PROGRÈS DE L’ART DRAMATIQUE
Plus d’une fois déjà, le ton libre et les hardiesses politiques des Moralités , des Soties et des Farces avaient excité contre elles le zèle des prédicateurs et des parlements 5). Le gouvernement tyrannique et ombrageux de Louis XI leur coupa les ailes. Son successeur Louis
]) Philosophe qui aime à douter de tout.
2) Schotschrift.
3) Épistolaires vient de epistula = é pitre — lettre.
4) D’après Darmesteter et Hatzfeld , Le Seizième Siècle en France.
5) Cours de justice.
XII leur rendit un peu de liberté: mais sous François Ier, les persécutions recommencent. Des décrets et des ordonnances viennent d’abord interdire les Mystères (1548) et restreindre considérablement la liberté du théâtre profane. Entravé par toutes ces mesures, le théâtre populaire languit durant le XVIe siècle, et, au commence¬
ment du XVIIe, les confréries ont cessé leurs représentations.
Cependant, l’étude des écrivains grecs et romains avait porté ses fruits. Pendant qu’on assiste à la chute d’un art dramatique qui
vécut plus de quatre siècles, on voit naître un art nouveau que Corneille, Racine et Molière porteront à sa perfection.
Dès le XIVe siècle, le théâtre classique avait pénétré en Italie, et des écrivains avaient tenté d’imiter les tragédies antiques. En France, le théâtre naît et se développe sous la double influence de l’antiquité et de la littérature italienne. La tragédie, au langage noble et à l’allure pompeuse, suit de près les modèles grecs et latins. La comédie, plus moderne et plus nationale dans les deux pays, ne peut
toutefois se soustraire entièrement à l’influence classique et étrangère. C’est par des traductions du grec, du latin et de l’italien, que l’art nouveau est inauguré en France.
C’est Ronsard qui fit représenter la première pièce classique (1549). La première tragédie originale est la Cléopâtre de Jodelle. Après la mort de celui-ci, Garnier et Hardy sont les meilleurs auteurs tragiques, tandis que Larivey excelle dans la comédie. Mais, bien que ces auteurs aient quelque mérite et que leurs noms ne doivent pas être -oubliés dans l’histoire de la scène française, le premier écrivain de génie est