie. Le Menteur (1642) imité d’Alarcon, est en effet la première comédie de caractère. Mais le caractère du menteur n’est pas bien intéressant, et de plus, la pièce n’était pas originale. Corneille laissait à créer tout entière la haute comédie.

Ce qui frappe le spectateur dans les drames de Corneille, c’est la noblesse des sentiments et l’élévation des caractères. Ses personnages sont d’une grandeur morale qui s’impose à notre admiration. Le devoir chez eux l’emporte presque toujours sur les passions.

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