‹ Préćis de litterature françaiseChapitre 11 sur 28 · RACINE · texte numérisé non relu

RACINE

Pendant que le génie de Corneille commençait à décroître, un jeune poète d’un talent plus soutenu, plus correct et plus harmonieux, mais moins sublime, composa successivement plusieurs chefs-d’œuvre.

A vingt-huit ans, il donna Andromaque, tragédie, puis les Plaideurs, comédie satirique contre le monde des tribunaux; puis Britannicus, drame dans lequel Racine peint la perversité naissante de Néron. Quelques années après, il écrivit les tragédies Mithridate, Iphigénie et Phèdre. Toutes ces pièces se distinguent par la simplicité du plan et la noblesse du langage. Les caractères sont bien analysés, les passions fortement rendues; cependant rien d’excessif ou de trop violent. La couleur locale fait défaut: bien que Grecs, Romains ou Turcs, les personnages ont des caractères français et parlent le langage poli de la cour du ,, Roi-Soleil.”

La tragédie de Phèdre, quoique la plus belle que Racine eût encore écrite, n’eut pas de succès. On lui préféra une mauvaise pièce du même nom , faite par un certain Pradon. Cet échec et des scrupules religieux déterminèrent le poète à se retirer du théâtre. Il se maria et fut nommé historiographe du roi. Pendant onze ans, il ne s’occupa que de sa charge.

A la fin de 1688 cependant, Racine composa, à la prière de Mme de Maintenon , la tragédie d’EsTHER , et deux années après , celle d’ATHALiE, qui toutes deux furent jouées par les demoiselles du couvent de St. Cyr. Athalie, grande tragédie avec chœurs, n’eut aucun succès. Boileau prouva une fois de plus la justesse de son goût en disant que c’était son plus parfait ouvrage dramatique, opinion que la postérité a confirmée.

Après avoir longtemps vécu dans la faveur de Louis XIV, Racine osa lui présenter un mémoire sur les misères du peuple. Mais, comme la vérité n’est pas toujours agréable aux monarques, cet écrit excita la colère du roi. On prétend qu’à la suite de cette disgrâce , le chagrin s’empara du poète et hâta sa mort.

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