JEAN-JACQUES ROUSSEAU
Rousseau naquit à Genève, où son père était horloger. Son éducation fut négligée. Mis en apprentissage chez un graveur, il s’évada, à l’âge de 16 ans. Alors commence pour lui une vie aventureuse. Il est d’abord recueilli par Mme de Warens, il change de religion, fait ditférents métiers, sans réussir à rien. En 1741, il se rend à Pai’is. Il avait alors inventé une méthode de noter la musique en chiffres, sur laquelle il fondait de grandes espérances, mais qui eut peu de succès. Cependant il se fit quelques protecteurs, il vit Buffon et Voltaire et se lia d’amitié avec Diderot. En 1749, la question suivante fut posée par l’Académie de Dijon: Le progrès des sciences et des arts a-t-il contribué à corrompre ou à épurer les mœurs? Rousseau concourut et obtint le prix; il avait soutenu l’opinion que les sciences et les arts ont eu sur les mœurs une influence funeste. Mais sa véritable célébrité date de la publication de la nouvelle Héloïse, roman en forme de lettres, qui eut un succès inouï. En 1762, Rousseau fit paraître le Contrat Social, où il pose en principe la Souveraineté du peuple, et en dérive tout un système de droits et de devoirs du citoyen ; puis il écrit Emile , ou de l’Education. Un épisode de ce livre, la célèbre , profession de foi d’un vicaire savoyard” fut cause que l’ouvrage fut saisi et l’auteur obligé de s’évader. Il se rendit en Suisse, mais là il apprit que l’Emile avait été brûlé à Genève par la main du bourreau. Enfin, chassé de partout, il accepta l'hospitalité que Hume lui offrait en Angleterre; mais au bout de quelques mois, croyant que tout le monde le persécutait, il se brouilla avec Hume et rentra en France, où sa présence fut tolérée. Cependant sa manie de la persécution le hantait toujours, et sa mort subite, qui arriva en 1778, est par quelques-uns attribuée au suicide. Après sa mort, on publia ses Confessions, dans lesquelles il fait l’histoire de sa vie avec une entière franchise.
L’influence de Rousseau sur l’esprit de ses contemporains peut être égalée à celle de Voltaire. Son style, bien que moins facile et moins clair, entraîne le lecteur par son éloquence passionnée.